MORAL
« Dans la condition actadle de l'industrie (3), point de lendemain assuré. C'est le sort commun de l'ouvrier et du maître, avec cette seule différence que, poUr le maître, \t lendemain est à une distance d'nn an ou de six mois, tandis que pour l'ouvner il est à une semaine on à vingt-quatre heares. Or, la pins précieuse des richesses, c'est la certitude du lendemain (4). C'est comme un
(1) De la mUère des dasses laborieuses en Angleterre et en France^ par E. Boret.
(2) Nous capitalistes, remarquez-le bien.
(3) Encore une fois c'est de Vorganisaiion sociale qu'il fallait dire.
(4) Celte richesse appartient : à resclavc domestique ; au nèjçre de nos colonies.
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de ces talismans des légendes orientales , dont la perte change aux yeux de celuî qui en est dépoaUlé I aspect de la nature entière, tout, jusqu'à la teinte de la végétation et Téclat du soleit L'homme à qui elle est ravie est campé dans la société, il n*y est pas établi. Sans lendemain, pas de foyer domestique, pas de famille ni de bonnes moeon. Pour l'homme qui n'a pas de lendemain, t/xvtst.-
LIGEHCB (1) BST UV DOS FVIfaSTE, ET 1.4 PACULTE DE PREVOIE, «TE TORTURE.
•* Évidemment,^ Messieurs, c'est là une situation violente, contraire aux conditions de tonte société, anx immuables lois de l'ordre universel , au vœu de la civilisation , à la mission de l'homme sur la terre, et, je tiens à en faire la remarque, à la nature intime de Vindttsirie (2), qui aime la sécQrite.
« Si elle se prolongeait, le maintien de la société elle-même serait impossible. Car quelle chance de stabilité peut ofTrir un régime social (3) où Tei^isteuce matérielle d'nn nombre immense d'hommes est de l'instabilité la plus extrême? Sur quel avenir compter là oii nne grande quantité de citoyens n'a aucune garantie pour le lendemain le plus immédiat?
« Pnis nous noos étonnons de ce que le sol tremble sous nos pas et de ce que le gouffre des révolutions ne peut pas se clore !
« Cette situation est particulièrement insootenable et menaçante en France, car chez nous l'ovvrier a le droit, quand il souffre, de répéter cetle exclamation que le prince des orateurs romains mettait avec nn accent d'énergique désespoir dans
(1) C'est sans doute, U développement de Vintelligence que veat dire l'auteur; alors, le nègre esclave est mille fois moins malheureux que le prolétaire; et, sî on suivait les conclusions de l'auteur, qui place les maîtres sur la même ligne que les prolétaires, quant à un lendemain, le nègre esclave serait moins malheureux, serait plus riche même, qae le baron Rothschild.
(2) Dites donc à la nature intime du capitaliste. Le capitaliste veut la sécurité» même aux dépens de la justice ; Vintelligence veut justke et sécurité.
(3) Voici la preuve : que, par constitution de Pindustriê, ranteor entend : régime toeial ou organisation sociale.
la boDcIie cThii cîtoyeD biqnement condamné par na odieux proMwnl : Je suis un citoyen de Rome, na fils de la reiae du monde, civts sum Romanus! Et à la couMÛssaiioe de ses droits, Tonvrier français joint le scnliment de sa force ; car il y a dix ans il renversa on trône en trois jours, et de toute part on Texciie à ne pas l'oublier. Autour de lui , toet est calculé pour qu'il s'en souvienne.
