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GENCE

320 SaENCE SOCIALE •

Si, on doutait : que, Bonald, ayant dit : que, ks animaux végètent et ne vivent pas; doit, par conséqueni;, leur refuser les sensations ; on se tromperait.

— « JVntre tout à fait, dit-il, dans h pensée de M. de BuiTon, qui dit : Les animaux ont des sensations et n'ont pas des idées; et dans celle de Bossue ( : Il semble que totU le mieux qu'on puisse faire pour les animaux est de leur accorder des sensations

« Ainsi, dit encore Bossuct , la raison nous persuade que ce que Us animaux font de ^plus industrieux se fait de la même sorte que les fleurs, les arbres et les animaux eux-mêmes, c*est'à-dire avec art du cdrt de Dieu, et sans art qui réside m £ux. »

— Et, la raison nous persuade également : que, si Dieu existe; il en est de même : pour nous.

Vous croyez, peut-être : que, Donald est certaîn de rimmortalité de son âme? Il est trop bon logicien pour cela; il sait : qu'une âme faite, doit se défaire: suivant la raison.

— « Et PEUT-ÊTRE , dit-il , nVst-il pas impossible de tirer de celte diiTérence entre rame de Thomme et Tinstinct de la brute quelques inductions éloignées sur Timmortalité de l'une et la mortalité de Fantre. •

— Nous renvoyons le lecteur à l'original : pour trouver ces inductions éloignées; qui, reposent sur un peut'être.

11 est curieux de voir : comment, Bonald cherche à excuser la suprême intelligence; de la suprême injustice.

— a L'animal souffre saiîs doute, dit-il, mais il uVst pas maltieorcux. . . »

SClEMCfi S0C14LË. 3âl

— Nous renvoyons, à l'original ; pour trouver le parce que : de cette singulière proposition.

La proposition, qui va suivre, est d'un tout autre genre ; et, nous aimons à la citer.

— - « Si, dit-il, les pies pouvaient, comme on Ta dil, compter jusqu'à trois et même jusqu'à neuf, il ii^y aurnit pas de raison pour que les pies ne pn^sent, avec le temps, embrasser le système entier du monde physique, a

— Bonald aurait dû ajouter : . . . et y du monde moral. Une fois : que, le moi, le un, a été prononcé ; le raisonnement existe ; et, le raisonnement embrasse : le possible, et l'impossible.

Ce volume est terminé : par, des considérations générales. Elles méritent : d'être étudiées.

— « On ne réfléchit pas asseï , dit Bonald , à la position défaTorablo dans laquelle certaines opinions placent leurs défenseurs. »

— 11 y a, dans cette plainte, un cri de conscience qui reconnaît : la faiblesse de la cause, soutenue par

Bonald.

Comment! la création, l'anthropomorphisme enfin, est la base sociale, depuis l'origine de l'humanité ; la conviction, que cette opinion est la vérité, se trouve enracinée et se trouve pour ainsi dire devenue organique, au moyen de l'éducation; tous les meilleurs esprits, dites-vous, l'ont appuyée de leurs raisons et de leur autorité ; puis, vous appelez défavorable : une pareille position. Mais, ce sont vos adversaires, qui sont dans la plus mauvaise des positions. Il faut : IV. 21

o!2â SCIENCE SOCIALE.

qu'ils aient mille fois raison ; pour, qu'on soupçonne, seulement, qu'il est dans les possibles : qu'ils n'aient pas tort; et^ ce tort serait considéré : comme, le [dos

grand des crimes.

— «Les écri?ains, continue Bonald , qui sontitnnent rexitienee de b cause première^ la spirilualtlé de Tàme humaine, ...»

— Si, la cause première existe; rien ne peut être spirituel; c'est-à-dire : étemel^ sinon elle. Une spiritualité créée, est une contradiction dans les termes; et, par conséquent, une absurdité. Et, cela est tellement vrai : que, les partisans de la création de Fàme immatérielle, ont encore besoin d'une volonté particulière du Créateur, pour que l'âme soit immortelle. Us supposent donc : qu'une âme immatérielle peut mourir? C'est encore là : un véritable mystère.

— « ... ces croyances générales, continue Bonald» dont toutes les religions ont fait leurs dogmes,. . . »

— Mais, un dogme n'est qu'une opinion ; et, l'opinion de l'immatérialité de l'âme n'a été établie en dogme : que, parce qu'elle est nécessaire à l'existence de l'ordre. Si, maintenant, que l'examen est devenu incompressible, la raison reconnaît qu'il y a incompatibilité : entre la cause première ou Dieu ; et, l'immalérîalité de l'âme ; lequel, des deux dogmes, voulezvous conserver : celui de Tanthroporaorphisme, qui n'a été inventé que pour baser l'immatérialité de l'âme et ne sert à rien d'autre ; ou, celui de l'immatérialité

SCIENCE SOCULB. 3S3

de l'âme, hors laquelle immatérialité, rexistence de l'ordre, vie sociale, est impossible?

— « ... et sur lesquelles, continue Bonald, tous les gouTernements ont fondé leurs lois, ne combattent pas pour des opinions qui leur soient personnelles,. ••»

— Comment ! qui ne vous est pas personnelle ? Vous n'êtes donc pas d'opinion : que, Tanthropomorphisme est une réalité ? Ce n'est, certainement, pas cela que vous avez voulu dire ; mais, c'est ce que vous dites.

«* « ... mais, continue Bonald, pour la doctrine de tous les temps et de tous les lieux. . . »

— Il n'y a pas de prescription, en faveur de l'absurde ; et, la cause première, ainsi que le néant : sont absurdes.

— «... et le sentiment unanime des nations, continue Bonald, instruit par cette raison universelle qui a parlé une fois pour tous les peuples . »

— Ceci, est de la pure déclamation; c'est parler : pour ne rien dire.

— « Certes, poursuit Bonald, il peut marcher atec confiance celui qui se sent appuyé d'une pareille autorité ; et quand il resterait au-dessous d^une si grande cause,. . . »

— Tout ce qui est en cause est en doute. La vérité, n'a pas besoin de tant de précautions. Une cause première est absurde. Quiconque, n'a point l'intelligence cataraclée par le préjugé, voit cela : comme il sent son

9ii4 StIlEKCK 80CIALC.

existence. S^il ne le voit pas^ il est paralysé moralement.

