ACADÉMIE DES SCIENCES MORALES ET POLITIQUES. LE SECRÉTAIRE PERPÉTUEL
DE l'académie, a monsieur colins, a paris.
« Monsieur ,
« L'Académie a reçu l'ouvrage que vous avez bien voulu lui adresser , intitulé : Qu'est-ce que la Science sociale? Paris, 1855, 2 volumes in-S", ouvrage qui lui a été offert en votre nom, par noire honorable confrère M. le baron Cli. Diipin.
« J'ai riionneur de vous offrir les remercîments de l'Académie.
« Cet ouvrage a été déposé dans la bibliothèque de rinstitul.
« Agréez, Monsieur, l'assurance de ma considération très-distinguée.
« MiGNET. »
Après la réception de cet accusé de réception, je me suis empressé d'écrire la lettre suivante :
.4 Monsieur le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques.
« Monsieur,
« J'ai été heureux de recevoir votre accusé de réception de mes deux volumes intitulés : Qu est-ce que la Science sociale? Je n'avais osé vous les adresser directement. J'ai préféré qu'ils fussent préalablement soumis à l'examen d'un de vos membres, pouvant juger s'ils méritaient de vous être présentés. Je vais remercier M. le baron Ch. Dupin de l'honneur qu'il a bien voulu me faire.
» Quelque opposé que je sois, pour l'époque actuelle, aux Académies en ;:énéral et à l'Académie des sciences morales et politiques en particulier ; il n'en est pas moins vrai : que, les Académies renferment les sommités intellectuelles pour chaque spécialité; et, qu'un homme consciencieux doit désirer : être lu, par ces sommités. Je sais , en outre : combien il est impossible : ([ue, chaque académicien puisse acheter toutes les sottises qui se débitent sur l'orilre soi ial ; et, cependant, il est nécessaire de les lire pour les juger. C'est, pour lever ces obstacles, autant qu'il dépend de moi , que, j'ai l'honneur de vous adresser trente exemplaires de mon second volume, renfermant, depuis la page 270 jusqu'à la page 572
i02 SCIENCE SOCIALE.
les trois théories générales; et, les questions qui s'v trouvent annexées. J'ose prier chaque membre de l'Académi", auquel je n'ai point déjà envoyé directement mon travail, de vouloir bien accepter : un, de ces volumes.
« Vous êtes, Messieurs, les nobles de la science ; et, vous le savez : noblesse oblige. Des théories, sur l'organisation sociale, peuvent être erronées; et, l'erreur se propage, avecplusde facilité, quela vérité. Cependant, mes intentions sont pures. J'ose donc prier, non point l'Académie, cela est en dehors de ses u«ages ; mais, chacun de ses membres ; de vouloir bien m'adresser ses observations, critiques surtout, afin de les insérer dans mon troisième volume ; dont, l'impression ne sera point terminée, avant vingt jours. De cette manière, j'ose l'espérer, j'aurai mis d'accord: et, ma conscience; et, mon devoir d'écrivain.
« Je suis, etc.
« Colins.
« Saint-Mandé. 20 mars 1834. »
— A propos d'Académie, me sera-t- il permis défaire observer, ici, combien il est déplorable : que, dans un même institut, il y ait deux Académies des Sciences : l'une des sciences morales; l'autre des sciences physiques ? La science est UNE, ou n'est pas; comme le pouvoir est un, -ou n'est pas. Du reste : séparer les sciences morales des sciences physiques ; est, la même folie; que, de séparer le pouvoir spirituel du pouvoir temporel. Qu'arrive-t-il, de cette séparation des Académies : en présence, de l'ij^norance sociale sur la réalité du droit; et, de l'incompressibilité de l'examen ; seule époque où des Académies de sciences morales soient possibles? que, le public s'aperçoit immédiatement : que, les sciences, dites morales, ne sont rien; et que les sciences physiques, seules, sont quelque chose ; tandis, que les Académies de sciences morales, pour ne point périr, s'efforcent : de faire croire, qu'elles sont quoique chose; et même, tâchent de se le persuader, à elles-mêmes; au lieu, de chercher à être quelque chose ; en s'efforçant, d'anéantir leur ignorance; ce qui, d'ailleurs, leur est impossible : tant, qu'elles sont séparées, des Académies des sciences physiques.
Sur quoi se trouvent basées, actuellement, les sciences
dites morales? Sur le vide; sur un anthropomorphisme de commande ; auquel, aucun académicien ne peut plus croire : qu'aux dépens de sa raison. C'est, cette base que M. Guizot s'est cru obligé de répudier, en pleine chaire ; lorsqu'il a prononcé la fameuse proposition : que, la morale est indépendante DES IDÉES religieuses.
D'un autre côté, les Académies, des sciences physiques, ont complètement usurpé le domaine des sciences, dites morales; en démontrant, d'une manière pseudo-scientifique, la réalité du matérialisme; ce, qui leur mériterait la dénomination : d'Académie des sciences immorales. Et, celles-ci, aussi , ne peuvent sortir de leur ignorance : tant, qu'elles sont séparées des Académies des sciences dites morales.
