‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 84 sur 102 · ICIRNCF SiOri\LF · texte numérisé non relu

ICIRNCF SiOri\LF

— n L'athéisme pratioi'f (1) poit i-tre hé-ohmais r.A loi nr von coet-r

FT r>E MA RAISON, n

— Et, en parlant de riiumanité :

— « Car, si c'est une loi de riiumanité de se développer toujours dans l'industrie, la science et l'art, c'est aussi une nécessité pour riiomine de sceller de son sang chacun de ses pas dans la carrière; c'est une nécessité qu'il subisse une mort de plus en plus amène, qui lui fasse expier la délicatesse de ses sentiments, la vivacité de ses affections, la fécondité de ses travaux , la profondeur de son ejitliousiasme, la joie de ses voluptés; une mort qui, prenant autant de formes que la vie, atteigne l'iiomme dans le cœur, dans les sens et dans la raison , et l'anéantisse des milliers de fois! La mort! voilà notre raison dernière, voila le dieu du monde! Finis est hominis sicuf jumenfi. Or, si c'est uniquement pour mourir que nous avons été tiré du néant, où était la nécessité pour nous, pour l'univers, d'en sortir? La création, la vie, la iiécfssité, la Providence, Dieu et l'homme, tout est absurde. «

— Et encuie :

— « L'homme, en tant qu'homme, ne peut jamais se trouver en contradiction avec lui-même; il ne sent de trouble et de déchirement que parla résistance de Dieu qui est en lui. Eu l'homme se réunissent toutes les spontanéités de la nature, toutes les instigations de l'être fatal , tous

LF.S dieux et les DÉMONS DE l'uNIVERS. »

— Et, en parlant de l'immortalité de l'âme :

— « L'hypothèse de l'immortalité de l'âme renverse les fondements de la certitude. »

— Et, en parlant de société :

— « La SOCIÉTÉ est un être vivant , doué d'une intelligence et d'une activité propres. . . La réalité, j'ai presque dit la personnalité de r/iO?/i»ie collectif est aussi certaine que la réalité et la personnalité de l'honimp individu. »

■ \) La négation : de toute .sanction religieuse, de tonte autre vie.

SCIEJNCL SUCIALL. 637

— Et, eu iiarlanl de propriété :

— « La puoPRiETt, c'est le vol. » : ,.

— Et, en parlant de justice :

— « La justice se constiluc par le vol. »

— En parlant de morale :

— « N'oubliez jamais que la pitié, le bonlieur et la veriIj , de même ([uo la patrie, la religiou et l'amour, sont des masqles. w

— Et, en parlant de liberté :

-- « Tous, tant que nous vivons, nous sommes, sans nous en apercecoir, et selou la mesure de nos [acuités et la spécialité de notre industrie,

1>ES ressorts pensants , DES ROUES PENSANTES , DES PIGNONS PENSANTS, DES POIDS PENSANTS, etc, d'uue IMMENSE MACHINE QUI PENSE AUSSI ET QUI VA TOUTE SEULE. »

— Puis , quand ces illustrations ont énoncé ces valeurs ; elles ne rougissent point d'écrire, à propos de la possibilité de sanction religieuse, ou d'autre vie :

— n Que je recevrais avec amour, que j'embrasserais avec transport

CETTE CONSOLANTE UTOPIE, s'iL ÉTAIT POSSIBLE, JE NE DIS PAS DE m'eN FAIRE voir quelque CHOSE, MAIS SEULEMENT DE LA RENDRE ACCESSIBLE A LA RAISON ! »

— Eli bien! nous avons rendu la réalité d'autres vies incontestables vis-à-vis de la raison. Qu'arrivera-t-il? Les illustres, en fait de détermination de la valeur des valeurs , craclieront sur la déiuonstialion.

Et, ne croyez point : que, les moins illustres soient plus l'aciles, à convertira la vérilé, que les plus illustres. Si, par le seul raisonnement, il y avait un espoir de conversion ; cet espoir serait en faveur : des illustres.

.\u^5.i, vouloir, par le seul raisonnement; et, avant que l'a-

t)38 SCIENCE SOCIALE.

narcllie l'y ait forcée sous peine de mort sociale, convaincre la société actuelle : qu'elle est aussi sotle^ en fait de valeurs , qu'en fait de non-valeurs]; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.

Concevez-vous, maintenant, pourquoi la science sociale, quoi- (jue rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun; doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée ; ci, que pour raisonner juste, il faut un cerveau , non paralysé ; par les préjugés.

— ((Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, elle trouve la

PLACE PRISE,

— Et, pour ceux, chez lesquels la place se trouve prise :

— « Leurs yeux, dit M. Guizot, ont, pour ainsi dire, la faculté de s'ouvrir et de se fermer selon leurs désirs. Ce (jui est clair leur paraît réellement obscur; ce qui est prouvé devient incertain ou même faux, ils vivent plongés dans leurs propres ténèbres ; et quand la lumière essaye de pénétrer, elle leur est à la fois insupportable et douteuse, m

— Ces deux passages sont admirables. 11 n'y a pas de démonstration d'erreur, qui n'en offre des milliers d'applications. Je l'ai déjà dit mille fois : l'anarchie, seule, peut abaisser les cataractes de l'ignorance sociale. Jusque-là , toutes les démonstrations possibles sont inutiles. Mais, il est du devoir, de celui qui les possède, de les présenter au public. Je remplis ce devoir. Le reste : ne me regarde pas.

