BALE
— C'est aussi matérialiste que possible.
— « Il y a des Corps, continue le professeur, qui ne sont ni vivants ni inorganiques. L^ceuf est dans ce cas. C'est qu'il y a vie latente et vie patente. L'œuf est un amas de matière susceptible, dans certaiqes circonstances , de développer la vie.
a Selon quelques philosopbes, la vie est un principe; selon d'autres , c'est une collection de phénomènes. L'opinion des premiers vient de ce qu'ils croient la matière inerte. C'est l'opinion des animistes. Mais celte opinion est une hypothèse , et la science doit se débarrasser des hypo* thèses. »
•^- 11 paraît : que , selon M. le professeur , l'entrée de l'individualité spéciale, dans l'individualité générale, n'est point une hypothèque; mais, une vérité démontrée. Est-ce clair ?
SGIBNCE SOCUtE. 73
— « La ^ie, contimie le professenr, doit être considérée comme un ré« ndtat matérieL Tout principe vital est une entité.
«Dans la léthargie, la vie est suspendue; c*est comme une pendule arrêtée. D suffit de mettre on de remettre le balancier en mouvement. »
(BÉaAftD, 7atr<M840.)
— cr La science physiologique fait trouver des rapports qai ne se découvrent point immédiatement par Fanatomie.
« Je ne vois point , par l'anatomie , le rapport entre le cerveau et la pensée , entre le muscle et le mouvement, entre le foie et la bile, entre les testicules et les animalcules spermatiques ; et cependant ces rapports existent» La physiologie découvre ces rapports. »
(BÉiiARD,7amH840.)
— C*est une traduction de Cabanis : le cerveau , sécrète la pensée ; comme le foie sécrète la bile. C'est rÉyangile du matériaUsme.
*— « Une fonction est une série d'actes qui se passent dans les corps y et qui se fait par un appareil.
« Le cerveau est Tappareil de la fonction de sensation. Le cerveau juge des actions. »
(Bébabd, UavriliS^.)
— Encore une fois, est-ce clair? Ce n'est point l'âme qui juge les actions; c'est le cerveau. L'âme est l'expression figurée ; le cerveau est l'expression propre.
— « n y 1^ des fonctions ponr la vie psychologique et des fonctions peur la vie physiologique, »
(JouFFBOT, 26 décembre 1837.)
— Nous avons vu, dans le passage cité de Laplat;e : que y la psychologie est une continuation de la physiologie .
« On avait proposé d'établir cette chaire sous le nom de pédologie
compara. Mais on lui a donné le nom de physiologie comparée parce que hpsyctMogie n'est gtt'imE bbahche de la physiologie, d
(Floubems, Discours d^ouverture, 15 octobre 1839.)
74 SCnSNCE SOCIALE.
— C'est aussi claîp, chez M. Flourens, que chez M. Bérard.
— a Les dbctnnts àvk paaëiéisme sont généralement établies, en Allemagne , par les hommes les pins éelairés. »
(IsiDoiB Gboffbot SAiKT-HiLAïKBf 5 <i^c«m6rei837. )
— C'est aussi clair : chez M. Isidore Geoffroy Saiatr Hilaire ; que, chez MM. Bérard et Flourens.
— (( Pour nous , il n'y a pas de limites entre les minéraux et les végétaax, ni entre les Tégétaux et les animaux, v
( MiEBEL, 9 avril 1836. )
— Continuation de clarté : il n'y a pas de coupe absolue : entre l'homme ; et^ le singe.
— « Les générations spontanées , ou mieux , les organisations spontanées, exitlent.
« Si on distille des eaux chargées d*liuiles essentielles, et que Ton mette ces eaux à Tabri de tout corps étranger, il y a organisation.
a D*abord^ un mucilnge paraissant inorganique ;
«Ensuite^ avec le contact de la lumière, des globules remplit d*ui fUnàe incolore, si on les soustrait au bout d*un certain temps au contact de la lumière, et des globules organiques coloriés dans le cas contraire.