En effet, les sciences physiques ne peuvent sortir de leur ignorance : que, par des observations, faites au sein des sciences morales ; et, les sciences morales né peuvent sortir de leur ignorance : que, par des observations, faites au scindes sciences physiques.
Sur, quoi se trouve basée l'immoralité : des sciences physiques ? Sur, la série continue des êtres ; dont, la conclusion
est, le POST MORTEM NIHIL.
Maintenant, comment est-il possible, exclusivement possible : de briser la série continue des êtres, d'une manière absolue ?
En prouvant : que, partout où il y a :
I" Sensibilité réelle ;
2" Organisme ayant un centre nerveux ;
3" Organisme, nécessitant le non-isolement des individus, par la séparation des sexes.
Il y a NÉCESSAIREMENT :
Capacité de verbe; et, développement du verbe ; d'où résultent : de nouveaux besoins ; et, de nouveaux développements de verbe ; et, ainsi de suite; en progressant : dans les développements de rintclligcnce , le despotisme et l'anarchie; jusqu'à ce que : l'ignorance; et le progrès; elle des-
potisme; et l'anarchie; soient rentrés : dans les enfers, d'où ils étaient sortis : comme agents de justice éternelle.
Cette preuve, je puis la donner.
Est-ce qu'un docteur, ès-sciences physiques, sait : si, l'origine et le développement du verbe ont rien de commun : avec la série continue ?
Est-ce qu'un docteur, ès-lettres, sait : si, la série continue des êtres est établie d'une manière scientifique ; ou, au moins, pseudo-scientifique; et, qu'il faut considérer, comme réellement scientifique : tant, que cette prétendue science n'est point démontrée : illusoire?
Séparez donc : les sciences morales, des sciences physiques!
Il est encore un autre point à l'égard duquel, la séparation, des sciences morales et des sciences physiques, contribue au maintien : de l'ignorance sociale .
L'Académie des sciences morales s'est emparée : du monopole théorique de la pratique sociale, l'économie politique. Si, les deux Académies des sciences étaient réunies ; l'habitude des discussions sévères , inhérente aux sciences mathématiques, aurait bientôt: pulvérisé et traîné dans la boue du ridicule , cet échafaudage de prétendue science économique, composé : de logomachies et d'absurdités.
Déjà, en 1847, j'ai voulu démontrer à l'Académie des sciences morales : que, l'économie politique était la source des révolutions; et, de toutes les utopies prétendues socialistes (1). Le bureau fut consulté à cet égard ; il était composé de trois membres; et, M. Mignet, à ce que me dit M. Blanqui , qui avait présenté la lettre, fut le seul : qui, voulut bien voter en faveur de la lecture. Si, cette lecture avait eu lieu ; qui sait : les conséquences qu'elle aurait pu avoir; et, sou influence sur les événements?
1848, etc., ont prouvé : la vérité, de ce que j'annonçais, dans cette lettre écrite en 1843.
(I) Voyez ma lettre du 8 avril 18 i3, Qu'est-ce que la science sociale ■■ t. II, p. 434.
Ce que j'offrais, en 1847; je l'offre encore, en 1854. Y aura-t-il, aujourd'hui, deux voix sur trois, au lieu d'une? Je suis homme d'assez bonne compagnie. Le roi d'un royaume, jadis le premier du monde; et, des princes ont bien voulu m'écouter, sans crainte d'être mordus. D'ailleurs, je préviens MM. les Académiciens : que. je n'ai plus de dents. Et, s'ils ont la bonté de m'entendre, je pourrai même, afin d'avoir la voix plus claire et plus nette, mettre des dents neuves : un excellent docteur, panthéiste comme un docteur, et même ami de M. Proudhon, veut bien, par confraternité médicale, m'en procurer, payables sur les brouillards de la Seine. Vous voyez : qu'il y a de bonnes gens partout. Je voudrais pouvoir en dire autant : de la logique.
Je demande la permission de placer, ici, deux articles extraits du feuilleton scientifique du journal la Presse : l'un, relatif aux Académies ; l'autre, relatif à la série continue des êtres.
Voici le premier :
— « Le hul social auquel tend la science devient évident pour quiconque a des yeux. Et n'est-ce pas en vue du but que l'effort doit être dirigé? Il faudrait donc tracer la route, marquer les étapes, donner l'impulsion, À ne voir que sa position au sommet des corps scientifiques en France, ce grand rôle est celui qui incombe à l'Académie des sciences. Mais l'Académie, corps privilégié, composé de privilégies, n'entend pas ainsi sa fonction.