— «... ou même, continue Donald, qu'il mèlenit à la défeuedetti hautes vérités les erreurs particulières de son esprit, il serait digne d'estime pour ses inl^ntionfly. . . »

— En fait de discussion , il ne s'agit pas d'ioteniion ; mais, de vérité.

— «'.. s*il n'était pns, continue Bonald, recommandable par ses Itlents ; sol(iai,impruHent, qui n'aurait écouté que son courage et se secsit jeté sans armes au fort de la mêlée. »

— Tout cela, est phrase de rhéteur. La cause première est-elle absurde, oui ou non? Osez répondre: sans penser à ce que vous croyez être les conséquences^ d'une décision rationnelle ; et, vous direz : oui , h cause première est une absurdité.

— c Mais, continue Bonald, celui qui rient faire secte. . . »

— Faire secte, c'est mettre : une opinion en place d'une autre. La vérité ne fait jamais secte. Quiconqii» fait secte, est toujours coupable : contre Tordre social, ayant une autre secte pour base. Mais , quand une opinion est devenue incapable de servir de base à l'existence de l'ordre ; ceux, qui défendent cette opinion, sont les sectaires et les coupables.

— « ••• qui rient faire secte , continue Bonald , dans cette unanimité générale. . . »

SCIBNCB SOGIÂLB. 325

— Celui-là serait bientôt mis à mort ; et, la preuve qu'il n'y a plus unanimité à cet égard ; c'est, qu'il vous est impossible de mettre à mort ; celui qui démontre : que, \otre opinion est absurde.

■fc

— « ... dans celte unanimité générale de croyance, » continue Booald. . .

— Pour qu'une croyance puisse être base sociale, elle a besoin du bourreau ; et, il n'y a plus de croyance, qui ait des bourreaux à son service.

— «... el opposer des opinions particulières, continne Bonald, au •intiment de Tunivers, ...»

— Celui qui opposerait une opinion, au sentiment de l'univers , serait un sot ; celui qui opposerait une vérité, ù une erreur universellement acceptée, serMr encore un sot. Une vérité sociale n'est utile : que, lor** qu'elle est devenue nécessaire ; et , il est devenu nécessaire de démontrer : que, la cause première est une absurdité. Et, cela : parce que, cette absurdité est devenue incompatible avec l'immatérialité de l'âme ; et, que l'immatérialité de l'âme doit être tenue pour réelle : pour, que l'humanité puisse persister.

— «... celui qui, continue Bonald, s^annonçant pour le libérateur promis aux nations, ose accuser le genre humain tout entier d^une imbécile crédulité, ...»

— Ceci, est encore déclamatoire. Jamais, depuis que le genre humain existe, aucun esprit éclairé el

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dégagé de préjugé, n'a cru : h Tanthropomorphismo; à la cause première. Toujours, et toujours : les gens instruits ont été panthéistes. Certes, le panthéisme^ aussi une absurdité ; mais, beaucoup moins évidemment que Tanthropomorphisme. Vis-à-vis de la raison, le panthéisme peut rester dans le doute, aussi longtemps qu*il n'est pas démontré : que, les animaux sont privés de toute sensibilité réelle. Mais, l'anthropomorphisme n'a jamais été bon : que, pour les ignorants.

— a ... et Tenir, continae Bonald, après tant de siècies de dorée, de recherches, de progrès, réTéler à l'homme, à la société, au monde, «pi'ik se sont trompés sur tout et sur la cause première de ranifers, ... *

— Qu'ils se sont trompés !.. . Non pas, s'il vous Hl^ait. Mais, que les gouvernements ont trompé ; et, «qu'ils ont bien fait de tromper : puisque, la société

reposait sur le mensonge , qu'ils faisaient accepter comme vérité. Si, ce mensonge pouvait encore servir de base sociale; celui, qui chercherait à en démontrer la fausseté : serait criminel.

— « ... et, continue Bonald, sur le pouToir de la société, ...»

— Le pouvoir social est toujours la force . Mais, en époque d'ignorance la force est basée sur le sophisme ; et, en époque, de connaissance, sur la vérité rendue incontestable à chacun.

— « ... et, continue Bonald, sur les deToirs de rhomme,.., »

s : arec âne cause première. Aussi, dqniis TorigiDe sociale, la liberté n a été appavée que sur Ic" ffJimalias ; oo, sur le mptère et le biNurteiu.

^^ Trèa-lacilenient. D'abord, en prouvant : que. Tordre social est devena incompatible^ avec Tantbropomorphisme considéré comme base morale ; ensuite, en prouvant : que, ranthropomorphisme est inutile : puisque, la démonstration de l'immatérialité de Ffime renferme, en elle-même, la démonstration de la sanction inévitable des actions ; ce qui ne pouvait même être obtenu, avec ranthropomorphisme : qu'en sacrifiant la liberté ; et, par conséquent, toute source de moralité.

— «... et ne pis trembler^ contiiiiie Bontld^ à la Tue de reflfrtytBt« iwptMdbilité à layelle il m

— Ceux qui doivent trembler vis-à^vis de la res« ponsabilité à laquelle ils s'exposent, ce sont les défen«seurs de ranthropomorphisme , à une époque : oii, ranthropomorphisme ne peut plus être base d'ordre. Ils rendent, ainsi , nécessaires : toutes les horreurs d'une anarchie que moins d'entêtement, de leur part, permettrait d'éviter.

•^ « Pentil, qoel qu'il soit, continoe Bonald, Ironter, dans les flatteftes les ^% (MKrées de ses amis, on dans restmie la plus eiagérée de

32H SCIRNCE SOCIALK.

loi-ir.émo, un motif suffisant de se croire Inî seul plax éeUôré 4|ae lentes

les sociétés ensemble^ ... m

— Il ne se croit pas plus éclairé, pour reconnaître Tabsurde ; puisque, tout ce qu'il y a eu d'éclairé, depuis que le monde est monde, a toujours considéré : l'anthropomorphisme comme absurde. Et, depuis qœ le monde est monde, les gens éclairés ont toujours mis le panthéisme en doute. Or, celui qui résoud'nn doute, n'a pas de quoi se vanter. Il a monté sur les épaules des autres ; il a > u de plua loin ; il a démontré; la démonstration a été un belvédère, sur lequel tous les autres sont montés ; et, ils ont vu comme lui : voilà tout.

