‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 23 sur 79 · LDC · texte numérisé non relu

LDC

Se libère in te Tolgi id^ secrète,

O mnoyi dobbio sol contro di qaello,

Tarbator della pabblicca quiète.

Ta sd chiamato, e al tao sorran mbello,

Credi che Taoïn cosi operar Tolesse,

Se ragion grandi e forti ei non atesse?

Onde SQ ptmto tal, Cavallo nio, Gli scropoU deponi, e i timor* tooi.

Dispotismo ti vnol, to lo dich* io, Sa di me riposartene ta paoi; Qnando è il génère nman di taie afviso» C4ro Caval , questo è nn aiTaj dedso.

CASTr, GU aninuUi parlanii, canto 1^.

« ik, cet égard, ami Chien, excnse-moi , je t'en prie, excuse-moi. Mais, ta manière de voir nous oondait droit à Tesclatage. Pins on a de pouToir, plus on en abuse ; si des liens légitimes ne sont un frein aux caprices despotiques des goata^ nants.»

Et le chien répondit :

N Toi-même , cher Cheval , excnse-moi. Ta es réellement trop ombrageux; et ta crains, là, oà aucun péril n'existe. Tu t'imagines qu'un prince absolu e»i un monstre odieux. En cela, tu te soumets à des prérentions vulgaires. Avee toi, je n'userai point de raisonnement abstrait. C'est an fait l^ul que j'en appellerai pour te conTalncre.

« 11 n'est aucun de nous qui ne sache : combien l'espèce humaine pense, raisonne, agit sensément. Eh bien! celle-ci est toujours portée à soutenir l'autorité illimitée du souverain. Bt, le pouvoir absolu , le pouvoir arbitraire : non-seulement elle le considère comme utile; mais encore, elle le considère comme néceuaire,

<* S'il n'en était ainsi, est-ce que cet animal bipède, si plein de vanité, si gonflé d'orgueil, placerait sa principale gloire à maintenir les despotes sur le trône ? à préférer l'intérêt de ceux-ci à leur propit intérêt, h l'intérêt de l'État ?

« ^e ToU-ta pas avec qnelle «rdear, iTee qadle obsUnatioo même, ils s^égorgeot à l'enTÎ : afin qne Tautorité, sainte et sacrée du despotisme, devienne de plus forte en plas forte. Ne Toi»-tu pas combien chacun s*honore de porter le noble jong et adore Ib despotisme ?

« Si, chez Tua d*enx, une idée de liberté se

présente à Tesprît ; si même, il ose mettre tn doute

la justice du despotisme ; aussitôt, la voix pnbli-

« que le traite : de rebelle au souteAÎn ; de pertnr*

bateur de la paix publique. Est-ce qne rhoonie agirait ainsi , sMl n*avah, à cet égard, les raisons ^ plus fories et les plus réelles?

•• Ainsi donc, cher Cheval, repousse, à cet égirâ, tout scrupule et toute crainte. Tons, je te le répète, tous, nous voulons le despotisme. Quand, sur ce point, le genre hunmin a donné son avis, c'est là, cher Cheval , une affaire décidée. »

Câsti , les Animaux parlants, chant 1'*^, ' stances LIY à LX.

Toute législation repose exclusivement sur une sano tion.

Toute sanction est relative : soit à cette vie ; soit à une vie future.

Toute sanction, relative à celte vie, repose exclusivement: sur le bourreau.

L'expérience et le raisonnement sont d'accord pour démontrer : que, toute sanctipn, exclusiveoient relative au bourreau, est incapable de servir de base à l'existence de Tordre.

Ainsi donc que le dit Jean-Jacques : tous les pères des nations doivent, et nécessairement, recourir à Tintervention du ciel pour donner des lois. Nous dirions même, comme Rousseau, qu'ils doivent honorer les dieux de leur propre sagesse ; si, cette phrase^ dans la bouche de l'auteur de la profession de foi du vicaire

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savoyard, idolâtre aûthropomorphiste , autant que chrétien puisse Têtre, n'était à la fois : et irrationnelle Tis-à-vis du philosophe réel; et impie vis-àrvis du croyant.

