TES COLLECTIFS
SCIENCE SOCULE. 30g
période de deax mille année! a été remplie par les peuples les plus éclairés , et par les intc^igeoces les plus hautes. Il n'y aura jamais de plus grands moralistes que Mdise, Socrate» Jésus-Christ; et cependant si nos philanthropes d'aujourd'hui avaient ahaoltanent raison, pour les temps anciens comme pour les temps modernes, il s'ensuiwait qu'il aurait été commis , pendant vingt siècles, par tout l'univers, ouvertement, au grand jour, un crime odieux, le plus grand des crimes, la riohition de la loi de nature, sous les yeux de ce que la pensée a de plus sublime, le savoir de plus profond, la vertu de plus saint, l'imagination de plus éblouissant, sous les yeux de Moïse, d'Homère, de Platon, de Virgile, de saint Paul, de saint Augustin, sous les yeux de tous les poètes , de tous les orateurs , de tous les historiens, de tous les philosophes ; et pas un d'entre eux n'aurait flétri ce crime, ne l'aurait signalé, ne l'aurait vu; et ce serait noos autres, peuples modernes, qui aurions découvert la justice, l'humanité , la raison , le bon sens , il y a de cela un peu moins de cinq siècles, vers l'avènement au trdne de la branche des Valois!
« Non-seulement les philosophes de l'antiquité n'attaquent pas l'esclavage comme une chose injuste, mais encore ils le défendent et l'organisent comme une chose légitime. Moise est tout plein de considérations calmes, simples, sereines, sur l'état des esclaves ; Aristote établit comme un principe qu'il y a deux sortes de nature humaine, celle des esclaves et celle des maîtres ; Platon cite ùes yw& d'Homère où il est dit que 'Jupiter n'a pas donné aux esclaves une âme tout entière ; Plutarqne nous représente Caton l'Ancien exigeant de ses intendants que ses esclaves et ses chevaux fussent traités avec le même soin ; saint Paul écrit aux esclaves d'Éphèse qu'ils doivent se tenir devant leurs maitres avec crainte et tremblement ; les monastères du moyen ûge reçoivent en donation ou achètent sur les marchés publics des milliers d'esclaves pour cultiver leurs terres. Enfin » il y a dans les temps anciens, de la part des hommes dont nous ne pouvons suspecter ni la moralité ni les lumières, un accord constant, unanime, non interrompu peadant plus de vingt-cinq siècles^ pour regarder l'esclavage comme un fait naturel, logique, normal ,
âOQi 8<:UE;Mgi SOCUUB.
freaYe înoonteaftaUe qa*0 ne Tiokit à leon yeu auciUKI loi preaière et essentielle de la jiatiue bnmne, parce qpie, si cela était, cette natsie offeasée et violée pMdaat tant d'années se serait plainte •i aurait poussé quelque cri.
« Chose singulière, et qui achère notre dèmoDStration , c'est que » durant toute Tantiquité et durant plus de k moitié des temps modernes, les esdaves. eia- mêmes nWt jamais réclamé contre le principe de TesoUntge. On cite dans Tliistoire trois ou quatre exemples de révoltes armées de la part des esclaves, mais toutes ont eu pour canse , non pas une résistance au dogme de la servitode, nais k redressement de quelque tort accidentel, on Tioobservaace de quekjue règlement établi. La plus célèbre est celle qui eut pour chef Spartaeus , os berger de U Thrace, qui avait été enlevé et venda. Qm a mfisie tort d*appeler cela la révolte des etda- ▼es, il faudrait dire la révolte des gladiateurs , ce qui est biea diiSb«nt. Plutarque, qui la rapporte fort au long dans la vie de Crassus , noos en apprend le motif, qui est de ceux que nous avons signalés. Un entcepreneur des jeux publics de Capoœ, nommé I^entolus Batiatus, avait acheté plnsieurs centaines de Gaulois et de Thnoes