‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 38 sur 79 · X.IGI01CS IlfCOKCZT.ZABLis · texte numérisé non relu

X.IGI01CS IlfCOKCZT.ZABLis

La MEirif aïs , Amschaspands et Darvands, pag. 69.

— « Les corps politiques restant entre eux dans Tétat de nature (n'ayant que la force pour droit) se ressentirent bientôt des inconvénients qui avaient forcé les particuliers d'en sortir, et cet état devint encore plus funeste entre ces grands corps qu'il ne l'avait été auparavant entre les individus dont ib étaient composés. De là sortirent les guerres nationales, les batailles, les meurtres, ces représailles qui font frémir la nature et choquent la raison, et tous ces préjugés horribles qui placent au rang des vertus l'honneur de répandre le sang humain. Les plus honnêtes gens apprirent a compter parmi leurs devoirs celui d'égorger leurs semblables : on vit enfin les hommes se massacrer par milliers, sans savoir pourquoi ; et il se commettait plus de meurtres en un seul jour de combat , et plus d'horreurs à la seule prise d'une seule ville , qu'il ne s'en était commis dans l'état de nature (1}, durant des siècles entiers , sur toute la face de la terre. Tels sont les premiers ^fets q\Con entrevoit de la division du genre humain kh Dirpâ-

nCRTIS SOCIÉTÉS. •

RoussBAtr, de TlnégaUté des conditions,

(1) RoosBeao ne savait pas : que, Tétat de nature, considéré en dehors de Tordre social, n'a jamais existé.

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L^SBIPIRISME DESPOTIQUE A UN INTÉRÊT d'eXISTENCE A FOMENTER LES PASSIONS; ET PRINCIPALEMENT : LE FA- NATISME religieux; et, le fanatisme patriotique.

« Ces liaines si animées, si persévérantes, c€ patriotisme étroit et barbare^ quel en était le premier principe, si ce n'est Topposition des coites i<Io1âtnqnes ?

L\bd£ de là Mekkais, de la Religion considcrce dans ses rapports, etCy p. 29 A.

— «Si Tordre social était, comme on le prétend, Touvragc de la raison plutôt que des PÀSSions (1), eût-on tardé si longtemps à roir qu*0D en a fait trop ou trop peu ponr notre bonheur ; que chacan de nous étant dans Tétat civil avec ses concito^'.ens, et dans Tétat de nature (2) avec tout le reste du monde, nous n*avons prévenu les guerres particulières que pour en amener de générales , qni sont mille fois plus horribles ; et gu^en nous unissami à quelques hommes , nous devenons réellemeni les ennemis du genre humain? »

Extrait, par Rousseau, du projet de paix per* petuelle de tabbé de Saini-Pierre.

(1) Logomachie. Tant que la raison réelle ne peut être distingaée, i/icontestablenient , des raisons illusoires, toujours essentiellement sentiments on passions , par cela seul qu'elles sont préjuges; il est impossible de distinguer la raison des passions. Alors : tout est raison ; tout est passion.

(2) Ainsi rétat de nature est un ctit de guerre, Vctat de passion, Tétat où domine exclusivement l'organisme, la malicre? Et comment ne pas voir : que, ce prétendu état de nature, dure encore ; et qu'il est inévitable : non-seulement entre les nations ; mais encore au sein de chacune d'elles; dès que l'ignorance primitive sur la réalité du droit se trouve en présence : de 1* incompressibilité de l'examen !

SGISNCB SOCIALE. 369

— Déjà nous avons vu : que, pour exister, le despotisme doit empêcher les communications entre les peuples : afin que les règles, qui toutes alors sont nécessairement relatives au sentiment d'un seul , ne soient point respectivement soumises à l'examen, au raisonnement. Voyons : ce que l'empirisme doit faire, pour arriver à ce but.

S'il était possible de placer les peuples dans le délire pathologique ; et, surtout, dans un délire qui les portât à l'obéissance passive; nul doute : que, ce moyen ne fût employé par l'empirisme. Alors, il suffirait de dé fendre les communications, pour que la maladie ne pût se guérir ; et, le despotisme serait éternel. A défaut de ce moyen, les despotes inoculent aux peuples un délire moral , dont l'essence même est l'obéissance passive; et, ils arrivent à ce résultat : en exaltant la passion de la foi; passion, qui n'est autre : que, la paresse cérébrale; ou, la tendance à croire, sans examen. De cette passion exaltée , en naissent mille autres; et, principalement une, qui, à elle seule, suffirait pour diviser les peuples : si, elle pouvait exister longtemps sans la foi qui lui donne naissance ; et, la protège exclusivement, d'une manière durable.

