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— Le temps, n'est pas la succession des itres; c'est la succession des idées.
— «... et il ne serait plos» continue Bonald, si les êtres cessajeat d^exister. »
— S'ils étaient anéantis, n'est-ce pas? Voilà, le néant qui fait lé pendant de la création. Le temps, ne serait plus ; si, le verbe n'était plus. Le temps : est l'expression du verbe.
Le chapitre treizième est intitulé : Des animaux. Écoutons : le défenseur de l'anthropomorphisme, sur ce point important 1
— « Il y a peut-être, dil-il, de quoi s^étonner de l'importance qu*oaa mise à la question de Tàme des bêtes. »
— Il est bien plus étonnant, de voir : un homme, comme Bonald, s'étonner de cette importance. C'est, de la solution de cette question ; que, dépend : le ma* térialisme ou le spiritualisme; et,' Bonald appelle cela : une question de peu d'importance ! 11 oublie donc : que, l'examen est devenu incompressible; que, le bourreau ne suffit plus, pour faire accepter l'absurdité anthropomorphique, sur laquelle ont reposé, jusqu'à présent : l'immatérialité de l'âme, la morale, la société ; et, qu'il faut maintenant : que, la question de l'âme des bêtes, soit résolue; ou, que la. société périsse. '« ;
— « U suffirait sans doute, continue Bq^d, à la dignité de Fespècft liumaîne... »
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— Da moment : que, la rérélation a perdu son autorité; et, que la question de l'âme des bêtes n'est pas décidée; il n'y a pas plus de dignité, chez l'homme ; que, chez la bête.
— «... et Blême i ses besoins, conthuie Bonald, (Tétndier les li«bitodet des •nimaoi, de ctMuuitre lear iutiiict, pour les faire serrir à ton utilité; et c*était asMs , pour ce roi de rnoivers , de cnltiter sa raison, ... »
— Si, la création, ou le matérialisme, sont des réalités; la raison, n'appartient pas plus à l'homme; qu'une prune, n'appartient au prunier. Dès lors, il n'y a raison nulle part; mais, partout : fatalité.
— c «..'sans employer, contiooe Bonald, son esprit et son temps i chercher la nature do principe intérieur qui conduit les êtres qui tégèlent et ne vtven/ pas , . . . »
— Comment! les animaux ne vivent pas? Et, vous dites : que, les animaux sentent? Mais, une pareille proposition devrait seule suffire pour démontrer : qn'un système est absurde.
— c ... et en qui il ne peut apercevoir, continue Donald» ni pouioir sur eux-mêmes, ni devoir eniers les autres.
« Il peut donc être avantageux pour la connaissance de Thomme physique, d'étudier Tanalomie et la physiologie des animaux. Biais la piyehohgie des bêtes, si Ton peut ainsi parler ,... »
— L'état actuel de la science peut tellement s'exprimer ainsi : que, la chaire de physiologie comparée, établie au Muséum d'histoire naturelle, devait porter le nom de : psychologie comparée ; et, qu'elle n'a
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reçu celui qu'elle porte : que, parce que, a dit, ao cours d'ouverture, H. Flourena, secrétaire perpétuel de rAcadémie des sciences : la psychologie est due
BRANCHE de LA PHYSIOLOGIE.
— « ... quelle peut en être Fatililé? » continue Bonald ,
— Cette utilité consiste à savoir : s'il y a une morale, ou s'il n'y en a pas; si, maintenant, la société peut vivre; ou, si elle doit nécessairement mourir. Trouvez-vous : qu'il y ait là quelque utilité ?