Mais, ce n'est pas seulement pour faire intervenir le ciel, quand il lui est impossible d'employer soit la force soit le raisonnement, que le législateur, ainsi que le dit Rousseau, doit attribuer aux dieux la règle qu'il prétend faire accepter ; c'est, surtout, pour établir : que, la base de la sensibilité, l'âme, est immortelle, par privilège^ ne pouvant prouver qu'elle l'est par essence; et, qu'il existe un lien, entre le bien-être ou le mal-être de chacun dans une vie future : selon que les actions seront ou ne seront pas conformes avec la règle, toujours formulée et acceptée par tin raisonnement quelconque.

Aussi, du besoin de sanction relative à une vie future, tout législateur, avant que la presse vienne briser le joug de la foi, établit nécessairement :

!• Un Dieu révélateur : et, par conséquent, anthropomorphe ;

2"" Une révélation donnant une règle ;

3^ L'immatériaUté de l'âme ;

4® Le lien des actions de cette vie, avec le bien-être ou le mal-être dans une vie future : selon la conformité ou la non-conformité des actions avec la règle.

Nous savons : qu'il a été reproché, à la révélation juive, de n'être basée que sur le matérialisme. Peutêtre, les conjurations de Samuel contredisent cette assertion. Si, néanmoins, le matérialisme judaïque

était démontré, nous serions porté à croire : que, le mépris de tous les peuples pour la nation hébraïque, aurait eu pour cause : cette exception à la règle générale.

L'âme de l'homme, ou la base de la sensibilité humaine, une fois déclarée immortelle par privilégey à une époque où il est impossible de refuser la sensibilité à toute la série dite animale ; rétablissement d'une divinité anthropomorphe créatrice et révélatrice de la règle, nécessitaient^ au profit du législateur, in« venteur de la révélation ; au profit de ses ^coadjuteurs et de ses successeurs :

l"" Le monopole de l'éducation : afin d'établir, pour ainsi dire organiquement, les dogmes anthropomorphiques, qui, seuls alors^ pouvaient servir de base à l'existence de l'ordre ;

2'' Le monopole de l'instruction : afin, que l'examen ne pût détruire, ce que l'éducation avait déjà établi.

Nous disons : nécessitaient ces deux monopoles conati tuant le despotisme : parce qu'en dehors du monopole des développements de l'instruction, ceux qui auraient reçu l'éducation religieuse, et se trouveraient soit par leur intelligence, soit par des circonstances quelconques à même d'examiner, deviendraient par le seul fait de l'examen, matérialistes, athées ; et, pourraient ensuite communiquer au peuple, le résultat de leur examen : ce qui renverserait, promptement, les bases de l'ordre. Même, sous le joug des deux m<mopoles, les intelligences supérieures devaient parvenir à se wustraire aux langes de la foi ; et alors, le collège des prêtres, dépositaire et protecteur des dogmes

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anthropomorphiques, bases de Tordre, était obligé : ou démettre à mort les raisonneurs, les athées; ou, de 86 les incorporer : alternatives qui, toutes les deux, n'étaient point sans inconvénients. L'bistoire confirme ce que nous avançons.

Nous venons de prononcer le mot athée. 11 est essentiel d'y attacher un sens précis, un sens absolu. Nous croyons : que, jusqu'à présent, cela n'a jamais existé.

Athée signifie sans Dieu.

Pour que le mot athée ait jamais eu un sens précis, un sens absolu, il faut que le mot Dieu ait lui-même été déterminé d'une manière absolue^

De deux choses l'une : ou le mot Dieu, jusqu'ici, a signifié une divinité anthropomorphe, signification on ne peut plus relative ; ou bien il a eu une signification absolue.

Jusqu'à présent, et personne ne le contestera, le mot Dieu, depuis le fétichisme jusques et y compris le christianisme, a toujours eu une valeur relative, une valeur anthropomorphiste. Or, loin d'être précise visà-vis de la raison, cette valeur est non seulement re* lative, mais encore irrationnelle.

