SANS AVOIR DE NOTIONS DÉTERMINÉES
Voltaire. Pensées et Remarques.
— « Des gens qui se diraient associés de tout le monde , continue M. Proudhon, seraient considérés comme ne l'étant de personne. »
— Et, encore une fois, avec juste raison : parce qu'être associé de tout le monde, sans distinction de propriété collective et de propriétés individuelles, c'est supposer l'existence : du communisme absolu ; et, cette existence ; c'est, l'anéantissement de toute association ; c'est, l'automatisme, c'est l'absurde : selon 'S\. Proudbon lui-même.
— « Des écrits, continue M. Proudhon, où l'on parlerait à la fois de
(1) Ce passage devrait ofre tracé , en lettres d'or, au-dessus de toute tribune parlementaire.
garantie et de concurrence entre les associés, sans aucune mention de fîtnds social et sans désignation d'objet , passeraient pour une œuvre de charlatanisme transcendental... »
— Et, toujours avec juste raison : parce que, la garantie est relative : à la propriété collective, établie alors vai maximum possible; à l'instruction réelle, alors existante et généralisée; et à la sanction inévitable, alors socialement reconnue; tandis, que la concurrence est inhérente : à Tintelligence; à la volonté; et, à la projiriété individuelle. Nul doute : que; de pareils écrits ne fussent le digne pendant : de la constitution de la valeur.
— <' ... dont l'auleur, continue M. Proiuihon, pourrait bien être envoyé à Bicêtrc, à supposer que les magistrats consentissent à ne le regarder que comme fou. »
— Je ne suis coupable : ni, de la constitution de la valeur; ni, de son pendant; et, je suis dans un cabanon. — (J'écrivais ce passage en décembre 1848.) — Si, M. Proudhon n'était pas de l'Assemblée constituante ; il serait possible : que, nous fussions dans la même loge; si, cependant^ on ne voulait pas nous livrer en pâture, aux lions du désert; infiniment moins à craindre : que, la crapaudine et autres jouissances algériennes. J'ajouterai : qu'il y a peu de semaines; (novembre 1850); j'ai eu l'honneur de recevoir la visite, très-polie d'ailleurs, d'un magistrat : pour, me visiter de la cave au grenier ; sons l'accusation : de conspiration, de dépôts d'artnes et de munitions. Et, cependant, j'ai professé toute ma vie : que, les conspirations secrètes sont de véritables souricières : à nigauds.
— « Et pourtant, continue M. Proudhon, il est avéré, par tout ce que riiisloire et l'économie sociale constatent, que Tliumanilé a clé jetée nue sur la terre qu'elle exploite ;. .. »
— Ici, je me penneltrai de faire observer à M. l'ioudhon :
36i SCIENCE SOCIALE.
que, sous ce rapport, rinstoire naturelle en général; et, la géologie en partieulier : prouvent bien antrenient : que, l'histoire ; et, l'économie sociale.
— « ...que c'est elle, continue M. Proiidhon, qui a créé tous les jours toule la richesse;... »
— Créé : est trop fort, pour le mot propre. Si, c'est une figure ; soit. Dans tous les cas, la terre est une richesse incréée par l'humanité. Dès lors, voilà la propriété collective du sol; et, les propriétés individuelles résultant du travail; parfaitement déterminées et justifiées.
— «... que le monopole en elle, continue M. Proudhon, n'est qu'une vue relative, servant à désigner le grade du travailleur avec certaines conditions de jouissance;... »
— Monopole, autre source de logomachie. Le monopole, largement compris, n'est autre : que, l'expression de la propriété. Mais, il y a monopole relatif à la force ; et, monopole relatif à la raison. Tant, que la force domine; il ne peut exister : que, monopole relatif à la force. Quand la raison, par l'anéantissement de l'ignorance sociale, domine nécessairement la force; tout monopole, dérive de la raison. Celleci donne, à M. Proudhon, le monopole de sa femme ; et, nous sommes certain : qu'il ne voudrait, nullement, céder ce monopole à la force. Quant à l'existence des grades, elle n'est autre : que, la hiérarchie; en dehors de laquelle, il n*} a de possible : que, l'anarchie. Seulement, en époque de force, la hiérarcbie est relative à la force ; et, en époque de raison, relative à la raison. C'est simple : comme bonjour.
