MÈMES
.. Quand même l'homme n'aurait pas la science, quand il n'aurait que des opinions , il faudrait (|u'il s'appliquât beaucoup plus encore à l'étude de la vérité, comme le malade s'occupe plus de la santé que l'homme qui se porte bien, t'ar celui qui n'a oie nfs oiMNioNs, si on le compare a ci lui
3/î SCIENCE SOCFALE.
QUI SAIT, es(, par rapport à la vérité, dans un état de maladie (1). »
Aristote. Métaphys,, liv. IV, 4.
— « A part quelques esprits enthousiastes du passé, continue M. Reyl>au(l, personne ne veut le retour à un privilège (les corporations) condamné par l'expérience. Reste alors l'association libre qui manque de sanction, qui n'est qu'une lettre morte. »
— Qu'une lettre morte, est bien le mot; et, nous le faisons remarquer : très-spécialement. Il est évident : que, vouloir baser la société générale, sur des associations particulières, nationales ou domestiques ; associations, nécessairement privées de sanction sociale non arbitraire; est une utopie : à peu d'autres pareille; et, que vouloir qu'une société, nécessairement basée sur un arbitraire, aille sanctionner des sociétés particulières, ayant nécessairement pour but de renverser cet arbitraire, afin d'en établir dix mille autres; est aussi, une utopie d'une belle taille! Mais, vouloir maintenir une organisation sociale arbitraire, ayant pour conséquence nécessaire l'exploitation des majorités par les minorités, au point de livrer les masses à la mort par la misère ; et cela, en présence de rincompressibilité de l'examen; c'est une utopie, à nulle autre comparable. Maintenant, écoutez! vous allez entendre l'auteur vous énoncer : de bien étranges choses.
— «Vainement, dit-il, un écrivain (M. de la Farclle), dont on ne peut méconnaître ni les intentions ni les lumières, a-t-il esfayé de tracer un règlement où la liberté se concilie avec la discipline... »
— Ainsi, vous considérez la liberté comme indépendante de toute discipline, de toute règle, de toute sanction? La liberté réelle, Monsieur; c'est : l'obéissance volontaire j sous
(1) Voilà encore des épigraphes qui devraient être tracées, en lettres d'or, au-dessus de toute tribune parlementaire, l'cut-ètre alors, y diraitou moins de folies.
le joiirj de la raison dominant les passions ; et, Ja raison, nest raison pour dominer les passions; que, sous la protection de la sanction religieuse ; dont, la sanction sociale n'est jamais que l'écho : sols peoe d'.oarchie,
j\ous vous avons passé, une fois, votre liberté indéterminée; qui est aussi bien : l'obéissance aux passions; que, l'obéissance à la raison; mais, deux fois, c'est trop fort. La liberté du travail, 3Ionsieur, ainsi que son esclavage, sont des résultats : nécessaires de l'état des connaissances. Tant, que dure l'ignorance sociale, sur la réalité du droit; le travail est nécessairement enclave; en donnant, au mot traiail, la valeur: de travail des faibles; quand, cette ignorance est évanouie ; l'esclavage du travail s'évanouit : simultanément.
— ... et le droit commun avec la hie'rc>rchic,i) ajoute iM. Reybaud,. .>
— Ainsi, 31. Reybaud trouve : que, le droit commun et la hiérarchie, sont incompatibles ! En vérité! c'est M. Reybaud, qui devrait être à ma place.
(Décembre 1848. Dans un cabanon.)
— « ...ce système, continue M. Reybaud, n'a qu'un défaut, c'est celui de stipuler dans le vide. Personne ne s'y ralliera. »
— Si, Monsieur, beaucoup d'individus s'y rallieront; et, à cet égard, vous n'avez qu'à ouvrir les yeux (nov. 1851). Il n'y a pas de folie particulière; qui, en époque de folie sociale, ne trouve ses partisans. La plus grande des folies actuelles, celle de \ouloir, ainsi que vous le voulez, conserver l'organisation sociale existante, en présence de l'incompressibilité de l'examen ; est, même, celle qui en a le plus grand nombre; et cela, sous la protection de ; l'Académie des sciences morales et politiques.
