‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 72 sur 102 · BIENFAITEUR DU GENRE HUMAIN · texte numérisé non relu

BIENFAITEUR DU GENRE HUMAIN

— Il paraît : que, jusqu'à présent, les jeunes gens n'ont pas encore trouvé, dans les formules que renferme le livre de M. Bastiat, la démonstration qui doit faire le bonheur de l'humanité. Il est même probable : qu'elle ne se trouve point chez un auteur : qui veut conserver l'aUénation du sol ; et qui , à propos de religion, s'écrie :

— « Nous sentons tous dans le cœur une puissance irrésistible, qui nous pousse vers la religion ; et en même temps nous sentons dans notre intelligence une force non moins irrésistible qui nous en éloigne; et d'autant plus, c'est un point de fait, que I'intelligknce est plus cultivée. »

— Ce qui, traduit en français, signifie : que, la religion ca-

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r.ictf^risp les ignorants ; et, que l'irréligion cararlérise les savants : ce qui est un peu société actuelle. Dans tous les cas , la dédicace, de M. Bastiat aux jeunes gens, prouve une seule chose : c'est, que la société actuelle ne croit pas encore à la possibilité de rendre identiques : les intérêts de tous; et les intérêts de chacun.

Quant à connaître la source, la cause des richesses , voici ce qu'en dit la société actuelle, par la bouche de M. Gannihl, l'un des économistes les plus consciencieux et les plus instruits , en analysant les systèmes économiques :

— « Comme s'il était, dit-il, clans la destinée de l'homme de ne pouvoir remonter à aucune cause générale, les causes de la richesse des nations ont échappé jus^w'i'cj aux recherches les plus laborieuses ; et malgré les efforts isolés ou combinés des écrivains les plus célèbres parmi les peuples les plus éclairés de l'Europe, elles sont enveloppées dans un nuage obscur, et ne présentent en dernière analyse que des opinions, des DOGMES et des controverses qui embarrassent l'esprit par leur diversité, le fatiguent par leur multiplicité, le découragent par la difficulté du choix, elle laissent dans le doute et l'incertitude. «

— Et, cependant : l'économie politique ; ou, la science de la société actuelle; n'est : (/ue la science des richesses. Voilà, une science : bien peu scientilique.

Reste, la valeur absolue de la valeur ; la mesure al)Solue de la richesse. Voici, ce qu'en dit la société actuelle, par la bouche de M. Michel Glievalier. Si, je prenais M. Proudhon pour interprète ; ce serait bien autre chose encore, en vérité 1

— « Une mesure exacte et invariable de la valeur, si elle existait, dit M. Michel Chevalier, rendrait service à la société. »

— Oui, elle automatiserait la société ; elle l'anéantirait. Des propositions pareilles, faites par un homme de mérite, sont extrêmement dangereuses , pour les cerveaux faibles ; même , avec la restriction : si elle existait.

Il est évident; plus qu'évident; archiévident : que, vouloir, par le seul raisonnement; et, avant que runaicliic l'y ait rorcéc, sous peine de mort sociale; convaincre la société acliiHIc : (|ue,

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sur la sricnrp dos rirliosses, elle ost j)lijs jo-noranle erirore qu'elle ne l'est sur la sainte Trinité; est une utopie , élevée : à la dernière puissance possible.

Concevez- vous , maintenant : i)Ourquoi, la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit êlre, pour l'actualité, complètement inutile? C'est , que pour bien voir , il faut une vue non cataractée ; et , que pour raisonner juste , il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union, se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité , elle trouve la

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