qu*il tenait enfermés , et qu'il contraignait par force à se battre entre eux , à outcance. Ces esdaves ne se plaignaient pas d'être esclaves, mais ils se pUigaaiest d'abord d'étse tenus enfermés, ensuite d'être obligés de s'égorger les uns les autres. Là-dessus ils forment le dessein , non pas de se révolter, mais de s'enfuir. Deux cents entrent dans les rôtisseries de rétablissement, s'emparent des broches, desoooperets , et se sauvent. Yoflà tout le coninence* ment de cette guerre de ^diateurs, dont les natvais orateur», les mauvais peintres, les masTais sculpteurs des temps modernes se sont emparés, et qu'ils ont considérée à tort comme le réveil de h liberté humaine parmi les anciens. Le principe de l'esclavage était antrement enraciné, aotreoat respecté, autrement solide; b preuve, c'est qn'îl dure encore en Asie. Il y a, du reste, dans Tbi^ toire romaine un exemple si frappant de Is saiDteté dont était l'esclavage pour, les esclaves euxmêmes ,. que nous ne pouvons pas ne pas le citer dans U matière que noflf traitons. Durant k le-
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etmde gaerr* paniqué, Annibal fit un assez grand MMbte de pnsooaiers et les Tendit, comme c^était rsMge. Douze auts environ forent achetés par de* Grées et aoMii^ dans le Péloponèse. C'étaieot des soldats roauiias, el par conséquent des citoyens, dc« hoomes libres*, ayant des droits civils et pofi« tiques f phu ou moins riches , plus ou moins instruits. O» ks distribua par les champs , et ils se mirent à caltivts la terre, comme leurs propres esclaves d*autreibis la cultivaient, avec autant d'ardeur et non moins de résignation. Us étaient •Bcote en cet état lorsque le sénat envoya une ar« mée en Grèce peur défendre la ligue achéenne contre Philippe et Macédoine. L'armée romaine demeura victorieuse sur tous les points; TituA Qttintius Flaminins, traversant la Grèce en maître, yeucoutra ces douze cents esclaves romains qui travaiUaieat. Ce fut une entrevue fort touchante; les frères, les pères, les fils , les parents, les amis se reconnurent et s^embrassèreut en pleurant; mais ce fut tout. L'armée du consul se remit en mar* che, sans que les soldats dissent aux esclaves : Venez avec nous; et sans que les esclaves dissent aux soldats : Emmenez-nous. On s'étreignit, on se dit adieu , et Ton se quitta. Seulement, comme cette aventure fit du bruit , les villes achéennes se cotisèrent pour faire «ne somme commune; on racheta ces douze cents esclaves cinquante écus romains par tête, et en en fit présent au consul, qui les af<« franchit. Ils rentièrent à Rome à la suite de Farmée, non pas comme soldats, mais comme affiranchis,'la tète rasée, et avec le petit chapeau; et ils ne redevinrent pas citoyens comme avant la guerre, mais ils restèrent patronés.
tt Ainsi, soit qu'on regarde les maximes des mo* ralistes les plus élevés de l'antiquité, et même les écrits des pères les plus renommés de l'Église, soit qu'on regarde la conduite des esclaves, à partir des temps historiques les plus reculés jusqu'au quatorzième siècle , on trouve que l'esclavage tsi considéré par les uns et par les autres, unanimement, um'versellement , sans hésitation , sans partage , comme un état social naturel , normal , légitime. Les UDraiisies n'y trouvent rien à redire , les esclaves mon plus ; les premiers le maintiennent sans fenosd»» les scceaids le subissent sans regrets;
lous y voient, non pas une ûistitatioa huBaioc, mais une forme providentidle et étemelle des socîétésy un fait dont personne n'a vu le commencement et dont personne ne prévoit la fia.
