‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 25 sur 79 · PHASE FÉODALE, PHASE NOBILUIRE · texte numérisé non relu

PHASE FÉODALE, PHASE NOBILUIRE

Lorsque, par suite des développements de la presse, l'autel est renversé; lorsque, le scepticisme détruit toute croyance sociale, même celles dérivant de l'expérience ; le trône et ses protecteurs matériels sont bientôt renversés. Ca primogéniture se trouve anéantie, quant à l'hérédité de la propriété. Elle persiste, néanmoins, un certain temps encore, pour servir de base à une ombre de trône ; et, les protecteurs matériels d'un ordre sans règle absolue, sans aucune espèce de sanction morale, sont les possesseurs de la propriété mobilière, représentée par l'or. Cette société anarchique, exclusivement basée sur le scepticisme, dure : jusqu'à ce que l'excès de maux, qu'elle développe nécessairement, vienne rendre nécessaire : le règne de la vérité.

Cette seconde et dernière période du despotisme, période relative à la propriété mobilière, se nomme : PHASE BOURGEOISE. C'cst alors quo se trouvent inculquées, au sein des populations, les maximes anarchiques : qui servent d'épigraphes à la présente subdivision.

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Protoftations.

1* La féodalité n'est pas la première période da despotisme. 2* La féodalité est d*origine moderne.

3« Les périodes de despotisme , données comme générales , ne se rapportent qo*à la civilisation occidentale.

4* La phase bourgeoise a existé : avant la naissance de la presse.

« Le protestantîsiiie ii*a aacaoe espèce de valeitl poBÎtÎTe, non pins que la philosophie qui l'a engendré. L*nn et l'autre ont senri à ébranler ta doctrine FAUSSE et hoitiU au progrèê dk lVutoeité sur- HATURBi.L> ; mais ils n'ont pa y rien substituer de solide et de durable. Ils ont renversé ; il ekstb a

aXCONSTRUIRa. »

La MsirxrAiSy Discutsions critiques, p. 123.

— « Notre'vie est rude, Eghetesch ; die a cependant ses joies y que nous seuls connaissons « les joies du mal y fiévreuses, brûlantes, qui se projettent dans la nnit de notre être comme le reflet d'un incendie.

•« J'ai soigneusement examiné le monde qu'Ariman, alarmé par les vanlerîes de nos rivaux , a voulu que j'observasse de près. 11 peut certes se tranquilliser. Si Ormudz et les siens doivent vaincre, ce ne sera pas du moins id , ou les choses changeront bien. Tout dans l'universel sens-dessns-dessous y branle, y craque. Rien de risible comme cette sotte machine que les Izeds , rendus de fatigue, travaillent vainement à rapetasser. Je laisse pour ce qu'elle est la nature physique. Âsses pen nooB importe odle-Uu Ce qoi nous intéresse»

%bi flCnSNCE SOCUtE.

c*est la nature intelligente , c'est l'homme , cette oeuvre de prédilection de la puissance ennemie que notre destinée est de combattre sans relâcbe. Elle a fait de lui, dit-on, un être raisonnable, et je défie de rassembler eu un même sujet plus d'ignorance et d'eztrayagance, de bêtise innée et de sottise acquise; un être libre, et, dans tous les ordres, nulescluTage aussi profond, nulle senritnde aussi honteuse, aussi dégradante que la sienne; un être moral , et il ramasse , et il entasse incessamment au fond de son bouge turpitudes, vices, crimes, tout ce qu'abhorrent les Izeds, et s'étend avec volupté sur cette litière de son goût, de son chon, et ne dort bien que là, non moins étranger que nooa aux devoirs fondés sur le stupide amour d'aulrui, le dévouement, le sacrifice. Relégué en soi, n'aimant que soi , s'adorant lui-même dans ses couvoitises, notre loi est sa loi, notre religiou sa religion ; nous avons le même Dieu et le même culte.

« A force de brouiller ses idées naturellement peu nettes, nous l'avons amené à douter de toutes choses, et douter de tout, c'est nier tout. Le scepticisme a beau agiter ses flasques ailes dans le vide pour se soutenir au-dessus de la négation, il faut qu'il y tombe. Lk foi est étbihte sta i.a TERRE. Les vieux dogme* qu'aucun autre n'a remplacé , »e décomposent au fond de la raison humaine comme des cadavres dam les tombeaux.

« Je me souviens d'avoir vu jadis cette créature burlesque à l'état qu'on appelle sauvage. Les Amschaspancls un peu confus disaient : elle en sortira. Elle commence à la vérité assez pauvrement, mais le progrès est dans sa nature. Laissez agir le temps, la brute d'aujourd'hui, graduellement transformée, deviendra semblable aux lieds.

« S*ils se reconnaissent dans leur portrait, je les en félicite.

