CREDIT
La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :
Que, le mot crédit signifie : confiance ;
Que, le crédit est particulier ou public; c'est-à-dire : domestique; ou social;
Que, le crédit, soil domestique, soit social, est dit'iérent, selon qu'il est relatif : à la société basée sur une hypothèse ; et, celle-ci : sur la force; ou, à la société basée sur la vérité ; et, celle-ci : sur la raison incontestablement démontrée;
Que, le crédit est encore différent, pour toutes les espèces, selon qu'il est relatif : à la période d'ignorance sociale et de possibilité de comprimer l'examen ; à la période d'ignorance sociale et d'incompressibilité de l'examen; à la période de connaissance ou de règne de la vérité;
Que, l'expression organisation du crédit, dans le sens d'organisation arbitraire ou indépendante de l'espèce de société et de période humanitaire, est une expression complètement vide de sens rationnel; que, le crédit se trouve toujours nécessairement organisé : selon, l'espèce de société ; et, selon la période, sous laquelle cette espèce de société existe ;
Que, le crédit particulier ou domestique, pour l'époque d'ignorance ou d'hypothèse et de possibilité de comprimer l'examen , est presque exclusivement relatif aux forts ; les faibles étant : ou, esclaves domestiques, et dénués de toute propriété; ou, prolétaires prétendus libres, presque dénués de propriété ;
Que, le crédit particulier, alors exclusivement relatif aux forts, est, légalement, basé sur l'hypothèque ; que, l'intérêt en est perpétuel, et toujours au maximum possible des circonstances : cette perpétuité et ce maximum se trouvant appartenir^ essentiellement, à la domination : par la force;
Qu'à mesure que la compressibilité de l'examen diminue et que l'ignorance sur la réalité du droit persiste : l'esclavage domestique diminue ; et, l'esclavage politique augmente; qu'alors, le crédit particulier devient : de moins en moins personnel ; de plus en plus impersonnel ou exclusivement relatif à l'hypothèque; et, que l'intérêt devient de plus en plus, généralement perpétuel : et; toujours au maximum possible des circonstances ;
Que, cet état du crédit particulier : se porte à son maximum pendant l'époque d'incompressibilité de l'examen; et, dure ainai : jusqu'à l'anéantissement de l'ignorance sociale;
Que, sous l'époque de connaissance ou de règne de la vérité,
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le crédit particulier est : exclusivement personnel; relatif à la probité; et, toujours au maximum possible des circonstances : ces conditions se trouvant appartenir, essentiellement aussi, à la domination par la raison;
Que, le crédit public ou social, pour l'époque de compressibilité de l'examen, est complètement inutile : l'exploitation, des faibles par les forts, se faisant alors domestiquement ; et, le crédit public n'étant nécessaire : que, lorsque l'exploitation domestique devient difficile ou impossible, par la diminution ou l'anéantissement de l'esclavage domestique, toujours relatif aux difficultés de comprimer l'examen. Alors, il y a nécessité d'exploiter les faibles, socialement; et, l'impôt devient la caisse d'une exploitation : pesant socialement sur les faibles; et dont les produits se répartissent, entre les forts, proportionnellement à la force. C'est, lorsque les produits de l'exploitation du travail des générations passées et des générations existantes ne suffisent plus au maintien de l'ordre, par la force ; que, le crédit public ou social vient suppléer, à cette insuffisance, en aliénant le travail : des générations futures;
Que, cet état du crédit public, avec les oscillations relatives : au plus ou moins de confiance, dans le maintien du despotisme; ou, au plus ou moins de crainte de l'anarchie, pouvant seule alors remplacer le despotisme ; dure : jusqu'à ce que les maux, causés par ces oscillations du despotisme à l'anarchie et de l'anarchie au despotisme; oscillations, dont les intervalles se rapprochent de plus en plus, et dont les résultats sont de plus en plus dévastateurs; viennent à se porter à un excès suffisant : pour que les chefs de la société, par l'intelligence et la richesse, puissent reconnaître : que, le règne de l'hypothèse, le règne de la force, le règne de l'exploitation des faibles par les forts; doit être remplacé : par le règne de la vérité, le règne de la raison incontestablement démontrée, vis-à-vis de tous et de chacun; règne: sous lequel, tous sont également forts visà-vis de la raison; sous lequel, personne, absolument personne, ne peut plus être : socialement exploité.