« Bientôt ces globules s'arrangent en chapelets^ ou s'allongent et a*a|^ glomèrenl de manière à former des membranes. '
tt Lindividu organique est très-difficile à distinguer de rindiyidu inorganique. Il est même impossible à nos sens d*apercevoir le passage de 1*1111 à Tautrc. Ce passage est-il dans le mucilage? est-il dans le globule? Nous l'ignorons. C'est seulement lorsque Torganisation est déjà aranpée que nous pouvons reconnaître l'individu.
« Les globules déjà en chapelets prennent le nom de ceUules.
« La multipli cation âe$ globules, qui dans des oireonstances favorable» de lumière ou autres en produisent d'autres, est la première génération. Là est pour nous le point de départ du mot vie,
a Le mol vie n'exprime q^'tm mode d'attraction. »
— Cette définition est la meilleure qm jamais ait
SCIEfl€E SOCIALE. 75
été donnée^ êtes tn« particulières. La vie générale, c'est la matière; y a-t-il autre chose que matière? Question.
— « Les premières collections d'individus perceptibles, continue le proiesseiir , 8ont les mlgutes, qui se divisent en amfêtves et characëês, mDmÊa le»prtfliîèret, ii y a des cellules spéciales pow U reproduction.
• La spécialité des cellules augmente fait à fait que l'on avance ^ans FergM}i2»«noi» , ou que l'erganisalien devient p^us composée;
« Déjà , dMis u» genre de conferves, il y a rapport à ce que nous nom- ■M>ns AHULàL. Déjà il y a conjonction et union de glebmles fimnaot un ensemble reproductif.
• Dans les cbaras, on trouve déjà un mouvement circulatoire apparent dans les globule:^. Là les moyens de reproduction sont déjà localisés.
« Bnlre les algues et les champignons, il n'y a aueune transition mariée , pas plus qu'entre la matière inorganique et la matière organique.
« Dans les champignons, il y a déjà analogie avec ce que nous appeléns organisation animale. Les plaies des champignons se guérissent d'une ■nnière analogue anx plaies des animaux; et comme les animaux, les •kampignons sont souvent phosphorescents.
« Le développement des granules organiques est d^une rapidité presque MKTDjabie. En une seule nuit il se développe, d'une seule granule de lyfvperdoA, quarante-sept millions de cellules , ayant le volume d'une citrouille. 9
( Ds IvsHBu , 8 awil 1836.)
— Remarquez: que, tout cela est admirabledescienee; €t, complètement incontes tabla, si ce n'est par l'ignorance. Ce n'est donc point la science qu'il faut faire reculer; ce qu'il faut : c'est la faire avancer au contraire, en «'appuyant sur elle pour démontrer : que, la série n'est point continue ; mais, qu'elle est brisée, d'une manière iBsoLiE : entre l'homme composé d'une individualité immatérielle, plus d'un organisme ; et que le reste de la série est exclusivement matériel. C'est, ce que nous démontrerons scientifiquement ; c'est-à-dire d'une manière rationnellement incontestable. Nous ferons même,
ce qui paraîtra plus pour les ignorants ; nous rendrons i
la preuve facilement expérimentale.
— « Dans le Tégéta] comme dansTanimal, c'est Télémeot iDorganique modifié.
« Les organisations spontanées sont incontestables.
« A la vérité j la sensibilité semble être une séparation entre les végétaux et les animaux. Les végétaux , dirons-nous en tbéorie, n*ont ni nerb ni cerveaux. Mais il y a des êtres qui n*ont ni nerfs ni cerveaux , et que nous nommons animaux. Or, dès que nous les nommons animaux j ila
DOlVIlfT irai 6BKS1BLB6. »
— Ils DOIVENT, est très-joli! Toujours l'analc^e, donnée pour l'identité ; toujours l'apparence , donnée pour la réalité.
— a Le polype , continue le professeur, qui nVst qu'une gelée, qui ii*a ni nerfs ni cerveau , est donc sensible, b
— Comment trouvez-vous la conclusion ? La conclusion anti-galiléenne était moins déraisonnable. Et voilà, cependant, la base du matérialisme !