Vis-à'-vis de ceux, qui, soumis à la raison, se sont trouvés en dehors du joug de la foi, le mot athée a donc toujours été un mot vide de sens précis, au point de vue absolu. Quant au point de vue relatif ou anthropomorphe, il n'est pas étonnant que tous ceux qui, par la force de leur intelligence ou celle des circonstances, ont été soustraits au{méme joug, soient devenus :

ce que les anthropomorphes ont nommé athées. Cette expression, dans la bouche des chrétiens, signifie effectivemcAt: sans Dieu . Mais, dans la pensée des antianthropomorphes elle signifie seulement : Nous ne tenons point votre Dieu pour le Dieu véritable. Les chrétiens se sont-ils jamais crus athées : parce que les Romains leur reprochaient : de ne point croire à la divinité de Jupiter?

Avant de parler de Dieu, l'expression religion^ dont la base est l'immatérialité^du sentiment de Texistence, devrait être précisée, et sa valeur démontrée. Car, à quoi peut servir Dieu, considéré comme base d'ordre social, si, la matérialité de l'âme rend impossible : tout lien religieux ? A moins, cependant : que, ainsi qu'on le reproche aux juifs, on ne fasse une divinité tellement anthropomorphe, qu'elle soit obligée de borner sa sanction à la vie actuelle : ce que l'expérience la plus vulgaire démontre être une sanction impuissante : parce qu'elle est hypothétique et illusoire.

11 est vrai : [que, l'existence de l'ordre, vie sociale, a besoin d'un Dieu relatif, pour établir l'immatérialité de l'âme, aussi longtemps que la science ne peut, elle-même, démontrer cette immatérialité. Mais, ce besoin ne peut ainsi être satisfait utilement : que, pour autant que l'examen peut être comprimé. Quand la presse vient le rendre, incompressible : l'anthropomorphisme tomibe ; par conséquent, l'immatérialité de l'âme ; par conséquent, tout lien religieux ; par conquent, l'ordre social ; et, l'anarchie persiste : jusqu'à ce que la science vienne étaWir un ordre, que, relati-

Tement à notre globe, et figurément parlant, il serait permis de nommer : étemel.

Si, d'une part, l'expression religion : nonnseulement signifiait le lien des actions de vies passées avec le bien-être ou le mal-étre dans cette vie, selon que les actions des vies passées auraient été, oui ou non conformes au raisonnement, à la conscience de celui qui agissait ; msds , signifiait encore : la même relation, entre les actions de cette vie, et le bien-être ou le malêtre des vies futures ;

Si, d'une autre part, l'expression Dieu représentait : la sanction de ces mêmes actions, considérée comme éternellement harmonique avec la liberté^ par conséquent, comme inévitable^ nécessaire^ fatale;

Si enfin, le lien des actions des vies passées avec le bien-être ou le mal-être dans cette vie ; et, le lien des actions de cette vie avec le bien-être ou le mal-être des vies futures; ainsi que Dieu^ sanction étemelle^ se trouvaient INCONTESTABLEMENT DÉMONTRÉS ; il y aurait, alors : impossibilité rationnelle qu'il existât un seul athée, non privé de raison, devant cette valeur absolue de Texpression Dieu.

Et, ce que nous venons de poser, comme des hypothèses, doit se trouver réalisé ; ou, la presse doit périr, pour que l'examen puisse être comprimé ; ou, notre humanité doit bientôt se trouver : anéantie.

Quant au matérialisme, il est, nous le répéterons mille fois : la suite inévitable des développements de Tintelligence, dès que, par la naissance de la presse, Tintelligence se trouve placée en dehors du joug de la

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foi. Alors le matérialisme devient, de plus en pltis, apparemment rationnel : jusqu'à Tépoque où la série des êtres, crue continue, vienne à se trouver absolument tranchée, d'une manière rationnellement incontestable. Dès ce moment, il devient impossible de trouver des matérialistes, des athées : excepté aux Petites-Maisons.

Revenons au despotisme : considéré comme ayant son origine dans la nécessité d'établir une révélation, par conséquent le monopole des développement de l'intelligence ; et aux révélations : considérées comme nécessaires à l'existence de l'ordre, pendant toute l'époque d'ignorance primitive.