— «... on même^ continue Bonald, que tons les hommes célèbres ipii, de siècle en siècle, ont combattu les opinions qu'il défend ...»

— Elles ont donc été soutenues, ces opinions : que, l'anthropomorphisme, la création, etc., étaient absurdes ; et, à cette époque, elles ne pouvaient cependant être soutenues publiquement : que, par des insensés qui ne voyaient pas : que, le mensonge était alors : la seule base sociale possible.

— «... ont défendu, continue Bonald, ceUes qu'il attaque? »

— Et, ils faisaient bien de les défendre! parce qu'alors : elles étaient nécessaires.

— « Et en portant aussi loin qu'il puisse aller le délire ie l'orgueil, continue Bonald, se iroit-il appelé à réformer le monde t et pense-tilque le genre humain attendit sa venue pour se ûxer sur ce qu'il doit croire

SCIEMCE 50CIALK. 329

et C6 qQ*il doit pratiquer, et éiablir enfin sur une base inyariable let loi^ fl les mœors? »

— Tout cela : est déclamatoire ou insensé. Il ne peut y avoir délire d'orgueil à présenter : une démonstration rationnellement incontestable. Puis, quand une erreur ne peut plus servir de base à l'existence de l'ordre, il faut bien : que, ce soit quelqu'un qui présente la vérité. Quant au genre humain , il ne peut croire : qu'autant que les croyances sont basées sur le bourreau. Et, quant aux lois et aux mœurs, il faut : qu'elles aient une base invariable ; ou, tenue pour telle; sinon, elles ne sont : que, brigandages et bestialité.

Bonald est enchanté, de ce que Rousseau veut : que, l'athéisme soit puni de mort. S'il fallait maintenant punir de mort tous les athées ; c'est-à-dire : tous ceux qui nient l'anthropomorphisme, soit explicitement, soit implicitement ; il faudrait mettre le feu à Paris; et, bientôt : à l'Europe entière.

Passons, à la Législation primitive du même auteur. Autant que possible, nous éviterons ce qui aura déjà été examiné, dans les Recherches philosophiques.

•— « Pour mieux prouver^ dit Bonald en parlant de Condillac, que des en&nts abandonnés avaient pu infcnter la parole, il s*appuyatrès k propot de l'exemple de quelques êtres à la figure bomaine trouvés dans les bois, même deux ensemble, dont aucun ne Tnisail entendre un mot, un seul mot articulé, etc. ■•

— Condillac, en aucun endroit de ses ouvrages^ ne

parle de deux enfants trouvés ensemble dans les bois. 11 est bien de citer ; mais^ il faut citer juste ; et, ne pas inventer.

Plus loin Bonald dit :

— a Des enfants abandonné? , bon de foute commnnicatidn afee dei hommes parlants, ne feraient point de gestes imiUtifi. . .. Pour fiiire des gestes imitatils délibérés et avec inlenlion, il faut afoir tu des actisfls à imiter, aToir observé qae tel geste correspond à telle action, etc. »

— Ceci, est une pure négation. C'est, précisément, ce qui est à démontrer. Quand un homme résoud la question par la question ; c'est une preuve : que, ses idées ne sont pas claires.

— « Si la parole, dit Bonald, est d'inTontion humaine, il n*j a pu de Tentés nécessaires, puisque toutes les Térités nécessaires ou générakl M nous sont connues que parla parole,...»

— Eh bien I avant la parole » on ne les connaît pas ; voilà tout. Si, sur notre globe, il n'y avait pas d'intelligence; cela empècherait-il : que, deux et deux soient quatre ?

— «... et que nos sensations, continue Bonald, ne nous transmettent que des vérités rclatires et particulières. »

— Ceci est du galimatias.

— « n n*y a plus, continue Bonald, de vérités géométriques, car comment sais-je , autrement que par la parole et le raisonnement, qu'il y a des lignes absolument et nécessairement droites , des cercles absolument ronds, des triangles absolument rectangles,...»

SCIEMCP. SOCIALE. 331

— Voilà de bien singulières propositions. C'est, au contraire, la parole; c'est-à-dire : le raisonnement, qui nous fait connaître : qu'il n'y a pas : de ligne absolument droite ; de cercle absolument rond ; de triangle absolument équilatéral; parce que ; ligne, cercle et triangle appartiennent au monde matériel ; et, que dans le monde matériel, il n'y a rien d'absolu.

^- a ... lorsque met sens, continue Bonald^ ne me rapportent jamais que des lignes relativement droites et des cercles relatiTeroent ronds, etc., etc.? »

— Les sens ne rapportent rien du tout. L'ftme raisonne : au moyen de son union avec un organisme; union constituant : intelligence.

— «Il n'y a plus de vérité arithmétique , continue Bonald ; car mit sens ne voient quun^ un, un, et c'est ma parole qui compte trois, quatre, cent, mille, et qui combine des valeurs qui ne sont jamais tombées et qui ne tomberont jamais sous mes sens. »

— Les sens ne voient : ni un ; ni deux ; ni quoi que ce soit; c'est l'âme, qui voit par les sens ; la parole ne compte ni trois ni quatre ; c'est l'âme qui raisonne, au moyen de l'intelligence : développée par le verbe.

— « Il n'y a plus de vérités morales , poursuit Bonald ; ear toatit eet

vérités ne nous sont connues que par des formes de langage que Tinventeur, libre dans ses inventions, a pu ne pa.H inventer ou inventer tontes différentes de ce qu'elles sont aujourd'hui,... »

— Qu'est-ce que vous dites là? Vous plaisantez

donc ? L*homme complet, la famille, n'est pas libre de ne pas inventer le langage ou le raisonnement; il n'est pas libre de dire : que, trois ne sont qu'un ; et, quand il le dit, il n'est plus homme sain ; il est ma* lade.

— «...ou différentes encore chei les différenls peuples, cootinae Donald ; car pourquoi n*y aurait-il qu'on intentour? »

— Il y en aurait des milliards : que, le raisonnement serait toujours le même.

— « Il n'y a plus de Térités historiques, continue Bonald, et ThoiDine ne lait que ce qu*il voit et ce quil touche,...»