« Ce siècle se donnerait à elle si elle le voulait ! Elle est en principe , elle pourrait être en fait la première assemblée du monde. Tous les regards, toutes les espérances se tourneraient vers elle. Le retentissement de sa parole serait. tel qu'on n'entendrait pas d'autre bruit. Des hauteurs où l'Académie se placerait, elle hisserait tomber sur le monde éclairé, fortifié, consolé, d'aussi grandes paroles qu'il en retentit jamais dans les conciles et dans les assemblées politiques. La société lui devrait de se connaître et d'avoir conscience de son travail.
« Mais l'Académie n'a pas même compris que les circonstances présentes lui font particulièrement favorables ; elle n'a pas su que de la suppression du régime parlementaire devait dater l'avènement du régime scientifique, et qu'elle pourrait remplir du récit de ses travaux, de ses programmes, de ses appels, l'espace que les débats législatifs n'occupen plus dans les journaux quotidiens.
« Mais, enfin, qu'on ail ou non conscience' pleine de ce qu'on feit, on Je fait ! Et, qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas, c'est de la constitution d'une société nouvelle que la science s'occupe, et elle ne s'occupe pas d'autre chose.
« Le Bulletin scientifique du journal politique doit se vouer particulièrement à l'élude de cette tenlance. Il doit voir tout de suite les choses scientiû|ues comme il faudra finalement que tout le monde les voie : en politique, par leurs résultais derniers, la transforraHlion de li société. Des nouveautés dont il s'occupe, il doit dire en quoi elles ci>ncourent au but, de combien elles nous eu rapprochent; quelles places elles occuperont dins l'ensemble ; quelles modifications elles apportent à la vue que nous avons de l'avenir. Il doit être socialiste. J'entends par cette expression synthétique la science de cette société à base scientifique , qui en ce moment, sous forme embryonnaire , se remue au sein de la société présente, laquelle mourra en lui donnant le jour. »
(V. Meunier, Presse du 23 octobre 1853.)
— Si, M.Victor Meunier s'imagine, qu'une Académie peut domioer la Société: parle matérialisme; il est, dans une grande erreur.
Voici, le second article :
— « M. Leclerc soumet des plantes à l'action du chloroforme ou de l'élber, et des phénomènes qui se passent alors il conclut que les plantes ont un système nerveux. Elles sentent, elles souffrent, par conséquent! C'est bien la plus déplaisante découverte qu'on puisse faire. Foulez, après cela, le gazon des pelouses, et détachez une fleur de sa tipe ! Cueillir une rose ou casser une patte à un chien, l'un vaut l'autre ! Vous l'ignoriez ? C'est votre excuse. Mais que cela ne vous arrive plus.
« Une sensitive mise sous cloche (Pcxpérience a lieu au soleil) est exposée pendant dix à quinze minutes à l'action de l'éther. Voyez au bout de ce temps ce qu'elle est deveime ; la voilà insensible, immobile, faisant parfaitement la morte; elle est endormie. Ses folioles sont lari;ement étendues, l'immobilité est complète. Touchez, frappez, arrosez avec des acides, briilez, amputez, vains efforts! Les mutilations les plus cruelles n'arracheront pas un soupir , je veux dire un mouvement au sujet. Cependant, attendez un peu,
(( Sur votre main repose immobile une feuille amputée. Cinq minutes se sont écoulées depuis que vous l'avez séparée de la lige éihérisée. Maintenant, imprimez à cette feuille un choc léger, aussitôt elle remue ses folioles, et dans (luclques instants celles-ci se seront refermées les unes sur les autres; le sommeil anestliésique a cessé.
(; Est-ce tout? Non. Que cette feuille soit soumise à Taction d'uu courant vollaïque, et la motilité reviendra plus rapidement, comme chez l'animal.
« Mais que la sensilive respire trop longtemps le merveilleux agent , elle mf'Uit, et la roideur inaccoutumée de sps pétioles vous offre le pendant exact de la rigidité cadavérique chez les aniinaux.
« M. Leclerc a voulu savoir ce que devient l'éther inspiré; il passe en grande pnrtie dans le sol, par l'extrémité des spongioles.
« Les effets anesthésiques ne sont pas ressentis par les sensilives seulement.
(( Si on dépouille de son épiderme une portion de tige du Cliara vulgaris , on voit à l'intérieur de celle-ci le mouvement circulatoire des globules; mais qu'on trempe cette portion de tige dans l'éther, le mouvement circulatoire est aboli,
(c L'auteur a fait sur les stomates de certaines plantes, sur les poils de certaines autres, des expériences dont les résultats concordent avec ceux des précédentes; et si on ne les interprète autrement que ne le fait M. Leclerc , les hommes sensibles vont être bien emi)ècliés dans leurs promenades champêtres. »
(Victor Meunier, Presse du 25 octobre 1853.)
— Tant, que la sciie continue des êtres n'est point brise'e, d'une manière absolue; le matérialisme est à l'état scientifique.
