‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 28 sur 79 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

PBEMIER MOYEN DESPOTIQUE : ESCLAVAGE OU APPROPRIATION DU TRAVAIL RÉEL, DU TRAVAIL DE l'hOBIME ; ET, POUVOIR DE DISPOSER DE SA VIE ; ÉRIGÉS EN DROIT POUR LA SOCIÉTÉ.

« Verx jubis! Noos n'en nronf pas. Si noas en arioDi, noos ne prendrioni pns pour règle de raivre les moBnrs de son pays« »

Pascal, Matnuerit autographt, p. 406, cilé par M, Couâin dams stm rapport h TAeaêé^ nne, p, 221.

— «Ils confessent qne la jnstice n'est pas dans les contâmes, mais qu'elle réside dans les lois naturelles, eoflfimcmes en ioui patfi. Ils le sontiendraîent opiniâtrement, si ta témérité du hasard qui a semé le» loi* kwmtdnee , en anût rencontré au moins nne qui ftkt nniverseile. Mais la plaisanterie est telle que le caprice des hommes s'y t%i si bien diversifié, qu'il n'y en a point »

Pascax^ id.9 p. 69 et 365.

»« De là tient le droit de Fépée; car l'btu Doimx tJir viaiTAiLB droit. Autrement, on Terrait la violence d'un côté et la jnstice de l'antre. »

Pascal, id,, p. 159.

— « Le plus fort n'est jamais asses* fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en derotr.»

J. J. RouMBAU, Comirai social, L I, ch. 3.

à86 SCIBRCE SOCIALE.

« Lft iMt de prapnélé ft aoii arlffaM dm k nature même de rhamaaité. II est né loraqne la société avait besoin de son secours pour se dèreiopper. U en est de même d'un grand nombre de lois ; lear origine est nne nécessité de rhomaBilé, et etêt cette nécestité qui les légitime. Le priflcifK^ da droit des gens , qn'on ponvait tner son prisonmer^ était légitime, paisqa*il dérÎTait de la nécessité de se défendre ; il en était de même do principe qu*ou pouvait réduire en servitude, qui n'était que la conséquence de l'autre. Le droit de propriété d'nu homme sur un antre, conforme au droit des gens, était donc dérivé du droit naturel; il était légitime, sacré; aussi voyons-nous qu'il n'a jansts été attaqué dans l'antiquité (f ).

« La propriété s'est établie d'abord sur des doses mobilières.

«La propriété sur l'homme est venue aprb; die est née de la guerre e( du droit de la défesie. La dernière à s'établir, la pluê difficile hjnti^ peut-être, a été h propriaé foncière. Fille de l'occupation et du temps, elle est venue à la suite du travail , et par conséquent de l'esclavage.

«Lorsque le travail venu à la suite de TescUf«ge (2) eut étendu la culture, rendu les peoplid» plus sédentaires y les famiHes s'attachèrent «■»

(t) Aristote et plusieurs anciens ont jagé : que, l'esclavage était de droit nature].

(2; L'auteur entend le travail de la terre.

SGIBNCB 80CIALB. , 287

portions de terre dont ellea n'avaient auparavant qoe la jonissance. Elles les ensemencèrent chaque année et finirent par croire qu'elles avaient à la chose des droits exclûtes et irantmiitiblet ; de sorte que le droit de propriété est ]né d*une possession longtemps continuée. EstM léffiHme^ ou n'est^e qu'une usurpation ? En d'antres termes : le temps peut-il changer la possession en droit? Lee jurisconsultes trouveront peut-être facile la solution de cette question ; les philosophes n'en jugeront pas de même. Invoquer, en effet, la prescription , comme feront les premiers , n'est-ce pas justifier la chose par la chose même, meiire /'ajipxaisMt à la place de la Docraiif s ?

« Si maintenant nons comparons les deux genres de propriété qui nous occupent, nous verrons que Tune s'est établie aux dépens àeV ennemi ^ l'autre aux dépen/B de la tribu; que la première est née d'un principe du droit naturel, que l'antre ne s'appuie SV& AUCUH paixciPB et m'a roua SAncrioir qm SA. ouaix.

« Si quelqu'un me demandait quelle est l'origine de ma propriété sur mon esclave, je ne craindrais point de remonter avec lui dans rantiquitéi de livrer mes titres à sou investigation , car ils s'appuient et sur le droit civil et sur le droit naturel.

« Si nu d« mes concitoyens , au contraire , me demandait comment il se fait qu'étant tous enfants delà même patrie, les uns ne possèdent rien, tandis que les autres possèdent tout, je me garderais bien de ma reporter jusqu'au temps ou le sol appartenait en flommun à toute la tribu ; je lui montrerais mes «ontrats, j'invoquerais le DaoïTARBiTRAïai, la prescription, et je me retrancherais dans le grand principe d'intérêt général qui veut qu'on respecte les institutions dont l'origine se perd dans la nuit des temps, de crainte, en les détruisant, de porter la perturbation dans la société. »

De rqffrànchiêsement des etclaves, par M. Char- Exiax, président de la cour royale de la Guadeloupe.

qu'est-ce que le droit sous l'empirisme? d'où PROVIEÏfT- IL? DE QUI ÉMAHE-T-IL? EST-IL UN OU MULTIPLE? s'iL EST MULTIPLE, CHACUN PEUT-IL APPARTENIR : A DES UNITES SOCIALES ISOLEES; OU, A DES UNITES SOCIALES EH CONTACT.