« L'esclavage , quand on le considère dans de certains pays et parmi de certains hommes, n'a pas cette immoralité qoi révolte avec raison les natiooi qui marchent à la tète de l'Europe. Noos ne noos sommes jamais sentis indignés ni contre les Hébreux, ni contre les Grecs, ni contre les Romaias, ni contre les Gaulois, ni contre aucun grand penpie de l'antiquité, parce que l'esclavage était un des éléments de leur constitution sociale. Nos pères avaient encore des esclaves il n'y a pas trois siècles, et nous ne rougissons pas de nos pères. Les Prussiens, les Autrichiens et les Russes en ont encore , et nous sommes les alliés politiques des Russes, des Prussiens et des Autrichiens. Quand M. de LamaKiiie, qui est un talent si élevé et si noble, s'est mis, sans y songer, au service de VEn^ cyclopédie^ il oubliait qu'il ne faisait que d'arriver du fond de l'Orient, où il a été servi par des esclaves; que les cheiks arabes, dont il vante si poétiquement rhospitalitéy vivent entourés de leurs esclaves ; que ce roi Salomon, dont il est allé chaoter la splendeur au pied des cèdres du Liban , avait dans sou harem cinq cents esclaves; et cette sujétion d'une moitié des hommes à l'antre moitié n'a répandu, sur les beaux pays qu'il a parcourus, aucune teinte de désolation ou de crime. Le discours qu'il a prononcé à la chambre, à l'occasion du budget des colonies, doit donc lui être échappé malgré lui , et sans qu'il y songeât sérieusement. Aussi n'est-il pas digne de la sagesse ordinaire de sa pensée. Mieux inspiré, inspiré de ses réflexions habituelles, il aurait laissé à M. Isambert cei axiome philanthropique qu'un homme ne se veod pas. Qu'est-ce à dire, en effet, qu'un homme ne se vend pas ? Est-ce qu'il ne se vend pas actneliement? Mais il se vend dans les deux tiers de la terre habitée. Qu'il ne peut pas se vendre légalement ? Mais les lois de vingt peuples autorisent à le vendre. Qu'il ne peut pas se vendre moralement. !^lais toutes les morales, et les morales lespia^ pures, permettent qu'on le vende; la morale de l'Ancien Testament le permet, la morale do P^
don le permet, la morale de l^Évangile le permet; Moïse ayait des esclaves, Socrate en avait , saint Aogastin en avait. Au nom de qaelle morale est-il donc vrai qu'un bomme ne se vend pas , puisque les trois plus grands moralistes de Innivera entier. Moïse, Socrate et Jésas-Christ , n'en condamnent pas la vente?»
De Fesclavage aux colonies firtmçaiieê^ par M. Grahieh db Cassagitac, pag. 13 à 20.
— « Le prolétaire en France est plus complètement désbérité du patrimoine commun que l'esclave dans les colonies. Celui-ci , quand il est chez sop maître, est en quelque sorte chez lui. Il y trouve nourriture, logement, soin et terres à cultiver ponr son nsage ; ces avantages , il les doit moins à la volonté de son maître qu'aux rapports de réciprocité du maitre à l'esclave, rapports qnî sont sano» tionnés et réglés par la loi.
« Le prolétaire, au contraire, ne peut s'écarter de la grande route on sortir de la me sans se trouver sur une terre étrangàre, dont on peut le chasser à l'instant même. 11 n'a droit à rien. Il peut périr de froid devant la maison bien chaoiTée dn riche, mourir de (aim devant la boutique du boulanger. Il n'a pour lui que son travail, et ponr travailler il faut deux choses : la santé qui le lui permette, et quelqu'un qui veuille l'employer; et cependant il est membre de la même tribu que nous, ^t en£int de la même patrie.
« Le choléra a exercé ses ravages à Londres. Lorsqu'on a comparé le chiffre des décès de cette année désastreuse, en apparence, avec celui des années précédentes , on a été étonné de la tromver moins élevé. On a expliqué ce résultat inattendu en disant que les souscriptions laites par les ri* ches en fiivenr des pauvres, leur avaient fourni les moyens de mieux se vêtir, de mieux se chaiAcr ^'ils ne pouvaient le (aire avant l'apparitfon de la maladie.
• Ainsi la misère et tons les maux qu'elle traîne à sa suite, font, chaque annal, périr pins de monde dans cette tapitale, que n'a pu en Moissonner un fléan qui épouvante l'univers ! Le cMéra a été un soulagement pour les pauvres de Iâ>ndres ! Atpu ierrible, digne de la médiUUon de l'homme ^t- («t et da philosophe!.»...
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« Qv6 dire BAiiiienant de rirlaade, de Psuii, etc. « Toici comment M. Foarier s^exprime :
« Les joarsanic de Dublin, 1826, disent: « n règne ici une épidémie parmi le peuple; les malades qu'on emmène à l'hôpital guérissent dès qu'on leur donne à manger. Leur maladie est donc la faim ; il ne faut pas être sorcier pour le deviner, puisqu'ils sont guéris dès qu'ils trouvent à manger.