« Ce nest pas que le progrès ne se soit accom" pli. L'homme s'est, en effet, déniaisé, civilisé, pour parier comme lui. Quittant sa vie première, il a fondé des sociétés , institué des lois , et nous ne saurions , certes , nous en plaindre. Car ces lois , la plupart du moins, ce sont les Dews qui les ont dictées, et ces sociétés, c'est la nôtre qui leur a servi de modèle. La brute s^est faite Darvand au lica dlzed , et , à cela près , les Amschaspands

^citkcR $6ciXiB. â55

prévoyaient juste. Qu'ils prévoient jusqu'au bout et prophétisent aassi savamment.

« J'y compte bien , au reste , et que le progrès continuera. L'humanité, comme ils disent dans leur jargon si drôle, est en marche, et ne s'arrêtera pas. Partout elle obéit à nos inspirations, partout , sur la route Qu'elle parcourt, elle marque Bes stations par des ruines, partout prévaut notre pouvoir, partout le mal se développe en des proportions colossales, grandit comme l'ombre d'Ariman lorsqu'il se dresse contre Ormudx et son œuvre. Une certaine force de destruction mine en tous lieux les bases de ce qui est. Rien n'y échappe, rien n'y résiste. Les peuples se sentant défaillir, s'attristent, s'inquiètent. Du sein de leur corruption s'élève comme une vapeur empoisonnée qui les suffoque. Us entendent dans les airs des voix sinistres, des bruits lugubres et menaçants. Au fond de l'avenir tintent des glas funèbres. Quelque chose se prépare qu'ils ignorent et qui les trouble, et qui les jette en d'immenses angoisses. Aliénés par la peur, ils s'agitent d'un mouvement aveugle. Leurs regards cherchent à Thorizon un signe rassurant , et l'horizon en deuil ne leur montre qu'une bande noire qui s'épaissit de moment en moment, et la terre >prettd Taspect d*Une (oiêt. O triomphe! à joie ! Bientôt la x^ce humaine viendra s'y engloutir. Et elle se rererincra sur elle. Et Ariman la scellera de son sceau. 'El 'le silaicedeia mort proclamera notre victoire finale. »

(La Mer m aïs, ÀtiUeh(xspands ' et DarvànJe, Astouiad (qui ne pense que le mal) h Eghe» tetch (génie de la corruption du cœur), pag. ^1.)

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RÉPONSE A LA PREMIERE OBJECTION '. LA FEODALITE N*£ST PAS LA PREBUERE PERIODE DU DESPOTISBIS.

« C'est le partage des terres qui grossît prioci> paiement le code cîtU. Cbes les nations où Ton n'aiura point fait ce partage, il y aura très-peu de

lois civiles Chex de paretlles nations, on n'y

peot être distingué par les besoins , mais par U main et par les conseils. *•

(MoNTKSQuiEiT , EspHi lUê ioU , lÎT. XYIUy cil. 12.)

La féodalité est relative à Tappropriation du sol, donnant, droit aux bénéfices produits par le monopole des développements de Tintelligence, à charge de protéger la nationalité , c'est-à-dire la féodalité , contre toute tentative qui serait faite : dans le but de l'anéantir. La primogéniture n'est qu'une annexe de l'appropriation du sol, annexe qui peut tarder plus ou moins à s'établir; mais qui, nécessairement, finit toujours par être mise en vigueur : partout où il n'y a pas une famille possédant le sol exclusivement. De plus : partout où la primogéniture a existé, et a été remplacée par le système bourgeois, l'impossibilité, de maintenir l'appropriation se fait sentir ; et, l'impossibilité de rétablir la féodalité nobiliaire fait avancer la société : au système rationnel relatif au sol; système qui doit seulement

être développé : lorsque Timpossibilité de maintenir le système bourgeois, ou la féodalité bourgeoise, aura été démontrée.

A lorigine des sociétés, le sol est dit commun : ce qui signiGe tout uniment : qu'il est encore à l'état anarchique. Son aliénation, à des individus, a seulement lieu : lorsque les sociétés patriarcales, nomades, se trouvent déjà resserrées : par l'accroissement de population.

I^a féodalité n'est donc point effectivement la première période du despotisme. Mais, c'est seulement à dater de l'appropriation du' sol : que, la stationarité fait naître le luxe ; que, le luxe fait naître des besoins ; et, que les besoins causent le développement de l'intelligence : par la nécessité de chercher les moyens de les satisfaire. C'est à cette époque : que, commence ce qui, chez nous est nommé si indéterminément civilisation. C'est à cette époque : que , commence l'histoire. 11 nous suffit de cette explication, pour que nous nous croyions justifiés du premier reproche.

Nous ajouterons néanmoins, et à propos de notre épigraphe, un mot sur l'auteur qui nous l'a procurée; et, sur le passage même que nous lui ayons emprunté.

Montesquieu a cru faire de la théorie relativement aux lois. Il n'a fait que de l'observation' sur les peuples.

Dans l'ordre physique, le raisonnement doit partir de l'observation. Dans l'ordre moral, il n'en est plus de même. Avant d'arriver au moral, il faut : 1. 17

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1"* Connaître Tordre physique, connaissance basée sur Tobservation ; 2** Savoir s'il y a un ordre moral ; 3' Avoir observé les peuples, dans le but d'étudier

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