Développons : ce que nous venons d'énoncer sommairement.

Les révélations, nous l'avons vu, s'établissent nécessiiHEHENT. Toutes out pour bases :

1* Un Dieu révélateur d'une règle : par conséquent m Dieu anthropomorphe ;

2^ I/immortalité de l'âme ;

37t SCniIGH SQGIAU«

3"^ Le lien dss Mtbns de cette Tk , avec le hîen4tre ou le mai-ètre dans uae antre vie, sei^B la ctnfooiûté ou la noQ-confomiîté des actums avec la rt^.

Ju8<pie-là, rien ne divise les peuples. Au eoatrare : ht seconde base établit la firaternité unîrerseUe. Efle en est même la base exclusive. Car, pour que cette fraternité ne soit pas illusoire, il faut, dès que la foi devient incapable de servir de base à cette immatérialité : que , le raisonnenent vienne à en prouver fat réalité. Comment, dès lors , la foi peut-elte servir : à diviser les peuples ; à exciter leur antipathie ?

Les règles d'actions , alors relatives au sentimait d'un seul, occasionnent des injustices , illusoires oq réeHes, dont les conséquences produisent des émigrations. Même en dehors des injustices , les membres d'une même famille ne peuvent vivre ensemble. Voyez Loth et Abraham se séparer volontairement.

Les nouveaux peuples, ont besdn de nouvelles rè* gles. Car, as ont trouvé rancienne : insuffisante pour les maintenir unis. Des législateurs leur devienneol nécessaires ; eC, tout véritable législateur sait : qu'une règle particulière, contestable, a besoin de TisolemMt I)our pouvoir persister. Rousseau, écrivant eosHne législateur de la Pologne , voulait : que, les Polonais restassent isolés de tout l'univers.

La nécessité, de séparer les nations, se présente donc, nécessairement, à l'esprit de tout révélateur. Le Cfariat j théoriquement le plus pUlosof^ de tous, adresse seul sa règle au monde entier. Mais, bientôt ses successeurs apprirent, par la praUqWj lorsque la

6€tiMK sochiLir. 37!

rdigîtm du Chnt devint socMe : que, flf'il est bien de destiner théoriquement une règle unique à tous les peuple» ; il est pratiquement ingensé de ta leur laisser examiner : aussi longtemps qu'elle reste basée sur une hypothèse. Aussi, la nécessité de se soumettre à Tin^ ter[Nrétatioii, ei^rngea bientôt le vice de la révélation ; et, toute communication fut interdite : avec les infidèles, les hérétiques, les schismatiques et les excommoniéA.

Que faut-il, eu ootre, poor qu'une lévélation serve, de {dus ea plus, à rendre les peuples eauentis?

Qu'il y ait daiia la règle :

l"" Que, le Dieu anthropomorphe s'occupe du peuple, auquel la règle est adressée, de préférence à tout autre. Et, la preuve de cette protection spéciale se trouve : dittis la révélation de sa divine existence, que la faiblesse humaine ne pourrait parvenir ft connaître : en dehors de cette voâe ;

2® Que, ce même Dieu chaîne le peuple élu : de faire éclater sa gloire^ en propageant les vérités qu'il lui confie ; et, de défendre ces mêmes vérités, contre les attaques des mécréants , des infidèles : même au prix des biens ; même au prix de la vie ;

3® Que, les sacrifices faits en cette vie terrestre : tant, pour soutenir la prétendue gloire de Dieu ; que, pour obéir à ses commandements, dont l'obéissance sans examen est toujours la base ; seront récompensés, (Vune manière infinie , par ce même Dieu , dans une \ie ultra-terrestre : ayant, elle-même, une durée infinie.

372 SGIEMGB SOCIALE.

Or, ces trois conditi<m8 sont les bases : de toute révélation.

Ici, le fanatisme reUgieux est de toute évidence.

Quant au fanatisme patriotique , il s'y trouve implicitement renfermé.

En ^ffet : la patrie d'une révélation est circonscrite : par les limites, dans lesquelles elle est acceptée.

Du moment, que les conditions ci-dessus énoncées existent dans chaque révélation ; et, nous le répétons, elles y sont toujours : soit explicitement ; soit par interprétation ; les peuples sont nécessairement séparés ; et, ne peuvent, avant la naissance de la presse, avoir des conmiunications : que, par des tentatives de conquêtes.