— « Tant que le travail restera libre, continue M. Reybaud, l'ouvrier préférera Vindèpendance à la solidarité, y*
(Études sur les réformateurs.)
— Libre ! c'est-à dire : soumis à la force, qui oblige le travailleur à mourir de faim comme faible, s'il n en fait mourir d'autres comme fort. Et cela, ainsi que l'affirme l'un des princes de l'économisme, J. 13. Say, en disant : « Tous les « ans une partie de la population doit mourir de besoin, « même au sein de la nation la plus prospère. « Belle liberté !
Quant à la solidarité, socialement considérée, elle est exclusivement : un résultat d'organisation générale. Vouloir en faire un résultat d'organisations particulières, nationales ou domestiques ; est une folie, à nulle autre comparable. Il n'y a, qu'à l'Académie des sciences morales et politiques ; où, il soit permis de dire ces choses-là; sans courir le risque, d'être sifflé.
Vous vous imaginez, en outre : qu'il peut exister, socialement, de l'indépendance sans solidarité ! C'est là : une nouvelle folie. L'indépendance sociale, des individus, consiste : à, ne pas être soumis aux passions des forts; à, n'être soumis qu'à la raison : accordant à tous une, égale protection; faisant défendre chacun, par la force de tous ; tous, par la force de chacun; et, rendant le travail de chacun, utile à tous; comme, le travail de tous, utile à chacun. Cette indépendance sociale. Monsieur ; la seule qui puisse exister ; n'est autre : que, la solidarité. Mais, cette solidarité réelle dépend, je le répète : de l'association générale ; et non, d'associations particulières ou domestiques. Vouloir baser l'association générale, sur les associations particulières, est une folie égale à celle de ceux : qui, veulent baser la stabilité de la société, sur le crédit ; au lieu, de vouloir baser le crédit, sur la stabilité de la société.
Voyons, maintenant, le passage qui suit immédiatement celui qui précède; il est, j'en demande mille pardons à l'auteur, caractéristique : d'ignorance et de vanité :
— « Ce n'est jamais de son plein gié , dit M. Louis Reybaud, .]iie riionuno s'impose des chaînes,... »
— One siguitie ce galimatias? Ainsi, ce n'est jamais de son plein gré : que, l'iiomme agit de son plein gré? Ce n'est jamais avec raison; que, l'homme se soumet à la raison? Je conçois, Monsieur, que ce ne sera jamais de votre plein gré : que, vous vous imposerez les chaînes de la raison. Mais, qu'est-ce que cela prouve? que, vous êtes et resterez : l'esclave de vos passions.
— «... même dans rintérèt de son propre bien-être, » njoule M. Reybaud.
— C'est très-vrai : tant qu'il reste esclave, c'est-à-dire ignorant. Mais, parce que vous ne voyez point, comment il est possible de sortir de cet esclavage; est-ce une raison : pour que l'iiumanité y reste éternellement plongée?
— « Tout avantage de corps... r.
— Corps signifie ici : société particulière ou domestique.
— « Tout avantage de corps, continue M. Reybaud, lui paraît vain anprès de cette latitude d'action, de cette liberté de niouvements dont il jouit aujourd'hui. »
— La liberté! celle, pour le fort, d'écraser le faible, n'estil pas vrai? Nous concevons, IMonsieur : que, celte liberté puisse vous convenir ; aujourd'hui, que vous êtes parmi les forts. Mais, croyez-vous que le faible, l'opprimé, puisse préférer : la liberté de mourir, soit parla faim, soit par le suicide; à la solidarité sociale, qui lui assure la satisfaction de tous ses besoins raisonnables; sans porter atteinte : ni, usa latitude raisonnable d'action ; ni, à sa liberté raisonnable de mouvements? Croyez-vous : que, si demain, vous veniez à vous trouver parmi les faibles; vous préféreriez : d'être, ainsi libre de cboisir votre genre de mort; à jouir de la sa-
378 SCIENCE S^nClALE,
tisfaction de bien vivre? Eh bien! Monsieur, nous attendrons à demain; et, nous verrons : ce que vous en direz.