— « ...et que, continue M. Proudhon, tout le progrès consiste, en multipliant indéfiniment les produits, à en déterminer la proportionnalité;... »
— La proportionnalité se détermine toujours toute seule ;
elle est le résultat nécessaire : de l'orgaulsatioii de la propriété; et , il n'y en a que deux possibles. Quand , la force domine : le sol est nécessairement aliéné. Quand, le sol est aliéné : les forts ont le plus possible; et, les faibles le moins possible. Quand, la raison domine : le sol, nécessairement, est entré à la propriété collective, l^t, quand le sol appartient à la propriété collective : il n'y a plus, socialement, ni forts, ni faibles; et, la proportionnalité est nécessairement relative : à la raison; au mérite; au travail. Quant au progrès, il consiste, en époque de force : à ce que tout, nécessairement, aille de mal en pire; afin, que la force devienne incapable, de servir plus longtemps de base d'ordre ; et, que la nécessité du règne de la raison, puisse se faire sentir. Lorsque, la raison domine; le. progrès moral devient : une sottise; à moins, qu'il n'y ait un règne qui vaille mieux : que, celui de la raison. Une pareille opinion peut exister : à Bedlam.
— « ...c'est-à-dire, conlinue M. Proiidhon, à orfçaniser le Iravail et le bien-être... »
— Le TRAVAIL, c'est-à-dire les travailleurs, c'est-à-dire l'bumanité, s'organise toujours nécessairement : en époque d'ignorance, par la force; et, quand la force ne peut plus être base d'ordre, l'ignorance s'évanouit nécessairement. Alors, la raison domine ; et, le travail, ou les travailleurs, ou l'humanité, s'organise rationnellement. C'est, encore simple : comme bonjour. Quant au bien-être, il n'est, socialement parlant, autre que Tordre, vie sociale; à laquelle tout, AiJSOLUMEiNT TOUT, doit èlrc soumis : sains populi uUima lex esta. En époque d'ignorance, ou de nécessité de force; ce bien-être, l'ordre, ne peut exister : que, par l'exploitation des masses, au profit des minorités; tant que, l'examen peut être comprimé. Quand l'examen devient incompressible; cl, que l'ignorance sociale dure encore; ce bicji-
être devient : une impossibilité. C'est, cette même impossibilité : qui fait évanouir l'ignorance; et, dominer la raison. Alors, l'ordre ou le bien-être : c'est, l'absence de toute exploitation. C'est encore : simple comme 60 njour/
— «... et le bien-être , continue M. Proutlhon, par la dmsion , les machines, l'atelier, Téducatiou et l.i concurrence. L'étude la plus approfondie des phénomènes n'aperçoit rien an delà. »
— Il est certain : qu'en dehors de l'ordre et du désordre ; il n'y a rien : socialement. Mais, quelles sont les lois de l'ordre; et, quelles sont les causes du désordre? voilà, ce qu'il faut exposer, clairement et incontestablement : dès, que l'examen est devenu socialement incompressible ; sous peine : d'anarchie ou d'agonie sociale.
— « D'autre part, continue M. Proudhon, il est évident que toutes les
tendances de l'humanité et dans sa politique cl dans ses lois sont à l'universalisation,. . . ))
— Est-ce à cause de cela que 31. Proudhon veut : conserver les nutionalités ; et, anéantir toute autorité : ce qui est la diversification, à l'infini? D'ailleurs, l'humanité, au propre, n'est pas un être; et, n'a de tendance qu'au figuré. L'humanité, socialement considérée, obéit aux nécessités sociales. Il y a trois nécessités sociales ; et, les voici : en époque d'ignorance et de compressibilité d'examen, I'ex- PLOiTATiON DES MASSES : conséqucuce nécessaire du règne aussi nécessaire delà forée; en époque d'ignorance sociale et d'incompressibilité d'examen, I'aivarchie : conséquence nécessaire : de l'impossibilité d'avoir, plus longtemps, de l'ordre par la force; et, de 1 impossibilité d'en avoir déjà, par la raison; en époque de connaissance, I'absekce de TOUTE exploitation *. conséqueuce nécessaire : du règne de la raison.