Disons maintenant : que, sous l'empirisme, et jusqu'à la naissance de la presse ; la croyance, en une révélation, se nomme exclusivement : religion.

QCELLE A ÉTÉ, JUSQU'A PRÉSENT^ LA VALEUR DU MOT RELIGIOIf? POUR ÊTRE RATIONNELLE, QUE DEVRAIT SI- GNIFIER CETTE EXPRESSION? Y A-T-IL UNE RELIGION RÉELLE? s'il Y EN A UNE, A-T-ELLE JAMAIS EXISTÉ?

m Qn'esl-ce que la religion ? Le dictionnaire la définit par cnlte, croyance, foi, piété, dévotion; qu'est-ce encore que tout cela ? AT. de Bonald, un père laïque de la moderne église, dit que la rdigion est la société entre riioinme et Dieu. Le pbysioni^raphe Lavater la traite de foi aux êtres invisibles. C'était, dans les rhétoriques déductions de DnmarsaiSy Tadoration de Dieu et la pratique de la vertu. C'était la crainte de Dieu, selon Bossuet et La Bruyère. Le moqueur Selden l'intitule une certaine manière de se vêtir, de tromper, de se déguiser. L'abbé Maury, homme d'esprit comme Selden, Biais plus grave que lui, l'appelait la philo- Nophiedu malheur; et le traître Kotzbne, celle du peuple, ce qui est la même chose. Le vieux Plutarque, qui réduisait tout en précepte, en faisait la science de servir Dieu ; Molière, la perfection de la raison ; le pape Gangauelli, une statue qui a l'humanité pour piédestal; Rivarol, le rapport de Dieu à l'homme. De nos jours, M. Cousin, M. Jonffroy, tous les doctrinaires charlatans plus ou moins effrontés , ont osé la borner à l'éducation du peuple.

•< De ces opinions, et de bien d'autres encore, il résulte que la religion, telle quelle a êié comprise jusqu^icif ne s'attacbani à rien de réel, est tout simplement une abstraction, variable selon les temps, les lieux, les usages, l'organisation iudi\i-

374 aCISffCS SOCIALB.

duelle, la profession, Téducation, la ridiesse ou b misère, la poissanoe oa la faiblesse de cbacan, » AuG. LucHXT. Le nom defamiîîe, tome li, p. 200.

— « Tout le droit public des peuples est dans les préceptes de leur religion, et toute leur rdigiou, et toute leur raison dans ses dogmes. Quoi qn*eu puissent penser ceux dont la science n*a su jasqoU présent que détruire, la vie de la société n'est pas de Tordre matériel ; jamais État ne fut fondé iMMir satisfaire aux besoins physiques. L*ACcaoisseME!rr des Aiouts&KS, IX rRQGSikê ou Jouu»4HCis mcacsiT

EITTRI LKS HOMMES AUCUNS I.IEKS HÊSLS ; BT, UK

BasAa ir*EST poiirr vite citr. Essayer de rédnire à des reltttioDs àfi «e fenne kg npp«ili e—stîtntifs d*une uation, c'est •^eixïber les lois de la nature humaine et de la nature sociale dans ce que rhomme a de commun avec les animaux, c'est travailler dès lors à le rabaisser au niveau de h brute, conditioa indispensable pour le succès d'ao pareil dessein : car tant que Thomme demear»» un être moral et intelligent, les lois de TintelligeoGe et de Tordre moral se manifesteront invinciblement, et domineront tontM les autres lois ; elles seront gsuuu la todélé.»

L*ABDÉ Ds I.A Meitkais. Dc ht religiùn considérce dans ses rapports, etc., p. 293. J

— Religion est une expreteioii qui, jusqu'à u nais- »anc;e de u messe, a pour volem* sociale :

n Croyance en une révélation quelconque, révélation « énonçant toigours : qu'il existe un lien qui unit, lie, « relie les actions de cette vie, relative au temps, avec « le bien«ètre ou le mal4ti*e daâs une vie future, rela- « tive à l'éternité, selon leur conformité ou leur non- « conformité avec une règle , donnée par la divinité « révélatrice ; et, par conséquent, anthropomorphe. »

Nous avons dit valeur sociale; parce qu'il serait inntile et fastidieux de rechercher : toutes les valeur»

que des indÎTidiis 4>Dt pi^étendu lattaeher à cette «expression ; et, dont l'une de nos épigraphes fournit ^es exemples.

