EDUCATION
La science sociale, rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, établit :
1» Que, la valeur du mot éducation , doit être parfaitement déterminée; sous peine, quand il s'agit d'éducation : de parler sans rien dire.
Que, l'éducation est physique et morale;
Qu(% l'éducation physique af)p;ulient à la mé^lecinc ; tou-
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jours^ SOUS la direction de la souveraineté de la soience, rendue rationnellement incontestable ;
Que, l'éducation morale est : ce, qu'on inculque à la jeunesse , relativemont à la règle des actions ;
Que , l'éducation doit être basée sur l'instruction ; pour que : lorsque, la jeunesse passe à l'âge viril ; l'instruction ait justifié, d'une manière rationnellement inconlestable, ce qui aura été inculqué : par l'éducation.
Que , néanmoins , l'éducation doit toujours être : une foi : inculquée sans preuve ; et, basée sur la seule autorité de la société : jusqu'à ce que l'instruction vienne, à la justifier.
2° Que l'éducation doit être commune, donnée à tous avec le même soin, aux frais de l'État, par l'État, et comprendre : non-seulement la nourriture , le logement , le vêtement, etc. ; mais : tout, absolument tout : sans, que les parents aient à s'en occuper, en quoi que ce soit (1).
11 est évident : que, tant que l'ignorance sociale n'est point anéantie, d'une manière rationnellement incontestable; tant, que la science , relativement à l'éducation morale , n'est point INFAILLIBLE ; et que, cependant, l'examen est devenu socialement incompressible; la liberté d'éducation, la liberté d'enseignement, existe nécessairement; puisque, le despotisme ne peut plus s'en emparer ; et , que la science intaillible ne le peut encore. Mais, dès que la science infaillible existe ; relativement à la morale, dont l'ordre social, relève essentiellement; vouloir, alors, abandonner l'éducation aux opinions, serait une folie : à nulle autre comparable.
L'homme , l'économiste , le plus ennemi de l'État qui ait existé; Bastiat, dit :
— « S'il y a daus le monde un homme ou une secte infaillible (2), re-
(1) Les parents seront-ils obligés de livrer leurs enfants à l'État?
— L'obligation est : relative à la force ; et, relative à la raison. L'Étal n'obligera point, par la force, les individus à lui livrer leurs enfants ; mais, avant la seconde génération, la raison obligera les individus à livrer leurs enfants à l'État; sous peine : de folie ; ou, de remords.
(2) L'infaillibilité est absurde, chez un homme ou chez une secte ; mais, la science réelle est toujours infaillible. Est-ce, que la science, des mathématiques pures, n'est pas : infaillible ?
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mettniis-liii, non-spiilement l'éducalion, iiiuis tons les pouvoirs, el que ça finisse. »
{Baccalauréat et socialisme, p. 73.)
— Le que ça /misse est délicieux. En effet, il est temps que ça finisse. Ailleurs, il dit encore :
— « Ou l'Etat est infaillible, et alors nous ne saurions mieux faire que de lui soumettre le domaine entier des intelligences; ou il ne l'est pas, et en ce cas, il n'est pas plus naturel de lui livrer Téducation que la presse.»
{Propriété et loi,, p. 61.)
— Bastiat a raison : l'éducation, ne peut appartenir à l'État : que, lorsque l'État est le représentant de la science souveraine, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun.
La société actuelle, au contraire; loin, d'attacher une valeur parfaitement déterminée au mot éducation ; est tellement dans le vague, sur la valeur de cette expression : qu'elle ignore même : en quoi, l'éducation peut différer de l'inslruclion. Malgré cela, la société actuelle n'hésite point à proclamer :
1" Que, l'éducation physique des enfants appartient aux parents; sauf responsabilité devant la cour d'assises, s'ils les empoisonnent; mais, qu'ils ne sont nullement responsables de les laisser mourir de faim, s'ils n'ont pas de pain pour eux-mêmes. Dans ce cas, la société elle-même, s'en lave les mains : se trouvant abritée sous l'égide de la liberté, de l'égalité et de la fraternité, régnant actuellement.
Que, l'éducation morale appartient également aux parents; ce qui est bien naturel : la société elle-même n'ayant de morale à inculquer : que, celle indiquée, par M. Guizot, sous la formule enrichissez-vous; a la seule condition, néanmoins, d'échapper aux cours d'assises. Alors, le fils d'un brigand de profession, donne à son fils une éducation de brigand; il lui enseigne tous les moyens de fausser les balances de la justice; et, si malgré la bonne éducation de son père, il est assez sot pour se faire pincer par les procureurs impériaux; la loi, en vertu de l'égalité devant la loi, l'envoie au bagne, quoi(iu'il soit innocent comme l'enfant qui vient de naître; à moins,
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qu'il no ?oil ronpnMp : d'avoir obéi ?i la moralp, qui lui a été inrulquée par l'éducation.
Et, cependant, la société actuelle ne veut pas que l'éducation soit basée sur l'instruction commune; puisqu'elle même n'en a aucune. Alors, elle livre nécessairement : l'éducation, à l'instruction des parents. 11 est vrai : que, cela ne l'empèclie pas d'envoyer au bagne, les enfants qui ont obéi à leurs parents. C'est : juste; elle est la plus forte; et, les faibles n'ont jamais raison : devant la force.