En présence des regrets que peuvent causer : et, l'entêtement de l'ignorance ; et, les difficultés de lui abaisser les cataractes intellectuelles 5 voici, néanmoins, des paroles consolantes :

— « Le sort comnuin de toute vérité nouvelle cjui surgit est d'ellrajer au lieu de séduire, de blesser au lieu de convaincre. C'est qu'elle s'élmce avec d'autant plus de torce qu'elle a été plus longtein|is comprimée; c'est cju'ayant des obstacles à vaincre, il l'aut (ju'clle lutte cl qu'elle renverse,

jusqu'à ce que, comprise et adoptée par la généralité, elle devienne la

BASE d'un M0UV5L OQP|lE SOQlJU,, »

(Locis-Napoleon Bonaparte, )

Je vais, maintenant, mettre la science sociale et la société actuelle, en rapport avec les expressions que j'ai laissées en dehors de l'ordre alphabétique :

Droit et loi ; — règle d'action ; — critérium ;

Nationahtés ;

Économie poUtique ;

Philosophie ;

ReUgion ;

Morale;

Organisation sociale;

Je terminerai : par un résumé de la science sociale.

Déjà, et plusieurs fois, nous avons fait remarquer : que, toute humanité possible se divise en trois périodes bien distinctes ••

1» Période d'ignorance sociale, sur la réalité du droit : et, de possibilité de comprimer l'examen ;

2" Période d'ignorance sociale, sur la réalité du droit ; et, d'impossibilité de comprimer l'examen ;

3" Période de connaissance, sur la réalité du droit.

Nous avons, également, fait observer :

Que, chacune de ces périodes avait son espèce de souveraineté, à elle inhérente par essence ; à savoir :

La souveraineté de droit divin, pour la première période;

La souveraineté du peuple, pour la seconde ;

La souveraineté rationnelle, pour la troisième;

Nous prions nos lecteurs, de ne jamais perdre de vue, ces différentes observations, en étudiant les rapports qui nous restent à examiner.

Ci4U SCIEACL 5>0ClALh.

DROIT ET LOI. — RÈGLE d' ACTION. — CRITÉRIUM (1).

La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de ciiacun, établit :

Que, pour la première période humanitaire :

Des DROITS hypothétiques, dérivant de révélations, chacune basée sur une foi, rendue socialement commune, au moyen d'une inquisition, dominant l'éducation et subordonnant l'instruction à l'éducation donnant comme réels : et, la révélation ; et, le droit qui en dérive; sont inévitablement établis; sous la pression •■ de la nécessité sociale.

Que, la loi ; toujours, alors, censée être l'expression du droit; se trouve formulée : par l'interprète de la révélation, un pape, nécessairement réputé infaillible ;

Que, la règle des actions, toujours^ néanmoins, subordonnée aux nécessités sociales : la croyance en la révélation et l" aliénalion du sol; se trouve être :

Pour les actions sociales : la conformité,, avec ce que le pape juge nécessaire, à l'existence de l'ordre ;

Pour les actions individuelles : la conformité, avec ce qui est ordonné par l'éducation, elle-même formulée, par le pape.

Que, le seul critérium possible, est alors le pape;

Et, que toute société qui s'éloigne des principes ci-dessus énoncés; tombe immédiatement, dans l'anarchie.

Que, pour la seconde période humanitaire :

Tout droit hypothétique devient impuissant; et, comme alors l'ignorance, sur la réalité du droit, n'est point encore anéantie; il s'en suit : que, pour cette période, il n'y a pas de droit: ou plutôt : que, la loi; qui, pendant la première période, était censée être l'expression du droit ; se trouve être , elle-même : la source du droit.

Que, la règle des actions, alors exclusivement subordonnée à une seule nécessité sociale : celle de la souveraineté du jjeuple; résultant des souverainetés individuelles; se trouve être :

(1; Vuu'/ iiuUe L'cviiumif pulitiquc, l. 1, LitULs m.

sGiiî.NCii soci.sll;. 6il

Pour les actions sociales : la confuriuilc avec Icsdécisions de la force brutale, variables comme les passions de la collectivité;

Pour les actions individuelles : la conformité avec les décisions des opinions de chacun; variables, comme les passions de chaque individu ;

Que, le seul critérium, possible, est alors : la force;

Et, que toute société, ayant une durée plus qu'éphémère, est alors : impossible.

Que, pour la troisième période humanitaire.

Le droit réel étant alors démontré, d'une manière rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun ; ce droit : par l'anarchie, alors inhérente à toutes les sociétés, à cause de l'absence de droit; et, par la nécessité d'un droit, pour pouvoir vivre socialement ; et, par l'inévitabilité des communications existant, alors, entre toutes les sociétés; devient : le seul droit possible, pour l'iiumanilé tout entière.

Alors, la loi est l'expression du droit réel ; comme, pendant la première période, la loi se trouve être l'expression : du droit hypothétique; du droit révélé.

Alors, la règle des actions est la conformité, avec ce qui est ordonné par la souveraineté rationnelle :

Pour les actions sociales :

1" L'entrée, à la propriété collective : du sol ; et, des capitaux acquis par les générations passées ;

-2" L'éducation et l'inslruclion données à tous et à chacun, avec un égal soin ;

3" Une dot sociale, donnée à chacun, proportionnée à la richesse sociale;

Pour les actions individuelles :

La conformité, avec ce qui est proscrit par la conscience de tous et de chacun; prescriptions toutes essentiellement identi- (lues : par l'unilé d'éducation cl d'instruction, dérivant de l'unilé de la science; de l'imité de la raison, rendue incontestable; science ou raison, alors, osscnlielleniont : identiques et souveraines.

Alors, la loi est toujours, rccllciiicnt, l'expression du droit; conmie, sous la })remière période, la loi se liouvait être, ccnaement : l'expression du droit.

Page 1