SOL. — RENTE
La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :
(1) Voyez ma Lettre à M. l'arclievcque de Paris : Qu'est-ce que la science sociale? t. II; et, les études vi et vu intitulées : propriété et sol; t. 111 de mon Économie politique.
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Que, le sol : pendant toute l'époque d'igQorance sociale, sur la réalité du droit; et, de possibilité de comprimer l'examen; doit être aliéné :
Parce que, cette aliénatioQ fait aller, la plus grande partie possible des produits du travail , à la plus petite minorité possible ;
Parce que, la plus grande majorité possible des travailleurs, réduits, par cette aliénation, à la plus grande misère possible; se trouve, ainsi condamnée, à un travail incessant; ce qui l'empêche d'examiner la réalité du droit; réalité, nécessairement hypothétique : tant, que l'ignorance sociale, sur cette même réalité, n'est point anéantie ;
Parce que , cet examen , alors, anéantirait le droit : base d'ordre ; base de vie sociale.
La même science sociale établit en outre :
Que, dès que l'ignorance sociale , sur la réalité du droit , se trouve anéantie ; le sol ; ainsi, que les capitaux acquis par les générations passées, moins ce qui doit rester, de ces capitaux, entre les mains des individus, pour que la consommation et la production soient toujours au maximum possible des circonstances; entrent à la propriété collective ;
Qu'alors, la richesse se répartit entre tous; et cela : non plus au critérium de la force ; mais, au critérium de la raison réelle; alors, socialement souveraine ;
Que , sous la souveraineté de la raison réelle , la misère , le paupérisme, sont absolument anéantis ; que tous , alors , sans l'ombre d'une exception, sont plus ou moins riches.
Cette même science sociale étabUt enfin :
Que, pendant l'époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit; et, d'incompressibihté de l'examen ; un ordre social, plus qu'éphémère; une vie sociale, plus qu'éphémère; est absolument impossible.
La société actuelle proclame au contraire :
Q\m jamais, jamais, jamais : le sol ne peut appartenir à la propriété collective; et, i\\\(i toujours , toujours, toujours : le sol restera aliéné.
Mais, ce qu'il y a de plus singulier; c'est, que tous; c'est-àdire : les aulhropomorphistes ; les panthéialcs; et les écono-
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niistes; reconnaissent l'injustice de l'aliénation du sol; que, tous reconnaissent : qu'en présence de l'incompressibilité de l'examen , l'injustice absolue est devenue incompatible avec l'existence de l'ordre^ vie sociale ; et, que tous, néanmoins, veulent conserver : Vallénation du sol.
Pour nous^ les antliroporaorpbistes sont représentés par les pères de l'Église; et, les pantliéistes, par les pliilosophes. Tous, à cet égard, sont d'accord; et, c'est le seul point, peut-être, sur lequel ils le soient : que, l'aliénation du sol est une injustice absolue. Dans le cours de nos travaux , nous en avons donné : des milliers de preuves.
Ici, la société actuelle pourrait dire : les théologiens et les philosophes n'entendent rien à l'organisation de la société. Mais, que dira-t-elle : si , les économistes , qui la représentent, sont de l'avis : des théologiens ; et, des philosophes?
Ce qu'elle dira? Elle dira comme les économistes, qui, après avoir reconnu : l'injustice absolue de l'aliénation du sol ; et, rmcompatibihlé de cette injustice, avec l'incompressibilité de l'examen; n'en affirment pas moins : que, le sol : doit rester aliéné.
Ce serait incroyable , si , comme saint Thomas : on ne le voyait de ses propres yeux ; on ne le touchait de ses propres mains.
Jetons les yeux ; mettons le doigt; sur la plaie : en nous bornant aux économistes.
J'extrais, les citations qui vont suivre, des Harmonies économiques de Bastiat ; le plus enragé des économistes : pour conserver Valiénation du sol. J'abrégerai autant que possible; mais, je les recommande, très-parliculièremcnt , à l'attention des quelques lecteurs, qui ne s'envelopperont point dans l'idée préconçue : que, toujours, toujours, le sol doit rester aliéné.
— « BccHANAM. Ce que le propriétaire (du sol) gagne de celte manière « (par la rente), il ne le gagne qu'aux dépens du consommateur... C'est n une classe (celle des propiiétaiios du sol) qui profite aux dépens des « autres. »
« RicARDO. La rente esl cette poilion du produit de la lene que
« L'on paye&u propriétaire pour avoir le droit d'exploiter les lacullés pro- ;> ductives et impérissables du sol. »
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— (( Mac-Culloch. Ce qu'on nomme proprement la rente, c'est la « somme payée pour l'usage des forces naturelles et de la puissance inhé- « rente au sol La rente est donc toujours un monopole. »
— « ScROPE. La valeur de k terre ou la faculté d'en tirer une rente « sont dues à deux circonstances : io « V appropriât ion de ses puissances « naturelles; 2° au travail appliqué à son amélioration. »
— « La conséquence, ajoute Bastiat , ne se fait pas longtemps attendre. »
— Voyons cette conséquence. Ce doit être curieux. Et , ce sera terrible pour cet excellent Bastiat, dont les intentions ne peuvent être soupçonnées; mais, qui adore l'aliénation du sol; coDfirae, un Égyptien, des Pharaons, adorait les oignons.
— « Sous le premier rapport, continue Scrope , toujours cité par l'in- « fortuné Bastiat, la rente est un monopole. C'est une restriction àl'usu- « fruit des dons que le Créateur a faits aux hommes pour la satisfaction de * leurs besoins. Cette restriction n'e5ij«6-/eQ!<'aj<;an< qu\lle esl nécessaire