« Les lois de la oonsdenoe, qoe noas disons naître de la nature, naisseHt de la coutckb; diseoB ayant en Ténération intime us opxirioin et mœon approuvées et reçues aatonr de lai, no s*en peot déprendre sans remords, ni s'y appliquer sans tpplaudissement. ...... et les communes iai-

ginations que nous trouTons en crédit aotoor àe nous, et infuses en notre âme par la sessence àe nos pères, il semble que ce soient les générale! et naturelles : par où il advient que ce qui est bon les gonds de la coutume, on le croit hors les gosds de la raison ; Dieu tait comHen DÉRAisoinrisu- MEST le plus souvent, »

MozrTAioKE, liv. I, ch. 23.

*t Chacun appdla barbarie ce qui n'est psi <^ son usage. » Id„ iM,, ch. 30.

— " Nous n*a¥ons autre mire de la Térité et de U raison, que Texemple et Tidée des oirinioos (t usances des pays où nous sommes. Là est toojo"^ la parfaite religion, la parfaite police, lepsifaile* accompli usage de tonte chose. »

Id,, îàid., di. 90.

— « Considères la forme de cette justice qai i>^ régit; c*est un vrai témoignage de Hiunsise tsbédllité ; tant il y a de contradiction et d'errcsr. •

id., I. ni, di. a

— « Tout ceci me fuLsouTenir de ces ancieiines opmiouB (Plutâbqub, Insiructiofu pour ceux qtd moment affeAree d'Éia£)y qu'il est forcé de faire tort en détail, qai ?eat faire droit en gros ; et injustice en petites choses, qni tent Tenir à chef de faire jastioe es grandes : que l'homaine justice est formée an modèle de la médecine , selon kqnelle toat ce qni est utile est anssi jnste et honnête; et de ce qœ tiennent les stoïciens, que nature même procàde contre justice en la plupart de Wê ouvrages; de ce que tiennent aussi les Cyrénaïques, qu*il n*y a rien de juste de soi (Diooehb Labrge, II, 92); que les coutumes et les lois forment la justice; et les Tbéodoriens, qui trouvent jnste au sage le larcin» le sacrilège, tonte sorte de paillardise y s'il oognoist qu'dle lui soit proufitable (Dioobvb Laugx, p. 99). »

MoNTiioHi, 1. m, ch. 13.

— • Les loix se maintiennent en crédit, non parce qu'elles sont justes, mais parce qn'dles sont loix : c'est le fondement mystique de leur autorité ; elles n'en ont point d'autre; qni bien leur sert. Elles sont souTent faites par des sots ; plus souvent par des gens qui, en haine d'égnalité, ont faulte d'équité; mais toujours par des hommes vains et irrésolus. H n'est rien si lourdement et laigemoit faultier que les lois, ni si ordinairement Quiconque leur obéit parce qn^elles sont justes , ne lear obéit pas justement par où il doibt •

Id,, iàieL, i6id.

Sous rempîrisme, le droit est la conformité à une règle conôidérée comme nécessaire à l'existence de Tordre. Le nom de justice, donné au droit, signifie : que, la règle est conforme à ce qu'ordonne : soit la divinité justice infinie ; soit le raisonnement bon ou mauvais ; mais, considéré comme bon, comme énonçant ce qui est nécessaire à l'existence de Vordre^ de la vie sociale. Dans ce dernier cas, le raisonnement I. id

890 SCIEMCB 80GIALB.

social; ou plutôt le législateur suppose : que, ce qu'il

croit NÉGBSâAIRB .* eSt JDSTS.

Toute règle dérive EicLtrstVEVBiiT du raisonnement.

En effet <

Une tendance organique quelconque, soit d'attraction, soit de répulsion, n'œt r^Ie d'action : que, lorsque le raisonnement, aoit Uîusoirêy soit réel^ a décidé : qu'il est bien ou mùi j c'est-à-dire : qu'il est, oui ou non, conforme à la consciences au raisonnement d'y résister; ou de la suivre.

Mais, sous l'empirisme, le raisonnement est nécessairement : indéterminé; relatif; contestable. Et, toute oonclusiond'uQ raisonnement contestable, prise comme vérité, est : un préjugé.

Sous l'empirisme, toute rè^e d'action, toute justice, tout droit, PROYiENT DONC : nu préjugé.

Nous avons déjà dit ! que, sous l'empirisme, tout sentiment est lui-même un préjugé.

Il s'ensuivrait : que, sous l'empirisme, tout droit provenant du sentiment, est aussi : un préjugé.

Avant de l'affirmer, nous aimons, quant à identifier le sentiment au préjugé, à nous placer sous une autorité, que, relativement à la justesse des etpresâlons, Tépoque actuelle ne récusera point.