« Pour sortir de ce labyrinthe, il n*y a que deux issues. L'une mènerait à une féodalité industrielle, où les masses laborieuses, traitées comme des mutins, seraient de nouveau condamnées au sei-vage. On lenr éommanderait d'oublier à jamais cette loi d'égalité qu'elles s'étaient flattées de conquérir en baignant l'Europe de lenr sang et en parsemant le monde de leurs os , et on les tiendrait barricadées dans les| geôles de Vinduslrie]^ comme dans l'enfer dn Dante, sans espoir! L'autre issne, peu explorée encore , et où l'on ne peut s'avancer
qu'à tâtons,, conduit à l'association
« C'est une œuvre qui glorifiera la civilisation. Je me hâte de le dire*, cependant, ce n'est point à l'économie politique seule qu'il peut être donné de l'accomplir. La science économique est appelée à y contribuer pour une bonne part, mais c'est AVANT TOUT uke obuvrb morale. «
BL Mi(-hii.Cbbvat.isr, Cours d'économie po^ • Uiique, professé au collège de France^ diS' cours (Touverlurc (!).
— « J'admets très-bien qu'une vieille société puisse vivoter, au jour le jour, un certain espace de temps, quand bien même les hommes qui savent et qui peueent seraient gouvernés, tandis que Vignorance et Vimpinssance trôneraient; mais, avec de pareilles conditions, il est impossible de rien fonder, de rien entreprendre de nevf; c'est l'anarchie, c'est le monde renversé; ce qui est en haut devrait être en boa, ce qui est eu bas, en haut; c'est, en OD mot, Tftge social où se font les révolutions qui ditruistuty mais non pas celles qui créent; c'est laFraacede 1780 à 1793.
•* Or, longtemps encore après que ce renversement ménÂtabU est opéré , et que la société s*est
(1) Ea prononçant ce discours, M. Chevalier avait à sa droite, un andCB pfésident en consett des ministres, appartenant à Tancienno aristocratie.
pour ainsi dire retournée^ beaucoup d^bommes ooDserrent, par éducation et par habitude, le princi])e qui a très- légitimement provoqué et faTorist' ce bouleversement. Bien des gouvernés prétradeiit savoir et pouvoir plus que les gouvemuits, et quelques gouvernants eux-mêmes sont souvent di.^posés à croire qu*en effet il doit en être ainsi; c'est ce qui s^appelle, dans Thistoire des nations, Vépoque de la souveraineté du peuple, pendant laquelle, en efTet, les gouvernants marchent à la remorque des gouvernés , on du moins sont obligés d^employer des moyens détournés pour les entraîner, et> s'il faut le dire» de paraître vouloir le contraire de ce qu'ils désirent leur faire faire.
« En pareille circonstance, la société est divisée en deux parties à peu près égales, qui se (ont cootre-poids : le gouTemement à bascule est inva)li% on cherche entre le parti du pouvoir et celui de Yoppositiofiy entre le o/rt et le mm, un certain éqoi* libre impossible, puisqu'il n'est ni oui ni non; on oscille, mais on ne marche pas ; on hésite, on dontr. on ne fait rien , mais l'on parle beaucoup. Celtc époqne est nommée pariemen taire,
« Enfin il arrive un moment où Ton commoir^ généralement à rougir de l'impuissance d'un graud peuple qui ne peut plus rien faire de grand; ou Ton rédéchît , en bas comme en haut , à la caa»réellede cette impuissance; où Ton s'aperçoit qoe les gouvernants n'osent pas gouverner, et que les gouvernés ne veulent pas obéir, parce que, den deux côtés, on ignore également ce t{VitVintéréi de tous réclame ; et alors les hommes qui brûlent de rendre à leur patrie sa grandeur perdue, qui sonffrent de la voir s'épuiser dans des luttes intestines, dans des entreprises mesquines on enlravées si elles sont capitales , qui sont ennuyés de son vain parlage, et honteux de la voir déchue du nn^ qu'elle occupait dans rassemblée des peuples; ces hommes appellent de tous leurs vœux le moment où un gouvernement, diuke REPRKSxirTAnT pes DESTXXHKS soc r A LES, oscra commander^ et on !<: peuple s'empressera et se glorifiera dtobéir, •
be la colonisation de t Algérie, par M. B*-
FAUTIff (I).
<1) M. Enfantin fait partie d'une commission nommée par k gtmttf' nement pour (aire un rapport sur celte colonisation.
FAITS HISTORIQUES RELATIFS A l'ESCLAVAGE DAHS LA