— « La corporation industrielle, continue M. Reyband, ne pourrait subsister qu'à la condition d'être close et de régner despoliqnement sur une profession. »
— Il fallait dire : « Les corporations industrielles, c'est- « à-dire les associations particulières, ne pourraient sub- « sister en contact et comme autonomes:, qu'à la condition : « d'être closes; et; de régner despotiquement; chacune sur « sa profession; si, le despotisme était encore possible. » — Alors, Yous eussiez été dans le vrai; et, cela se serait également appliqué aux nationalités ; qui, du moment qu'elles sont en contact nécessaire, sont des associations particulières; comme celle des cordonniers, etc.
Il est même certain : que, si la terre n'était close; si elle était en communication nécessaire avec la lune; les sociétés particulières, de la terre et de la lune, seraient, comme autonomes ^mcom^dXWAe?» : avec l'existence de l'ordre. Mais, la terre est close; et, la corporation industrielle du globe, ou l'humanité, peut fort bien exister : sans aucune espèce de despotisme.
— « Vouloir, continue M. Resbaud, en faire quelque cbosede paternel et d'accessible à toute heure, sans titre particulier, c'est le rêve d'un homme de bien, mais ce n'est malheureusement qu'un rêve. »
(Études sur les réformateurs.)
— C'est très-vrai, pour toute société particulière. Mais, sous l'association générale, le titre d'homme n'est-il rien : s'il n'est tracé en lettres d'or? Et, de plus : la propriété collective ne représente-t-elle point de l'or; ou mieux, du travail? Peut-être un jour, ^lonsieur, serez-vous heureux de vous abriter, sous le titre d'homme ; sans chercher à y mettre : aucune dorure.
SCIENCF, SOCIALE. 370
Ainsi, et selon vous : la corporation, 1" union des travailleurs, de riiumanité, sans autre titre que celui d'homme, sans privilège relatif h la force, est un rêve? Et, qui vous a donné autorité, pour décider ainsi, du sort de l'iiumanité; cl, la condamner à subir, d'après votre propre théorie, le joug d'un éternel despotisme? Toujours, n'est-il pas vrai, votre vanité et votre ignorance? En vérité. Monsieur, vous vous trouvez l'esclave, de bien mauvais maîtres !
Arrivons à un autre amateur : d'associations particulières autonomes ; d'associations particulières utopiques. C'est, de M. Michel Chevalier : que, nous allons parler.
— « Pour sortir, dit-il, de ce labyrinthe, il n'y a que deux issues. »
— Vous allez voir ces deux issues. Toutes deux conduisent à l'anarchie : l'une directement; l'autre indirectement. Et, ce sont les seules, dit M. le professeur d'économie politique. Alors, l'humanité peut se préparer à mourir. Heureusement, M. le professeur d'économie politique n'a jamais démontré son infaillibilité ; ni même, offert de la démontrer, en présence déjuges compétents; pour, que son infaillibilité, particulière, pût devenir une infaillibilité : sociale. Et, cependant, cette dernière infaillibilité est devenue nécessaire : à l'existence d'un ordre permanent. Car, il en faut une : pour décider du bien ou du mal; du juste et de rinju?te. En décider, à coups de boule, est ce qu'il y a de plus stupide; et, en même temps, de plus anarchique. Désormais, il faut choisir : l'infaillibilité de la science; ou la mort. Mais, voyons les issues de M. Michel Chevalier!
— {( L'une, dit-il, nous mènerait à une féodalité industrielle où les masses laborieuses, traitées comme des mulins, seraient de nouvcui rondamnécs au servaRe, »
— Nous mènerait : est très joli! Comment, trouvez-vous
le fil lur conditionnel? 11 paraît : que, M. le professeur d'économie politique n"a jamais lu : ni Maltlms, ni Rossi, ni lui-même. Selon lui : le nègre esclave de la Caroline est bien moins malheureux que le prolétaire français; et; l'esclave des États-Unis est, cependant, le plus malheureux des esclaves. Cela doit être : c'est, dans un pays dil de liberté; que, l'oppression des faibles y est la plus dure.