« Les ouvriers français sont si misérables que, dans les provinces de haute industrie, comme la Picardie, entre 'Amiens, Cambrai et SaintrQueuiin, les paysans sous leurs battes de terre n'ont pas de lit Ils se fonnent des couchettes avec des feuilles sèches qui, peo* dant l'hiver, se changent en fumier plein de vers ; de sorte qu'au réveil les pères et les enfants s'arrachent les vers attachés à leur chair. La nourriture, dans ces huttes, est de même élégance que l'ameublement On citerait une douzaine de provinces où la misère est au même degré : Bretagne, Limousin, haute Auvergne, Gévennes, Alpes, Jura, Saint-Ëtienne, et même la belle Touraine. ■
« On lit des choses si étranges dans les auteurs qai ont écrit «nr ce snjet, et entre autres daos l'ouTrage de M. de VilIeneuTe-Bargemont, qu'elles paraissent incroyables, et qoe je n\)se les rapporter.
•> Lorsque nous sommes accontamés à on objet, et surtout lorsque notre intérêt s'y rattache, doos n'en voyons pas le côté faible. Tel philanthrope qui croit que rien n'est plus affreux , n'est pioi injuste que Tesclavage dans les colonies ; qui s'écrie qu'il faut le détruire tout de suite et à toot prix, ne se doute pas que sa propriété sur des riches domaines, au détriment d'un si grand nombre de ses concitoyesa, u 'zst pas plus paule « jns*
TXFIER qiQK HOS IHLOITS SUE NOS ESCLAVIS ; ÎI SA'
pitoie Mf leor sort, et il n'a pas l'air de s'aperce- ▼oir de ce cMitraste hideux qu'oftre la métropole : des ridies plongés dans toutes les joaissanees do luxe , des firolétaires qui meurent de faim et de froid. Il trouve fort injustes les draits de chasse, de pêche, etc., que la loi accordait aux seigneurs. D'ua autn o6té^ il est persuadé que rien o'eii
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ph» Mme kS^bftfl qne ]a loi sur laqnelk tepose^sa impriété à M\ «t cependant quel terrible droit wignearial que cekii d'aiter et d'abnser, à Texclntion des antres, d'une portion du globe, des eaox, des forêts qnVlle contient, de Tatmosphère qui l'enTironiie !
« Et qui 11008 dit qu'elle subsistera tonjours tette pVopriélé foncière (1)? Qui nous dit que le dernier développement du christianisme , la dernière phase de Thomanité, ne sera pas la société, noins cette propriété?
• Supposons qu'il existé quelque part une so^ ciété fondée sur le principe que le sol appartient à tous les citoyens. Qn^il arrive âeux étrangers, que Tun dise :
« Le pays où je suis né est peuplé de nombreuses tribus; chaque tribu a son territoire. Chacun de ses membres a le droit d'y chas» ser, d'y pécher, de planter et de récolter. Nous avions des guerres fréquentes avec nos voisins; nous donnions la mort aux vaincus^ afin de diminuer le nombre de nos ennemis, de n'être pas plus tard tués par tnx ; tuef , c'était nous défendre. Plus éclairés, plus hu* mains, au lieu de les tuer, nous les rendons esclaves, nous concilions l'humanité et notn» sûreté, nous jouissons de leur travail ; mais iU jouissent de nos lois et da notre protection. Ils travaillent pour nous, mais ils travaillent aussi pour eux. Ils sont yétus, nourris, soignés. »
• — Que l'autre dise : -
« Dans ma patrie, le sol appartient à quel* ques familles ; les autres citoyens n'ont droit à rien ; ils vivent , s'ils trouvent à s'em* ployer; ils végètent, ils meurent, s'ils ne trouvent personne qui veuille leur donner de l'ouvrage. »
n Quelle est, pensei-ïous, celle de ces deux sociétés qui paraîtra s*écarter le plus des principes du droit commun et de l'équité?
(I) La distinction , relativement au droit, entre la propriété indiWr duelle foncière et la propriété individuelle mobilière; l'injustice de la première, et l'incontestable justice de la seconde; ont été établies dans an ouvrage intitulé : du Pacte sockU, publié en 1834, ouvrage que persoane ne connaît.
« Qae eondare de ces oontidérationi? Qn*0 fast détrnire la propriété foncière (1) ? Non ; qu'il fut la respecter et laiêêer faire Vhumamtê, qid, dam sa marche , adoptb des principes nécestmre* a ses fins, qu'elle rejktte plus tard, lorsque, leur * o6jet étant rempli, ils ne sont plus que des ou-
TACUU. Le LÉGISLÀTEim NE VAIT PAS CES TEAXS-
poEMATioirs , IL LES DÉCLARE. »
De r affranchissement des esclaves, par M. de LA Cbarbierb, président de la cour roya/« de ta Guadeloupe, pag. 25 à 29.