Alors, ce ne sont plus les individus forts, qui font crédit à la société des forts, sans autre garantie : que, la vaine assurance, donnée par elle : de maintenir le despotisme; et, de préserver
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de l'aDarcliie; c'est, alors, la société de tous qui fait crédit: non, aux individus faibles, socialement, il n'y en a plus; niais, aux faibles, individuellemeni, aux malheureux nonaliénés; et cola, sous l'inconlcstable ijarantie : relativement à ces individus, de leur seule probité; et, relativement à tous, de rendre ce crédit utile : non-seulement à ces mêmes individus; mais, aussi, à la société.
Alors, le crédit public, le crédit social, esta son maximum possible d'intensité : parce que la confiance, dans l'impossibilité des révolutions, est absolue. Alors, le papier social, le signe représentatif de la marchandise sociale, le signe de la monnaie, vaut plus que la réalité : par la certitude de pouvoir toujours et instantanément, échanger ce signe, contre la réalité. Alors, la stabilité sociale n'est point basée sur un crédit arbitraire, ainsi que le veulent les utopistes ; mais, le crédit réel se trouve basé : sur la confiance absolue, dans la stabilité sociale.
La société actuelle, au contraire, et toujours sans presque l'ombre d'une exception, proclame :
Qu'il n'y a qu'une société possible, celle qui existe depuis l'origine sociale ; que, par conséquent, il n'y a qu'une espèce de crédit, tant particulier que public ou social ;
Que, le crédit peut être organisé arbitrairement; et, que la société actuelle peut organiser le crédit, de manière : à rendre cette société , parfaitement stable ;
Que, le crédit particulier ne peut être que relatif à l'hypothèque ; c'est-à-dire aux forts , et proportionnellement à la force ; ce qui rend le faible, l'esclave du crédit ; c'est-à-dire : du fort;
Que, l'intérêt du crédit doit être perpétuel; ce qui rendrait l'héritier du propriétaire, ayant placé un décime à la naissance du Christ, le propriétaire de plusieurs milliers de globes comme le nôtre; c'est-à-dire du globe, si même il était des milUers de fois : plus grand qu'il ne l'est ;
Que, le paupérisme s'accroît sur une ligne parallèle à l'accroissement de la richesse ou du capital ; et, que l'intérêt baisse, à mesure que le capital s'accroît ; ce qui indique : que], plus l'intérêt du capital est bas, plus le faible est esclave. Cela pourrait se traduire par : l'intérêt, sous le règne actuel, est toujours au maximum possible des circonstances. Mais, la société ac-
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luelle , n'aime pas les traductions, quand elles sont claires:
Que, la possibilité du crédit, exclusivement personnel, est un conte ; bon, à insérer : dans les Mille et une Nuits;
Que, le crédit public ou social, propre a dévorer le travail des générations futures , est une invention supérieure , en utilité sociale, à toutes les inventions possibles : passées, présentes et futures ;
Que, plus un État est endetté, plus il est riche;
Enfin, que sous le crédit actuel, il est possible de rendre le papier public, signe de la monnaie, supérieur à la monnaie elle-même.
Il est évident : que , vouloir , par le seul raisonnement , et avant que l'anarcliie lui ait extirpé les cataractes, convaincre une société qu'elle est dans l'erreur : lorsqu'elle affirme unanimement : que, le paupérisme croît comme la richesse ; et, que le moyen d'éviter l'anarchie, ayant sa source dans le paupérisme, est, de dévorer à l'avance, et par le crédit, les produits du travail des générations futures; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous , maintenant : pourquoi , la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vuenoncataractée;el,que pour raisonner juste , il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.
— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarlé et la vérité, ellk trouve la
PLACE PBISE. J»