— « La constitution intime des nnées, dit M. Arago^ est trop illl|M^ bitement connue pour qu'on ait été à même d'apprécier, d*après des edtttîdérations théoriques , îe danger qu'il povirait y avoir à iPop tffmièr du foyer d'un orage. Sur ce point I'opinior GtifiEALB me paraît bien piotôt une affaire de sbntihbkt que le résultat d'une discussion appeofoxdie. De noirs nuages lancent quelquefois au loin la destnictioii , l'incendie et la mort. Que ne doÎTent-ils pas fiûre de prés? T«l est FiiiMisa vagm^ quel on 8*est arrêté. »

SCIBMGB 80C21ALB. 29i

^- D'après l'opinion de M. Ârago ; et, d'après la raison ; V opinion^ même générale^ et le sentiment^ ne sont ainsi ; qne, le résultat d'un aperçu vagiie ; d'une discuBSsion non approfondie.

Et, eomme toute conclusion d'une discussion non approfondie, est un préjugé ; il s'ensuit :

« OVB L« SBliriKSOT EST LCI-VÊME €N PRÉIUGÉ* l>

Ainsi :

Sous Tempirisme, toute rè^le d'action, toute jus* tiee, tout droit, proviennent d'un raisonnement con-* testal^le, de Topinion, du sentiment, du préjugé.

Mais , au raisonnement illusoire , à l'opinion, au sentiment de oni, se ^apporteront : la règle, la justice, le droit? Il faut le savoir. Car, s'il n'est préalablement déterminé, de qui le droit doit émaner, il y aura une infinie variété de sentiments, sur ce qui doit être con^ sidéré comme justice. Et, c'est précisément oette variété de sentiments, qui constitue l'anarchie. Pour qne la société puisse exister, il faut donc : que, la régie émane d'un seul^ d'une unité : simple pour for» muler ; multiple ou collective pour accepter. Qud sera cet un seul ?

Toute règle d'action devant émaner du raisonnement d'un seul; et, de plus, toute règle d'action, tant pour son acceptation que pour sa durée, étant relative à la force intellectueUe ; la règle d'action devra émaner : du plus fort, intelkcUiellemenl ; et, cette rè^e sera ac^ eeplée : par les plus faibles. Quant aux dissidents : ou ils périront; ou ils iront former d'autres sociétés. De là vient : que, sous l'empirisme, toute inquisition eêt

292 8C1ENCB 80C1ALB.

juste : parce qu'elle est nécessaire àrexistraee de Tordre ; à l'existence sociale.

Remarquons ici : que, sous l'empirisme, il y a, nécessairement \ une infinité de forces intellectuelles, ][)lus ou moins énergiques se rapportant à autant de sophismeSy plus ou moins adroits ; et , qu'en dehors de Tempirisme, la force intellectuelle est, essentiellement CKE : comme la vérité.

Dès lors, et sous l'empirisme, il y a autant de règles, de justices, de droits : qu'il y a de sociétés.

Mais, l'essence du droit étant de servir de base à l'existence sociale (1); et, la non-unité d'opinions, de préjugés sur la réalité du droit constituant l'anarchie ; il faut affirmer :

c Que, chaque unité sociale, relative à un droit pai^ « ticulier, doit être isolée. »

En effet :

Dès que des unités sociales, différant pêr le drûit, communiquent entre elles ; ont, entre elles, des rapports inévitables ; il faut :

Que, l'unité d'opinion, relativement au droit de ce nouvel ensemble, vienne à se rétablir ;

Que l'un des deux droits disparaisse ;

Ou, que ce nouvel ensemble s'anéantisse.

(1) La règle, le droit, servant de base à rexlstenoe sociale, embruie: non-seulement la matière , mais aussi le moral ; non-seulement le temporel, mais aussi le spirituel; non-seulement la sanction du bourreau, mais aussi la sanction religieuse. Et, cela existe : quand même le moral, le spiritualisme, et la sanction religieuse, seraient des illusions : ce qoB d'ailleurs, sous l'empirisme, les sociétés ne permettent jamais de mettre en discussion publique i avant que Tezamen ne soit devenu inoompressiUe.

dGlBMGB SOCIAU. i93

De ce qsi précède, il résulte : et, nous ne pouTons trop engager nos lecteurs : à vérifier la réalité de ce résultat; et,. à s'en. rappeler toujours, pendant Tezamen de notre travail :

Quej lorsque les communicatiims 4fiviennent inéi>ita^ blesj entre les diverses eirconscriptùms [sociales ayant des droits particuliersj Vun des droits dérivant du pré^ jugéj ou un autre droit en résultant j et provenant égale^ ment du préjugé^ parvient^ nécessairemenly à dominer ce nouvel ensemble. Et, cette domination nécessite toujours :

Soit r abrutissement des masses j pour empêcher V examen du droit;

Soit rétablissement du droit réel, si reœamen ne peut plus être comprimé : un ensemble social ne pouvant eœister, sans unité de droit ;

Soit, r anéantissement de Vkumanité^relative à \cet ensemble, pour le cas : où, Veooamen ne pourrait être comprimé; ni les masses abruties.

Ceux de nos lecteurs, qui n'admettraient point rincpntestable réalité de ce résultat, doivent abandonner, dès ce moment, l'examen de notre travail ; leurs études seraient complètement inutiles.

