‹ Science sociale (volume 3)Chapitre 90 sur 102 · ÉCONOMIE POLITIQUE · texte numérisé non relu

ÉCONOMIE POLITIQUE

La science so'iale, rendue rationnellement incontestable,, visà-vis de tous et de chacun, établit :

Que, jusqu'à la naissance de la presse, les nationalités, alors essentiellement relii^neuses, n'ont, entre elles, aucune communication. Rome, chrétienne et catholique, ne communiquait : ni, avec les révélations étrangères; ni, avec les schismatiques; et, elle exterminait lés hérétiques. Alors, les royaumes catholiques n'étaient Ipoint des nationalités; mais, des provinces : de la république chrélienno.

C'est, seulement, lorsque l'incompressibilité de l'examen eut séparé le temporel du spiriluel; que, commencèrent les nationalités ALTONo.MES. Ccs nationalités religieuses n'étaient pas autonomes; elles étaient censées recevoir la règle : de Dieu même.

Dès, que les autonomies vinrent à s'établir, elles s'aperçurent : qu'elles avaient des intérêts différents ; et, elles donnèrent à la connaissance, illusoire ou réelle, de ces intérêts différents, le nom : d'Économie politique; connaissance, qu'elles s'empressèrent, d'autant plus, de décorer du nom de science; que, pas deux personnes n'étaient d'accord, sur la réalité : de cette prétendue science.

Ce que nous venons de dire : que, l'économie politique est la connaissance des intérêts relatifs à chaque nation, est assez généralement adopté par ceux qui se mettent le moins en o]iposition avec le s'-ns commun. Néanmoins , cette déhnilion est formellement contredite ])nr J. B. Say, généralement reconnu,

. (1) Voviv. noire I^cuiioiiiit' pul'J'ujuc, wuicc des recul., de, i.itUK v.

(35 i SClEiNCE SOCIALE.

aussi , et surtout en France; comme, le prince ; de l'économie politique.

— « L'économie politique, dit-il, regarde les inlérèls de quelque nation que ce soit, ou de la société en général. »

— Et , comme tant qu'il y a des xationalités , la société générale n'existe pas; et, que lorsqu'il n'y a plus de nationalités, Ja société générale est exclusivement basée sur le droit ; BASE, que l'économie politique répudie; il s'ensuit : que, d'après son prince lui-même , l'économie politique ne peut avoir d'existence : qu'à Charenton.

J. B. Say exclut même, de l'économie politique , la connaissance des intérêts particuliers à chaque nation. Selon lui , ces connaissances appartiennent à Y économie publiqiie ; économie, dont jamais, au grand jamais , il n'a dit un seul mot; si ce n'est : la phrase suivante :

— « L'économie publique, dit-il, embrasse les observations et les principes qui ont rapport acx intérêts d'une nation considérée en particulier, ET comme pouvant ÊTRE OPPOSÉS AUX INTÉRÊTS d'uNE AUTRE NA- TION. »

— Et comme, je le ré[)ète, J. B. Say n'a jamais dit un autre mot de Y économie publique; il s'ensuit :

Que , J. B. Say n'appartient point à l'économie publique ; puisqu'il n'en a jamais rien dit; et , qu'il n'appartient point à l'économie politique; puisque, cette prétendue science n'a jamais existé ; et, ne peut exister.

Vous voyez : que, les deux économies admettent les nationalités; et, comme aussi longtemps qu'il y a des nationalités, la force est le seul critérium possible des intérêts; il s'ensuit : que, la science des économistes est exclusivement : Yarf d'élre le pins fort, per fas et nefas. Ce qui, de nouveau, renvoie, à Charenton, toute autre existence possible d'économie : soit, politique; soit, publique.

Ces galimatias , ces embrouillaminis ont troublé la tète de Turgot, au point qu'ils lui ont fait dire :

— « Quiconque n'uiBLiE pas qu'il y a des Etat.s politiques séparés les uns des autres et constitués diversement, ne traitera jamais bien aucune question d'économie politique. »

— Et, comme depuis que le monde existe ; et, jusqu'à ce que les nationalités puissent être anéanties ; il y a toujours eu, et il y aura toujours : des États politiques séparés les uns des autres; et, constitués diversement; il faut en conclure : que^ la sentence de Turgot signifie :

— « Quicon(|ue n'ocBLiE pas d'examiner une question dans ce qu'elle EST, pour ne se souvenir que de i'examiuer dans ce qu'elle n'est pas, ne traitera jamais bien cette question. »

— Ce qui démontre, de nouveau : que, l'économie politique ne peut avoir d'existence : qu'à Cliarenton.

Une revue me reproche d'affirmer : que, jusqu'à présent, l'économie politique n'a été qu'une mystification. Il aurait mieux valu prouver : qu'à cet égard, mes preuves étaient mauvaises. Nier, n'est pas prouver.

L'économie politique, comme science, est tellement une mystification : que, de l'aveu de son prince, J. B. Say^ elle ne sait même pas : ce qu'elle est.

— «En économie politique, dit J.-B. Say, il ne s'agit pas d'apprendre CE QUI DEVAIT être, mais CE QUI est, »

— Et, cela réduit l'économie politique à n'être : qu'une statistique.