Parmi, les innombrables inconvénients, qu il y a de séparer les Académies de sciences; je \ais en citer encore un :
L'Académie, qui se prétend des sciences proprement dites, s'imagine : que, ses découvertes vont améliorer la société; et, surtout, soulager le prolétariat. Dès, qu'il est question : de société zoologique d'acclimatation; de pisciculture ; de système hygiénique et agricole dit de circulation continue; de, etc., etc.; et, principalement, d'application de la vapeur au labour; ces messieurs sont eu extase, et prêts à s'écrier, avec M. Tliiers : que, la création va être gAtée; parce qu'il n'y aura plus do pauvres à soulager. Si, les deux académies n'en faisaient qu'une; vous verriez, au milieu de ces plcurniclieries sur 1 ineffable bonlieur prochain des prolétaires, M. Michel (Ihcvalier leur dire, dans
un langage beaucoup plus matliematique que celui de ces romanciers de la science :
— « Que le pain baisse de cinq centimes le kilog. (et il n'y a pas de loi de céréales qui puisse produire ce résultat), avec la constitution ACTUELLE DE l'industrie et la délrcsse des chefs de travaux, il ne faudra pas six mois pour que les salaires aient subi une réduction à très-peu près équivalente. »
— Et, si Necker avait été de l'Académie des sciences morales, il leur aurait dit :
— «. S'il était possible qu'on vînt à découvrir une nourriture moins agréable que le pain, mais qui pût entretenir le corps de l'homme pendant quarante-huit heures, le peuple serait bientôt réduit à ne manger que de deux jours l'un, lors même qu'il préférerait son ancienne habitude : les propriétaires de subsistance, usant de leur pouvoir et désirant multiplier le nombre de leurs serviteurs, forceront toujours les hommes qui n'ont ni propriété ni talent à se contenter du simple nécessaire. Tel est l'esprit humain, esprit que les lois sociales ont si bien secondé, »
— Et, si M. Dupont-White , qui a tout le mérite nécessaire pour en être, s'y trouvait, il leur dirait :
— « Que le prix des denrées vienne à baisser, et le salaire baissera du même coup : il n'y a pas de loi plus constante en économie politique. »
— Puis, il leur citerait ce passage de M. Villermé : où, il dit : qu'à ÎMulhouse, la vie probable de « la classe des ma- " nufacturiers, négociants, etc., est de vingt-huit années; « celle, des boulangers et meuniers de douze années ; celle, « des tisserands et ouvriers en filature : une année et quart y '<■ une année et demie au plus. »
A'^oilà, ce que ces messieurs ne devraient jamais oublier; ou plutôt : ce, qu'ils ne savent pas ; et, ce qu'ils devraient apprendre.
Le fait est : que, sous l'organisation sociale actuelle :
>< Le PAUPERISME CROÎT SIR UNE LIGNE PARALLÈLE A LA RICHESSE. )>
— Cette proposition devrait être écrite, en lettres de fer, sur le fauteuil de chaque académicien; puis, au-dessous et en lettres d'or :
— « Tant, que la richesse de chacun ne croit point sur uxe ligne
PARALLÈLE A LA RICHESSE DE TOUS ; VOUS n'ÉTES : Qu'UNE ACADÉMIE d'iGSO- RANTS. »
— Si, ces inscriptions existaient ; ces messieurs auraient bientôt appris : que, si l'application de la vapeur, au labour, pouvait avoir lieu ; avant, que l'organisation sociale fût changée; vingt-quatre millions sur vingt-cinq, de prolétaires agricoles existant en France, mourraient de faim ; et, que la suite immédiate, de cette application ; serait : une effroyable révolution.
Maintenant , faut-il blâmer ces inventions? Nullement; et, vous les blâmeriez que cela ne servirait à rien. Mais, il faut savoir : que, ces découvertes, si utiles à l'humanité , lorsque l'organisation sociale est changée ; ne peuvent, maintenant : que, conduire à l'anarchie. Il est vrai : que, c'est encore là une utilité. Si, cependant, ces messieurs pouvaient trouver un autre remède ; cela vaudrait peut-être mieux !
Parlerai-je de l'organisation : qui, place au sein des sciences morales, la politique et la législation, étonnées de ne point voir, à leurs côtés, la gymnastique et le pugilat ; qui, sépare : l'histoire, de l'Académie des inscriptions et belles-lettres; la littérature, des beaux-arls; qui, établit une académie de patois français ; comme, les autres nations en établissent : de patois anglais, allemand, turc, russe ou sanscrit ; au lieu d'établir : une académie de langue rationnelle à créer; afin, que l'humanité puisse cesser de : bégayer des sornettes ? Hélas non ! je n'en dirai rien ; à quoi cela servirait-il? Je dirai, seulement, qu'une institution : qui a
traité Fulton d'imbécile; qui a repoussé Monteil , lequel s'était abaissé jusqu'à descendre jusqu'à elle ; qui a placé Broussais au sein de l'Académie des sciences morales et politiques; et, dans laquelle, Laromiguière, la Mennais et Bcranger ont dédaigné d'entrer ; est une institution : qui jette sa dernière lueur d'existence ; et, ^a bientôt retomber dans le néant de lignorance; d'où, la vanité l'avait fait sortir.