— « On leur commanderait, continue M. Michel Clievalier, d'oublier à jamais cette loi d'égalité qu'elles s'étaient flattées de conquérir en baignant l'Europe de leur sang, et en parsemant l'Europe de leurs os (1) , et on les tiendrait barricadées dans les geôles de TinJustrie comme dans l'enfer du Dante... »
— Parce que, si elles voulaient en sortir, on les jetterait : sur des pontons.
— « ... SANS ESPOIR, » ajoute M. le professeur.
— Soyez tranquille. Monsieur! Les prolétaires sont dans l'enfer, il est vrai. Mais, il est une justice éternelle; et, ils en sortiront. Seulement, ce ne sera point par votre seconde issue ; qui, elle aussi, conduit à un autre enfer : l'anarchie.
JNous regrettons : que, M. Michel Chevalier ait passé à l'ennemi ; c'est-à-dire à Véconomisme; que l'Empereur, à Sainte- Hélène, appelait le pulvérisateur universel : fût-ce même, d'une monarchie de granit. iNous le regrettons : et, pour nous ; et, pour lui-même. ÏNialgré ses taches, il était brillant : sur le sol de l'inspiration. 11 a vu l'abîme de l'anarchie; il n'a pas eu le courage de penser à le combler; et, il a rétrogradé, vers le despotisme; actuellement, source inévitable :
(1) Le commerce anglais vient de réunir les os des héros d'Austcrlitz et Waterloo, pour eu faire uu fumier.
Tm(s les joiirnmiT de (h'cnnhrc 18'i7.
sciENCF suc.iall:. 381
d'anarchie. Hélas ! des fers dorés, qu'il n"a pas encore osé rompre, l'empêchent de déployer, les ailes du génie ! Mais : voyons son autre issue.
« L'autre issue , continue M. Clievalier , peu explorée encore cl où l'on ne peut s'avancer qu'à talons... »
— A tatous!... Ainsi, c'est une route d'aveugle que l'auteur choisit. Vous allez \oii' : que, c'est en outre : le choix d'un insensé.
— « L'autre, conlinue-t-il, conduit à rassoclalion intime des intérêts rivaux qui aujourd'hui s'observent d'un œil jaloux^ celui des capitalistes... »
— Remarquez hien, je vous prie : l'intérêt dos capitalistes, tant que tols ne sont point capitalistes, signifie : l'intérêt de quelques-uns ; et, non l'intérêt de lous.
— n ... et celui, continue l'auteur, des iuduslriels de tout ordre;... »
— Industriel, de tout ordre, signifie : IravaiUeur; c'està dire : homme. C'est l'intérêt : non, de quelques-uns; mais, de tous.
— « .., celui de la bourgeoisie, » continue M. Chevalier...
— Des bourgeois ! c'est-à-dire : de quelques-uns; et non, l'intérêt de tous.
— «... et celui des ouvriers, n ajoute le professeur.
— C'csl-à-dirc encore : l'intérêt de tous. Car, homme, IravaiUeur, ouvrier, sont absolument suionvmes. C'est toujours, l'inlérêt de tous.
Eh bien ! vouloir associer : l'iutérèt de quelques-uns, séparément considérés; avec l'intérêt de tous, qui ne peut admettre d'intérêts séparés ; c'est le rêve : d'un insensé.
Vouloir associer, c'est-à-dire rendre égaux : le travail et le capital; c'est-à-dire : l'homme et la matière; c'est, vouloir associer, égaliser : le bien et le mal ; Dieu et le Diable. Il faut, quoi qu'en dise M. Michel Chevalier : que, l'un ou l'autredoniine; que, tous les hommes dominent la richesse; ou, que les possesseurs de la ricliesse, dominent le reste des hommes ; il faut même désormais : que, le travail domine le capital; ou, que tous les deux périssent : au sein de l'anarchie (1).