— « ... c'est-à-diiu , conliiiue M. Proudhon, à une transformation complété de l'idée de sociélé, telle que nos codes la déterminent. » [Système des contradictions, ch. vi.)
— Et nos codes déterininent : des associations de capitaux ; et, non d'individus. Est-ce là l'idéal de M. Proudhon?
Après cela, IM. Proudhon s'amuse : à donner des chiquenaudes à M. Louis Blanc. 3L Proudhon n'avait rien à faire.
J'ai beaucoup d'estime pour le caractère, les intentions, le talent d'historien, et surtout les services de M. Louis Blanc. J'en ai peu pour sa théorie d'organisation sociale; actuellement oubliée par ceux qui sont capables de la juger. Je n'ai pas Ihonneur de le connaitre très-particulièrement. Mais, un de nos amis communs (Guinard) m'a assuré; que, c'était un cœur d'or; et, j'ai beaucoup de respect pour les cœurs , qui ont la pureté de ce métal.
Revenons aux associations.
Nous l'avons dit ailleurs; et, nous le répétons ici.
— « Il y a association, entre tous, pour le plus grand hien-êlre de TOUS ; et, association entre les forts, jiour le plus grand inal-ètre possible des FAIBLES. La première espèce d'association n'est possible : que, lorsque la dernière n'est plus possUile ; et, la dernière est seulement impossible : lorsqu'une longue anarchie a fait sentir , socialement : la nécessité d'anéantir l'ignorance soci.ile, qui seule rend le règne delà force : absolument nécessaire. »
— Sortez delà, il n'y a de possible : que, logornacliio ou galimatias.
Le passage, que nous allons critiquer, est de M. Louis Reybaud.
— « Qu'on n'afrcctc plus, dil-il, aulanl de souci pour les honiuics i|ui vivent du travail de leurs mains, ...»
— Il e.)t possible, Monsieur, que vous ayez lort peu de
souci pour eux ; mais, peut-être scrait-ii l)oii d'en avoir : pour vous-même; et, pour les vôtres. Croyez-vous : que, lorsque ces hommes, pour lesquels vous avez si peu de souci, Uniront par avoir soin deux-mêmes ; et cela, au sein de l'ignorance ; ils auront aussi le soin de ne vous faire aucun mai? Quand la force des faibles vient à triompher, sous le règne de la force; ils mettent les jadis-forts à leur place. Cela vous convient-il?
— « ...ils trouveront leur route d'eux-mêmes, » continue M. Reybaud.
— C'est vrai, Monsieur. 3Iais, si vous ne leur montrez point la bonne route ; et, si vous n'avez soin de vous y mettre; ils vous rencontreront :"surla mauvaise. l:^t comme, ainsi que vous allez le dire, ils ont pour eux le nombre; c'est-à-dire la force, ils vous y écraseront : vous et les vôtres.
— « Ils ont de leur côté la patience et le nomlire , continue M. Reybaud. Quand ils y joindront l'esprit de prévoyance et de conduite,... »
— L'esprit de sage prévoyance et de bonne conduite est incompatible ; avec l'ignorance. De votre côté, vous avez soin de leur inculquer : l'esprit do leur force; et, de l'injustice qu'ils subissent. Avec cela, soyez tranquille, ils feront du chemin. Est-ce pour le leur avoir enseigné : que, l'Académie des sciences morales et politiques, vous a appelé dans son sein ? Hélas î c'est précisément ce chemin, qui devrait vous donner quelque souci. Vous croyez faire de l'égoïsme, en ne pensant pas à eux ; et, votre égoïsme n'est que de la folie.
— «... toute société, continue M. Reybaud, devra compter avec eux. » — Kt, tant qu'il y aura i)i:s ^^ociÉTiis ; c'esl-à dire, des
NATIONALITÉS ; le résultat du compte, en présence de l'incompressibilité sociale de l'examen, sera toujours : l'anarchie. Vous avez donc : un bien grand amour pour l'anarchie ! ce n'est, cependant, pas déjà si aimable.