Ailleurs, le maître se repent, et dit :

— « Depuis que les rapports de l'individu avec le corps social et du corps social avec les individus et leurs intérêts réciproques ont été clairement établis, l'économie |)olilique , qui semblait n'avoir pour objet ijuc les biens matériels, s'est trouvée embrasser le système social tout en-

— Voilà, deux définitions contradictoires du même raaîlie; ce, qui prouve de nouveau : que, l'économie politique n'a d'existence possible : qu'à Cliarenlon.

— « Ce n'est pitint à I'econumie politique, dit M. Michel Chevalier, qu'il est réîCrvé de poser les questions sociales. »

(55(5 sciiiiNci': su(:iale.

— VoiJà , le successeur de J. B. Say, en contradiction avec son prédécesseur, dans la même chaire. C'est, toujours donner, à l'économie politique, la maison de Charenton : comme seule résidence possible.

— « L'économie politique moderne, dit aussi M. Micliel Clievalicr, doit adopter pour sa devise cetle pensée de Bacon : Que celui qui repousse

des REMÈDES NOUVEAUX s'aPPRÊTE A DES CALAMITÉS NOUVELLES. Je nC négli-

grrai aucun effort, croyez-le l)icn, pour m'y montrer fidèle. »

— Voilà, le professeur, en contradiction avec lui-même; et, de nouveau : rÉcoNOMiE politique envoyée à Ciiarenton.

Soyez i»ersuadés : que, le professeur sait, aussi bien que moi, qu'elle a besoin de la douche.

— « La science de l'économie politique, dit M. Villcneuve-Bargemont, suivant la logique du langage et de la pensée, a pour objet I'organisation ET LE GOUVEHNEMENT DE LA SOCIÉTÉ. C'cst SOUS ce rapport quc UOUS aVOHS pu dire qu'elle touche à toutes les sciences et même qu'ELLE les renferme TOUTES. »

— L'économie de l'humanité, sans aucun doute, renferme toutes les sciences. Mais, l'économie humanitaire peut seulement exister : quand, la science est devenue nécessaire. Auparavant, l'économie de chaque société (l'économie de la société générale étant alors impossible), consiste : à écraser la science réelle, alors, purement négative; pour faire triompher la fausse science, alors science positive. Devant, le soleil de la science : les nationalités; et, les fausses sc'ences qui s'y rapportent; s'évanouissent.

Voyons : la morale de la science économique!

— « La morale, dit J. B. Say, considère les actions sous un autre point de vue que l'économio politique. »

— C'est dii'o : que, réronùinie politique est la science des voleiu's. Qi]e voulez-vous dire à cela : quand, c'est le prince des économistes : qui vous raffirme?

Faut-il alors s'étonner: si, un i)ublicible, .>L Cranier de Cai^^agnac, a dit :

SCIENCK SOCIALK. (j5?

— « Il est vrai que la science dite économique n'osl jusqu'à inésenl, dans sa partie positive, qu'un grand tas de faits sans lien, et dans sa partie théorique qu'un grand fouillis d'idéologies plus ou moins creuses. N'ayant rien étudié sérieusement, elle ne sait rien positivement : ce qui paraît lui avoir été un motif de s'appeler science. »

— Et, cela s'appelle une science? Pitié!

— <( L'économie politique, au point où elle est parvenue, ressemble, dit M. Proudbon, à l'ontologie. Discourant des effets et des causes, elle lie s lit rien, n'explique rien, ne conclut rien. Ce que l'on a décoré du nom de lois économiques se réduit à quelques généraliu's triviales, auxquelles ou a cru donner un air de profondeur en les rovêlanl d'un stylo précieux et argot. Quant aux solutions que les économistes ont essayées des |>rol)lèmes sociaux, tout ce que l'on en peut dire est que si leurs élucubrations sortent parfois du niais , c'est pour tomber aussitôt dans l'absurde. Depuis vingt-cinq ans l'économie pofitique, comme un épais brouillard, pèse sur la France , arrêtant l'essor des esprits et comprimant la liberté. »

— « En parcourant, dit Rossi (peut-être le plus savant des économistes), en ])arcourant, dit-il, les écrits des hommes éminents dans la science, on aura peine à en trouver deux qui s'accordent sur la nature de ses limites. »

— Et, VOUS osez appeler cela une science? C'est donc, pour persitler vos contemporains!

Si, encore, on n'avait à reprocher, à l'économin politique, (jue d'être une sotte; on le lui pardonnerait; comme, on a pardonné : à l'astrologie; à l'alcbimie; et, à tant d'autres sottiso'^, ({ui ont régné sur leur-siècle. Mais, ce qui est inliniment moins pardonnable; c'est, que l'économie politique : en cherchant à justifier l'esclavage des masses; en aftirmant, que cet esclavage est inhérent à l'humanité; est essentiellement anarchique ; en présence, de l'incompressibilité de l'examen.

C'est, pour ces raisons ; et, pour mille autres encore : que, la science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :

Que, réconomie politique est la source des révolutions et des utopies prétendues socialistes; qu'en conséquence, elle doit être extirpée, comme parasite, du domaine de la science; et cela : sous peine de mort humanitaire.

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