Il est malheureux, de voir des hommes de mérite, s'acharner : après la quadrature du cercle; et, le mouvement perpétuel. Et, ce qu'il y^a de plus malheureux ; c'est, qu'ils sont suivis dans l'abime de la folie, par cette immense majorité de moutons de Panurge : qui, s'imaginent conduire; et, ne font jamais que suivre : à la queue leu-leu.
— « La concorde, continue M. Michel Ctievalier, se rétablirait dans l'industrie et dans la société, à l'aiJe d'une organisation iutelligeule des forces qui aujourd'hui se font la guerre;. . . »
— Cette organisation est facile ; dès, que l'ignorance sociale se trouve évanouie; il ne s'agit qu, de subordonner : la matière à l'homme; le capital au travail. Et, cela existe nécessairement ; sous la condition préiudiquée; lor.-^que, le sol est entré à la propriété collective. Cette solution est unique. Vouloir associer : l'intérêt de quelques-uns, à l'intérêt de tous ; c'est, la même folie que celle : de vouloir
(i) Lorsque, dit ailleurs M. Michel Chevalier, deux forces concourent à une œuvre, il est indispensable que l'une des deux soit instituée directrice; sinon elles deviennent divergentes et l'œuvre ne s'accomplit plus. Au lieu d'une production régulière et féconde, ou a les péripéties stériles ou fatales d'un duel sans (in.
{Lettres sur t'organisation du traçait, p. 288.)
associer un quart avec un entier ; en prétendant, néanmoins : que, Tensemble ne soit qu'un entier.
— « ...l'ordre, continue M. le professeur, renaîtrait sous les auspices d'une égalité organique , qui seule aura la puissance d'en finir avec l'égalité anarcliique : ... »
— Cette phrase, est un véritable galimatias. Voici, ce qu'il aurait fallu dire :
L'égalité organique, qui dérive d'une organisation sociale conforme à la rair^ou, est celle qui fait écraser les faibles par les forts : tant, que les faibles peuvent être écrasés ; et l'ordre, maintenu par la force. Cela, est raisonnable alors : parce qu'a?ors, hors ces conditions, l'humanité ne peut exister. Cette égalité a existé jusqu'à l'époque; où, l'examen est devenu incompressible.
Quand, par les développements de la presse, l'ordre ne peut plus être maintenu par la force ; et, qu'il ne peut encore être basé sur la raison, à cause de l'ignorance sociale; il n'y a de possible : qu'une égalité anarchique. Nous vivons au sein : de cette noble égalité.
Quand, l'égalité anarchique a fait sentir, socialement, le besoin d'une égalité organique, qui ne dérive plus de la force; l'exploitation des faibles, par les forts, vient à s'évanouir; en même temps : que rignorance sociale. C'est, seulement alors : que, peut exister l'égalité organique, au sein de laquelle : personne, n'est fail)le ; personne, n'est exploité.
-— «... (elle est, continue M. Michel Chevalier, la voie où il faut cn^ trer, car il n'y a que des insensés qui pnurraient choisir la première. » [Cours d'économie poliiiqne, 1"' discours d'ouverture.)
— La première voie. Monsieur, est celle d'insensés; vous avez raison. Aussi, est-elle presque généralement suivie; et, même actuellement par vous-même. Quant, à la seconde
384 sciENct: socialk.
que vous proposez; et, que vous ne suivez pas aclucllement; elle exige plusieurs grains de folie, en sus de la première. Aussi, aucun homme d'État ue s'en occupe, si ce n'est : pour la ridiculiser. Il faut cependant dire : que, tous ceux qui ne suivent point la première, suivent la seconde. Il est Yrai : que, le charivari social existant; se trouve digne :'de ce parfait accord.
Encore une fois, il n'y a que deux espèces d'associations : générale ; et, particulière ou domestique.
Les associations : particulières ou domestiques; autonomes ou indépendantes de la sa)iction sociale; ne peuvent rien avoir de commun, avec Tordre social; si, ce n'est : pour le détruire.