— « On parle d'association, continue M. Reybaud, de formule d'asso-^ dation : ...»
— C'est vrai, Monsieur; comme les aveugles parlent des couleurs ; ou les sourds de la musique ; ou les métaphysiciens de l'àme. Aboyez ce que c'est : que, l'indétermination des expressions ! Voilà, plus d'un siècle que l'on parle d'as socialion; et, personne ne s'est encore occupé, de donner à cette expression : un sens déterminé ; et, iie renfermant rien d'absurde.
Déterminons !
— Qu'est-ce qu'une association ?
— C'est, une assemblée d'hommes : unis dans un but.
— Qu'est-ce qui caractérise : l'espèce d'association ?
— Les conditions de l'association.
— Quel nom donne-t-on : à l'ensemble des conditions?
— Organisation.
— Combien y a-t-il : d'espèces d'organisations ?
— Deux, exclusivement deux : domestique et sociale.
— Et, quelle est la base, exclusivement la base : de toute organisation ?
— La sanction.
— Et, une organisation : privée de sanction, a-t-elleune valeur pratique?
— Absolument aucune.
— Quelle est la sanction de toute association : domestique ?
— La sanclion sociale.
Voilà, toute association {loincsticiue éliminée : de toute y. 2i
domination sociale ; et, même de toute influence sociale : comme sleordoanée.
— Quelle est la sanction sociale ?
— La force, ou la raison : exclusivement.
— Et, la raison peut-elle dominer, socialement : tant, que la force, soit brutale, soit masquée de raison, peut dominer : la raison ?
— Impossible; évidemment impossible : excepté néanmoins à Charentou. Et, des Charcutons, il y en a des milliards. En époque d'ignorance sociale, il y en a au moins un : chez chaque individu.
Voilà, toute espèce d'organisation, sociale et domestique, nécessairement soumise à la force ; tant, qu'il y a possibilité, pour la force, de dominer : la raison.
Voyez-vous, maintenant : que , tout ce qui, jusqu'à présent, a été dit : sur l'association; et, sur les associations, considérées en dehors de la force; n'a été que du bavardage inutile ; par cela seul : que, la force peut encore dominer ; par cela seul, encore une fois : que, la raison n'est pas encore, socialement, capable de la dominer.
— « ...avant d'y songer, continue M. Reybaud les classes laborieuses ont à épuiser l'épreuve complète du règne d'affranchissement. . . »
— D'affranchissement est très-joli ! Dites donc d'esclavage, s'il vous plaît. Voulez-vous : que, je vous le fasse dire par les vôtres: Malthus, J. B. Say, Rossi, MM. Blanqui, Michel Chevalier, etc. ? Vous voudriez bien, n'est-il pas vrai : que, les classes laborieuses ; ou, plutôt les prolétaires; pussent considérer leur esclavage, le pire de tous parce qu'il est senti, comme un affranchissement? C'est, à leur inculquer cette conviction, que vous consacrez votre vie. Travail inutile ! Non. Travail dangereux ! !
— « ... dans lequel, continue M, Reybaud, elles ne sont c.itrées que depuis un demi-siècle. »
— Allez donc \oir, dans l'histoire de l'économie politique, ce que M. Blanqui, le coryphée actuel de l'économisnie, dit : de l'affraucliissement de 89 ! Puis osez, sans rougir, parler :de cet affrauclnssement du travail.
— « On aura beau faire, dit plus loin M. Reybaud, on n'échappera pas à ce dilemme : de deux choses l'une, ou l'association des travailleurs sera forcée, ou elle sera libre. »
— Association forcée est très-joli ! C'est, comme liberté esclave. . . . Socialement parlant, c'est, du reste : la seule espèce d'association ; et, la seule espèce de liberté ; qu'il y ait eu : depuis, que notre monde social existe.
