AGRICULTURE
« L'Europe attend, sollicite la fondation d'one
NOUVELLE SOCIÉTÉ. Le vieux système est à bout,
et le nouveau n'est point assis, et ne le sera pas
sans de longues et furieuses convulsions encore. »
L'Empereur. Mémor. de Sainte-Uélene.
— « Attendre est sage, à la condition d'attendre quelque chose. Mais, attendre pour attendre, par pure insouciance ou par pure irrésolution, faute d'avoir assez de bon sens pour se décider et assez de courage pour se mettre à l'œuvre; attendre ainsi, c'est le pire de tous les partis et le plus certain de tous les dangers. »
M. DE Brogue, à la Chambre des pairs.
— « Les philosophes et les publicistes n'ont su lire I'avenir que dans le tassé; et lorsqu'une nouvelle cause de perfectibilité, jetée sur la terre, leur présageait des changements prodigieux parmi les hommes, ce n'est jamais que sur ce qui a été qu'ils ont voulu regarder ce qui pouvait être, ce QUI DEVAIT Être. » Sieyès.
— « Vous croyez que l'extirpation totale du paupérisme était possible; moi aussi, et j'en étais convaincu. »
L'Empereur. Mémor. de Sainte-Hélène.
— « Si vraie qu'une doctrine puisse être, il ne s'ensuit pas que tous l'acceptent immédiatement. Elle rencontre dans les croyances inculquées dès l'enfance, dans les opinions reçues, dans l'inertie même des esprits qui répugne à l'effort nécessaire pour les déplacer, des obstacles desquels le temps seul triomphe. »
M. DE La Mennais.
— « Le sort commun de toute nouvelle vérité qui surgit, est d'effrayer au lieu de séduire, de blesser au lieu de convaincre : c'est qu'elle s'élance avec d'autant plus de force qu'elle a été plus long-
temps compiimée ; c'est qu'ayant des obstacles à vaincre, il faut qu'elle lutte et qu'elle renverse, jusqu'à ce que, comprise et adoptée par la généralité, ELLE DEVIENNE LA BASE d'uN NOUVEL OR- DRE SOCIAL. »
Louis-Napoléon Bonaparte. T. I, p. 196.
— « Non-seulement la routine conserve comme un dépôt sacré les vieilles erreurs, elle s'oppose encore de toutes ses forces aux améliorations les plus légitimes et les plus évidentes ; et il est bien triste que, sous certains rapports, la France ait donné les exemples les plus remarquables de celte antipathie du progrès. »
Louis-Napoléon Bonaparte. T. 3, p. 174.
Quelles sont les causes qui, sous la société actuelle, empêchent : que, l'agriculture puisse atteindre son apogée ? Quelles sont les causes, qui la détériorent et nous ramèneraient à l'état de Larbaric : si, la société future ne venait, nécessairement, se substituer à la nôtre ? Ici, sachons nous borner : à la plus faible des énumérations.
L'impossibiliié actuelle cV appliquer utilement; des capitaux suffisants, aux améliorations agricoles.
— Cette impossibilité résulte :
De ce que, tant que l'impôt pèse sur le salaire, l'industrie, le commerce et l'agiotage dominent nécessairement : l'agriculture. Alors, dans l'industrie, le commerce et les fonds publics; le capital rapporte au moins le double, de ce qu'il rapporte : en agriculture.
Vouloir, alors : que, les capitaux se portent sur l'agriculture; est une grossière utopie.
Le défaut de généralisation des connaissances agricoles, qui, par l'extension contitiuclle du paupérisme, se concentrent proportionnellement.
— Essayez donc de généraliser les connaissances agri-
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coles; avant, que l'éducation et l'instruction soient communes î Avant, surtout: que, rignorauce sociale soit anéantie? Et, vous verrez à quel point, comme le dit M. 3Iichel Chevalier : vous aurez généralisé l'anarchie.
D'ailleurs, les connaissances vont, nécessairement, là où se portent les capitaux. Actuellement, les cours d'agriculture sont déserts ; il faut y recruter des auditeurs. C'est : d'une part, que chacun se dit à quoi hon? Et, dune autre, que l'agriculture, ou plutôt l'économie rurale, renferme : toutes les connaissances matérielles possibles. Alors, personne n'ose entreprendre : l'étude d'une théorie aussi immense ; quand, chacun s'imagine : qu'une simple pratique locale peut lui suffire.
De plus, il est une foule de connaissances agricoles, qui ne peuvent être généralement appliquées : que, par la société ; et, lorsque le sol appartient à la propriété collective. Le système Kennedy, par exemple (la transformation de tous les engrais solides en liquides), constituant selon M. Moll, l'innovation la plus grande, la plus radicale qui ait peutêtre été tentée de nos jours en agriculture; ce système ne sera jamais appliqué, que par exception ; et encore exclusivement : dans les pays oii le sol appartient, à l'aristocratie par primogéniture.
Quand les connaissances agricoles ne sont point, socialement, données à tous et à cliacun ; elles sont nécessairement le partage : d'un très-petit nombre d'individus.
Le morcellement des exploitations rurales : qui souvent, double les travaux et lesdangers relatifs aux récoltes; met obstacle aux bons assolements ; force à laisser subsister le parcours, la vaine pâture, etc., etc.