Nous venons de placer, en tête de cette subdivision, de bien longues épigraphes. C'est, que nous aimons à constater : que, nous n'inventons rien ; que, nous ne faisons que rapporter, que coordonner : des connais-' sauces déjà existantes.
Déjà, nous avons dit : que, l'expression travail humain, travail de l'homme, était une expression matérialiste ; et, que l'homme seul travaille. Mais, comme il n'appartient qu'au temps, développant seul les besoins, de changer le langage ; il nous suffit d'établir nos réserves, en nous servant des mauvaises locutions résultats de l'ignorance.
La famille physiologique, devenant immédiatement une société rationnelle ou plutôt raisonnante ; et, cette société primitive étant l'unité moléculaire de la famille politique ; c'est dans la famille physiologique^ devenue raisonnante^ que nous devons rechercher : l'origine de l'esclavage ; et, du droit de vie et de mort.
(1) La propriété foncière individueUe? Oui, il faut la détruire : quand a maintenir causerait^ la mort de rhumanité. Quant à vouloir détruire a propriété foncière, en tant qu'appartenant à Thumanité, cette prétention serait aussi insensée : que, de vouloir détruire le soleil.
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Sous rempirisme, et pour la famille politique, la règle, la justice, le droit, sont exclusiTement relatifs : à la plus grande force intellectuelle. Mais, c'est pour au* tant : que, celle-ci dispose des forces matérielles des individus. Alors, la majorité, acceptant la règle, maîtrise les passions, et même la raison : de ceux qui ne voudraient pas s'y soumettre. Il n'en est pas de même dans la famille physiologique, considérée en dehors de la règle sociale.
Là, c'est la force matérielle guidée, par la passion, qui établit la règle ; et l'homme, étant organiquement le plus fort, l'appropriation du travail des membres de la famille, et même la disposition de leur vie, deviennent de droit , de justice : dès que celui , d'où dérive cette plus grande force, juge ces conditions nécessaires à l'existence de l'ordre.
L'esclavage de la femme est ainsi primitif, naturel, c'est-à-dire : organique ; et, dès l'abord purement domestique. Bientôt, cependant, il devient politique, en ce qu'il divise le genre humain en deux castes : l'une de sexe noble ou d'individus libres : par cela seul qu'ils sont les plus forts ; l'autre de sexe vil, ou d'individus esclaves : par cela seul qu'ils sont les plus faibles.
De la noblesse de sexe, aux noblesses de primogéniture, de sang, de peau, de richesse, il n'y a que des gradations. £t, sous l'empirisme, entre les nations comme dans les familles, où une règle ne peut avoir de sanction que la force matérielle ; c'est toujours cette force : qui établit le droit. Seulement, ainsi que nous Vavons dit, c'est la plus grande force intellectuelle qui
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s'en empare. En dehors de rempirisme, ce n'est plus la plus grande force intellectueUe, force toujours mensongère ou illusoire, par cela seul qu'elle est relative; c'est la force intellectuelle réelle^ absolub : parce qu'elle est vÉRiTi.
Dès, que l'esclavage de la femme est ainsi légitimé ; l'esclavage des hommes vaincus dans les guerres, alors inévitables, devient Intime à son tour : par l'emploi de la plus grande force matérielle, toujours nécessaire à l'existence de Tordre.
L'esclavage de l'homme, individu; entraîne l'esclor vage de l'homme, famille.
Voici, pour le vainqueur, le raisonnement de l'empirisme.
« L'homme qui attente à ma vie, je puis lui donner « la mort. Je dispose donc de sa vie. Ma femme me « sert, elle qui est la moitié de moi-même» A plus forte « raison tu me serviras, toi à qui je laisse la vie. Sois « donc libre^ sois affranchi de la mort immédiate, sois « comme ma femme assimilé à moi-même : Sais tnon « esclave l »
Mais, les guerres entre les familles, d'une même circonscription, troublent l'ordre, alors exclusivement relatif aux passions dominantes ; et, l'ordre ne se rétablit : qu'à la voix du despote, gouvernant la circonscription.