— « En effet , continue le professeur, il saisit sa proie et ne prend plus quand il est repu. Dès lors, t( a connaissance d€ soi, si la sensibi- LiTÉ EST LA CONNAISSANCE DE SOI. Mais los végétaux douneut aussi des marques de sensibilité. Quelle différence y a-t-il donc entre les végétaux et les animaux? »
— Aucune, sans aucun doute. Mais, où finit la zoologie pure ; et où commence l'humanité : si l'humanité, proprement dite, existe ?
— - « Sera-ce l'intelligence? continue le professeur. Les cbiens se décident entre deux partis à prendre. Certainekbnt il y a là intelligence. »
— Toujours pétition de principe ; toujours donner
comme démontré, ce qui est en question. C'est là, le {«încipal sophisme de l'ignorance.
— « Et il y a mille cas , contiDue le professeur , où un aDÎmal se décide pour un parti ou pour un autre. Certes , ily a là skutihezit d'exismici iT GOicifAissAifCi. Mats nous passons par gradations insensibles de tliomme à la sensiiive. Il est donc impossible de décider où est l'être qui se amnattj Vêtre qui ne se connait pas; où est V animal, où est le végâal.m
— Tant que la série n'est point brisée d'une manière ABSOLUE, c'est aussi vrai que deux et deux font quatre. Mais, il en résulte : que, vous ne savez pas si un chien est un homme ; ni, si un chou est un homme. Basez donc l'ordre social sur une pareille science !!
— « Dans les végélauz comme dans les animaux , continue le profesfesseur , il y a des œufs , et les œufs ne sont que le résultat de la matière natritifc. D^ailleurs, plusieurs plantes se reproduisenl par fragments, et des animaux se reproduisent de même.
« La classe des végétaux {car il faut rejeter le mot régne) est donc «ne dÎTision indéterminément établie dans la nature , et il en est de même de ta classe animale. Nous marchons par gradations insensibles, depuis L*trRX LB PLUS INORGANIQUE JUSQu'A l' HOMME, SUPRÊME INTELLI- GENCE, m
( MiRBEL , 9 avril 1856.)
— Vous venez de lire cette citation. Vis-à-vis de la prétendue science actuelle, elle est aussi incontestable qu'il est possible de Têtre. Eh bien ! vous trouvez des hommes d'État qui vous disent sérieusement : que, la science n'est point matérialiste. S'ils osaient, ils vous feraient mettre au cachot pour avoir affirmé que deux et deux font quatre , que dis-je , s'ils osaient ? Us l'ont osé, j'en aï l'exjférience.
78 SCI£KGS SOCIALE.
— a Trois règnes ont été établis ; minéral, Tégélat , animal. Il uy » que deux règnes : Forganiqoe et Tinorganique. Et encore ne sont-iU point réellement séparés, puisque les g énératioits spontanées sont înoontottiiMes. •
(Bèraed, 7avriM838.]
— tt II y a unité de composition organique , c'est-à-dire , unité de vie relatitement i la matière. La natttre est essentiellement vvb. »
(Gboffrot SAiNT-fiiLAiRE , 9 novembre 1836.)
— ^Est-ce clair ? II n'y a pas deux natures : l'une matérielle ; l'autre immatérielle : la nature est essentielle^ ment cne.
-— « L'éponge est au dernier degré de l'échelle animale.
M L*animalité se constitue d'organes, et les organes de tissus,
<c Les organes se compliquent à mesure que Tanimalité progresse.
« Les premiers animaux sont d'abord fixés au sol, et la sensibilité
AUGHERTE GRADUELLEMENT JUSQD'a l' HOMME.
a En fractionnant, en coupant Péponge, on donne naissance à de nouveaux sujets.
a Ghex Tespèce humaine^ et longtemps auparavant, il faut deux individus réunis.
a Chez l'homme , le cerveau est au maximum , et le cerveau disparaît en avançant vers l'éponge, bien avant d'y arriver.
« Ainsi, entre l'homme et l'éponge, il y a une série graduellement dé' croissante; et cette série d'êtres agit d'une maniéi'e déteehinée pae l'oe- GAKiSATioN. C'ost cc que Linnéc a établi et nommé ordo progressivus andmalium. »
— Et Linnée a placé le premier des singes, dans le genre homme.