Et, je le répète, je n'attaque point les académiciens ; tous, gens de mérite dans leur spécialité ; je n'attaque : que, l'institution.
Quand, il y aura un institut de science réelle; hors- laquelle, désormais, les beaux-arts ne sont que des chimères; cet institut n'obligera point le mérite d'aller ramper devant ses membres. L'institut en corps, au contraire, ira se jeter aux pieds du mérite; et, lui dira : « Nous sommes « déshonorés : si, nous ne vous ouvrons point nos portes; " mais, aussi, vous êtes déshonoré : si, vous refusez d'v « entrer. »
Quand, cet institut existera ; il sera une des premières institutions du monde; et, ses membres occuperont : le second rang, sur l'échelle sociale. Il n'y aura, au-dessus d'eux : que, le chef du pouvoir exécutif. Alors, ils ne seront plus, comme des goujats, excités par des jetons de présence ; au second rang, sur l'échelle sociale; ils seront aussi au second rang : du salaire public.
— J'arrive à un ex-président du conseil , M. Odilon Barrot. Avant, d'exposer les observations, qu'il m'a fait l'honneur de m'adrcsser sur mon travail ; qu'il me permette, ici, de lui exprimer : combien, je suis reconnaissant de sa conrlesceudance envers moi. Je dirai de lui, ce que j'ai déjà dit de M. de la Metmais : M. Odilon Barrot peut se tromper, mais toujours de bonne foi. Et si, après lui avoir démontré la vérité, il ne l'accepte pas immédiatement; que
l'onpeuse aux difficultés, qu'il y a de détruire une éducation libérale, inculquée dès l'enfance, donnant : la révolution de 1789, la séparation des pouvoirs, la tolérance religieuse, l'aliénation du sol , le système représentatif , l'équilibre européen, la nécessité du paupérisme, et le monopole des développements de Fintelligence attribué à la ricbesse héréditaire; comme, le necplus ultra : de l'évangile social.
Rien, n'est plus difficile, si ce n'est impossible; que, de convertir un chef de secte ; et, M, Odiion Barrot est, depuis plus de vingt ans, chef de la secte libérale. Ceile-ci, en outre, a, sur toutes les autres, l'avantage : du vague, de l'indétermination. De plus, elle renferme toute cette bourgeoisie, qui exploite les masses : non, parce que tel est son bon plaisir ; mais, parce que tel est le résultat nécessaire de l'organisation sociale actuelle. Cette bourgeoisie aime à nier : non-seulement, qu'elle exploite les masses ; mais encore, à se faire accroire, à elle-même et aux autres : que, cette même organisation sociale, est la seule possible ; et que la domination bourgeoise, représentative par le cens, est la seule qui puisse faire éviter les horreurs des révolutions; et, l'anarchie, qui les caractérise. Cette secte, en outre, renferme toutes les autres implicitement; et, tous les hommes d'Etat, qui affectent des allures indépendantes de la bourgeoisie : M. Guizot, M. Thiers, M. Dupin, M. Ledru-Rollin, 31. Louis Blanc, M. Proudhon, M. de Girardin, etc. ; qui, tous veulent les principes de 89 : la séparation des pouvoirs, la tolérance religieuse, l'aliénation du sol, le système représentatif, l'équilibre européen, la nécessité du paupérisme, et le monopole des développements de l'intelligence, attribué à la richesse; sont tous, le sachant, ou sans le savoir : des sectaires de M. Odiion Barrot; et, ils l'nppuient d'autant plus : qu'ils paraissent, s'en éloigner davantage.
.le prendrai, coaime exemple, le plus modéré, en appa-
rence, des chefs décole. M. de Girardiii yeut éviter les révolutions, ce qui flatte beaucoup la bourgeoisie ; et, il veut en outre : la liberté des réunions, des clubs, des journaux, des pamphlets, des placards, etc. ; ce, qui flatte beaucoup les masses. Mais, quand il donne, comme conséquence de sa prétendue liberté : l'absence de religion; Tabsence de mariage; la fixation arbitraire du salaire; la bourgeoisie se prend, d'un amour furieux, pour le premier despotisme, qui la garantira de pareilles orgies sociales ; en conservant l'espoir : que, les anarchistes vaincus; 1789 ressuscitera de ses cendres ; et, les masses, jamais hypocrites, mais souvent brutales, accusent M. de Girardin : de rendre l'anarchie, conséquence nécessaire de la liberté, afin de les pousser à se réfugier : sous un despotisme quelconque.
Et, tous ceux que le despotisme révolte; et, que l'anarchie effraye; vont, à M. Odilon Barrot : sans le savoir, ni, le vouloir.
Or, un chef de secte voit seulement : ceux, qui viennent à lui; sans s'inquiéter nullement : du motif qui les pousse.