Cet état social, du reste, est inliérent à la société actuelle. Cette société proclame la liberté de conscience. Alors, il est libre à chacun d'être matérialiste; et, toujours en conséquence de la liberté de l'ignorance, il est libre à chacun d'inculquer, à ses enfants, les principes qui dérivent du matérialisme : que, l'honnête liomme est un sot ; et, que le fripon enrichi, sans que la loi ait pu l'égratigner, est un chef-d'œuvre de morale pratique. Les forts , néanmoins, recommandent aux parents : de donner, à leurs enfants, une éducation religieuse; ce, qui est bien un attentat, à la liberté de conscience. A cet égard, de mauvaises langues diraient : que, les forts en usent ainsi ; afin, de pouvoir plus facilement exploiter les faibles. Les gens bien élevés ne se servent point de pareilles locutions. J. B. Say, par exemple, dit : les épargnes des riches se font aux dépens des pauvres. Et, c'est infiniment plus poli. Il est encore possible d'excuser la société actuelle, de porter atteinte à la liberté de conscience ; dès, qu'elle recommande l'éducation religieuse, en disant : qu'elle enseigne la réalité de la série continue des êtres, c'est-à-dire le matérialisme, à ceux qui sont en état de payer celte connaissance. Ici encore, néanmoins, il y a de ces gens, aimant à contrarier surtout, osant affirmer : que, si la science enseigne la réalité du matérialisme; c'est, encore là porter atteinte : à la liberté de conscience. Car, disent-ils : dès, que la science vous enseigne : que, deux et deux font quatre ; la liberté d'affirmer : que, deux et deux font cinq, tombe dans l'absurde. Il y a même des ultra-socialistes osant prétendre : que, si la science, rendue rationnellement incontestable, venait à démontrer la réalité du lien religieux; la liberté de conscience s'en irait encore : à tous les diables. Heureusement, la science,
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même ralionnellemenl incontestable , ne peut avoir raison ; quand une société tout entière affirme : que^ celle science n'est qu'une sotte.
2Mci, la société actuelle tout entière, sans encore l'ombre d'une exception, proclame :
Que, vouloir que l'État soit chargé de donner à tous les enfants et avec le même soin, une éducation comprenant : nonseulement la nourriture, le logement, le vêtement, et dans ce cas, sans aucun doute l'instruction tant morale que relative à la matière, jusqu'à la majorité; serait un fardeau, aussi impossible à supporter, pour la société actuelle, qu'il le serait à un enfant de porter l'Atlas sur ses épaules. Et, il est certain, qu'à cet égard, la société actuelle, raisonne parfaitement juste. Elle affirme, en outre: qu'elle est la seule société possible; et, qu'une société, qui pourrait se charger ainsi de l'éducation et de l'instruction de tous, est absolument impossible. Vous concevez dès lors : que, la société actuelle, et sans l'ombre d'une exception, envoie aux calendes grecques : et, l'éducation commune ; et, l'instruction commune. La société actuelle ne veut même plus : d'une éducation, basée sur une foi commune; et, donnée par les prêtres d'un sacerdoce dominant. Et, ici, elle a encore raison ; car, si même elle le voulait, cela lui serait complètement impossible, en présence : de l'incompressibilité de l'examen.
Maintenant, un petit inconvénient se présente. L'éducation et l'instruction livrée aux parents, entraîne nécessairement la liberté de conscience; la liberté de conscience constate la nonexistence du lien religieux dominant : soit, par la foi ; soit, par la raison ; soit, par une inquisition ; soit par une démonstration. Et, celle non-existence entraîne nécessairement : la souveraineté du peuple ou des majorités, ou de la force l)rutale; ki'iuelle souveraineté conduit nécessairement aussi, à l'anarchie, mort humanitaire. Mais, cet inconvénient se trouve facilement levé, par le journal de la société actuelle en date du 14 août 1857. Ce journal dit :
— « Le dogme de la souveraineté du peuple est l'arclie de salut, l'ancre d'espérance de notre patrie. Tout ce i|ui ne s'appuie pas sur cfllo ancre victorieuse est destiné à périr, -i
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— Or, quand le journal do la soriélé actuelle, journal par essence ennemi des dogmes , s'appuie sur un dogme ; ce dogme doit être d'une incontestable vérité, fût-il même le dogme de la sainte Trinité.
Quant à l'infaillibilité de la science, la société actuelle tout entière, plus unanime à cet égard, que ne pourrait l'être un seul homme, qui, sous cette société, a toujours au moins deux opinions opposées sur un même sujet ; la société actuelle tout entière, dis-je, proclame : que, l'infaillibilité de la science ou la science réelle, est inaccessible à l'iiumanité; que, l'humanité est condamnée : à une ignorance perpétuelle ; qu'elle est livrée au règne des opinions ; que, par conséquent les individus sont destinés, providentiellement, à se déchirer comme des chiens enragés : jusqu'à ce qu'il n'en reste plus un seul sur le globe. Alors, la souveraineté du peuple s'exercera sur les chiens; et, malheur à eux, s'ils viennent à raisonner.
Il est évident : que, vouloir, par le seul raisonnement, convaincre une société qui nie la puissance de la science, la puissance du raisonnement; et cela : avant que l'anarchie l'ait forcée à reconnaître : que, c'est sa seule raison, à elle, et non la raison qui se trouve impuissante; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez- vous , maintenant : pourquoi , la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.
— « Lorsqu'une doctrine d'ordre , de paix et d'union se présente , dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité , elle trouve la
PLACE PRISE