— « JLa série anxfMLlie, continue le professeur^ tommew:e essenlieUe^ ment à l'homme et se termine à l'éponge, »
— Ainsi une seule et même nature : entre Thomme et l'éponge !1
— « Les animaux , continue le professeur, voient, goûtent, sektbvt comme nous.
scnsvcs socuL£. 79
« La sentibinte , covwmb aux animaux , est ce ^ui doone à ranimai otnreciEiiCB des corps extérieurs, a La «amÉacTB bat xelatite au ststàve nerveux, »
— Est-ce clair?
*— a Le cerveau , centre nerveux , continue le professeur , est chez les vartébrés YappareU de VinteUigence,
« Chez rhomme, et plusieurs vertébrés^ Téducation et Tinstruction sont les rapports nécessaires des parents aux produits. Dans le bas de Téchelle y les produits sont abandonnés à eux-mêmes. »
(Blainvillx, 9 avril 1806.)
— « L^omithorhjnque est le passage entre les mammifères et les oiseaux. »
(Blaimtille , 12 avril 1856. )
— « La sensibilité existe dans le cerveau et les nerfs*
c On nous ne voyons pas de cerveau et de nerfs , nous appelons la sei^
SibièUé ttEHABlLITÉ.
« Dans les polypes , les nerfs ne s'aperçoivent plus, ei néanmoins nous
disons que les polypes sont sensibles et irritable8« « La différence entre les animaux et les végétaux consiste donc : a D'une part, dansia présence apparente de nerfs faisant supposer de
la sensibilité.
, — Supposer est très-joli 1 Et ces messieurs disent : qu'ils ne veulent plus d'hypothèse !
— « D^une autre , continue le .professeur , dans l'absence apparente de ncrù faisant supposer qu'il n'y a pas de sensibilité , laissant indéterminés les êtres où il y a mouvements apparents, sans apparence de nerfs.
a Relativement aux nerfs, nous ne voyons de centres nerveux complets, de système cérébral, que dans les mammifères, les oiseaux et les reptiles. Ce n'est que là oii nous voyons une volonté de l'être parfaitement mar* quée. Ailleurs, il n'y a que le système ganglionnaire où il n'y a pas plus -^ volonté que dans la circolotion du sang. »
— Ces messieurs ne sont pas d'accord à cet égard. Nous verroJis plus loin : que, selon quelques-uns, l'inteUigence s'étend jusqu^aux mollusques, dont l'huître
fait partie. Chez d'autres, rintelligence va jusqu^au cristal. Logiquement, rintelligence aloi^s devrait aller jusqu'aux forces.
— « L'irritabilité , conliime le professeur, ne renfenne donc point U volonté. Celle-ci est exclusive à un centre commun j à un système cerébraL
a Où il n^j a pas de système cérébral , l'indiTidu se sépare en plusieurs morceaux.
« Mais on passe par degrés insensibles du système nerveux au système cérébral.
« Déjà chez les reptiles , où il y a substance 'cérébrale ^ des parties du corps se reproduisent en totalité.
a Chez les xoophytes, il n'y a plus de système nerveux.
« Et si maintenaut il nous es\ demandé si les zoophytes ont le sentiment de leur existence, que dirons-nous, puisque nous avons aiïïrmé qu*il n'y a de volonté que là où il y a système cérébral?
« Nous répondrons que nous sommes obligé de croire qu'ils ont le sentiment de l'existence. Nous ne pouvons le croire cependant que par l'analogie de leurs mouvements avec les nôtres. Si nous disons qu'il y a sensibilité chez les zoophytes y c'est par ce qu'tï y a une chaine hon iNTERRCHPUB depxUs le goophyte jusqu'à rHomiB , et que nous ne savohs
ou NOUS ARBÈTER. »
— Nous prions nos lecteurs : d'étudier, longtemps, cette phrase de M. de Mirbel ; elle est l'expression exacte de l'état de la science. Et, ces messieurs reprochent la foiy reprochent de croire aux partisans des révélations I La foi irréligieuse est aussi crédule que la foi religieuse. Au moins la seconde a pu être base d'ordre. La foi irréligieuse ne le sera jamais.
— « Si nous refusons , continue le professeur , le sentiment de i'exis* tence ou la sensibilité aux plantes , et surtout à la sensitive , c'est une