‹ Science sociale (volume 2)Chapitre 51 sur 55 · IV · texte numérisé non relu

IV

306 MaSMCE SOCIALE.

dam les opiniont spécailtlÎTes, cornue le sont ptr eseaiple les crejucei Mligienses, elc. »

— Est-ce que l'opinion^ qu'on peut faire du pain avec des os de mort , n'est pas aussi spéculative que celle que trois sont un? C'est, absolument la mtoe chose. Seulement, la dernière est plus facile à reeoih Battre, comme sottise, que la première... pourvu que l'éducation, c'est-à-dire une folie, ne s'y oj^pose pas. Toute éducation est une folie ; si , la raison m eonfirme pas : ce qu'elle inculque.

— a Voilà, poursuit Bonald, Tobjection dans toute sa force ; mais il faut observer, avant d'y répondre, que ce que nous avons dit des crojtnces religieuses ou des dogmes poumût s'appliquer aux croyances civiles on aux lois, et que ce prétendu défaut natif ou accidentel de pénétration d d'étendue d'esprit pourrait être allégué par ceux qui refusent de se soamettre aux lois de TÉtat, comme par ceux qui rejettent les dogmes de U religion. »

— Sans aucune espèce de doute. Aussi , la force seule, et non la raison, peuvent obUger d'obéir : à des lois que l'on ne comprend point parfaitement. Pour l'enfant, pour le mineur à quelque âge qu'il soit, il n*y a pas de lois , il n'y a que de la force ; il n'y a pas de religion, il n'y a que des momeries.

— « Si la religion et le gouvernemeni , continue Bonald , imposaient à chaque homme, comme une condition nécessaire, la science d*un père de rËglise, les talents d'un général d*armée... »

— Il ne s'agit pas de talent, en fait de religion et de loi ; il s'agit de connaissance. Quant à la science des pères de l'Église, elle est pure folie : car, il n'en

80SNCE SOCIALE. 907

est pas deux qui aient été d'accord ; et, il n'cgi est pas un seul, qui se soit compris.

— «... ou seulement, contiiiiiie Bonald , cette dispoiition d'eiprit qui foit les grands poètes et les habiles artistes ,... »

— Ce ne sont point les dispositicms, non pas d'esprit mais du cerveau, qui font les grands poètes et les habiles artistes; mais, c'est avec ces dispositions : qu'ils se font.

«-»«.•. la filnfMrt, ooatiniiA Bonald, pourraient s'excuser sur la fiublêsse de leur intelligence... »

— Descartes lui-même, et mille autres ont démontré : que, tout ce qui est compris, par un homme non malade, peut être compris : par un autre. Avec une échelle , une méthode , un enfant peut arriver, partout, où va un géant ; pourvu : que , l'échelle et la métho^ soient appropriées : à ceux , auxquels elles doivent servir.

— « ... et, continue Bonald, accuser la ProTidencede partialité... »

— Partout, où il y a Providence, dans le sens anthropomorphique ; la liberté ne peut exister. Ainsi, la question finirait là.

— «... de partialité, continue Bonald , dans la distribution de ses dons; mais en f»€rmettant aux meilleurs esprits,... »

— Et, quels sont les bons esprits, s'il vous plàtt ?

no.

Où est votre critérium, pour les juger? Vous accordez la science aux pères de TÉglise. Un autre dira qu'ils n'ont fait que déraisonner. Qui aura raison ? La force? Voilà un beau juge !

— «... en en exigeant même, continue Donald , l'emploi de tous le» talents qu'ils ont reçus pour la recherche et la connaissance des plus hntes vérités... »

— Vous permettez , la recherche de la vérité, à ceux qui consentent à croire : qu'il n'y a de vérité, que ce que vous leur donnez comme vérité. Qu'auriezvous dit, au seizième siècle, à celui qui aurait affirmé : que, les dogmes chrétiens n'ont pas le sens commun?

— « ... ou reiercice des plus sublimes vertus, continue Bonald ; h société ne demande de tous que de savoir ce qu'elle enseigne à tous... •

— Et, si la société n'enseigne que des sottises ; vous voulez : que, celui qui raisonne prenne ces sottises pour des vérités ? Tant, que vous aurez un bourreau à vos ordres ; à la bonne heure 1 Mais, quand le règne du bourreau est passé ; il faut : que , la vérité puisse être touchée , par tous ; ou que la société périsse.