Dans ce cas, voici également le raisonnement empirique du despote, lequel, au moyen de la force et selon ses passions, dit à son tour :
« Nous réglons les différends des sujets, des soumis
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< à la règle ; et, au nom de la force que nous pos- • sédons ; et, au nom de l'ordre, base du droit et de « la justice, dont nous sommes régulateurs ; la vie des « sujets nous appartient : Nous donnons justement la «( mort : à ceux qui refusent de nous obéir. »
n est Trai : que, par. ce même raisonnement empirique, que le despote vient d'énoncer, tout despote, qoi vient à perdre la force nécessaire pour maintenir Tordre, perd, justement aussi, la liberté ou même la yie : par les mains du nouveau chef, qui, comme devenu nécessaire à Texistenee de Tordre, possède, de droit : la force à son tour.
C'est, que sous l'empirisme; et, nous ne pouvons trop le répéter : la justice est nécessairement subordonnée à Tordre. C'est, seulement, lorsque le raisonnement réel est devenu nécessaire à l'existence de Tordre social ; que, Tordre peut être subordonné : au raisonnement réel, au droit réel, à^la justice réelle.
Le résultat des guerres entre les despotes ; c'est-àdire : entre les circonscriptions qui leur sont soumises ; est toujours : de faire des esclaves.
Lorsqu'ensuite, il y a plus d'esclaves, que la sécurité (le Tordre ne permet d'en garder ; on les tue ; si, même on n'a commencé par tuer ses ennemis, ce qui est pluB probable. C'est un droite toujours relatif à Tordre; un droit de conservation ; un droit de justice empirique.
Ainsi, sous l'empirisme, l'esclavage et le pouvoir de disposer de la vie de l'homme, sont : dans le droit.
ESCLAVAGE, ET DROIT DE VIE ET DE MORT, MIS EN RAP- PORT : AYEG LA VALEUR DE l'expressiou : HUMANITÉ.
M On prétend qu'il y a des peuples entiers qui ont des.queues comme les quadrupèdes.... Tons ces faits, dont il est aisé de fournir des preuves iocostestables, ne peuvent surpreiylre... Toutes ces ob^ servations sur les variétés que mille causes peuvent produire, et ont produites en effet, me font douter si divers animaux semblables aux honunes, pris par les voyageurs pour des bètes , sans beaucoup d examen, ou à cause de quelques difRhrenees dans la conformation extérieure, on seulement parce que ces animaux ne parlaient pas, ne seraiest point, en effet, de véritables hommes sauvages doat la race dispersée anciennement dans les bois n'avait eu occasion de développer auettne de ses facultés virtuelles, n'avait acquis aucun degré de perfection, et se trouvait encore dans Fétat priniitif on de nature.
« On trouve dans la description de ces prétendus monstres (orang-outang et mandrille) des conformités frappantes avec l'espèce humaine, et des différences MomDnxs que celles qu'on pourrait assigner d'homme à homme. On ne voit point daii.< ces passages les raisons sur lesquelles ces aoteor» se fondent ponr refuser aux animaux «s question le nom d'hommes sauvages ; mais il est aisé de conjecturer que c^est à cause de leur stupidité, H anssi parce qu'ib ne parlaient pas, raisons fxi-' BI.BS pour ceux qui savent que, quoique Torgaoe de la parole soit itàturkl à l'homme , la pan^ elle-même ne lui est pourtant pas satobelle. •
Rousseau , de F Inégalité des amditiotUt f*^ mière partie.
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— «c Toute la difTérenoe entre let esclaves et les bétes, c*est[qae les bêtes ne participent aaconemeut à la raison, et n*en ont pas même le sentiment, et n*obéissent qu'à lears sensations. Les esclaves sentent bien la raison dans les autres , mais n*en ont pas enx-mémes Tosage. Dn reste , Tosage des esclaves et des bêtes est à peu près le même, et Ton en tire les mêmes services ponr les besoins de la vie. »
AaxsTOTE, PoliUquê, liv. I, ch. 4.
Avant de comparer aux faits historiques, les résul- . tats de rempirisme, tels que nous venons de les trouver, faisons observer : que, nous venons d'admettre pour les signes homine^ humantié^ les valeurs données par Tempirisme lui-même ; et, que ces valeurs ne peuvent être que des préjugés : aussi longtemps qu'elles ne sont point déterminées : par le raisonnement