‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 33 sur 79 · FAITS HISTORIQUES, RELATIFS A L*ESGLAVA6E LEGAL · texte numérisé non relu

FAITS HISTORIQUES, RELATIFS A L*ESGLAVA6E LEGAL

EXPLICITE OU IMPLiaTE.

«Chose étrange! Tandis qne les hommes do passéj unis à ceux qui ont recueilli la soooessioD immense eDcore des abns du passé , s^entcndeot pour perpélaer ces abus à leur bénéfice, poar imprimer à la société on mooTement rétrograde; d'antres hommes , divisée (tailleurs sitr presque tous les points^ affectent de se dédarer les défenseurs, les oontinnatenrs de TœnTre commencée par leurs pères. Chacun d'eux se présente avec ses idées, ses Tues, son système ; et il n*est pas an de ces systèmes qnî, partant du principe théorique de 1.4 UBisTs, ne conclue de fait au despotisme.» Là McRRAis, Amsckaspands et Barvands, p. 100.

— Tous les empires, toutes les prétendues républi ques des temps fabuleux ou historiques, ont eu des esclaves : légalement et explicitement.

Aujourd'hui encore, le monde est couvert d'esclaves : soit de droit ; soit de fait.

L'Europe elle-même est chargée d'esclaves âe droit. Et, la France, qui se prétend à la tète de la civilisation, renferme, aur trente-six millions d'habitants, au moins vingt-six minions d'esclaves de fait. Nous le prouverons également (1).

Quant à l'esclavage, relatif aux sociétés considérées

(1) Voyez : L'économie politique source des révoMému^ tom. L

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dans leurs rapports entre elles, il existe nécessairement : aussi longtemps que l'unité de droit réel n'existe point au milieu de Thumanité ; aussi longtemps que les guerres sont possibles ; aussi longtemps que les nationalités ne sont point anéanties.

Nous savons : qu'il nous sera objecté : que le droit DES GENS existe.

Nous en parlerons ailleurs, de ce prétendu droit (1). En attendant, qu'il nous soit permis de présenter, à ce sujet, le tableau de notre premier coloriste.

— « Voilà ce qu*est chaque peuple considéré indÎTiduellement. Us ont^ en outre, des relations mutuelles, réfutées parce qu*ib nomment le D&orr DBS GET^s, sur Icquel les pédants ont écrit de gros livres, où nos maximes (celles des génies du nia\) et celles des Izeds (les génies du bien) sont tellement niêlées, confondues, que toi-même, Astouiad , je te défierais dV magiuer un chaos plus inextricable. Il en résulte que, dans les querelles, chacun a toujours le droit de son côté ; grande et sublime consolation féritablcment lorsqu'on s'entr' égorge. De plus , le mélange des principes a ceci de commode , qu'il permet un partage. On garde pour soi les nôtres, très-naturellement préférés ; on cède aux autres ceux des Izeds^ on les leur impose même. C'est alors qu'ils sont beaux, et respectables, et Yénérables. Mais personne n'en voulant que pour autrui , on se les renvoie, on se les jette À la tête, de sorte que ce pauvre droit izédien passe sa vie en l'air.

« Au reste, dans la sphère politique, les rapports entre les peuples dépendent exclusivement de Savel (esprit de violence) et de moi (2). Nous gouvet^nons souverainement lemonde^ en gouvernant ceux qui le gouvernent. Une question , une seule , est constamment posée dans leurs conseils, la quc>tion d'intérêt, la question de puissance et de richesse, d'orgueil et de cupidité, de cupidité surtout. 0 Dew ! de quelle vive émotion tu dois ressaillir à la vue de ce reflet de toi-même !

(c Cependant, il ne suffit pas de se proposer, en dehors de toute idée de justice , de tout sentiment d'équité et d'humanité , son intérêt pour bot unique; il faut encore atteindre ce but, et c'est ici que commence le rêle de Savel et le mien. Il ne serait besoin que de lui , si la force était en chaque peuple proportionn'^lle a sa convoitise, chose impossible évidem-

(t) Voyez : L'économie politique source des révolutions, tom. IV. (2) Esprit do mensonge.

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ment U n'existerait alors qu'un peuple qui sa déTorerail lai*iiiéiiie. Ce sertit pour nous, sans doute, un magnifique triomphe, mais il est audessns de notre pouvoir. Les forces respectives , quelles qu*en soient les oscillations, se balancent assex, soit directement, soit en se combinant, pour qn^k la longue aucune ne prévale. Si l'une s^éteint, il en naît une autre^ et le combat subsiste toujours. Lors donc qu'un peuple rencontre la li-^ mite de sa force ^ qu'il ne peut accomplir ses desseins par la pure violence, qu'elle y deviendrait même un obstacle ^ je l'introduis dans une autre voie^ je lui ouvre les trésors inépuisables de la ruse. La guerre se transforme ; silencieuse et secrète, elle prend le nom de diplomatie.

« La diplomatie, Âslouiad, est le sacbbdocb de L'iHTÉaAr, et j*en suis le grand-prêtre. Elle a deux objets principaux : faire son bien et le mal d'antrui. Qu'une nation , par exemple , en ruine une autre , n'y trouvfttelle aucun profit direct, elle acquiert du moins une supériorité relative de richesse, par conséquent de puissance. Voilà le bien^ voilà un acte pieux et méritoire du cti{/e de soi. Le diplomate doit donc être exempt de tous les vices qu'engendre la morale de nos rivaux , des scrupules du devoir, des faiblesses de la sympathie ; il doit constamment tenir sa pensée dans la direction de la tienne^ froid , sec , dur, impassible, impitoyable au dedans, de quelque apparence qu'il lui convienne, pour mieux arriver à ses iias^ de se parer au dehors.

« Ses fonctions, très-variées dans le détail, se réduisent, quant au fond, à une seule : tromper. Qu'il se taise, qu'il parle , qu'il affirme, qu'il nie^ insinue, conseille^ il n'a pas d'autre but. Ses discours, son silence, sa figore, son geste^ ses caresses^ ses colères , tout en lui ment ; mais il faut de l'art, et la vérité est quelquefois le sublime du mensonge.

u Un réseau d'intrigues souterraines qui, partant de chaque cabinet, se croisent en mille sens divers, recouvre surtout les pays civilisés , comme OD les nomme. Ils ont de secrets sanctuaires où s'accomplissent les mystères auxquels tu présides, où, escortés de la ruse, de la perfidie^ de la corruption , les pontifes de notre loi , les maîtres des peuples , viennent se combattre dans l'ombre , ou signer des pactes d'oppression pour le genre humain, leur commune possession. Puis, de ces antres sacrés, on les voit sortir resplendissants de Tauréole dont se couronne leur tête , les mots de justice, d'humanité, de liberté même sur les lèvres, au grand attendrissement du troupeau que va tondre leur main paternelle. Et encore s'il n'é* lait que tondu? Mais je lui ai réservé mieux.

« Est-ce que ce mensonge gigantesque qu^on appelle société ne te raûi pas, Astouiad? Est-ce qu'il ne te parait pas un magnifique monument de ma gloire? »

Boschap (esprit de mensonge) à ÀHouiad (qui ne pense que le mal).

(La Mbnnais, Amsch. et Darvands, p. 284.)

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