— Ceci est encore du galimatias.

— «... et encore , continue Bonald , s'il saisit ces êtres , ne pent-il eombiner leurs rapports^ puisqu'il ne les combine qu*à Taide de la pensée «iprimée par la parole. »

— Et, qu'importe donc : que, la parole soit révélée ou inventée, pour que le raisonnement existe? Cependant, nous nous trompons : si^ la parole est révélée, l^anthropomorphisme existe ; et, dans ce cas, c'est, l'anthropomorphe qui raisonne, et non point nous. Alors, l'anthropomorphe dit : aujourd'hui blanc; demain noir; et, il n'y a plus : ni ligne, ni cercle, ni triangle, ni vérité ; il n'y a rien, pas même Tanthropomorphe : parce qu'un être unique et le nihilisme; c'est la même chose, sociALEMEiiiT.

*^ « L'nniforniité des langages, dît Ipcore Bonald , dins la sens qu'ils

ir

àCiBNGfi SOCIALE. 333

M traduisent tous les uns des autres « et font entendre la même peaiée chex les divers peuple.*, dépose contre Tiiivention attribuée à TlioiBnie. »

— Quand un homme de mérite n'a pas de meilleure raison, pour défendre un système; ce n'est pas la faute de Thomme, c'est la faute : du système.

Bonald) a quelquefois : de bien singulières idées! En voici une, qui ne sera point accusée : d*6tre dépourvue de patriotisme, spirituel et temporel.

— « Les deux langues les plus vraies, dit- il, ou les plus analogues du monde, sont Thébraîque et la française. »

— Nous avons un auteur qui affirme : que, le paradis terrestre se trouvait en Boui^ogne. Alors, Thébreu n'est qu*un français : dégénéré.

Nous avons déjà dit : que, Bonald est un homme du plus grand mérite ; ayant profondément réfléchi ; sur la nécessité du verbe pour penser. Mais, nous avons dit aussi : qu'il n'avait pas attaché, au sent verbej parole^ une valeur parfaitement déterminée ; ce qui a été chez lui : la cause de beaucoup d^erreurs ; et, même de contradictions.

— a Les sourds-rouets^ dit-il, pensent, mais seulement par <ma^et,*..»

— La parole dit Bonald est nécessaire à la pensée ; et, c'est très-vrai : lorsque, parole signifie : mouvement représentatif de pensée. Si donc, les sourds* muets pensent : ils ont le verbe, la parole. Quel sens peut avoir, chez Bonald, cette expression penser par imiujes? Si, on pensait par image?, un miroir pense*

334 SGlENCfc; SOCIALE.

rail. Ainsi que Bonald Ta dit, on pense : par paroles; et, non par images . Quand un sourd-muet parie par ^e^to^; ses gestes, sont des |>aro/es.

— «... et, continue B onald, n^expriment ainsi ^e des imagef ptr le geste ouïe dessin;... »

— On n'exprime rien par geste ou dessin ; quand le geste ou le dessin, n'est pas l'expression d'une pensée, d'une parole ; et, quand le geste ou le dessin sont expressions de pensée ; ce n'est ni le geste ni le dessin qu'ils expriment; mais, la pensée.

— «... ce qui fait, continne Bonald, qu'on ne peut les instruire que par fe geste ou le dessin. »

— Et, cependant, on peut leur faire prononcer des mots comme aux perroquets. Vous voyez donc que la parole articulée n^est pas nécessaire à la pensée.

— « Le mot même qu^on leur fait entrer par les yeux, comme aux aa- Ires par les oreilles, continue Bonald, n^est pas pour eux une expression comme son, mais une expression conune image ou figure t*,. »

— Comment? lorsque Massieu trouvait dans un livre le mot âmcj il n'attachait à ce dessin que Tassemblage d'un d, d'une m et d'un e? Quelle force de préjugé faut-il avoir en soi : pour, qu'un homme de mérite, dise de pareilles choses !

— t( ... et ce n'est pas non plus par la parole, continue Bonald, mais par le geste ou Vaction qu'ils expriment le sens qu'ils y attachent. »

SCIËKCE SOCIALE. 335

•^ Ainsi, ils attachent des sens, ils parlent, sans avoir de parole. Alors, la parole ai*ticulée n'est donc pas nécessaire à la pensée I

— >« Les bétes sans doate, poartait Bonald, ont des images,... »

— Avair des images, au propre^ c'est avoir le verbe. Avant le verbe, il n'y a pas, même pour l'homme : d'im*ages proprement ' dites. Pour qu'une image, soit image; il faut : qu'elle soit vue ; et, avant le verbe, il n'y a pas de vue intellectuelle proprement dite. Avant l'existence du verbe, la réflexion d'un arbre par Teau d'un lac, n'est pas une image; c'est : un mouve'ment.

— « ... puisque, continue Bonald, elles ont des sensations... »

— Voilà, Bonald matérialiste, sans qu'il s'en doute ; pas plus, qu'il ne se doute de l'être, en qualité d'anthropomorphiste. Il oublie : que, dans sa théorie du pouvoir, il a approuvé, fortement, Tauteur des Études de la nature j lorsqu'il dit . je suis, non point parce que jepetise; mais, parce que je .se;w. 'Ainsi, et de son propi*e aveu, si les animaux sentent, ils ont une âme : comme Thomme.

— a... sensations bornées, continue Bonald, à leur état purement .physique,...»

— Ainsi, voilà la montre capable de sentir? de sentir aupropre. Bonald, a-t-il bien réfléchi : où, une pa-

reille proposition doit le conduire ? Hélas ! non. Ses préjugés l'ont empêché : de faire aucune réflexion, à cet égard. S'il en avait été capable, il aurait reconaa : que, Texistence de Pâme, comme immatérielle, est aussi impossible : avec l'existence de Dieu ; qu'avec l'existence de la sensibilité, chez les animaux.

— o . . et, coutilluc Bonald^ qu'elles n*eiprimeiit poiot par des gestts, qui sont des actions délibérées,... »

— Si, des gestes sont des actions délibérées; ce sont des aciionsjyensées. Les gestes, sont donc : des expressions de pensées ; des paroles. Quand, on se contredit, ainsi, dix fois dans une page; c'est qu'on n'a pas dV dées claires : de ce, sur quoi on écrit.