Dès lors, et peur l'époque d'empinaiDe., la réalité du Wm idligienx repose «BseatielleiiieDi :

l"" Sur k néaHté de l'îiiiffiatériaiiité de l'âme ;

2* Sur la réalité de ^a création .: puisque, dans le sens révélé, l'âme immatérielle est toujours «exisée oommencer avec la vie ; -

3"" Sur la réalité de la règle ;

4*" Sur la xé^ité de la divinité anthropomorphe qui kd sert de sanetioa.

VoyMifi qudb scint les reproches : que, le raisonnement peut faire à la réalité de ce lien religieux.

VmmaêériéBLUté de l'âme. L'état actuel du raisonnement croit démontrer, par des arguments qui paraissent s'eschaîner de la manière la |>lu6 lo^ûque : que, l'âme, ou la sensibilité, ou le sentiment de Vexistence^ ^t exclottvement «relatif À la imatiàre. £t d'aiUeurs, BQ ddbors d'une longue série d'aisgiunents , le si^^Je bon sens énonce lui-même : que, ^ les hètes ont une taie, ont la saisibalité, ont le âentiment .de l'existence : ce qui , actuellement , est généralement icru ; fit, que cette fienstldité, chez les bètes, soit un simple résultat de mtière oi^gasôaée : ce qui «est encore Topiaioin générale Tnènbe des partisans des pévélatioBs; i'àme de rhomaie 4aL ^ussi : un résultat de matière organisée.

Ui cniaàan* Le moi créaMon ne peut avoir de valeur ralmuidlle. Vis-^^vis de la raÂ6on<, £X nihilo nihil sera tOBjouis : cm raxîome aussi vrai : que, cm fisr xik.

La réalité de la règle. Cette réalité peut se rapporter :

A la réalité et à rinfaillibilité de son auteur;

A l'incontestabiUté rationnelle de la règle.

La réalité et l'infaillibilité des divinités anthropomorphes, ne sont pas encore mises en question.

uant à Tincontestable rationalité des règles, il est évident : qu'aucune n'a encore été dans ce cas.

La réalité des divinités afvthropomorphes. Si Dieu existe, il est infini, absolu.

S'il est infini, absolu, il ne peut être anthropomorphe ; puisque l'essence de l'anthropomorphisme est : lé fini ; le relatif à l'organisme ; le relatif au verbe.

C'est, d'après ces reproches, que nous allons juger : ce que devrait être la religion, pour être rationnelle. Mais, auparavant, disons un mot d'une espèce de religionj prétendue philosophique, nommée religion mturelle.

Nous avons déjà démontré : que, relativement au règne de l'intelligence, naturel ne peut signifier que rationnel. Nous avons également démontré : que, Teipression rationnel se rattache : et au sophisme ; et au syllogisme ; à l'illusoire ; et au réel. Il y a donc : religion rationnelle illusoire ; et, peut être, religion rationnelle réelle. Dans tous les cas, la religion naturelle on philosophique du dix-huitième siècle, n'étant point démontrée d'une manière incontestable, app^fftiént aux religions illusoires. Pour s'en convaincre il suffit d'observer : que , le Dieu du dix-huitième siècle est aussi anthropomorphe, que toute autre espèce de fétiche.

Pour que l'expression religion ait une valeur rationnelle, en dehors du sophisme, il faut :

1^ Que la sensibilité, le sentiment de l'existence, Ydmej soit démontrée être immatérialité; et, que la démonstration soit : RATIONNELLEMENT INCONTESTABLE.

2* Que, la conformité, aux lois du raisonnement i*éel, soit reconnue : être l'essence de l'ordre moral ; comme la conformité, aux lois de l'attraction, est reconnue : être, pour les corps j l'essence de l'ordre physique ; comme la conformité, aux lois du mouvement est reconnue : être l'essence de l'ordre matériel.

Les] corollaires nécessaires de ces démonstrations, seraient :

l"* L'éternité des âmes ;

2'' Des successions étemelles de vies : relatives à chaque âme, à chaque immatérialité ;

3"* L'harmonie éternelle, pour chaque immatérialité : d'une part, entre le bien-être et le mal-être d'une vie, et la bonne ou mauvaise conduite des vies antérieures ; d'une autre, entre la bonne ou mauvaise conduite d'une vie, et le bien-être ou le mal-être des vies postérieures : bonne et mauvaise conduite, se rapportant : à la conformité des actions libres avec la conscience, qui n'est autre : que, le raisonnement ;

4"* La sanction fatale des actions libres.

5^ Et, par conséquent : I'éternelle harmonie : entre

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