— Cl ... et, continue Bonald, d'y conformer lenr conduite, c*e8t-4*dire de croire et d'obéir. »

— Conformer sa conduite aux lois , est très-bon : tant, que le bourreau est le plus fort. Quant, à croire

SCIENCB SOCIALE. 309

une sottise, sans être un sot; c'est, précisément, ce qui est impossible.

— - « La société tont entière, ponnuit Bonald, religieuse el poIitiqi|D» a*est qae pouvoirs et devoirs ; ... » ^^, «

— Tout cela est parler : pour ne rien dire. La société est l'expression des connaissances ; comme, le verbe est l'expression de la pensée. Quand , la Vérité n'est pas connue; la force, comme base sociale, tient lieu de vérité. Quand, la vérité est devenue nécessaire et se trouve connue ; c'est elle, qui est base sociale ; et, la force ne fait que lui obéir.

— « ... et si prescrire et diriger, continue Bonald , constituent le pou* Yoir,... »

— Pendant l'époque d'ignorance ; le pouvoir, c'est la force. Pendant, l'époque de connaissance; le poib voir, c'est la vérité.

— « ... écouter et mettre en pratique , continue Bouald , sont tons les devoirs. »

— Oui , pendant l'époque d^ignorance. Mais, une fois que l'époque de connaissance est devenue néces* saire ; il n'y a de devoir. : que, de mettre en pratique ; ce, que l'on comprend devoir y être mis.

— « On ne peut pas même concetoir, continue Bonald, de société sans cette double nécessité de conunandement et d'obéissance , . . . »

— Une fois, que l'examen est devenu incompressi-

310 SGlBlfCB SOCIALE.

ble ; la nécessité d'obéir, à ce qu'on ne comprend pas, disparaît ; et, voilà pourquoi il faut maintenant : que, chacun comprenne ; ou, que la société périsse.

— « ... et toute réunion d^hommet, continue Bonaldy où il n*y tsnîl ancnne autorité qui eût le droit d*exiger robéissance à sei décrets... »

— C'est, précisément, ce qui existe actuellement; où, la force seule, exclusivement seiUej peut se faire obéir; s'il est permis de donner le nom d'obéissance, . à ce qui n'est que soumission involontaire : à la force.

— «... serait proprement une anarchie, continue Bonald, c'est-à-dire Tabsence et la mort de toute société. »

— Et, voilà pourquoi notre «ociété se trouve à l'agonie. Une agonie sociale peut durer des siècles.

Le chapitre dixième traite de la cause première. Nous examinerons ce chapitre en traitant du troisième moyen despotique.

Le chapitre onzième traite des causés finales. Les causes finales se rapportent à une création ; et la création étant absurde, nous passerons ce chapitre.

Le chapitre douzième est intitulé : De l'homme ou de la cause seconde. Nous y trouvons :

— « Je le répète, dît Bonald , l'homme est cause seconde dans Tunivers, comme l*étre suprême en est la cause première, el il est en quelque sorte le créateur du monde secondaire et industriel , conmie Dieu est le créateur du monde primitif et naturel. »

— C'est, absolument, comme si on disait : que, le

8C1ENC& BOCIALB. ^11

grand reeMurt est : le créateur secondaire de l'horloge.

Nous trouTons dans le même chapitre des propositions que nous allons relcTer, en fayeur de ceux de nos lecteurs qui ne se seraient point familiarisés avec ce que nous avons dit au chapitre cinquième.

— « La vie, dit Bonald, je le répète, n'est en rien séparée de Têtre ^i y\t y • • . »

— Quelle tautologie ! C'est, comme si on disait : que , la vie ne peut être séparée de la vie. Voilà, comme on parle : quand , on n'a pas d'idées claires.

-—«... puisque, continue Bonald , la vie nW que la durée de l'être par le jeu des organes. »

— Les oi^anes, sont le résultat de la vie ; et, la vie n'est pas le résultat des organes .

— « La Vie, continue Bonald, est le temps de Pâtre animé, . • • »

— Le mot être animé n'a pas de sens, aussi longtemps : que, le mot âme n'a pas de sens. Le mot animal n'a, lui-même, aucun sens déterminé. La vie, n'^t pas le temps de l'être animé. Le temps est relatif au verbe ; et, l'être réellement animé n'existe dans le temps; qu'après, ou plutôt : qu'en même temps, qu'il a le verbe; Vv

— «... et le temps, continue Bonald, n'est que la succession des êtres;...»

Page 1