— ■ ... mais à roccastou desquelles, continue Bouald, elles font d^^ mouvements, suite nécessaire de leur organisation et du leurs rapports avec les objets matériels, »

— Très-bien ! Mais, s'il en est ainsi, à quoi donc sert la sensibilité? Autant vaudrait dire : que, l'horloge sent les coups du marteau sur la cloche ; et, que c'est le mal, qu'elle éprouve, qui lui fait crier les heures.

— «Elles ont des images , coulinuc BoualJ, |>uisqu'*il en résulte un mouvement correspondant à l'image présente par l'impression actuelle ou r impression conrervée^. , »

— C est, comme si vous disiez : que, l'horloge a l'image du i-essort, qui la fait aller.

SCIËKCE SOCIALE. 335

< — Ainsi, ils attachent des sens, ils parlent, sans avoir de parole. Alors, la parole ai*ticulée n'est donc pas nécessaire à la pensée I

— >« Les bêtes sans doute, poursuit Bonald, ont des images,... »

— Avair des images, aupropre^ c'est avoir le verbe. Avant le verbe, il n'y a pas, même pour l'homme : d'im'ages proprement ' dites. Pour qu'une image, soit image; il faut : qu'elle soit vue; et, avant le verbe, il n*y a pas de vue intellectuelle proprement dite. Avant l'existence du verbe, la réflexion d'un arbre par l'eau d'un lac, n'est pas une image; c'est : un mauve-^ ment.

— « ... puisque, continue Bonald, elles ont des sensations..* »

— Voilà, Bonald matérialiste, sans qu'il s'en doute ; pas plus, qu'il ne se doute de l'être, en qualité d'anthropomorphiste. Il oublie : que, dans sa théorie du pouvoir, il a approuvé, fortement, l'auteur des Eludes de la nature j lorsqu'il dit . je suis, non point parce que je pefise; mais, parce que je ,sen5. 'Ainsi, et de son propre aveu, si les animaux sentent, ils ont une âme : comme Thomme.

— a... sensations bornées, continue Bouald,à leur état purement .physique,...»

— Ainsi, voilà la montre capable de sentir? de sentir aapropre. Bonald, a-t-il bien réfléchi : où, une pa-

338 SCIEliCB SOCULB,

— Efitril nécessaire de faire remaiiqiier : ce galinntias.

— ff ... et, coBltniie Bonald, coniiie tWt» abolit ^*im msimcî <m volonté forcée (si on peut allier ces deux mots) ,^. »

— 11 paraît : que, Bonald s'est aperçu qu'il d&aisonnait. Et, cependant, il a continué.

— « ...elles n ont, continue Bonald, que Texpression de rinstincl,». t .

— L-'expression, la parole deHnstinct, estfigne: de la "volonté forcée. Bonald a raison. Si, Dieu existe; nous n'avons que des volontés forcées : et, nos paroles ne sont : que, l'expression d^un instinct.

— «... l'actwa invariable, otstinna Boaald , nniforaie M mkMit-

meut DÉTERMINÉE. 9

{Législation primitive, t. II, p. 149 )

— Déterminée! Par qui? Par Dieu? Alors, vous n'avez qu'un instinct : comme le cliien ou la carotte Par l'ordre étemel ? Alors, il faut que vous prouiriei: que. Dieu n'existe pas; et, qu'il y a une differenceabsolue; entre vous, libre, d'une part; et, -d'une autre, le cliien ou la carotte, soumis à Tordre étemel, ani lois éternelles de la matière.

Bonald met ici la note suivante :

-» « Le P. Gerdy dit que f opinion qui fait des bètes de para ■** chines est peut* être un peu trop philosophique^... »

— Pourquoi donc pect-étbe ? Le mot, PEcr-Êm, n'apparti^al ^mm à k «oîâDce j bêma, à rigaoraace.

e le P. Gcrdj , que celle qui leur luppoM un principe distingué de Is matière, ... •

— 11 parait que pour le P. Gerdy comme pour Bo- Tiftld, le principe sentant n'est pas distingué de la matière. Le principe pensant n'est cependant autre : que, le principe sentant; et Donald approuve, lui-même, la proposition : je suis, par ce ijiteje sens, et nonparce que jcpense,

— s .,. quoique, continue le P. Gcrdj, d'un ordre îpfériear à l'ime bniniiDe, ne l'est pis tisei. »

— Comment! ne l'est pas assez. Mais, c'est tout ce qu'il y a de plus philosophique ; et, par conséquent, de plus matérialiste. Allez, plutôt, le demander aux professeurs de philosophie ! C'est, peut-Èlre, le seul point sur lequel : ils sont d'accord.

— «Ce u(ul eilioitlile, reprend Bould, ut Mjnard'lini cardintl. ■

— Et, probablement, après sa mort , Donald aurait donné sa voix : pour, en Caire un saint. Voilà, comment on a fait : le calendrier.

Le passage suivant est extrêmement remarquable : en ce, qu'il va contenir l'aveu implicite : que, l'homme peut inventer la parole. Or, de le pouvoir à le faire, nécessairement -, il n'y a plus qu'an pas : les eirconstantxs qui rendent nécettaire : ce développement de puissance ,

— ■ On peut ihMlonMt cwuvnit, dit BoBtld, fo'on pral invcittor le DOB du u)lKlanlif;..,>

— En voilà assez : pour, que le langage soit dans la puissance de Thomme. Je^ moi^ est le premier des substantifs ; et, une fois inventé, il renferme : moiy être; moi, être modifié. Voilà : le sujet, le verbe et Faîtribut. Le développement, du reste de la granunaire, n'est plus qu'un jeu.

— « ... nous en inTentons tous les jours, continue Bonald ; maisquiot au verbe,... »

— II est compris : dans le substantif. ,

— «... avec ses modes de temps, d'action , de personne, » continua Bonald ...

— Ils dépendent du raisonnement. Et, quand le moi est prononcé ; le raisonnement existe.

— « ... il ne 8*en introduit jamais de nouveaux dans le langage, continue Bonald, qu'ils ne soient tirés de quelque autre mot. »

— L'âme , au moyen du raisonnement, les tire : du/ey du moi. Moi, pas moi ou toi; pas moi ni toi, mais /{/{, etc.