Les associations particulières ou domestiques, soumises à la sanction sociale, font partie de l'organisation sociale. Et, si elles sont eu opposition, avec l'organisation sociale dont elles reçoivent la sanction ; elles ne sont : que, des expressions d'anarchie.
Il n'est pas une seule association particulière, ayant reçu la sanction sociale depuis l'incompressibilité sociale de l'examen, qui ne soit, en opposition directe, avec l'organisation sociale actuelle; sans même cn'excepter : celle, des jésuites. Tant mieux! l'organisation sociale actuelle, devenue essentiellement anarchique, s'en écroulera plus vite. Ce qu'il y a de mieux encore ; c'est, que tous, conservateurs d'une part, révolutionnaires d'une autre, rivalisent à qui démolira : avec le plus d'ardeur.
Allons! courage. Messieurs! faites des constitutions; organisez des associations particulières : soit, de nations ; soit, de religions; soit, de sectes; soit, de métiers; vous agissez providentiellcraent ; et, l'humanité vous remercie.
SCIEiVCE SOCIALE. 385
« Le salut de tous est dans l'hainionie sociale et !'aiiéantissenieiit de l'esprit de parti. »
Mirabeau.
— « C'est vrai ; mais, vouloir anéantir, ou iriêmc coaliser les partis ; tant, que les opinions ne sont point anéanties, ou reléguées : soit à Bedlam, soit à Charenton ; est une proposition , digue : de l'Académie des sciences morales et politiques. »
Colins, Commentaire.
— « Tout homme de parti, voit dans un livre, ce qu'il veut y voir. >• Voltaire.
— « Et, voilà pourquoi l'Académicdes sciences morales et politiques voit clairement : la possibilité de faire durer la société actuelle. >• Colins, Commentaire.
— « On peutattendreunactededésintéressemer.l sublime d'un homme vertueux, jamais d'un parti er. masse; les partis ne sont jamais magnanimes, ils
N'ABDIQUENT FAS, ON LES EXTIRPE. LcS actCS hé-
roïques viennent du cœur et les partis n'ont pas de conir. Ils n'ont que des intérêts et des ambitions; UN CORPS, c'est 1,'égoisme immortel. »
0 •-M. de Lamartine. Hist. des Gir., liv. VII, 7.
— (1 C'est vrai : les partis n'abdiquent pas, ^ on lesEXTiiiPK. Mais, croyez-vous: qu'il soit
% facile et sans danger, de vouloir extirper le
parti socialiste; qui, non-seulement comprend les masses ; mais aussi : M; de Lamartine lui-même; et, touterAcadémiedessciences morales et politiques , sans lk savoir M LK vouLoin.^ S'il est un seul membre, de l'Académie dessciences morales et politiques, osant affirmer qu'il n'est pas socialiste; qu'il se nomme. Et, s'il a'écrit quatre lignes , je lui prouverai : qu'il est dans l'erreur. » Colins, Commentaire.
386 SCIF.NCE SOCIALE.
— •■ Il fautqiielebîit des partis soit vague, cor.irhc les passions et les cliiiiièrcs de ceux qui tes ccmposent. >'
M. DE Lamautixk, id., cli. xvni.
— «L'esprit de corps,'rr»iNCtrESOcrAT. quaiu! il eu résulte le sacrifice de rintérèt individuel à celui de celte société particulière, devient ANïrsoci/ir> quand il en résulte le sacrifice des intérêts de la grande société," du public. »
JÉRÉMtE Bf.nti!A?.i. Toet. (Ics asscmblccs Ic/jislalivcs.
— « Les corps sont plus implacables que les individus, parce qu'ils réunissent en eux plus de passions et qu'ils sont moins responsables. »
CnATEAUBRiAND, Essat sur la îiUéraiurc (i)iglaisc.
— « Il est rare qu'un malade de corps refuse la guérison. Les malades d'esprit sont voloutairemeiit iNCïjR.MiLES, et souvent prêts atuek r.E'|iÉDEc:rN.»
Diclionna'ire de Boisle, article Giicrison.