— Malheureusement, il est encore si peu de personnes instruites, en économie rurale; que, bien peu comprendront l'importance de ce paragraphe. Mais, qu'y faire?
La grande culture, appliquée aux locaUlés privées de manufaciures; et, la petite culture, là où les manufactures sont le plus considérables.
— Même remarque qu'au n° 3.
Le produit net, toujours préféré au produit brut : lorsque, Vintérêt public et l'intérêt particulier n'est point essentiellement le même.
— Même remarque qu'au n" 3. Suis-je obligé défaire un cours particulier, pour chaque partie élémentaire : soit, de la science sociale ; soit, de la science agricole ?
L'absence d\in système général : de défrichement, de dessèchement, d'irrigation et de canalisation.
— Cette absence est l'une des caractéristiques de la barbarie; si, le mot barbarie exprime : l'ignorance sociale. Vous vous croyez civilisés ! Oui : comme des enfants se croient des hommes ; quand ils portent la canne et des bottes.
L'absence de chemins vicinaux, rendant inutiles : les meilleures lignes de communication.
— Civilisés! quand il faudrait quelquefois dix paires de boeufs, pour conduire une charretée de foin, d'un village à un autre. Et encore î quand ce n'est ])oint absolument impossible. Civilisés ! savez-vous : quand on est réellement civilisé? Quand chacun, en naissant, est nécessairement citoyen ; et que, parvenu à l'âge de majorité, il eu connaît,
nécessairement et incontestablement : les droits et les devoirs. L'êtes-vous civilisés ?
Le déboisement des montagnes, si nuisible : auco sources, aux pluies, aux abris, à la conservation des terres végétales, etc., etc.
— Mais, allez donc parler de cela : à ceux, qui n'ont poiut suivi un cours d'économie rurale. Ils croiront : que vous leur parlez kamtcliadale.
— Ces différents obstacles; et, mille autres que je passe sous silence; sont tous insurmontables : aussi longtemps, que le sol reste aliéné. Voyons, ce qu'ils deviennent : sous le régime du sol appartenant à la propriété collective ; et, sous les finances, résultant nécessairement : de ce régime.
— Tous les capitaux, acquis par les générations passées ; moins, la partie restée entre les mains des familles, pour que la production soit toujours au maximum possible ; appartiennent à la propriété collective ; et, la société a le plus grand intérêt : à ce que toutes les terres parviennent, le plus tôt possible, au plus haut degré de fertilité possible. Alors, les banques de crédit foncier, considérées comme base d'améliorations agricoles; la plus grande des utopies, après celle des congrès de paix, considérés comme devant anéantir les guerres internationales; deviennent : complètement inutiles.
Voilà, le premier obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait une ombre d'objection rationnelle possible; et, ne pguvaint l'être : QUE, PAU l'ewteée du sol a la propriété collective.
Remarquez, je vous prie, l'alinéa qui précède. Il revien-
dra, en ritournelle, à chaque sine qiiâ non de bien-être social. Si, à chacun de ces couplets, tous a\iez la bonté de relire les épigraphes que j'ai placées en tête de ce chapitre; peut-être seraient-elles utiles, à ceux qui s'imaginent : que, tout est pour le mieux : dans la société actuelle.
Hélas ! une anarchie, continuellement croissante, pourra seule les détromper.
Continuons !
— L'éducation et l'instruction se trouvent socialemen données ; et, les connaissances agricoles, renfermant, pour ainsi dire, toutes les connaissances physiques possibles; sont, alors, aussi développées et aussi généralisées : que possible.
Yoilà, le second obstacle vaincu; sans, qu'il y ait une ombre d'objection rationnelle possible ; et, ne 'pouvant
l'être : QLE, PAR l' ENTREE DU SOL A LA PROPRIÉTÉ COL- LECTIVE .
— Le morcellement, des exploitations rurales, est évidemment impossible ; sous le régime : du sol appartenant à la propriété collective.
Voilcà, le troisième obstacle vaincu; sans, qu'il j ait une ombre d'objection rationnelle possible; et, ne pouvant
l'ÈTRE : que, par l'entrée du sol a la PROPRIÉTÉ COL- LECTIVE.
— Sous le régime : du sol appartenant à la jjropriété collective ; la grande et la petite culture sont toujours mises en pratique; selon, que l'une ou l'autre est plus ou moins avantageuse : et à la société; et aux individus; dont les intérêts sont, alors, toujours essentiellement : les mêmes.
Yoilà, ce quatrième obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait l'ombre d'une objection rationnelle possible; et, ne pouvant
338 scieîsce sociale.
l'Être : qle, par l'e:ntrée du sol a la propriété collective.
Sous le régime : du sol appartenant à la propriété collective ; le produit brut, le plus grand possible relativement aux besoins delà société ; est toujours : le produit net le plus grand possible : parce que, ce produit brut est toujours le plus utile à la société; et qu'alors, l'intérêt des individus est toujours identique : à celui de la société.
Toiià, ce cinquième obstacle vaincu; sans, qu'il y ait l'ombre d'une objection rationnelle possible; et, ^e pou- VA1NT l'Être : que, par l'entrée du sol a la propriété