— « Or, continue Bonald, on peut parler sans substantif,... »

— Comment ! on peut parler sans substantif? Sans dire ?woi? Autant vaudrait dire : qu'il est possible do parler, sans sentir.

•— « ... parce que , ccntinue Bonald , le gcsle exprime Pobjet présent ,... »

— Vous venez de dire ; que, le geste est une action. détebhinée; une action pensée; une action réelle. Pour faire un geste, il faut donc penser; il faut expri-

. mer le substantif, qui contient le verbe ; et, en delffnB : Àiquel, il n'y a pas de pensée : possible.

— a ... et le deMin, conlînue BoMld, l'objel (bKot. »

— La présence et l'absence sont des raisonnements; ei, pas de raisonnement sans verbe. C'est vous qui l'avez dit.

— « Mail, continue Bonald, on De peut ptrler mdi Terbc. •

— Comment Bonald n'a-t-il pas compris ; que, tout substantif renferme le verbe. Il sait : que, le verbe n'est qu'une afOnnation. Qu'il tâche donc de trouver un substantif qui ne soit pas une afCrmation. L'ne négation est l'affirmation : que, la négation existe; que, le raisonnement existe.

Nous avons déjà dit : que, Bonald n'a pas d'idées claires, sur ce qui empêche les sourds-muets d'articuler les sons.Nous allons donner un nouvel exemple de cette confusion d'idées; et, en même temps, nous aurons occasion de faire citer à Bonald, une des cxpli cations les plus excentriques qui aient été données : sur l'origine du langage.

— » Si l'organe del premier* invenlcurj du laiigige , dil-i! , ou lemp* de la pini exirtme barborte , puisqu'elle précédoii

342 SCIENCB SOCIALE.

— Avant le langage, il n'y a : ni barbarie, ni civilisation ; il y a organisme; et, Tâme, si elle existe, n'est encore : que, dans Tétemité. Si, les chiens ont des âmes ; ils ne sont point à Tétat de barbarie ; ils sont à Tétat de chiens. Les enfants {infans) ne sont point i l'état de barbarie ; ils sont : dans l'enfance.

•— «... a pu, continue Bonald, à cause de sa prodigieuse souplesse» se prèler, comme dit M« Damiron, . • . »

— Nous n'avons pas rapporté cette belle explication , de M. le professeur de philosophie ; parce : qu'en vérité , nous ne voulons point abuser de la patience de nos lecteurs.

•—((... aux mouvements intellectuels, et, continue Bonald , produire ffontanétnent le langage, comment nos muets, au milieu de toutes les relations de la société, qui donnent aux esprits bien plus de mouTemeot et d'activité, entourés d'ôlres parlants et entendants, et en commerce codtinucl a\ec eux , malgré tous les bienfaits d'une éducation qui ne leur laisse pas les mots à inventer, puisqu'elle s'applique à leur enseigner les mots d'une langue toute formée, comment nos muets ne peuvent-ils pas même répéter cette parole , . . . »

— Bonald oublie : qu'on ne se fait pas honneur, en réfutant sérieusement l'absurde ; surtout , quand l'absurde qu'on veut réfuter n'est pas un préjugé social, contre lequel préjugé il faut toujours parler sérieusement. Mais, ici un autre tort de Bonald est de n'avoir pas compris : pourquoi les sourds-muets instruits n'articulent pas ordinairement, quoiqu'ils soient capables d'articuler quand on veut se donner la peine de leur apprendre cette manière de s'exprimer. Les sourds-muets

MKKCR 30er*LB. 343

n'articDleirt poûilles sors, parce que Farticutatioa des • sons est une imitation de ce qui a frappé l'oreitte , couhim la peiature est une imitation de ee qui a frappé k» yeux. P»' hri-même, le sourd^nuet, même instruit ue peut doue articuler. Mais, si on Ini explique : con»mentiHantouTrirlaboucheipouréraettre les voyelles ; et, commentil faut frapper ces «nisswosde voix, aTec la langue , les dents , les lèvres ou le gosier , pour émettre des consonaes ; alors, avec assez de patience, on parvient à le faire parler. Si , on parvenait à faire parler un perroquet sourd ; on serait bien sûr : qu'il a une âme; et, qu'iln'est pas un perroquet seulement; mais, un homme perroquet.

— n ... el, continue Booald , ne fonl-iU entendre que de« sons inarliculéi qui lei rapprocheul bien plua de U brute que de l'homme ? n

— Comment I un sourd-muet, instruit, plus rapproché de la brute que de l'homme ? Mais, Bonald n'y pense pas. Il faut être bien fanatique d'un système, pour s'exprimer ainsi.

' Résumons!

Si, Dieu est l'auteur du langage ; l'homme n'est qu'une machine.

Mais, entendons-nous bien : seulement, pour autant que, par le mol Died, nous comprendrons l'anthropomorphe créateur, personnification de l'étemelle justice. Si, au contraire, par le mot Dieu, nous comprenons l'éternelle justice ; alors, le mot altedb, exclusivement relatif au temps, disparaît : tout apppartient à Dieu ; tout appartient à l'ordre éternel ; tout appar-

342 SCIEKCB SOCIALE.

— Avant le langage, il n'y a : ni barbarie, ni civilisation ; il y a organisme ; et, Tâme, si elle existe, n'est encore : que, dans l'éternité. Si, les chiens ont des âmes ; ils ne sont point à l'état de barbarie ; ils sont à Tétat de chiens. Les enfants (infans) ne sont point à l'état de barbarie ; ils sont : dans l'enfance.

— «... a pu, continue Bonald, à cause de sa prodigieuse souplesse» se prêter, comme dit M, Damiroo,. • . »

— Nous n'avons pas rapporté cette belle explication , de M. le professeur de philosophie ; parce : qu'en vérité , nous ne voulons point abuser de la patience de nos lecteurs.