Maintenant, et avec le petit nombre de ceux qui consentiront à nous suivre :(!),' nous pouvons con-

' (1) Les TériUt, oomine las lemenoes, ont des époques et des sols, oà leolement eUes peuvent ee développer. H y a trois eièdes, nous n*eassions pas été suivi par un homme sur un miUion ; à présent nous le lerons peut-être par un sur dix mille. Longtemps avant trois quarts des ttèdes, pss un sur un million ne mettra en doute : que , pour un ensemble locial » il puisse exister deux droits ; ou , que des hommes en communications inévitables ne forment pas un seul ensemble social.

t94 BCIIMGB 80CULB.

dure, relativement aux que«tîoti8 pesées eu tète de oe paragraphe, et dire :

Sous Fempirisme, une règle d'aetion queloonque, nommée justice ou droite provient nécessairement d'un raisomiement illusoire, d'une opinion, d'un préjugé, d'un sentiment, relatif à un individu, ayant la plus grande force intellectudile ;

Sous l'empirisme, il y a nécessairement une mul* titude de pareils droits \

Chacun d'eux doit être unique : relativement à une circonscription sociale ;

Chaque circonscription rdative à un droit, doit être isolée de toute autre.

Et, lorsque toutes sont inévitablement en contact, soit par accroissement de populations, soit par insuf* fisance des moyens de séparation , et surtout par naissance et développement de la presse :

Le dboit doit deyenir bbuîif ad baisoiiiveiibnt kisL, ov l'humanité disparaît.

Disons, pour terminer : qu'avant Pascal, que nous avons cité en tète de ce chapitre comme ne reconnais* saut de droit que la force^ personne au sein du christia^ nisme, n'a, mieux que saint Paul, reconnu ce même droit, comme source exclusive de justice. Le pftpsage suivant va le démontrer :

-^ « Ce grftnd apAtre (i&iiitlPaal)^ (inpiré de Dieu » et ImmédiileiiifiK dirigé par le SalAt-E^pHt dans tout ce qti*il écmoit , se propose l*objee* tlon que les lumières naturelles pentent former eontre la doetrine de il prédestination absolue. Il comprit toute la force de l'objection ; illsnp* porte sans Taffaiblir le moins da monde. « Dieu a compassion de cM « qu'H V9ut, » {Épttre aux Romains , ch. IX^ v. 18.) Voilà le dogme àé

scnuiGB soeiALB. 208

subiPmiI, etToid la difficnlté qa*il se proposa. « Or, ta me diras : Pour- < qaoi le plaint-il encore; car qui est celui qui peut résister à sa Tolonté?» [Und., T. i9.) On ne sauroit pousser plus loin cette objection. Vingt pages entières des plus subtils molinistes n'en diroient pas davantage. Que poorrotent-elles conclure , sinon que , dans Thypothèse de Calvin , Dieu veut qne les hommes pèchent? Or, c*est justement ce que saint Paul a reconnu qu'on lui pouvoit objecter. Mais que répond-il? Gherche^t-il des distinctions et des adoucissements? Nie-t-il le fait? En avoue-t-il seulement une partie? Entre-t-il dans quelques détails? Ote-t-il les équivoques de Bots? Rien de tout cela. Il n*emploie que la souveraine puissance (la force] de Dieu et le droit suprême qu*à le Créateur de disposer de la créature comme bon lui semble (indépendamment de la justice), vMais plu- « Uit, ù homme ^ qui es- tu^ toi qui contestes contre Dieu (1)? Z.a chose for- « mée dUrOf^i-eUe à celui qui l'a formée : Pourquoi m^as-tu ainsi faite ? d (La màmei v, 20t) Il reconnoît là une incompréhensibilité qui doit arrêter tontes les disputés et imposer un profond silence à notre raison. « 0 proe fondeur dês richesses, et delà sapiencet et de la connoissance de Dieu, « l'écrie-t^-il (ch. XI ^ y. 33) » que tes jugements sont incompréhensibles , c et tes voUs impossibles à trouverl » Tous les chrétiens doivent trouver il ua arrêt défioitif prononcé en dernier ressort, et sans appel. »

(Batlb> Ùict. histor,, article âuhnius.)

Les prolégomènes, qae nous venons de donner, étaient nécessaires : pour arriver à la discussion du premier moyen despotique.

(1) C'est aussi ce qui se peut dire t du faible yis-à-vis du fort ; du TÎkÎB ▼is'à^yis du nd^ej du pauvre yis^-vis du riche.

296 SCIENGB SOCIALE.

KSGLAVAGEy OU APPROPRUTI05 DU TRAVAIL BEEL, BU TRA- VAIL DE l'homme ; ET DROIT DE VIE ET DE MORT, MIS, SOUS L'SMPIRISMXy EN RAPPORT AVEC LA REGLE D*AGnOV^ LA JUSTICE, l'ordre.

« L'Anglais ou le Français qui, àa centra de d- ▼ilîsation où il est placé , jette snr l'esdange ni regard superficiel, qui s'arrête à Fécoroe, qvi n'embrasse qae le présent, ^oit dans ce fait me nsarpation de la force sur la faiblesse , «ne an»inalie morale, an abus, an crime qu'il faat foire cesser sar-le-cbamp et à toat prix; mais si oa enmine la chose de plos près, si on scrate la nature, si on remonte à son origine pour en étudier la came et les tîÊeiji, si, en un mot , on interroge Flnsteôe de rkumanité, on arrive à des résultats auxqueli on était loin de s'attendre.