-— a ... et qoettes lumières sur le principe intérieur qui préside à nés actions^ conlioue Bonald, peut nous fournir la correspondance apparente de l'existence des brutes avec leurs mouvements... m
— Comment I vous ne voulez pas même qu'il y ait une correspondance réelle : entre l'instinct , entre la force qui meut les bètes ; et, les mouvements qui sont les résultats de cette force? Mais, de pareilles propositions sont inouïes 1 1
— a ... que nous ne treuvions en nous-mêmes, continue Bonald^ et atec bien plus d'éclat et de certitude, dans la connaissance distincte, oa plutôt dans le sentiment intime de l'influence évidente de notre volonté sur nos actions?
fli « Quoi qu'il en soit, la question de Vàme des hétes, après avoir été sor les bancs un objet de pure curiosité propre à exercer les esprits..* »
— Est-ce aussi , pour exercer les esprits ; que, l'Ecclésiaste dit : que, l'homme et la bête meurent également en totalité?
— a... et à fournir un aliment inépuisable aux disputes de Técole,
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continue Bonald, est deienue une arme dangereuse entre les mains dea sophistes... »
— En bonne logique, il faudrait n'appeler les autres des sophistes ; qu'après avoir prouvé : qu'ils sont mauvais logiciens.
-* «... qui n'affectent de comparer Thomme i la brute, continue Bonald, que pour éloigner de son esprit toute idée de rapport et de ressemblance avec la suprême intelligence. »
— Si, la suprême intelligence existe ; la question est jugée; et, il n'y a pas plus de spontanéité réelle, chez rhomme ; que, chez la bête.
— c Dès qu'ils ont eu avancé que notre facnllé de penser était font entière dans notre organisation, poursuit Boniild, conséquents aveeenx» mêmes, ils ont supposé une intelligence, sinon égale, du moins semblableà la nôtre, partout où ils ont nperçu une organisation semblable en quelque chose à celle de Thomme ; et tous les êtres animés ont été classés dans nne séné de termes semblables^ dont le ver et Tbomme sont les extrêmes... »
— Bonald n'était point à hauteur de la science. Vis-à-vis de la science actuelle, la cause de l'animation est la force -, et, la série s'étend : jusqu'à la dernière parcelle matérielle.
— « La parole restait i Thorome, continue Bonald, expression simpla de son intelligence, moyen de sa sociabilité, premier instrument de mm industrie, caractère incommunicable de sa prééminence; et voilà qu'on l'attribue aux animaux. quVa nie même qu'elle appartienne exclusifiment à l'homme : et il est assurément digne de remarque qne dans k même temps, au sein d*- nos compagnies littéraires, un satent eslimable, un peu trop prévenu pt'ut-éire pour ses occupations bienfaisantes, avançait, sur la foi de je ne uis quel vojageur, qu'il existait sur quelque poinl
reculé du globe, une peuplade qui ne connaitsait pas le langage articulé. »
— Linné avait placé dans son genre homo : et , rhomme proprement dit ; et, le premier des singes.
— « Un autre satant , continue Bonald^ faisait entendre à let confrères la langue des rossignols et des cori)eaui. »
— M. de la Mennais, dans sa Philosophie , prétend: que, tout parle. C'est bien plus : que, les rossignols et les corbeaux. Tout cela est : parler pour ne rien dire. Les animaux parlent-ils; ou ne parlent-ils pas? Répondez et prouvez d'une manière incontestable; sinon, c'est toujours parler pour ne rien dire. Si, les animaux ne parlent pas ; pourquoi ne parlent-ils pas? Répondez encore ; et prouvez toujours d'une manière rationnellement incontestable. Sinon : c'est toujours parler pour ne rien dire.
— «Mais enfin, poursuit Bonald, les bêtes sont-^lles de simples machineSf montées à l'avance pour tous les mouvements qu'elles doivent exé* cutcr, mouvements qui, par une sorte à* harmonie préétablie ,„, »
— Harmonie pbéétablie est encore une de ces expressions, qui n'a pas de sens, parce qu'elle se rapporte : tantôt k Tordre de temps ; et, tantôt à l'ordre d^étemité. Préétablie est une expression qui doit se remplacer : par l'expression étemelle; et, celle-ci n'a : ni avant, ni après.