Et, vous voulez ; qu'au milieu de pareilles circonstances, 31. Odilon Barrot renonce : non-seulement, aux convictions de sa vie entière ; mais encore, pousse ceux qui ont confiance en lui, dans une route nouvelle ! C'est, moins probable : que, de gagner un quiue à l'ancienne loterie.
Mais, ce qui honore, au dernier point, M. Odilon Barrot; c'est, d'oser entrer en lice : pour, défendre ses convictions. Les autres, ne prêchent que dans leur église, ne fùt-elle qu'une chapelle sur pilotis ; et, ne permettent, à personne, d'aller les y combattre. M. Odilon Barrot fait plus : il quitte ses retranchements; et, seul il vient planter sa bannière libérale, au sein du camp rationnel. Qu'il y soit le bienvenu. >fous rendrons : à sa loyauté, à son courage, les hommages, que tout homme de cœur leur accorde ; et, M. Odilon Barrot ne sera combattu : qu'avec des armes courtoises.
Voici, les observations de M. Odilon Barrot :
« Monsieur ,
« En réponse i la lettre par laquelle , ra'envoyant votre ouvrage sur la science sociale , vous me demandiez de vous donner mon avis sur cet ouvrage, j'ai pris l'engagement, peut-être un peu téméraire, de déférera votre désir. Toutefois, voulant dégager ma parole, j'ai lu, je vous l'atteste, vos deux volumes tout entiers; j'avouerai même que j'y ai trouvé un certain intérêt, celui de passer en revue, grâce à vous, foutes ces théories socialistes qui ont agité notre société , surtout dans ces derniers temps, et lui ont laissé, pour tout enseignement, une terreur profonde , que le despotisme (1 ) • »
— Il paraîtrait : que, c'est seulement, dans mes deux volumes : que, M. Odilon Barrot a étudié les théories socialistes. Je suis extrêmement flatté de cet honneur. Mais, c'est une politesse que M. Barrot a bien voulu me faire. Le prince de Melternich , il y a déjà plusieurs années , disait : Les questions sociales sont l'objet de toute mon attention. Et M. Odilon Barrot, homme d'État, n'aura point, plus que le prince de 3Ietternich, méprisé ces théories, même les empoisonnées. Quand, de nouveaux poisons paraissent; les médecins les examinent, les étudient ; et, font souvent servir, à la conservation de la vie ; ce qui, primitivement, ne pouvait servir : qu'à donner la mort.
Quant au despotisme, si M. Odilon Barrot me fait l'honneur de lire ces deux volumes, comme il a bien voulu lire les premiers; il verra : qu'en époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit ; il n'y a de possible : que, despotisme et anarchie. Et, lui-même avoue : qu'il préfère le despotisme à l'anarchie. Je suis de cet avis, pour autant que l'on ne considère que l'actualité. Mais, je lui dirai aussi : que, l'un ou l'autre ne dépend pas toujours du choix ; pas plus, que la santé ou la maladie. Les nécessités sociales et la mort sont également : sourdes aux prières.
(I) Il y a, ici, une ligne de la lettre de M. Odilon Barrot ; que, j'ai en épreuve; et, que mon imprimeur a cru ne pouvoir imprimer. Selon moi, c'est une crainte déplacée : tout ce que M. Barrot signe uc peut craindre l'impression. Mais, j'ai dû me soumettre.
— o J'ai, continue M. Barrot, plus d'une fois admiré l'ëuergie de lo- "■ique et le bonheur d'expression avec lesquels vous faisiez justice de toutes ces dangereuses folies. «
— Ces éloges, de M. Barrot, me font beaucoup de plaisir.
— « Mais, continue M. Barrot, arrivé à votre idée propre, c'est-à-dire à ce que vous appelez la vérité rationnelle, le Dieu impersonnel j ou la science incontestable ou incontestée, je ne puis que penser de votre idée, ce que vous pensez des utopies de MM. Leroux, Proudhon et Girardiu, Vous êtes quelques hommes d'esprit et de bonne foi, je le reconnais, qui, frappés des maux inhérents à notre pauvre humanité, vous êtes imaginé qu'au lieu d'adoucir ces uiaux , on pouvait y apporter un remède radical et absolu, et qui, sur cette hypothèse, se sont mis à refaire, chacun à sa guise, notre pauvre vieille société. Je n'ai pas besoin de vous dire que j'appartiens, au contraire, à cette classe d'hommes que vous prenez en pitié, et qui, ne croyant pas à l'absolu dans l'ordre politique, s'efforcent d'améliorer les éléments existants de notre organisation sociale actuelle, sans avoir la prétention ni d'en extirper tout le mal qui s'attacherait toujours dans une certaine mesure aux choses humaines , ni d'en faire sortir le bien parfait. Je sais que les hommes doivent toujours tendre vers le jusîe, le vrai, le bon; mais je sais aussi qu'à raison de l'imperfection même qui est dius leur nature, ils n'atteindront jamais au juste, au vrai, au bien infinis. C'est déjà un bien noble attribut pour l'homme que d'avoir en soi le sentiment intime de l'infini , quoique son intelligence en soit écrasée; il y aurait un fol orgueil à lui, de prétendre jamais à le réaliser sur cette terre ; car alors il cesserait d'étrb
HOHUE. »
— Pour devenir quoi, s'il vous plaît.»'