• Lorsque noos conteraplontf Fantiqnité, nous sommes étonnés de ^oir l'esdavage admis ches toutes les nations. Elles étaient tontes dirisées en deux classes, celle des libres et cdle des esdaves; les deux populations se fondaient continuellement rose dans l'autre.

« Montesquieu a parfaitement décrit ce mouT»ment. Voici comment il s'exprime en ptriant des Romains : ,

« Le peuple fut presque composé d'affranchis, de façon que ces maîtres du monde, non-seulement ; dans les commencements, mais dans tous les temps, furent la plupart d'origine servile.

« Le nombre du petit peuple, presque ton* jours composé d'aàranohis ou de fils d'affranchis, devenant incommode, on en fil des colonies par le moyen desquelles on s'assara de la fidélité des provinces. C'éloit une circulation des hommes de toutTunivers. Rome les recevoit esclaves et les renvoyoit Romains. <•

• Tadte nou apprend que la dauedes affraochis était trèa-étciidiie; qa'im grand nombre de dieralien, et mène de aéaatennt lai doÎTent leur origiae.

■ Noua yoftmê des peuplée entieriy leifl que lee Kletes et les Juifs, rédoits en senritode. Noos sa* vvms qne les années des Arthes étaient composées d'esclaves. Les gnenres étaient presque continad* les, et il n'y en anât aaènne qnî ne ravit la liberté à an grand nombre d'individas. D*iin antre côté, leor industrie, la libéralité des maîtres, les cireon» stances critiques qui forçaient souvent à recourir aux esclaves pour augmenter le nombre des défenseurs de la patrie , en ftisaient passer un grand nombre de la servitude à la liberté.

« Nous sommes donc fondés à penser qu*fl n'est peut-être aucun de nous dont les ancêtres n'aient été esclaves, et que l'humanité tout entière a passé par Fesdavage.

« Un fait aussi général ne peut être dft à un simple abus de la force. C'est dans la nature des choses, c'est dans l'humanité même que nous devons trouver cette cause.

■Nous sommes forcés de conclure de là que Teedavage est une des phases par lesqndles l'humanité est obligée de passer dans sa marche progressive; qu'il était impossible qu'il ne ftt point, qu'il a été une nécessité, et par conséquent un progrès.

■ Cette eondusion peut étonner, cOe n'en est pas moins rigoureuse; elle n'est point déduite d'une vaine théorie, mais de fiûts incontestables.

m Cherchons donc quelles sont les causes qui eut introduit l'esdavage dans le monde, comment il s'est établi , et quds ont été ses effets sur la société? Ces recherches ne sont pas inutiles; il fiuit bien que l'on étudie à fond ce que c^est que la servitude pour s'en faire une juste idée, et savoir eonunent on doit en agir avec die.

« Pour atteindre ce bat, examinons les homnws dans l'état de nature, tds qu'on les a trouvés dans l'Amérique en génénl , et en particulier dans les Iles que nous habitons.

« Je dois préroir ici une objection qu'on pourrait me faire, en disant que mes raisonnements sont fondés sur l'hypothèse que l'état sauvage a été Té- Ut primitif de Thomme, ce qui n'est pas admis par tout le monde.

898 SCIINCB S0C1ALB.

• J« répond» que je ne prends ptt ee Mot jr>êtmê m ms abtola. Il déngne, dans cet écrit, l'onfiince d*aii peopley c'est-à-dîre sa position momie et physîqae à Tépoqne o& le sol est oovvert de bois ) que la jeaissance en appartient à tons, la prapriété à perwone; lorsque ragricnltore etlcs arts •ont ioconani ; qde la pèche, la chasse, les pradoits des forêts, oeax d'âne culture imparfaite et passagère, sont lea aeuls moyens de subsistance ; en un mot, lorsque la trftu existe déjà , la nation pas enove.

■ Peu importe ce qui a précédé; il suffit pour justifier nos raisonnements que tons les peuples aient passé par eet état ; or, c*est oe qu'il est impossible de esQtester. C'est celui dans leqnd se troufaient les peuplades de l'Amérique à Tépoque de la déooarerte de ce continent H n'est pas permis de douter qu'il n'ait également subsisté dans l'aneien monde, puisque les poètes, les phiknopbes, les orateurs , tantôt tous représentent les première législateurs réunissant les hommes eoeere sautages, leur enseignant les arts et Tagricultnrei tantôt nous parient d'un temps oà l'homnm habitait des troncs d'arines et se nov* riseait de glands.

m Je ne dksrehe pas d'oik tenait l'humanité, et eomment elle est parrenoe à cet état ; mais eoiiment die en est sortie.

m Le sauvage est chasseur, pécheur et guemor, il n'a auoan souci de PuTenir, le présent est toot pour lui ; nous antres, habitants deTancien moixle, U n'y a que peu de temps que nous soauaes délivrés de nos chaînes , une longue suite de siècles d'esclavage nous a fimiiliarisés avec le travail, îl est en quelque sorte entré dans notre nature; nous ne le considérons plus comme un malheur, mais k sauvage l'envisage d'un œil bien différent. H le loit dans tonte sa laideur, avec tous ses iacoBvéaiflnti; il le regarde eonme une peine corpordle; ry codtraindre serait pour lui une oondamnatioii. Sa sianièrede sentir sur ce point est oonfome aui toitares qui nous apprennent que l'homme, par Teffct de sa chute, a été condamné au travail. L'opisioe du sauvage est donc l'opinion primitive , odie qa a dé régner ches les premiers boeunee.

