‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 62 sur 102 · LIBERTE · texte numérisé non relu

LIBERTE

'■^ La science sociale, rendue rationnellement incontestable, visà-vis de tous et de chacun, établit :

Qu'avant de pouvoir parler rationnellement de liberté ; il faudrait : d'abord, donner à ce mot une valeur claire, précise, parfaitement déterminée et ne renfermant rien d'absurde ; ensuite, savoir d'une manière rationnellement incontestable : que, la liberté existe en réalité ;

Que, la liberté, ou le pouvoir d'agir réellement, ne peut appartenir à un être seulement capable de fonctionner ; et, comme tel, fonctionnant nécessairement;

Que , dès lors , la liberté est un mot vide de sens , une illusion ; si, l'anthropomorphisme ou le matérialisme : sont des réalités ;

Que, par conséquent, la liberté ne peut appartenir : qu'aux immatérialités; par essence éternelles, absolues;

Que, par conséquent encore, les immatérialités, étant simples par essence ; et, la liberté étant un choix entre deux tendances; doivent, pour pouvoir être libres, se trouver unies : à des organismes, donnant lieu à deux tendances souvent opposées : celle de raison ; et celle de passion ; ■ Qu'avant de savoir : si, la liberté existe en réalité, et n'est point une pure illusion; il faut, préalablement, avoir reconnu :

Qu'il n'y a de possible : que, force et sensibilité;

Que, la matière n'est que force ; et, que si les immatérialités existent, elles ne peuvent être : que, sensibilité;

Que, pour savoir si les immatérialités existent, il faut d'abord

avoir ordonné tous les phénomènes matériels : en série continue ;

Et, que comme l'homme, point de départ de la série, est évidemment sensible; et, que la continuité de la sensibilité sur la série, serait la négation des immatérialités, en rendant la matière source de la sensibilité ; 11 faut, pour que la sensibilité réelle puisse être démontrée immatérielle : que, la série puisse être brisée, d'une manière absolue. Alors , d'un côté il y a : immatérialité, sensibilité réelle; plus, organisme, etcapacitéde liberté ou humanité; et, de l'autre côté : uniquement matérialité, organisme, nécessité, insensibilité absolue; quelles que soient les apparences de sensibilité ou d'inteUigence : qui puissent exister.

Alors, les immatérialités sont des individualités réelles, éternelles , absolues ; et , les personnalités, à base d'individualité réelle, peuvent être libres ;

Alors, la liberté des individus consiste : dans l'obéissance volontaire à ce qui est ordonné par la raison ; et , leur esclavage : à subir le joug des passions.

Alors, encore, la liberté sociale consiste : dans l'obéissance sociale à ce qui est ordonné par la raison , rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun ;

Que, jusque-là, la liberté sociale est absolument impossible ; et , que la liberté des individus n'est possible : que , relativement à ce qu'ils croient être tendance de raison : sans néanmoins savoir : si , croyant n'obéir qu'à la raison, ils n'obéissent point aux passions. .

. La société actuelle , au contraire , croirait contre sa dignité, de se.déranger pour aussi peu de chose. La liberté, dit-elle, est un fait, elle s'affirme, elle se pose; et, nous affirmons la liberté ; et, nous nous posons en êtres libres. , C'est, admirable de se poser ainsi; ce l'est peut-être moins pour ceux qui , sur sa simple parole , ont la bonté d'accepter cette société comme infaillible. Mais, cela n'empêche point cette société de s'écrier, par la bouche de M. Jules Simon, son prophète :

— « Vous n'attendez pas de moi une démonstration : la liberté... est

AU-DESSrS DE LA PREIVE. »

— C'est, aussi gentilhomme que possible. Est-ce que l'on a besoin de rien prouver aux manants? Et, si la société actuelle et M. Simon son interprète avaient voulu condescendre à donner des preuves ; elles ne leur auraient pas manqué. Ils auraient dit ; L'homme est libre ; le chien est libre; la carotte est libre ; l'écritoire est libre; le vent du Nord est libre; et tous sont également libres, lis auraient même pu citer M. de Lamartine, le premier paroUer de France et de Navarre, s'écriant :

— « La vie est partout comme l'intelligence ! Toute la natcre est ANIMÉE. ToDTK LA NATURE SENT ET PENSE!... Partout où est la vie, là aussi est le sentiment et la pensée à des degrés inégaux, sans doute, mais

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