SANCTION. — PUNITION ET RECOMPENSE
La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun ; établit :
Que, la règle, sans la sanction, n'est rien; et, que la sanction, sans la règle, n'est : que, la sanction de rien;
Qu'il y a deux espèces de sanction : la sanction religieuse ; et, la sanction sociale ;
Que, les règles d'action, tant individuelles que sociales, sont relatives :
l" Aune croyance en une révélation; révélation toujours basée: et, sur une inquisition ; et, sur la possibilité de comprimer l'examen ;
'1" A la force brutale, a la force des nmjorites : quand, les révélations et les inquisitions se trouvent sans puissance sociale; en présence, de l'incompressibilité de l'examen ;
;]"J A la science : Ijasée, sur une démonstration rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun;
Que, les sanctions, religieuses ou sociales, de ces différentes espèces de règles, sont relatives : aux souverainetés qui les formulent ;
Que, la sanction religieuse, relative à la première espèce de règles, est hypothétique, comme la règle; et, que l'inquisition qui lui sert de base, qui n'est autre que la sanction sociale, rendant nécessaire la peine de mort, rend ahisi : cette espèce de sanction religieuse, dépendante de la sanction sociale. Et, en effet : dès que la sanction sociale, de cette espèce de règle, vient à disparaître; l'espèce de sanction religieuse, qui lui est relative, disparaît : simultanément.
Que;, la seconde espèce de règle, exclusivement relative à la force brutale, est absolument [)rivée de sanction reliiiieuse ; et, par conséquent, essentiellement en dehors de l'ordre moral ; religieux, par essence;
Que, la sanction religieuse, relative à la troisième espèce de règle, est, comme la règle, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun; «pi'elle est relative : et, à • L'Ile préseule vie; et, aux vic^ pc^lérieuns; liant : le bien-être
OU Je raal-êlre, de cette présente \ip, avec les aclions commises dans des vies antérieures ; et, le IMen-être ou le mal-être, dans des vies postérieures, avec les aclions commises dans celte vie : selon que les différentes actions auront été, conformes ou contraires, à la conscience qui les aura dictées.
Il est évident : que, pour cette troisième espèce de sanction religieuse, la sanction sociale (les bourreaux de toute espèce), est : non-seulement inutile ; mais, irrationnelle. En effet : quiconque, alors, manque à la règle, ayant autant de certitude que cette faute sera inévitablement punie, qu'il en a de sa propre existence : ne peut êlre qu'un insensé ; et, la société rationnelle ne punit pas les insensés; elle en a pitié; et, elle se contente, de les mettre hors d'état de nuire; sans cesser : ni, de veillera leur guérison; si, cette guérison est possible; ni, de veiller à leur bonheur dans ce monde ; si, leur guérison est impossible.
La société actuelle, au contraire, relative à la seconde espèce de règle, absolument privée de sanction religieuse, par conséquent en dehors de tout ordre moral, religieux par essence ; nie , fort logiquement d'ailleurs, eu égard à sa base : que, la sanction religieuse, soit absolument nécessaire : à l'existence de l'ordre social, à l'existence de l'ordre moral. Et, c'est ce que M. Guizot, chargé d'instruire la jeunesse, a exprimé en disant :
— « Pour ceux d'entre vous qui ont fait des études philosopliiques un peu étendues , il est , je crois , évident aujourd'hui que la morale est