•— « ... aux mouvements intellectuels, et, continue Bonald , produire ^ontanémeiit le langage^ comment nos muets, au milieu de toutes les relations de la société, qui donnent aux esprits bien plus de mouTement et d*activité, entourés d'ôlres parlants et entendants, et en commerce continuel avec eux , malgré tous les bienfaits d*une éducation qui ne leur laisse pas les mots à inventer, puisqu'elle s'applique à leur enseigner les mots d'une langue toute formée, comment nos muets ne peuvent-ils pas même répéter cette parole , . . . »

— Bonald oublie : qu'on ne se fait pas honneur , en réfutant sérieusement l'absurde; surtout, quand l'absurde qu'on veut réfuter n'est pas un préjugé social, contre lequel préjugé il faut toujours parler sérieusement. Mais, ici un autre tort de Bonald est de n'avoir pas compris : pourquoi les sourds-muets instruits n'articulent pas ordinairement, quoiqu'ils soient capables d'articuler quand on veut se donner la peine de leur apprendre cette manière de s'exprimer. Les sourds-muets

parlent?

Au g 1 , nous avons dit :

« Le chien sent-il? Première queslioD. Avant de l'aa voir résolue, il est impossible desavoir d'une ma- » nière inconleslable, s'il a des signes ; ou, s'il n'en a ■ pas. ■

D'après ce passage, il paraîtrait : que, nousaurioos dû intituler ce paragraphe : Si les animaux sentent. Avant de discuter ce point, nous croyons préférable de voir : ce qui a été dit, sur la question de savoir : Siles animauo) parlent.

~* Ricp, dit H. Coasio, n'iaduit pluià fure des cercles TÏcieai. .. ■

— Les cercles vicieux août inhérents au langage •: aussi longtemps, que le poiat de départ du langage, n'est point démontré : être absolu. Jusque-là, tout point de départ est nécessairement hypothétique ; et, toute hypothèse appartient à un cercle vicieux, qui n'a ni commencement ni fin. C'est, ce cercle qu'il faut briser : avant de pouvoir sortir de l'hypothèse.

— «... que , coDtîaue H. Couiin , Tbabitade dei abtlracliont logiilDM... *

tient à réj;eriielle justice ; dont, l'harmoûie, entre la liberté des actions et la fatalité des événements, est l'expression. De ces points de vue, les affirmations et les négations : déisme , athéisme et panthéisme peuvent alors être données comme vérités. Voilà, comment, avec des langues indéterminées, les contraires peuvent paraître : également rationnels.

ont point.. Si^ne^ d'après le dictionnaire, signifie : qui eœprime la pensée. Or, Descartes; et, M. Cousin; et, le sens commun; et^ le raisonnement réel; disent : que, seihtib; c'est, peivser. Toute l'Académie des sciences affirme : que, les animaux sentent et par conséquent qu'ils raisonnent; nous avons donné mille preuves de ce fait, de cette affirmation au titre premier. 11 faudrait, cependant, être d'accord avec soi-même. Et, cela n'existé point, pour ces Messieurs.

•— <cC*est, dit-il, continue M. Cousin^ qu'il n*est pas capable de distinguer les sensations particulières. . . »

— Est-ce que Messieurs de Tracy et Cousin s'imaginent : qu'il y a des sensations générales? Est-ce., qu'ils s'imaginent qu'il est possible : de se trouver en sodétéj avec une mémoire ; et, de ne point distinguer ses sensations, quand on en a?

— «... renfermées, continue M. Cousin, sous une sensation complexe, n

1 — Est-ce que MM. de Tracy et Cousin s'imaginent : qu'il y a des sensations, qui ne soient point complexes? S'ils en trouvent : qu'ils les mettent donc en bouteille ; ce sera curieux ! !

— « Mais, continue M. Cousin, comme Tanimal ne pourrait faire cette opération sans signes , il s^ensuit que l'animal n'a pas de signes parce qu'il n'a pas de signes, n

— M. Cousin se moque, très-agréablement et très-

318 SCIENCE SOCULE.

spirituellement^ de M. de Tracy. Il a parfaitement raison. Mais, quand on critique, il faut : ou, faire mieux ; ou avouer son ignorance. M. Cousin n'avoue pas son ignorance. Voyons ! s'il fera mieux. Toute la question philosophique^ c'est-à-dire morale , religieuse^ '. sociale^ se trouve là. Allons, M. Ck)usiQ, la question est bien posée ; résolvez'-la.

— (( Toute iostitation , continue M. Cousin , suppose une paissanct d'institution, i»

— Dès l'entrée, nous voilà dans le vague, jusque par-dessus les oreilles. Il y a puissance illusoire et puissance réelle. La puissance illusoire est relative à l'organisme, à la matière; la puissance réelle, s'il y a des puissances réelles , est relative : aux âmes . Aussi longtemps, que ces deux puissances ne sont pas distinguées, on tourne dans le cercle ; et, on n'en sort pas.

— « Or, continue M. Cousin, Tinstitution réagissant sur la puissance qui l'inslitue ...»

— Est-ce une puissance réelle qui institue, ou, estce la nécessité, l'organisme. Parle-t-on, comme on tette?

— - « ... la développe, continue M. Cousin, l'étend, de sorte que celleci lui doit ses progrès et paraU en dépendre. »

— Un matérialiste fera usage de cet argument, comme un spiritualiste. 11 vous paraît^ dira-t-il : que,

le langage dérive de la liberté ; c'est une erreur, il dérive : de la nécessité, de l'organisme.

— « Mais , continue M. Cousin , comme la puissance d^institution a créé rinstilution... »

— Oui, dira le matérialiste, comme un capucin de carte en tue un autre ; quand il est renversé par un autre.

— - <c ... qui, continue M. Cousin, la fortifie, il est Trai de dire que c'est à elle-même réellement qu'elle doit tous ses progrès, ...»

— A qui se . rapporte cet à elle-même ? Est-ce à la puissance ; ou, à l'institution. Si, c'est à l'institution, il n'est pas vrai de dire : que, c'est à elle-même, réellement, qu'elle doit tous ses progrès ; pas plus qu'il n'est vrai de dire : que, c'est à une hache que Ton doit la plus belle des charpentes ; ou à une plume le plus beau des poëmes. Une fois, l'âme unie à un organisme ; c'est à l'âme, c'est à la puissance, et à la 50ciété que tout est dû : sans exception aucune.

— «... qu*elle doit, continue M. Cousin, ses progrès ultérieurs. Aus>i le génie moral dicte les lois qui règlent la moralité. . . »

— Qu'est-ce que vous dites? 11 y a donc un être, qui s'appelle génie moral? Il n'y a pas de génies moraux; ou, il n'y a que des génies moraux. Tâchez donc de trouver un génie physique, et, mettez-le en bouteille.