Quelques personnes objecteront peut-être ; qu'il n'y a point identité entre inventeur de révélation et législateur; que, beaucoup [de législateurs ont trouvé les dogmes nécessaires à l'existence de l'ordre, le lien des actions avec une autre vie, ainsi que la sanction, conformément à la règle, déjà établis; et que c'est, sur ces bases, qu'ils ont fait reposer leur législation.

Nous répondrons : que, 'de pareils législateurs ne méritent pas plus ce nom ; que, ne le mériterait tout organisateur d'un octroi municipal, s'appuyant sur une charte non encore renversée. Ainsi que le dit Rousseau : tout législateur est un père de nation ; et, nos corps de législateurs, où se font des chartes, ne sont pères de rien ; ou, ne le sont que de désordres. Toute législation véritable est basée sur une sanction : que, le secret ni la force ne peuvent éviter ; sur une sanction religieuse : toute autre législation, exclusivement basée sur le bourreau^ ne peut que lui être complémentaire ;

elle devient nttlle, quant à l'existence de l'ordre, du moment que la première se trouve anéantie ; et devient immiE quant au bourreau : du moment que la réalité da lien religieux se trouve rationnellement démontrée ; et, que le monopole des développements de Tintelligence 86 trouve anéanti.

Résumons ce que nous venons d'établir.

Voltaire a dit :

« Si Ken n'tadstiit pas^ il iuidrait l'mTentâr» »

Pour tout homme social pratique, cette proposition est de la plus incontestable vérité.

Or, et vis-à-vis de la raison : un Dieu, qui ne peut être prouvé, n'existe pas.

Pendant l'époque d'ignorance primitive, et pour avoir de l'ordre, il faut donc : inventer Dieu ; et comprimer la raison.

Un Dieu inventé, ne peut être qu'anthropomorphe.

l^ Dieu anthropomorphe exige : le monopole des développements de l'intelligence ; ou, le despotisme.

Noos venons de voir : que, le despotisme, le monopole de l'éducation et de l'instruction, se trouve néces^ saire dès l'origine des sociétés. Démontrons que cette nécessité persiste, et aussi led* monopoles : jusqu'à la naissance de la presse.

N'oublions pas : que, les monopoles de l'éducation et de l'instruction ne peuvent persister qu'ensemble ; et, qu'ils sont relatifiB : au maintien des dogmes, bases de l'ordre.

La presse pouvant seule rendre Texamen incompressible ; et, le despotisme étant nécessaire, aussi longtemps que Texamen peut être comprimé ; le despotisme reste nécessaire : jusqu'à la naissance de la presse.

Etudions maintenant, ce qui peut anéantir les monopoles constituant le despotisme.

Trois circonstances, exclusivement, peuvent produire ce résultat.

V La soustraction, par une causse quelconque^ de Tun des monopoles ou de tous les deux, aux gouvernants soutenant ce despotisme ; et, par conséquent, l'ordre social. Cette soustraction, en dehors d une réorganisation radicale, produit nécessairement l'anarchie.

2*" La démonstration, rendue publique et connue de tous: que, les dogmes, bases de Tordre, ne sont qu'hypothétiques, ou même qu'ils sont des erreurs ; démonstration qui, nécessairement encore, conduit à l'anarchie.

3"" La démonstration : que , les dogmes , bases de Tordre, quoique donnés par l'anthropomorphisme, sont néanmoins des réalités. Ce qui, nous le verrons bientôt, nécessiterait une réorganisation radicale.

Examinons ces différentes circonstances, pouvant seules : amener la destrnction du despotisme.

La première, la soustraction d'un dés monopoles, ou de tous les deux, par une cause quelconque , ne peut avoir lieu : qu'en démontrant, malgré les gouvernements ; et, en faisant accepter la démonstration, aussi malgré les gouvernements : que, les dogmes bases

de Tordre, sont des erreurs ; ou, qu'ils sont des vérités.

Ces deux cas, étant identiques aux deux dernières circonstances, la première s'évanouit.