M. Reybaud établit un dilemme. 11 y en a un autre, qui doit précéder le sien. Et, tant qu'il n'est pas résolu, préalablement ; on reste nécessairement dans le vague; c'est-à-dire : dans l'ignorance. Le voici ce dilemme ; Les travailleurs, sont tout le monde; ou, ne sont qu'une partie de tout le monde. S'ils sont tout le monde, l'association n'est autre : que, l'organisation de tout le monde ; c'est-à-dire, l'organisation sociale; et, dès lors, toute association particulière, ou domestique, lui est nécessairement soumise. Si, les travailleurs ne sont pas tout le monde ; ils sont les plus forts ou les plus faibles. S'ils sont les i^lus forts, les autres, en tant que faibles, sont esclaves. S'ils sont les plus faibles, eux-mêmes, en tant que faibles, sont esclaves. Et cela, nécessairement ; nécessairement, entendez-vous ? tant, qu'il y a des travailleurs ; et, des non-travailleurs. Après cela, faites donc des sociétés de travailleurs ; et, travaillez : à river vos fers!
— « Si elle est forcée, continue M. Reybaud, elle rentre dans le régime des corporations d'autrefois, c'est-à-dire dans une organisation au-
BITRAIEE DU TRAVAIL. »
— Arbitraire? Que signilie cette expression, b'il vousplaili'
372 bClEACJi; SUCIALE.
— Arbitraire, direz-vous, signifie : relatif à la volonlc.
— Très-bien. Et, à la volonté de qui ?
— A la volonté du législateur.
— Toujours très-bien. Et, qui est le législateur? Vous ne répondez pas. Eh bien, Monsieur! le législateur est toujours : ou, Une force arbitraire, dominant toutes les raisons; ou, la raison, incontestablement démontrée, dominant : toutes les forces arbitraires. Or, la raison ne peut dominer toutes les forces arbitraires, masquées ou non masquées de raison , tant, que Tiguorance sociale, qui empêche de connaître ce qui est incontestablement ordonné par la raison, n'est point évanouie; et, elle ne Test point encore. Vous voyez donc : que, toute organisation sociale est encore : arbitraire par essence; relative aune raison, aune volonté: et non à la raison; qui, elle, n'est : ni arbitraire, ni volontaire, ni personnelle ; mais, éternelle et impersonnelle. IMaintenant, essayez donc de faire des associations ; ou, même une association, qui ne soit pas une expression d'arbitraire, de despotisme, avant d'avoir fait évanouir l'ignorance sociale; et, vous verrez : comme vous aurez aggravé LE JOUG DES FAIBLES. Il cst vrai : que , cette aggravation est nécessaire : pour faire sentir, socialement, la nécessité, d'anéantir l'ignorance sociale. Et voilà, comment tout est bien : jusqu'au mal.
.' Par riiabitutle d'employer uu mot dans un sens figuré, l'esprit finit par s'y arrêter uniquement, par faire abstraction du premier sens ; et ce sens, d'abord figuré devient, peu à peu, le sens ordinaire et propre du mot. »
CoNDORCET. Tableau des prog. del'Espr.hum., p. 55.
— « Les mots propres forment le langage de la raison; les expressions figurées celui des passions. »
Barthélémy. Voy. du jeune Anac/tar:,is.
— « Le langage figuré, très-utile à la conception quand il vient à la suite du langage simple, lui est funeste quand il le remplace. Il accoutume à raisonner sur les plus fausses analogies, et forme, autour de la \érité, un nuage que les esprits les plus clairvoyants ont bien de la peine à percer. »
JÉRÉMiE EE^THAM. Tactique parlement.
— « Une des premières bases de toute bonne philosophie est de former pour chaque science une
langue exacte et précise où chaque signe représente une idée bien déterminée, bien circonscrite, et de parvenir à bien déterminer, à bien circonscrire les idées par une analyse rigoureuse. »
CoNDORCET. Tableau des progr., p. Cô.
«11 peut y avoir des synonymes en poésie; mais
•a philosophie n'en connaît pas, et elle conçoit deux idées partout où elle entend deux expressions. » BoNAi.D. Recherches philos.
— « Si les mots ne signifient rien, il est de toute impossibilité pour les hommes de s'entendre entre eux, et, disons plus, de s'ektexdre avec eu.\-