m L'humanité resterait statiennaire, cOe se se oemposerait que de peuplades sauvages, si le travail n'était introduit dans le monde.

scinci socuLB. S99

• Atabc» par la traTafl» tdle était b loi 4te llinflMnité. Senl, fl pcwvait conduira rhomme à cet état •odal, à Mlle cifilieatîon où l'appelaient sea destî* aéei f MIS il iUkit une force irréiisUble pour rimpoeer à des élref qui Tabhonrent, pour soumettre au Joug la natare ivide et rebelle du sauvage, pour lui lairs peidre la fougue et sa férocité, pour la transfiMmer m qualque sorte eu lui faisant oublier •et andaaa appétits , en le rendant propre à de naoTeUas habitudes, à une nouTclle vie.

« Cette foroe ne pouvait venir de Dieu , qui ne mat paa eontiaiiellenient la main à ses ouvrages , qui ne pourrait le faira qu'en détruisant toute liberté dans ee monde ; elle est venue de l'homme kipmème. Elle a été le résultat de sa situation physique et morale, de ses passions, en un mot des lais da ion orfuusatioa , en tant que destiné à bsaeîété.

• Oatta ionëf c^est Ymmclxwjmm , la tnmriihn imtUspmtioèiê à la mareke progreuive de rkuma^ mU, Biaminons donc comment il s*est étaUi, et quels en ont été les résultais.

« Les penpladca sauvages ne connaSssent point le droit dvil (1) , mais elles connaissent le droit des gens. Aucune portion de territoire de la tribu n'est la propriété d'un de ses membres ; mais le territoira appartient en commun à la tribu entiàre, qui y eieroe ^ exclusivement aux antres , le droit d'y camper, d'y pécher, d'y chasser.

« Les guerres doivent étra presque continudles ; en voici las nûsoaa :

« Les limitas ne pepvent être fixées d'une maaiàra ecrtaina, à cause des marais et des bois dont la terre est couverte; il n'existe aucun moyen de eoBstater les convoitions d'un traité , oa est obligé da les confier à la mémoire infidèla des hommes.

•i Chea les natieDa civilisée», une Me de routes

(1) lei M* le président de eoar royale le trompe. Les peuplades, même primitives, connaissent le droit civil. Ce dooit nait avec la société civile, dès qu'il y a deux familles juxtaposées ; et il nait avant le droit des gens. Du reste, nous prévenons ici que nous ne nous rendons nullement responsables des' propositions renfermées dans nos épigraphes. En les pUçant en tête de chacune de nos divisione nous avons désifé présenter à nos lecteurs des espèces de préludes devant les prédisposer aa Ion el an mode dans lequel nous allions nous trouver.

300 dCIfiKGR SOCIALB.

t'offrent à l'anbitioii, à racUfité qsi dévvn HMih ne; chei les MWfagM il a*ai czifte qoe den : b chaïae et Muioat k gmm. Lewt ezpkîti pOTfcit aeoli lear fttsnver Ift coBtidératMo delenr tribu. La psMioos étant en plu petit nombre, ont pir edi méneploe d'énergie. Le désir de se distiagner, n nataral à llionune, et rtaonr de la venfcuce régnent afee d'entant plus de forée dans knis osen, qu'ils y régnent sans partage.

« Leurs guerres, e'est l'extemination. Qoe feraient-ils des Yaincns? Us ne sauraient, cmm nous, les retenir prisonniers. Leur Tie emnte, lasr peu de moyens de snbsîstanee s'y opposent fl frst cependant qn'ib les mettent bôrs d'état de lesr nuire; il ne faut pas qu'ils s'exposent à les rstrouver un jour dans les combats ; il n'est pour edi qu'un moyen, la mort ! Pour le sautage^ Tvaa c^ssr sa DSFinnas. De là ce principe du droit des gens qui le régit, qu'il est permis de tuer les vaih eus. Ged n'est pas l'efliBt, mab la cause de si i^ Ithâté. Cammê.touUi Us loU kvmmuêt^ csUm* mUi d^vne «iossiri ni La sannuK acruiui m

LA. SOCIBTé,

• De ce principe découle une oonséqusnee, c'est qu'on peut réduire les vaincus ca serritnde : fu peut le plus peut le moins.

« Tut que c'est le principe qui est satri, ks peuplades restent stationnaires; mais dis «pek conséquence est mise en pratique, est adoptée comme règle, l'esdaTage s'établit, le tratafl ricat à sasuite, etrbumanîté entredans une pbase noanBe.

« Sans doute on a dft longtemps se borner ai principe sans songer à la conséquence; mais pii^ qu'elle était HécKssAïaa, il était impossible qoe, tôt ou tard , les circonstances propres à sa BiBi* festation ne se présentassent pat. Tout priscipe doit finir avec le tempe par se dérekippcr dssi tontes ses conséquences (1).