La démonstration que les dogmes, bases de Tordre, sont des erreurs, conduisant nécessairement à l'anarchie, ne peut être rendue publique, et bien moins encore examinée et acceptée , avant la naissance de la presse; car, avant cette époque, les gouvernants, au moyen de monopoles, peuvent toujours mettre à mort ceux qui voudraient donner ces démonstrations ; et, ils le font nécessairement. Ajoutons même : qu'en qualité de protecteurs de Tordre, cette manière d'agir est strictement logique .

Avant d'examiner la troisième cause, voyons si, par la naissance de la presse, le monopole de l'éducation et de l'instruction peuvent être enlevés aux gouvernants. Cette discussion, quoique incidente, dans ce moment, projettera quelque lumière sur ce livre; et, sera reprise avec plus d'intérêt, lorsqu'elle deviendra essentielle. Nous la ferons maintenant, aussi rapidement que possible.

Commençons par constater : que si, lorsque la presse vient à naître, les gouvernants pouvaient se douter : que, nécessairement, elle doit servir à démontrer : que, les dogmes, bases de Tordre, ont été, Jusqu'alors, exclusivement appuyés sur des révélations, elles-mêmes appuyées sur des miracles supposés par les révélateurs ; il leur serait facile : de détruire cette source de publicité, avant que ses développements eus^ I. ^ 16

^l'S sciïiMge sociale.

lâent rendu son anéantissement impossible « Il est même probable : que, depuis l'origine de notre nu- Vnàiïïté, là presse a été ainsi plusieurs fois inventée et plusieurs fois détruite. Mais, ne nous occupons ici qrie du fait ; nous verrons, ailleurs, comment les gou- Verhants, par le monopole, ont eux-mêmes protégé W développements de la presse, à sa dernière apparition.

Bisons maintenant, et le plus sommairement possible, lious réservant de développer plus tard cette proposition avec tous les détails nécessaires i qu'avant la presse, les diverses révélations , les diverses nations (car, ainsi que le dit Rousseau, les nations se caractérisent par la communauté de sanction, et non par 3es limites de royaume ou d'empire) : restent séparées, 'd'une manière pour ainsi dire absolue : parce qu'elles l^'anathématisent mutuellement. Les nations cbrétienne, musulmane, idolâtre, n'avaient, en effet, aucun rapport entre elles, avant cette époque.

Ces considérations établies, voyons : comment la pre&se détruit les monopoles constituant le despotisme.

Aussitôt la presse née, et plus ou moins développée, les différentes nations, caractérisées par des révélations différentes, du consentement des gouvernants, attaquent les révélations étrangères, dans le but de faire triompher celle à laquelle elles se ti'ouvent soumises. Chacune prouve facilement : que, les autres sont mensongères. Bientôt, ces démonstrations passent, malgré les censures, des pays où elles sont permises dans ceux où elles sont prohibées ; dt, en péû de temps,

les savants de tous les pays ont cessé de croire aux révélations.

Ce que ucn^ venons de dire des différentes i^liticms, a lieu également, 4ans des limites plus Tesserrées, pour chaque naticfn religieuse, toujours divisée en sectes. Si, à ces causes, nous ajoutons : ce qui appar^ tient à ce qu'on appelle la Kberrté de la presse, prétendue liberté qui s'établit nécessairement^ par des rai*sons que nous eiqposerons en leur lieu, il sera facile de comprendre : comment le monopole de Téducation, échappe aux gouvernants.

En effet :

Sons le despotisme , l'éducation est néces&^crrmieift domestique. Or, du moment que les pères cessent de croire aux dogmes, l'éducation de\'ient bientôt irrêfr- {rieuse ; et , il est de toute impossibilité, aux gouveN nants de s'y opposer.

Quant au monopole de l'instruction publique, il esft plus difficile de l'enlever aux gouvernants. Mais, il leur est impossible de conserv er le monopole de l'instruction domestique, du moment qu*ils ont perdu celui de l'éducation. 11 vient même une époque, où, encore que les gouvernants conservent les nominations relatives à l'instruction publique, tous les professeurs, le sachant ou sans le savoir, professent ouvertement le matérialisme.'Nous avons donné de ce fait, des preuves aussi convaincantes que possible : en discutant neutre litre premier.