Si, riîomnie savait distinguer : le juste de l'injuste; le vrai du faux; le bon du mauvais: s'il avait reconnu : que, Viti' fini ne peut être que Vimmatériel; puisque, la matière est nécessairement finie ou complexe; s'il savait dire : là, il y a immatérialité, sensibilité réelle , humanité réelle ; là, il n'y a que matière organisée ou inorganisée ; s'il savait : qu'il n'y a raison réelle, liberté réelle ; que, là où il y a immatérialité; s'il savait organiser la société : sur la raison réelle; sur la liberté réelle ; Ihomme ne cesserait
pas d'être homme; mais, il cesserait : d'être ignoraat. Ensuite, je ne demande point, actuellement, à M. Barrot : s'il y aurait un fol orgueil, à l'homme, de prétendre à cesser d'être ignorant. Je lui demande : si, en présence d'une organisation sociale, au sein de laquelle, de l'aveu des économistes, le paupérisme croit sur une ligne parallèle au développement de la richesse ; et, cela en présence de l'incompressibilité de l'examen ; il est nécessaire, sous peine de MORT : que, cette organisation sociale soit radicalement changée? Car, tel est le point de départ de la discussion. Et, si M. Barrot prouve : que, ce point de départ est faux ; le reste, de la discussion, devient complètement inutile.
— « Je suis bien loin, assurément, continue M. Odilon Birrot, de uier les maux qui travaillent cette société, et les dangers qui la menacent : hélas! nous venons de traverser des temps où, si nous ne sommes pas tombés dans labîme , nous en avons du moins assez approché pour en mesurer lu profondeur, et bien aveugles seraient ceux qui^ de nos jours, nieraient ces maux et ces dangers. »
— C'est, beaucoup : de reconnaître la société malade. Ce serait plus : de connaître la cause de la maladie. J'ai dit : que, cette cause est l'incompressibilité de l'examen ; en présence de l'ignorance sociale, sur la réalité du droit; que, cette cause doit être anéantie, sous peine dk mort sociale; que, l'ignorance sociale, tant que l'examen a pu être comprimé, a nécessité : l'aliénation du sol ; et, que l'anéantissement, de l'ignorance sociale, a pour résiiltat nécessaire : l'entrée du sol à la propriété collective. Ici, je répète à M. Barrot, qu'il ne faut point examiner primitivement : si, l'entrée du sol à la propriété collective, j)eut ou ne peut pas avoir lieu ; mais bien, examiner primitivement : si, cette entrée est nécessaire, absolument nécessaire, sous peine de "mort sociale. Si, M. Barrot me prouve : que, cette entrée n'est point absolument nécessaire, actuellement ; j'abaîidonue la discussion. C'est, Là-dessus que j'insiste par-
ticulièrement. Car, vouloir que le sol entre à la propriété collective; avant, que ce aoit absolument nécessaire; est une utopie : à la quarantième puissance.
— « Je vous concéderai même, continue M. Barrol, que notre civilisation progressive n'a pas opéré une réforme , pas accompli une révolution, qu'elle n'ait semblé nous rapprocher de plus en plus de ce danger, et qu'elle ne Tait même rendu plus menaçant, »
— 11 y a toujours avantage à discuter : avec un homme instruit; et, de bonne foi. La vérité perce toujours : même, à travers les préjugés. Ainsi, la civilisation progressive ne fait : que, nous pousser vers l'anarchie. C'est, la traduction de ce passage que j'énonce, en exposant : les suites de l'incompressibilité de l'examen ; en présence, de l'ignorance sociale sur la réalité du droit.
— « La tolérance religieuse, continue M. Barrot, la liberté de la conscience, de la pensée et de la discussion, les communications plus rapides et plus fréquentes entre les peuples, Taffaiblissement des croyances, des prestiges, l'interruption violente des traditions , tout ce que nos pères et nous avons fait, particulièrement depuis un siècle, pour faire disparaître des gouvernements tout ce qui blessait trop ouvertement la justice , la raison ou la liberté des hommes, constitue tout à la fois un argument et une arme, pour obtenir davantage. »
— Davantage... très-bien! Mais quoi? Est-ce une plus grande richesse? C'est l'équivalent d'un paupérisme plus nombreux. Est-ce le plus grand pouvoir d'un seul? C'est une aggravation de despotisme. Est-ce un plus grand pouvoir de plusieurs ou de tous ? C'est une aggravation d'anarchie. Et, pour notre époque, il n'est aucune espèce de davantage, soit en plus, soit en moins, qui ne vous conduise : soit, à l'anarchie, par le despotisme; soit, au despotisme, par l'anarchie.
