‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 22 sur 79 · OBIGDIE BB LA FRATERNITE · texte numérisé non relu

OBIGDIE BB LA FRATERNITE

« Le despotisme est on attentat à U firaterniié Inutiame. » FuriLOft.

Au propre, des frères sont relatifs à une même famille physiologique. Des frères sont les enfants d'un même père, ovt d'une même mère, au premi^ degré. Au propre, tous les hommes ne sont point des frères.

Au figuré, la fraternité se rapporte à l'espèce.

Mais, à quoi se rapporte l'espèce?

L'état de la science déclare : que, les espèces, comme les règnes, n'ont point de séparation absolue.

Dans Tétat de la science, il n'y a donc point de fraternité possible.

En fait, il ne peut exister qu'une seule espèce réelle, une seule espèce absolue : celle relative au sentiment de l'eidstenee ; si, ce sentiment est lui-même absolu.

Le chien a-t-il le sentiment de l'existence ? Le chien a-t-il la sensibilité ?

Dans ce cas, Thomme est le frère du chien.

Si, comme le prétend la science actuelle, les espèces comme les règnes, sont des coupes arbitraires, établies pour faciliter l'étude des êtres ; si, toutes les

prétendues espèces appartiennent à une série continue, nulle part tranchée d'une manière absolue ; si même, toutes les espèces ne font que dériver de la matière ; tous les êtres sont frères : comme fils d'une même mère.

La fraternité, sans aucun doute, est l'expression de ce que les philosophes ont nommé : Droit naturel. Avoir part aux mêmes droits, c'est être frères. Cette fraternité, entre tout ce qui sent^ est passée jusqu'au sein des lois. En voici la preuve dans le passage suivant de Justinien :

— a Jus naturale esl quod natura omnia animalia docuit. Nam jas ûtud non homani generis proprium est , sed omnium animalium qux in cœlo, quK in terra, quœ in mari nascuntur. » *' -

{Institut,, \ih.l, m. Il)

— Telle est la fraternité philosophique.

Et, en effet, il ne peut exister, entre les hommes, de fraternité extra-organique, extra-matérielle : que, s'il y a, chez l'homme , quelque chose d'extra-organique, d'extra-matériel ; et alors, la fraternité s'étendrait à tous les êtres qui renfermeraient en eux, quelque chose d'extra-organique , d'extra-matériel ; quelque chose de sentant : quelles que fussent d'ailleurs leurs différences de forme ; leur délimitation matérielle.

En se servant de l'expression fraternité humaine, Fénelon n'a pas réfléchi : que les strictes conséquences de cette même expression ^ conduisent au matérialisme. Tout le dix-huitième siècle, et le nôtre, abondent de locutions pareilles. Nos philosophes et même nos théo-

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logiens parlent : de pensée humaine ; de liberté humafne ; de moralité humaine; deHBociété humaine ; de travail humain; de droit humain. Ces manières de s'exprimer sont aussi matérijalistes, que sont anthropomorphiques, et par conséquent idolâtres, les expressions :' intelligence, sagesse, bonté, miséricordes divines.

En disant ensuite : que, le despotisme est un attentat à la fraternité humaine, Fénelon faisait une phrase pompeuse ; mais, il prouvait en même temps : qu'il n'avait aucune idée précise : ni du despotisme, ni de la fraternité. Défendre l'examen de la rationalité de la règle, en imposant le joug de la foi, est le despotisme par excellence. Fénelon ignorait : qu'à l'origine de toute humanité, le despotisme est nécessaire à l'existence de l'espèce ; et, par conséquent, à l'existence de la fraternité.

Lorsque Fénelon s'écriait : « 0 raison ! raison ! n'estu pas le Dieu que je cherche? » (1) il était plus près de la vérité.

(1) De fexistence de JHeu, i^* partie, g 60.

OaiGIHE DU DESP<m$ME AVAJfT LA NAISSAHGE DE LA PBESfiE.

Pertttto icnn, omioo C«n, deb scafa;

Ma il tao discorso a schiaviiù ci mena :

Pin poter che si ha in man, più se n* abusa,

Se legittimo tîhooIo non frena

B capriccio dispotico, che pooge

Gr indocili regnanti; e il Can sogglimge :

Scosa ta, Gavai mio ; sei troppo mnbroio, E temiovenon son mali e perigli; Credi prence assoluto nn mostro esoso, £ aUa volgar prevenzion t' appigU :

Logico nsar ragionamento astratto Teco in non to', vo' ti continca il fatto.

Sa ognnn di noi, qnanto la specie nmana Sensatamente opra, ragiona, e pensa :

V illimitata autorità soyrana Pnr ella è sempre a sostener propensa; E il poter assolato ed arbitrario Util non crede sol, ma necessario.

LVU.

Senza di cio quel bipède animale Pien6 di ranità, gonfio d* orgoglio Potria ripor sua gloria principale In mantener i despoti sul soglio?

E in preferir V utile lor privato Al pubbllco interesse/al ben di stato?

Non Tedi tu con quanto ardor, con qaanta Ostinatezza scannansi a vicenda.

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Acci6 più forte ognor la sacrosanta AatoriU dUpoUca si renda?

Kon vedi corne ciaschedan s' onora Dél nobU giogo, e il dlspotUmo adora ?

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