Passons maintenant, à la troisième circonstance relative à la démonstration : que, les hypothèses bases

de l'ordre : l'immortalité de Tâme ; le lien des actions, avec le bien-être ou le mal-étre d'une vie à l'autre, selon leur conformité à une règle ; et, la sanction inévitable de cette règle ; sont des réalités.

N'oublions pas : que, nous parlons de l'époque aor térieure à la presse.

D'abord, avant la naissancç de la presse, les connaissances relatives à l'ordre physique, ne peuvent

être assez avancées : pour, que leur coordination puisse démontrer : qu'il y a plus que des phénomènes, des apparences ; qu'il y a aussi des réalités ; qu'il est un ordre moral absolument distinct de l'ordre physique. Ei nous disons : que, pour cette époque, ces connaissances physiques ne pouvaient être assez avancées : parce que, nécessairement , et à cause de l'ignorance primitive, ce développement, devait souvent être a^ i rèté par le sacerdoce, comme contraire aux révélations. Par exemple : en dehors de l'époque de la presse | Galilée n'eût jamais réussi à faire accepter : que, sta sol était une erreur. En dehors de cette époque, oi n'eût pu enseigner à Rome : que, chaque jour de la créaj tion était une période de plusieurs milliers d'annéi

Mais, abandonnons cette fin de non-recevoir ; etj supposons : qu'avant la presse, la troisième circoi tance soit possible.

Dan s ce ca8,quel avantage auraient ou plutôt croirai( avoir, les gouvernants à sa publicité ? Aucun. Ils y vei raient même : la nécessité d'une réorganisation radicale] par le besoin de rendre la démonstration scientifiqueat cessible à chacun. Alors ils auraient dit, comme

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disent à présent : si tout le monde est instbuit , qui TBAYAiLLEBA ? Et, les philosophes démonstrateurs eusseot été mis à mort, après avoir été excommuniés. Si, à présent il était encore possible de faire des anto-da-fé, ceux qm prétendent que tocs doivent êtbe instbcits se trouveraient bientôt revêtus : de san-benito.

ËQ général, aussi longtemps que les foudres de l'excommunication conservent leur vigueur, toute démonstration scientifique relative aux dogmes, même de ce qu'une église enseigne devoir être reçu par la foi, conduit inévitablement au martyre. Depuis son origine, le sacré collège a toujours défendu : que, les vérités établies par la foi, fussent non-seulement discutées, mais même protégées par la science.

En voilà assez pour prouver : qu'avant la naissance de la presse, les monopoles de Téducation et de l'instruction sont nécessaires à l'existence de Tordre ; et, qu'en outre, il y a impossibilité, pour cette même époque, de détruire ces monopoles constituant le despotisme.

I d46 semneB sogialb.

Déf dÎTÎtîoBt et de0 périodef da detpatâno.

• Ob pari» de mb droit, os affecte d» le «roire fort àt raiaoQ : ce pouYoir qu'on possède, il appelle Texamen, il défie toute contestation ; plus on en sonde la base, plus en la Ifonve inébranlable, pins on Toit clairement que Tordre établi a sa racine dans la nature étemelle des cboses , daos le sein onôae de Dieu. Yoiià ce qu'on répète gnfe* ment', solennellement. Mais enfin le stcsn BCHAPPK ; N'oublions jamais (1) que le dernier miMeur des roi», cesi de ne pas j<mir de fobéissance avcuglk du soldat; que compromettn ce genre tfautoriié qui esi la secli ressoura des rois, c'est s'exposer aux plus grands dangers. Cest là véritablement la partie honteuse des «<narques, qu'il ne/aui pas montrer, mène èau les plus grands maux de tÉtat, De là TitBioQ des monarques et de TÉglise. Pour maintenir les monarques^ la force aveugle ne snflil pas : il faot de plus que Tesprit se soumette, car, apr^s toot< 1 on ne peut détruire l'intelligence. Substituant h \ foi à la raiiOH, TÉglise, en vertu de soo aolorit infaillible, commande de croire, commande «l'itxi^^ Les monarques, en retour, lui rendent un pareil. Si la raison conteste le droit royal, cl conteste aussi le droit de l'Église. Pour maiBifH nir son autorité, elle a aussi besoin de forc«;H rois alors lai prêtent leur appoi , et c'est ce qu'«B| appelle la concorde du sacerdoce et de l'empir Celte concorde est la chaîne à double auneac qi lie les peuples. Le pouvoir spirituel en tient la main l'on des bouts, le pouvoir temporel tx l'autre. Lorsqu'ils viennent a tirer tous les ^\ les os craquent et l'angoisse est grande. >

Lx Mlxnais, Discussions critiques eipi^^\ diverses, p. 187.

