INTRINSÈQUE DES ÊTRES
Promenade philosophique en Allemagne, Revue des DEUX mondes, octobre 1857.
— Si, M. Cousin avait été convaincu : que , la philosophie réelle a déjà une existence réelle; il n'aurait pas dit : qu'il y a; ou qu'iL peut Y AVOIR ; il aurait dit : elle existe.
J'ai exposé la philosophie réelle : j'ai exposé la science vraiment digne de ce nom ; la science qui n'atteint pas scîilement l'apparence, mais la réalité des choses; qui n'exprime pas seulement : les rkves MOBILES de l'imagination humaine ; mais, les caractères intrinsèques des êtres.
Est-ce que M. Cousin accédera à la science, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun ? Non. Parce que :
— « Leurs yeux, dit M. Guizot, ont pour ainsi dire la faculté de « s'ouvrir et de se fermer, selon leurs désirs. Ce qui est clair leur « paraît obscur; ce qui est prouvé devient incertain, ou même faux. « Ils vivent plongés dans leurs propres ténèbres; et , quand la lumière « essaye de pénétrer, elle leur est à la fois : insupportable et douteuse.»
— Voici, du reste, une sentence prononcée par M. Cousin, extraite du même article (octobre 18.)"}, prouvant : que, pour M. Cousin, la philosophie réelle, n'a pas encore d'existence réelle.
— « La religion et la philosophie, dit-il. sont deux ordres de pensées « essentiellement distinctes, qui v>nvi.i\E7ii depuis le commencement du « monde et qui différeront jusqu'à la fin destkmps. »
— Je dis : que, cette pentence est un aveu implicite : que , la philosophie réelle n'a pas encore d'existence réelle.
— En effet : dans cet article ; et, dans tou.s ses ouvrages , M. Cousin affirme : que, la religion est nécessaire à l'existence sociale.
Or, affirmer : que, la philosopliie actuelle, ou le raisonnement actuel, est antagoniste de la religion; proposition conduisant nécessaire-
664 >C.iF..\CE SOCIALE.
— (. Mais le peuple, continue la société ncfuelle, a sa philosophie, et pour ainsi dire une métaphysique naturelle qui sort dos suggestions spontanées de la conscience. »
— Ces suggestions spontanées delà conscience sont toujours, on époque d'ignorance, soufflées: par des prêtres; ou, par des philosophes; et, comme la société actuelle ne veut plus de prêtres dominants ; elle veut : que, ces suggestions soient soufflées : par des philosophes dominants. Alors, nous serions complètement : sous, le régime de la Chine.
— « Celte métapliysique-ià (celle des suggestions soufflées par l'éducation), celle mélaphysi(|ue-là, continue la société actuelle, est tout à la fois LE POINT DE DÉPART, LA RÈGLE ET LE JUGÉ de l'autre métaphysique. »
— J'ai (lit : que, la philosophie de la société actuelle est une. sottise : devant toujours être soumise : aux caprices de l'ignorance; aux décisions chaotiques et toujours ininterprétables des masses. D'après ce qui précède ; j'ai, peut-être, eu tort. J'aurais du dire : La philosophie de la société actuelle, est : Fart, d'abrutir les masses, AU PROFIT DES PHILOSOPHES.
Comme preuve de l'indispensabihté de cet art, la philoso- |ihie de la société actuelle vous enseigne : que,
— « L'honnête est essentiellement distinct de l'utile. »
— Ce qui signifie : que, l'honnêteté, la vertu, n'est pas toujours utile; n'est pas toujours raisonnable ; c'est, la négation : (lol.i sanction rehgieuse. C'est juste : puisque, philosophie rt relif/ion sont antagonistes.
ment : à ranarchie ; à la mort sociale; en présence de l'incompressibilité de l'examen; en présence de l'incompressibilité du raisonnement ; c'est, affirmer implicitement : que. In philosophie réelle, n'a pas kncore,
i>'EXISTKNCE RÉELLK.
Il n'y a pas de doute : qu'une philosophie, antagoniste de la religion, reconnue socialement nécessaire; n'est point la philosophie : qui, n'atteint pas seulement I'apparence ; mais, la réalité des choses; qui, )t'e.rprime pas seulement : les rercs mobiles de Vlmagination humaine ;
mais, LE CARACTÈRE I>TRINSJ:QIE DES KTRES.
Colins. Octobre 18j7.
Je m'arrête. Si, la société actuelle, voulait un plus lonii- conimen taire de sa philosophie; je suis prêt : à le lui donner.
La société actuelle ne veut pas : qu'on l'inquiète à rechercher : si, le raisonnement existe en réalité. Cette réalité, ditelle, se POSE ; et, n'a pas besoin de démonstration. C'est fier ; mais, c'est passablement impertinent.
Quant, à la réalité de l'âme ; lu société actuelle affirme : que, cette réalité n'est nullement nécessaire : à la réalité du raisonnement. Et cela doit être : quand, on veut faire raisonner : les bûches.
Quant, à la distinction : entre, le bon et le mauvais raisonnement; entre, la bonne et la mauvaise philosophie ; cette distinction, vous venez de le voir, est complètement inutile : puisque, toutes les sottises possibles énoncées par l'ignorance, suffisent :àla bonté du raisonnement; àlaboniédela philosophie.
Quant, aux périodes humanitaires; et, aux philosophiesqui s'y rapportent nécessairemeîit, la société actuelle affirme : que, ce sont là distinctions de pédants ; et, que les raisins sont trop verts.
Aussi :
Vouloir par le seul raisonnement ; et, avant que l'anarchie l'y ait forcée, sous peine de mort sociale ; convaincre la société actuelle : que, la philosophie, jusqu'à présent, n'a été : qu'un lissu, d'inepties et d'impertinences; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous, maintenant : pourquoi la science sociale, quoique rendue rationnellement incontesta l)le, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.
— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Basliat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, elle thouve la
PLACK PRISE. »