— « Ainsi , continue M. Barrot , comme vous le dites avec trop de %'crité, de ce que nous avons purgé la propriété de tout privilège;... »
— Est-ce, que vous avez purgé la propriété du privilège : de recevoir l'éducation et l'instruction ? Est-ce, que vous avez purgé la propriété du privilège : de pouvoir ne pas devenir un brigand, si vous êtes né au sein d'une famille de brigands? Est-ce, que vous avez purgé la propriété du privilège : de ne point faire partie, de cette fraction de population; qui, selon le prince des économistes, doit, tous les ans, mourir de misère, même au sein de la nation la plus pros- *< père? Est-ce : que vous avez purgé la propriété du privilège, de faire ses économies, aux dépens des pauvres ; ainsi '^ que le dit : le même prince des économistes : J. B. Say?
— « . . .de ce que, continue M. Bairot, nous l'avons réduite à ne plus être qu'un simple fait de possession transmissible par contrat, testament ou par hérédité et accessible à tous ..~., »
— Accessible à tous? Quand, M. Odilon Barrot m'aura fait Ibonneur de lire, ce qui se trouve dans ces volumes : sur l'ouvrage de M. ïhiers, relatif à la projDrièté; et, sur la répartition des richesses; je suis certain : que, M. Barrot y réfléchira deux fois, avant d'écrire : que, la propriété, est actuellement : accessible à tous.
— « On en est venu, continue M. Barrot, à lui demander compte de son droit d'exister. »
— Voyons, IMonsieur! De ce que des fous, disent des folies ; faut-il en conclure : que, la raison n'existe pas? Et, de ce que l'Académie des sciences a été assez sotte, pour affirmer : que, Fulton était un sot; faut-il en conclure : que, je suis un sot; parce que j'affirme : que, la propriété est organisée anarchiqueincnt, pour notre époque ; et, qu'il est devenu nécessaire, de l'organiser hiérarchiquement : non plus , relativement à la force ; mais, rehitivement à la raison?
— « Tous les ouvrages avancés, continue M. Barrot, qui entouraient et
masquaient le corps de la place, ayant été aitandonnés , c'est maintenant au corps même que des assauts furieux sont livrés. »
— C'est \rai, Monsieur ; pourvu : que, la place soit Vorganisation de la propriété; et, non la propriété . Qu'est-ce que cela prouve? Que, la place, construite sur les bases de 1789; , n'est, pas plus tenable : que, la place que, 1789 a détruite. Faut-il, pour cela, rester sans abri ; et, livrés : soit, aux foudres du despotisme; soit, aux ouragans de l'anarchie?
— « C'est à ce point, continue M. Barrot, que les esprits les plus fer- "^ mes, les intelligences les plus sincèrement libérales en sont troublés et en sont venus à regrelter le passé et à faire, en quelque sorte , amende honorable de leur complicité dans ces progrès. »
— 11 faut être M. Odilou Barrot, pour avoir : cette caudeur, celte bonne foi, cette probité. Peut-être, est-il le seul, parmi les hommes d'État; capable, de faire ainsi le sacrifice de son amour-propre. Avec ces vertus, ayez-en une de plus, Monsieur. Ayez le courage de reconnaître : que, ce n'est point à l'autel des nécessités sociales du passé, qu'il faut faire amende honorable des erreurs du libéralisme; mais bien, aux nécessités sociales de l'avenir. Ce que je viens de dire, est déjà dans la conscience de M. Barrot ; et, le courage, que je lui demande ; il va, lui-même, en donner des preuves.
— «Ces recrets , dit-il , ces tentatives pour revenir en arrière, ne sont, je le sais, qu'un danger de plus ; aussi suis-je bien éloigné de m'y associer. »
— Très-bien ! Monsieur. Mais, puisque vous ne voulez point rester en place ; et, que vous ne voulez point rétrograder ; marchez donc en avant; mais, auparavant, sachez clairement où vous allez. Car, il vaut mieux rester en place ; que, de marcher au hasard.
— n Akiis, continue M. Barrot , si je ne les partage pas, je les comprends. Et c'est une raison de plus pour moi de rejeter , de détester même ces doctrines qui , poussant la société vers un absolu qu'elle ne pourra jamais atteindre , commencent par la décourager du mieux progressif, et la placent dans celte horrible nécessité, d'opter entre le despotisme et le chaos. »
— Prenons garde ! Monsieur, de tomber dans la logomachie, Eieu, n'est plus dangereux, entre gens de bonne foi ; et, aucun mot du plus sot des livres, c'est nommer le dictionnaire, n'y est plus propre : que, le mot absolu. Ce mot, mis en dehors de toute logomachie, signifie ici : vÉRrrÉ démontrée SLR LA RÉALITÉ DU DROIT. Et, si uiou iiitroductioa n'a point été écrite inutilement; elle doit vous prouver : que, cet absolu est devenu nécessaire : sous peune de mort