11 y a despotisme théorique et despotisme pratiqua

(1) Mémoire du cardinal Dubois adressé au régent contre la a>D^"^| tioD des états généraux.

SCIfl^CÇ SO^CU^K. 247

DU DESPOTISME TH£OilfQU£.

« La théorie de la soaveraîneié, et de Tobéi*sance an souTerain, a changé plas d'une fois dans f*£gUse. Obéiêsez aux puhsancfs, dit saint Paol. Et pourqaoi? Parce que toute puissance est de Dieu, Il n'en recherche point l'origine, il ne dis. tingiie point, il parle d'ane manière absolue. C'est le pouvoir de fait, l'identification de la force et du droit : quia nominor leo. Longtemps après , lorsque les papes se furent coilTés de la triple tiare, lorsqu'ils s'attribuèrent , en Tertu de Tinstitution divine, une domination suprême, onÎTerselle, la souveraineté, Revenue dans Tordre temporel une délégation de leur propre souveraineté, changea de nature. EUe ne fi^t plus simplement la force, maîf l'attribution spéciale d'up droit dérivé de celui que Dieu même avait directement et surnaturellement conféré an chef de l'EgUse. On dut alors obéir ai| prince par la même raison qui oblige d'obéif an ' pape. Pois les princes s'étant affranchis d'une dépendance oui leur pesait « ils conseryèreuf l'idée d'institution divine dans leur race ou dans leur personne, mais iU rattac^rent immédiatement à Dieu le droit dont ils se disaient investis. Ce fut \jk le droit divin , tel que l'établit la déclaration du clergé defcance de 1682} tel que nous l'avons va expliquer de nos jours. On a soutenu ensuite, selon ta doctrine des théologiens du quatorzième et do quinzième siècle (1), que la souveraineté découlait originairement du peuple, mais en y ajoutant, contre les principes de ces mêmes théok^ giens, que ce choix fait une fois, liait le pei^ple \ jamais, parce que Dieu le consacrait immuablement, et, pour ainsi dire, appliquait sur le front

(i^ Entre autres le cardinal d'Ailly, Gerson, Jean , Major, Jacqnef Alain ei 1» anivcrri^B do tempa.

main

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de relu ie sceaa de son éternité mène. C'est oe qu'on a nommé la légitimité. La papauté n'en tient paa grand compte. Elle en est revenue à saint Paul, au pouvoir de fait, an droit pur et simple de la force. » *

La Mbhhâis, JHseuit» critiquée, etc., p. 155.

Le despotisme théorique est relatif : à la règle d'action, à la révélation; à son interprétation; à Tinfaillibilité de l'interprétation ; à l'interprète ; à la ligne de leur succession ; enfin, au sacerdoce, aux protecteurs moraux de la règle, ayant le monopole de l'éducation et de l'instruction. De tout temps cet ensemble a été nommé : le spirituel; et, figurément : I'autel.

En époque d'ignorance primitive, la règle d'action, la révélation se rapporte toujours : aux circonstances du peuple, pour lequel elle est faite. Jamais, une rêvélation intertropicale n'ordonnera : de ne point se baigner ; jamais, révélation groenlandaise n'ordonnera : de ne se nourrir que de riz.

L'interprétation de la règle remédie, néanmoins, aux erreurs du révélateur ; et même, aux changements de circonstances que peuvent apporter : soit les émigrations ; soit les conquêtes.

L'interprète, en outre d'être : le chef du despotisme théorique ; le chef de Tautel ; est aussi, ou n'est point ; le chef de l'exécution de la règle ; le chef du despotisme pratique ; le chef de la force armée ; le chef du

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