-—«••• coïncident y continue Bonild , avec leurs besoins et avec la
présence des objets destinés à les satisfaire ; ou bien ont-elles en elles* radmcs une intelligence qui anime leurs organes , . . . »
— Ce n'est pas Tintelligence, qui anime ; c'est, la sensibilité. L'intelligence n'est qu'un développement de la sensibilité réelle, unie à un organisme. Ainsi posée, la question se réduit à savoir : si, les bêtes ont de la sensibilité réelle; ou, si leur sensibilité n'est:
qu'lPPAREISTE.
— 01 ... reçoit des impressions, continue Bonald, forme des volontés...»
— Ainsi Tintelligence ou l'âme forme des vobntés; . et, n'est pas volonté? Quel galimatias!
— <K ... et, continue Bonald, transmet des ordres?»
— Probablement : à des intelligences ; à des âmes secondaires ; car, pour recevoir des ordres, il faut olre intelligence. Nous voilà dans les archées d'un professeur de l'École de médecine, qui en compte par douzaines.
— (( Ces deux opinions, poursuit Bonald, ont eu leurs partisans; mai.?, ( n laissant à part les inconséquences^ ...»
— Pour les laisser à part ; il faudrait, auparavant : les avoir fait connaître, comme inconséquences. La plus grande, de toutes les inconséquences, est : de prétondre se soumettre au raisonnement; et, de vou-
loir obliger à croire, ce qui est éyidemment contre le raisonnement; comme, par exemple, l'existence: d'une cause première ; d'une création ; d'une âme, intelligente et simple; de la liberté d'un être | créé, etc., etc.
ç — «... il semble, continue Bonald^ que, dans ces derniers temps, b question de l*àme des bêtes a été décidée par chaque école. . • »
— Il n'y a pas deux écoles, il n'y en a qu'une : l'état de la science ; et, l'état de la science dit : que, l'âme est une entité. La foi, n'est pas une école; c'est, la négation de la valeur des écoles. Celui, maintenant, qui n'est pas matérialiste ; ou, qui ne prouYe pas, d'une manière incontestable, que le matérialimne est un sophisme ; ce qui ne peut être prouvé qu'en démontrant : que, les animaux n'ont point de sensibilité réelle; celui-là, fait preuve d'ignorance.
— - < ... d'après Topimon dominante, continue Bonald, sur la spiri* tualilé ou la matérialité de rame humaine ; ... »
— Aussi longtemps : que, des écoles n'ont que d^ opinions ; elles ne sont écoles que pour rire. Elles ont de la foi^ en elles-mêmes ; et, rien de plus.
— « ... dételle sorte, continue Bonald, qu*on a incliné dafantagei attribuer les mouYemenls de Tanimal à un principe intelligent, i mesure qu*OB était moins disposé à le reconnaître dans les actions de l'homme. >
— Cela est vrai ; et, devrait surtout se reprocher: aux partisans de la suprême intelligence. Car, à me-
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sure qu'ils sont plus disposés à reconnaître une suprême intelligence; ils devraient reconnaître qu'ils flonty eux-mêmes : incapables, d'en avoir une réelle.
— « Condillac, poursuit Booald, est allé jusqu'à leur attribuer gratuitement la plus liaate fonction de rintelligence, • . • »
— L'intelligence n'a ni haute ni basse fonction. L'intelligence est l'union d'une sensibilité réelle, unie à un organisme. L'intelligence, développée parla société, sert à raisonner; et... voilà tout. N'est-ce pas assez?
^ c ... la £icttlté , eontinae Bonald , de te former des idées générales,. .«^»
— Les idées sont des raisonnements ; et, le raisonnement chien est un raisonnement ; comme, le raisonnement vertu.
— « «. faculté, continue Bonald, qu'il refuse même à Dieu,.. . »
— Si, Dieu raisonne; c'est un homme; c'est, à prendre ou à laisser.
— « ... sur cette inconcevable raison, continue Bonald, que les idées générales ne prouient que la limitation de l'esprit. »
— Il serait .joli : un esprit qui aurait des limites ; et, serait immatériel 1 Tout ce galimatias, de part et d'autre, vient : de rendre Vamw, synonyme d'iNTEixi-