DÉPENDAKTE DES IDÉES RELIGIEUSES
— Ce qui est précisément le contraire, de ce que la science sociale établit : qu'il n'est qu'une seule raison, qui puisse justifier le dévouement, le sacrifice : la réalité du lien religieux.
Relativement, aux trois périodes humanitaires; il est évident : que, la morale pour la première période est basée sur une hypothèse, ayant pour sanction : une inquisition ; que, pour la seconde période, la morale, n'a aucune base possible; que, pour la troisième, la morale : est basée sur la science, inévitablement sanctionnée, par le lien religieux ; et, pratiquée socialement, d'une manière indestructible : pour tout le reste, de la durée humanitaire, sur le globe.
Mais allez le dire à la société actuelle : elle vous mettra dans un cabanon. Aussi :
Vouloir, par le seul raisonnement ; et, avant que l'anarchie ne l'y ait forcée sous peine de mort sociale; convaincre la société actuelle : que, l'existence de l'ordre, vie sociale, n'a de jjase possible : que le lien religieux ; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez- vous maintenant : pourquoi, la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, (]ue pour raisonner juste , il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.
— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de i)aix et d'union se présente, dit
Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, elle trouve la
PLACE PRISE
— Et, pour ceux, chez lesquels la place est prise.
— «Leurs yeux, dit M. Guizot, ont pour ainsi dire la faculté de s'ouvrir et de se fermer selon leurs désirs. Ce qui est clair leur paraît réellement obscur; ce qui est prouvé devient incertain ou même faux. Ils vivent plongés dans leurs propres ténèbres , et quand la lumière essaye de pénétrer, elle leur est à la fois insupportable et douteuse. »
— Ces deux passages sont admirables. 11 n'y a pas de démonslralion d'erreur, qui n'en offre des milliers d'applications. Je l'ai déjà dit mille fois : l'anarchie seule peut abaisser les cataractes de l'ignorance sociale. Jusque-là, toutes les démonslralions possibles sont inutiles. Mais, il est du devoir, de celui qui Jes possède, de les présenter au public. Je remplis ce devoir. Le reste : ne me regarde pas.
En présence des regrets que peuvent causer : et, l'entêtement de l'ignorance ; et, les difficultés de lui abaisser les cataractes intellectuelles; voici, néanmoins des paroles consolantes :
— « Le sort commun de toute vérité nouvelle qui surgit est d'effrayer au lieu de séduire, de blesser au lieu de convaincre. C'est qu'elle s'élance avec d'autant plus de force qu'elle a été plus longtemps comprimée; c'est (|u'ayant des obstacles à vaincre, il faut qu'elle lutte et qu'elle renverse, jusqu'à ce que, comi)rise et adoptée par la généralité, elle devienne la
BASE d'un nouvel ORDRE SOCIAL. »
(Louis-Napoléon Bonaparte.)