F.LLF.S NE SONT PAS UNE CONDITION ESSENTIELLE DE LEUR EXISTENCE
— C'est, équivalent, à la décision : que, la force brutale n'est pas la force brutale.
Quant à penser : que, la nécessité sociale actuelle n'est autre : que, l'anéantissement des nationalités ; la société actuelle en est aussi éloignée; que, de penser : qu'il lui est possible de vivre : sans manger ni respirer.
()S0 SniENCR SOCIALE.
MuintciKint, citons : soit, quelques erreurs sur l'anéantissemenl des nationalités ; soit quelques exceptions aux folies de la société actuelle.
— « Les chemins de fer, di( M. de Girardin, sont appelés à rapproclier enire eux tous les peuples du continent, à n'en faire qu'ioîe seule grande famille, ayant les mêmes intérêts, le même avenir, la même politique, la même devise : respect des nationalités, liberté des mers. »
— Faire une seule famille, de plusieurs familles en communication nécessaire; toutes, autonomes; ayant, chacune, un droit différent ; n'ayant déjuge du droit, que la force brutale; ayant des intérêts tellement différents ; que, cliacune d'elles ne peut augmenter sa richesse , qu'en augmentant son paupérisme; à une époque, où le paupérisme est devenu essentiellement anarchique I est-ce donc ainsi que se forme : la conviction d'un homme d'État?
Le respect des nationalités et la liberté des mers , équivalent : à la liberté des forêts ; et, à la multiplicité des brigands.
— « Dès, dit encore M. de Girardin, qu'il n'y aura plus ni armées ni flottes (les rois le savent bien!), le lendemain il n'y aura plus de royauté, le surlendemain plus de nationalités; car les nationalités n'ont elles-mêmes de raison d'être que la rivalité des intérêts. »
— C'est là une erreur déplorable. Les nationalités ont leur raison d'être : dans l'ignorance sociale sur la réalité du droit : et, dans l'impossibilité de tout soumettre à un même droit hypothétique. Les rivalités d'intérêts nationaux ont leur source dans les nationalités; et les armées, ainsi que les flottes, sont les conséquences nécessaires des nationalités.
— « Si les hommes sont tous frères, ainsi qu'on nous l'enseio^ne , dit encore M. de Girardin, à quoi les nationalités servent-elles? »
— Les hommes ne sont frères : que, devant un même droit r réel ou hypoihétique; mais, socialement accepté comme réel. Vous niez le droit. Vous acceptez la série continue. Alors, frère est un mot vide de sens ; et , vous êtes autant le frère d'une
SCIENCE SOCIALE. i\^\
liuîlre, d'une carotte ou d'une cruclip; que, le frère de l'empereur de Ja Chine.
Écoulons quelques mots de ceux qui ont pressenti la nécessité d'anéantir les nationalités ; mais sans savoir : ni pourquoi? ni, comment?
— « Nous sommes parvenus à un état de société, dit M. Michel Clievalier, où l'on n'aperçoit que des grains de sable sans ciment, des alomos sans lien. »
— C'est, que le ciment social, ce lien social, est la communauté d'idées sur la réalité du droit. Or, cette communauté ne peut exister : que, par la /o/; ou, que par la science. La foi n'existe plus ; la science n'existe pas encore.
— « L'Europe, dit encore M. Michel Chevalier (en 1848), l'Europe est un seul et même peuple, dont les différentes nations sont les provinces ; et Vhunianité tout entière n'est qu'une seule et même nation qui doit ÈrnE RÉGIE par la loi d'une nation bien ordonnée, à savoir la loi de justice qui est la loi de liberté. »
— Toujours le mépris des nationalités , le mépris des autonomies ; mais aussi : le désir de parler pour ne rien dire. Comment distingue-t-on : la loi de justice réelle; de la loi de justice illusoire? Et, oii se trouve l'inévitable sanction delà loi de justice réelle? Jusqu'à solution incontestable : loi de justice et loi de liberté sont des expressions vides de sens et éminemment anarchiques ; dès, que leur application pratique devient :