— «... et, continue M. Cousin, paraissent la faire. »

— Ce qu'il y a de sûr; c'est, que jusqu'à présent, toute morale a été faite. Car^ tout ce qui est hypothèse est fait; il n'y a pas d'hypothèse dans la nalare. Y a-t-il une morale? Ce qu'il y a de certain encore; c'est, que si le panthéisme, ou l'anthropomorphisme, sont des réalités; toute morale : est une calembredaine; un cercle vicieux; un rien du tout.

— « Si, continue M. Cousin, Ton examinait aussi les eflets des grandes institutions naturelles , . . . >

— Qu'est-ce que vous dites encore ? Des institutions naturelles ! En voilà une expression qui est joliment philosophique ! Vous verrez : que, rattraction et la répulsion sont des institutions. Est-ce : des institutions du Créateur, que M. Cousin veut parler? Alors, nous voilà encore dans le panthéisme : par voie d'anthropomorphisme.

— «... on Terrait, contiaue M. Goasio, qu'ils ne sont point arbitraires , . . . »

— Que signifie ce galimatias ? Un effet dérive : de la nécessité ; ou de la liberté. S'il dérive de la nécessité, il n'est pas arbitraire ; s'il dérive de la liberté, il est arbitraire, quand même il arriverait nécessamment. Voilà encore où conduit l'indétermination des expressions. 11 y a nécessité matérielle; et, nécessité intellectuelle. La terre tourne à l'entour du soleil; voilà une nécessité matérielle. Deux êtres réels unis à des organismes ayant mémoii-e, et étant en société;

. SCIENCE 50GIÀLS. 351

parlent nécessairement : nous le prouverons. Voilà, une nécessité intellectuelle, qui dérive : de la liberté; de l'union d'une âme à un organisme. Il y a, encore ici, le défaut de passer : de Tordre d éternité, à Tordre de temps, sans le remarquer. Avant le développement du verbe, le temps n'existe pas encore. Et, Tarbîtraire appartient à Tordre des temps. Parler d'arbitraire, avant que le verbe «oit développé, c'est passer, sans le savoir , d'un ordre à un autre. Et, voilà comment on fait : du galimatias inextricable.

^ « ... parce que, continue M. Cousin, leurs causes ne le sont pas,... »

— Arbitraire, voyez le dictionnaii>e, signifie : qui dépend de la volontés Y a-t-il des volontés ; et, qui a une volonté. Si, le panthéisme existe ; il n'y a pas de volonté, il n'y a pas d'arbitraùre. S^, Tantiuropomorphisme existe; il n'y a que l'anthropomorphe qui ait une volonté ; et, tout est arbitraire, relativement à lui ; mais, rien n'est arbitraire relativement à nous. Si, le panthéisme et l'anthropomorphisme sont des calembredaines; si, nos âmes sont des êtres réels; tout ce que nous faisons, par le raisonnement, est arbitraire. Avant le raisonnement, le temps n'existe pas, il n'y a pas d'arbitraire, il n'y a encore rien dans le temps.

— « ... et Ton ne confondrait pas , continue M. Cousin^ les cames prochaines et imnëdictet c¥ec les fraies ciUKi pks éloigaéet. »

— Comment 1 que dites-vous? Si, la panthéisme existe ; il n'y a paa de causes réelles : qu'elles soient

prochaines ou éloignées. Si ranthropomorphisme existe ; il n'y a qu'une cause, V anthropomorphe; et, le raisonnement le réduit à rien du tout. Si, les ftmes existent; il n'y a de causes réelles, prochaines ou éloignées : que, ce qui en dérive. Si, je donne un coupa un capucin de carte, placé devant dix mille autres, je sais la cause de la chute : du dernier comme du premier. Tâchons donc de parler clairement !

— ft II est absurde , ponrsait M. Consîn , de dire que rhomme nt pense qu^au moyen des signes, ...»

— Faites bien attention, lecteurs! M. Cousin va dire des folies; mais, de ces folies qui ne sont jamais dites : que, par les plus belles intelUgences. Nous le répéterons mille fois, M. Cousin est une des plus belles intelUgences qui aient jamais existé. C'est dommage qu'il l'ait pervertie par sa vanité. S'il avait su douter, jusqu'à ce qu'il sût, il serait arrivé à la vérité.

— «... si Ton n^a joute, continue M. Cousin, qu'il n'a des signes qoe parce qu'il pense. »

— Toute l'erreur de M. Cousin gît dans cetle phrase. Si, M. Cousin avait dit : « Si l'on n'ajoute • qu'il n'a des signes que parce qu'il sent et qu'il est « en société. » 11 aurait été exempt de reproches; et, il serait arrivé à la vérité ; et, il aurait vu la vérité, pour ainsi dire : sans le vouloir. Et, pourquoi a-t-îl commis cette faute ? Par l'indétermination des termes.

Il n'a pas reconnu : que, sentir appartient à Tordre d'éternité; et, que sentir n'est penser : que, lorsque le verbe est développé. Si, sentir appartient à Tordre d'éternité; penseb, appartient à Tordre des temps; et, il n'y a pas de pensées, pas de temps, avant le développement du verbe, avant l'établissement du signe.

— « Les signes^ contiotie M. Goosiii^ jie créent foiat des facultés;... »

— Les facultés, chez un homme, sont des sottises. L'âme, unie à un organisme, etc., est-elle faculté? c'est-à-dire : est-elle réellement âme? Voilà la ques tion.

; — « ••• ils supposent, continue M. Cousin, une activité.. . »

— Pas du tout. Us en supposent deux. Laissez un homme seul : il ne parlera jamais: il ne pensera jamais; il ne sortira point : de Tétemité.

— « ... une activité intentionnelle antérieure, continue M. Cousin, qui a pu les créer, ...»

— D'abord, on ne crée pas. Créer est absurde : vous l'avez dit. Ensuite, cette activité intentionnelle a bien l'air : anthropbmorphique.

— « ... parce que, continue M. Cousin^ «Hé Ta touIu,. •• »

— • Voilà encore la même faute. La volonté, eq| relative au temps. Parler de volonté, avant le déve^ loppement du verbe; c'est, passer, sans le savoir, de

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