• Lorsque les Caraïbes s'emparèrent des Ues que nous babitons, ils les trouvèrent possédées pv une autre nation sauvage comme eux. Ils a'avskst

(1) Aussi, le principe raUon , essence de rhumanité, doit finir : ptf •e développer, dans toutes ses conséquences; et, par soumettre l'ha* manitc tout entière, au luisoiuiBiiianr ufoL.

qse trait puits à prendre: le rinoorparer, b ré- Mit en scrritode, rextermmer.

« Le premier pnrti éUit impoeeîble ^ les moyens de subsistance n'auraient pas suffi , leur orgueil d'aOlears s*y opposait ; ils n'étaient pas asses avancés pour songer au second; Us prireat le dernier.

« n en est de même de tonte nation sauvage qui conquiert. H faut qu'elle extersaine les taincns oa qu'elle en fasse des esdaves.

• Le parti qu'elle prendra dépendra de mille droonstances : de la nature plus on moins fertile de la contrée, de l'état actuel de ses idées religieuses, de sa puissance, de sa population , de sa constitution plus ou moins aristocratique.

n Unt idée qui, pendatit des tiUUs, ne ê'éimi priêtniée h pers<mnê,/UUi, lonque h mommU nt «rrvW, par éehre dans le cerveau étun hùm$ne» Elle ie révèle h ioue par fintemUdiaire d^un $eui^ Cette idée, c'est vmn niuaiov, un STStim iv-

TflA, uni SOCIXTB nOUTBLLl.

« Les nations conquérantes auront pendant long* temps, comme les Caraïbes, exterminé la nation conquise; mais on aura dit : Pourquoi faire périr ces hoBunes dont nous sommes les maîtres? Réservons-les pour notre usage. Cette servitude aura d'abord été très-douce : un peuple sauvage a pea de besoins ; la garde de quelques troupeaux, la enltore de quelques plantes alimentaires | comme le mais, auront été leur seiile occapatioo. La nation se sera tronvée composée de deux classes : les libres et les esdavei. Une de ces classes étant «kdusivement consacrée aux travaux domestiques et à la culture, les moyens de subsistance seront devenus plus abondants y plus assurés, les famines plus rares; les moyens d'échange auront fait naltie le commerce ; la nation se sera attachée de plus sn plus au sol, à mesure qu'elle en aura retiré plus d'avantages, et elle se sera âoignée de jonr en jour de l'état sauvage pour passer à l'état de barbarie..*

« Un grand fait s'est accompli, un grand principe est né dans la société : le droit de propriété tur Uê pereonneif vu âvtuu vazt, vn Aurai paivciPB tn siRA LX nisiriiTAT: le droit de jmopriété eur ie soi.

« Nous reriendrons plus tard sar l'origine de ces droits, les principes sur lesquels ils se fondent.

30S SGIBirCB SOCIALE.

Noos ferons coimitre lenn différanoes et ksn ftpports.

« Presque toat ce qae nous Tenons de dire était encore vrai chez les Romains. Les juriscoosnltcs de eette nation noos apprennent qne «ervt», odave, tient de tervare, conserver. — Sur k champ de bataille on pouvait tner son ennemi vainca oo le lédoire en sert itnde. Le réduire en servitude c'^ tait le conserver,

« Concluons donc, de tout ce qui préoMe, qve Pesclavage a été une conservation et un progrtt. Ainsi critiquer l'esclavage, c*est critiquer la oardie même de rhnmanité ; le lui reprocher, c*est lui reprocher d*être progressive.

« Ainsi Tesclavage, lorsqu'fl a paru, a adoadia ftrocîté des hommes en faisant cesser le carnage; il a Changé la face du monde en amenant le traTail h sa snite. H a fait franchir à Thumanité on espace immense; mais il Ta menée à un point ai ddà duquel il ne lui est pas donné de la oondoire. Xfh hrê il est devenu un obstacle. Ce point est, pour chaque peuple, le moment où le tra;rail peit se passer de Tesclavage. Abolir Fesclavage sans abolir le travail^ voilà donc le but qae toutpkHoêophcf tout législateur, tout vrai phUanthrofty doit se proposer (1). »

[De rajjranckissement des esclaves, psr M, Akdeâ Dt LA CBAEEiaaK, président es la cour royale de la Guadeloupe, — Peritt chez Renduel. 1836.— Pag. 7 à 18.)

— « Antre chose est Tesclavage dans le monde anden, antre chose l'esclavage dans le monde mo* deme ; ce qui serait un crime aujourd'hui, à casse de notre civilisation, peut avoir été une chose fod simple il y a mille ans. Aujourd'hui , en France, avec nos idées , un homme qui en achète oo qui a vend un autre , nous semble quelque chose de monstmenx. Cependant toute l'Europe n'est pu encore arrivée à ces croyances, à ces habitides, à ces idées. Quelquefois nous lisons dans les jotf*

(() fit comme, selon M. Michel Chevalier lui-même, le pire des eseUvages est l'esclavage collectif, le nègre de la Caroline et de la Virginie étant moins malheureux que le prolétaire français , il en résulte : que^ l'abolition de resdavage ne peut avoir lieu : que, par l'anéantineiDeDt du prolétariat.

8CIIKGB aociAtB. 803

BBitx iffiltiide (fi^tn homme a conduit sa femme iit narehé avec un lioou, et qn*il Ta Tendue quelqoei sebdlingB mt troquée contre une chèvre. Lee RuBseSy les Autrichiens, les Prussiens , les Turcs tilt des esdayes ; nos ambassadeurs en reçoivent a présoitti on peuvent en recevoir. Bien plos, iOOÈ ms peuples anciens, dont nous apprenons IVsloirt dans les tollégesy avaient des esclaves : lo Hébreux, les Perses, les Égyptiens, les Grecs, les Romams, les Gaulois; bien plus encore, des hommes dont nests admirons les livres ont été esclaves ou fils d^esdaves : Ésope, Térence, Plante, PhMre, Horace, et ils ne s*en plaignaient pas. Comment conoevofar alors la répugnance que nous avons aujourdlnd pour Tesdavage des nègres? Est-ce qu'un mulâtre est un plus grand personnage qoe Phèdre et que Térence? Non. Est-ce que nous sommes beaucoup plus éclairés que la ludée an temps de Salomon, que la Grèce du temps de Socrate , que Tltalie du temps d'Horace? Cela peut bien être ) mais, en vérité, cela nous semble si étrange h dire, que nous ne Tosons pas. Nous Croyons donc qn*31 y a dans notre opinion sur Testiftvage l>eaoconp de vérité et de raison sans ccmtredlt; mais ft y a aussi un peu de nos habitudes morales et de nos croyances politiques, ainsi que nous le disions.

« 11 n*y a pas un seul peuple ancien , un seul , dies lequel on ne rencontre Fesdavage, et nos colonies se trouvent dans le cas oà se sont trouvés tous les pays , les plus grands , les plus édairés , tes plos cflèbres, conune était encore la France au trebihme slède^ tomme est la Russie, comme est tootVOrient

«9lhantqn>m temonte dans l'histoire, on voit toujours fesdavage d^à établi. Il Test dans 1'/- Uadè, nrest dans la Genèse; il y a trois mille ans de cela. Tl y ast comme une chose déjà vieille, comme une dmse naturelle, simple, dont personne ne se plaint ni ne se vante ; l'esclave n'en est pas plus humble, le maître n'en est pas plus fier.

« À l'étadler dans «on histoire pi imîtî»e, on voit chèrement qne Tesdatage n*e9t pas une tsstitiitfen humaine, maïs un fhit prwiflentid; on ne l*a pas établi 9 ma» accepté (1). Si les hommes avaient

(1) lies fûts géoéraui, universels , dans la société, déôvfi&t : j>x ia

HtaÎMXÉ 80CIAU.

éUbli retebTftge, oomme a a été onivend, il aurait falla réUblir parUmt; il aanit iàJla qu'à nn junr donné, nne portion da geote linmaiB liât et garrottât Tantre, bypotbèse qui est contre les iaits, car, en font pays les esclaves sont plos Mmbreax que les maîtres. Bien plus, oomme nae pareille iniquité eût eoostitaé dans rhistoîre des esdaves une époque terrible, aoleandle et mémorable, le souvenir s*en serait consené qndqae peu et quelque part La captivité des Hébreux ea Egypte» qui n^était qn*une pure dominaUom poH' tique (i) sans aucune espèce d'esdavage eorpord, ne s'oubliera jamais. Or, il n'y a dans les livres d*aucua peuple, ni dans ses traditions, ni dans ses légendes, rien qui rappelle un assnjettissemait universel et violent des esclaves. L*esdange ap- - parait, an contraire, oomme un fait antérieur avx lois, aux gouvernements, aux tbéorictf ; un (kit primordial, naturel, spontané, inbérent à la condition humaine, et dont il est tràs-fadle d*ezpliqner la formation ; une manière d'être normale et logîqse h de certaines époptes kistoriçuee ; enfin une pliaie comme une autre de os qu'on nomme la civilisatioo.

«DanslIiistoireyresclavagesepréseBtedoncbeiScoup plus comme une fatalité que comme un criœ.

« Il nous semble qu'on n'y regarde peut-être pai d'assez près aujourd'hui , quand on se répand en anathèmes philosophiques contre l'esclavage ea général, en disant qu'il viole la dignité humaÎM et la loi naturelle. Cette opinion-là, qoe nous ne contestons pas en dle-méme , est nn finit des idéei chrétiennes édos à pen près vers le qontonièBe siècle ; du reste , l'opinion eontnire avait régné plus de deux mille ans, depuis Holse et Homère jusqu'à saint Louis. Il n'y a pas dans ions les éeriti des philosophes de l'antiquité, sans distinction de secte, une seule page, une seule b'gne, nn scd not qui fasse penser qu'ils regardaient TesdaTage oomme une chose contre nature; et ponrtant cette

(i) Ainsi, au sein d'une nation, û peut y avoir des bsclàtbs poiffi- QCK8. Nous prions nos lecteurs de remarquer : que , cette dénominatioB n'est point de notre invention ; et, de ne point nous la reprocher, comiw nouveauté, lorsque, nous viendrons à dire : que, les prolétaires sont des ESCLAVES politiques; c'est-à-diro : pbs esclaves sociaux; des bsoa-

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