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146 S€1BNCS SOCIALE.
— «< Celni qni est maitre de rédocatioa peut chuger U face da monde. »
LsiBiriTZ (1).
— « C*es( Tinstilateur et non plus le canoD qai désormaÎB sera l'arbitre des destinées do monde. >
LoaD BROCGBAIf ()).
— « L^instraction des peuples met en daDger les goaTernements absolos; leur ignorance, au contraire, met en péril les gonvemements représenUtifs , car les débais parlementaires , poor révéler aux masses letendoe de lears droits, n^attendent pas qu*el1es puissent les exercer a^ec discememoit
« Et dès qn^nu peuple connaît ses droits, il b'j a plus qu'un moyen de le gouverner, c'est de
L^IKSTRUZRE. »
M. ÉatiLE.DE GiRARDiir, De Vinttnteiien fnbUquey p. â (3).
— Nous ne pouvons le répéter trop souvent : avant de discuter un sujet, il faut être d'accord sur la valeur de Texpression qui le caractérise . Sinon : plus on discute; et, moins Ton se trouve d'accord.
L'éducation est d'une importance de premier ordre : voilà un point, sur lequel, il n'y a point de contradiction. U n'en est pas de même sur la valeur de l'expression.
(1) H. de la Palisse n'aurait pas mieux parlé : être le maître de Tédacation , c^est évidemment être maitre de la société. Il est certain : que, tant que Texamen reste compressible, le maitre de l'éducation peut chaih ger la face du monde. Mais, dès que l'examen devient incompressible; ce pouvoir suprême de l'éducation, passe à Tinstruction , soctaiement acceptée «t vulgarisée.
(2) En époque : d'ignorance sociale, sur la réalité du lien religieu; et, d'incompressibilité d'examen ; l'instituteur n'est propre qu'à tuer U société^: avec beaucoup plus de rapidité, que ne le pourrait le canon.
(3) L'instruire ! Sans doute, avec une bonne instruction. Donnez aax peuples, l'instruction matérialiste de la science actuelle ; et, vous n'es avez point d'autre à lui donner ; puis, vous verrez : combien dnrenuil : et, les gouvernements représentatifs ; et, les gouvernements abstrus.
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us SCIENCE SOCIALE.
qui existe : soit, sous le despotisme ; soit, au sein de l'anarchie (1).
11 s'ensuit : que, depuis l'origine sociale, on parle d'éducation ; et, que Ton ne sait pas encore : ce que ce mot, distingué du mot instruction , peut signifier : d'une manière déterminée.
•^ « Lorsipi'il s'agit d*écoles et d'institateurs, dit M. Emile de Ginfdin (De VinstructUmpubliqikey p. 37), le mot éducation n*est propre qu'à réfeiller des idées fausses et qu'à faire naître des exigences impossibUs à satisfaire. »
— Déterminons les mots éducation et instruction; sinon : plus nous parlerons ; et, moins nos lecteurs nous comprendront.
L'éducation se rapporte :
D'une part, à l'organisme ;
D'une autre, aux sentiments, aux préjugés.
Ainsi, tout ce qui appartient au développement des organes , est du ressort de l'éducation.
Et, ce qui appartient : au développement des sentiments de bienveillance, de malveillance, de croycmce^ sur ce qui est bien ou mal, juste ou injuste, croyanm
(1) Lorsque, nous parlons de l'époque d'ignorance primiUve, existant depuis Torigine sociale, jusques et y compris le temps présent ; est-il nécessaire d'énoncer : qu'il n'est nullement question des connaissances physiques et mathématiques? Nous ne le croyons pas. Mais, nous affirmons : que, plus la sphère de ces connaissances vient à s'étendre; et, plus l'ignorance augmente; jusqu'à Tépoque: où,1a vérité devient nécessaire. En effet : ces connaissances, jusqu'à présent, n'ont fait qu'augmenter le scepticisme; et, le scepticisme absolu serait certainement : l'ignorance absolue. Être obligé d'énoncer de pareiUes propositions, proave déjà : l'ignorance d'une époque.
considérées, en dehors de toute discussion rendue rationnellement incontestable ; est encore : du ressort de l'éducation. Du reste, ce que nous avançons ici, a été dit avant nous : par Platon .
— « L'édacation» dit-il (Lois, Ut. I, p. 82 , tradoction de Gron), n'est autre choie qae Vart d* attirer et de conduire les enfants vers ce que la M dit être la dioitb raison. »
— Maintenant , en quoi diffère^ : l'éducation de l'instruction ?
Si, la réponse à cette question était aussi facile; que, maintenant peut-être elle, le paraît à nos lecteurs ; il est probable : que, nos dictionnaires auraient donné de meilleures définitions : des mots éducation et ins^ trciion.
Avant, que la vérité soit devenue nécessaire à l'existence sociale ; il est aussi impossible : de séparer l'éducation de l'instruction, même seulement dans la valeur des expressions ; qu'il l'est : de séparer la vérité des préjugés ; la croyance de la science.
Une fois, que la vérité est devenue nécessaire à l'existence de l'ordre ; une fois, qu'elle est trouvée et socialement appliquée ; l'éducation et l'instruction se trouvent : immédiatement' déterminées. En outre, des développements de l'organisme, on nomme éducation : tout ce que l'on fait accepter comme vrai à la jeunesse ; parce qu'elle ne peut encore en concevoir les démonstrations. On appelle instruction, ce qui vient démontrer : que, les préjugés, inculqués par l'éducation, sont réellement : des vérités.
i50 SOUfCB SOCULS.
Paur nous réBumer en pea de mots : l'éducation est relative aux crofonces ; FinstruetîoB est relative à la science.
Sous rempirisme, il n'y a pas encore de scimce; pas de vérité. 11 n'y a : que, des abstractions de ventés snppoeées : les mathématiques par exemple.
Dès lors, il est facile de concevoir : conuneni, sous l'empirisme, sous le despotisme, sous le règne des hypothèses, il est impossible : de séparer Téducation de l'instruction ; et, comment sous le règne delà raison, de la vérité, de la liberté, l'édacation et Tinstruction, quoiqn'étant une dans le fait, se troaveiâ néanmoins distinguées : d'une manière absolue.
Ici, se présente une question : sous le despotisme, l'éducation doit-elle être soumise à l'instruction; ou, l'instruetioii à l'éducation?
Si, V<m écoutait le sens commun, en faisant abstiactkm du despotisme, la réponse serait râoaple : puisque l'instrwtion est exclusivement relative à la vérité; c'est, l'éducation qui doit être soumise à rin8tructio&. Dès lors, la société aura soin de ne rien inculquer à la jeuMsse, comme préjugé, qui ne puisse être ensuite dém<Hitré, eomme vérité. Mais, pensons au despotisme, et nous verrons : qu'alors, la vérité n'existe pas. Dès lors, la solution donnée est inacceptable. Sous le despotisme, pour se trouver dans le vrai relatif, dans le praticable, il faut : toujours conclure à rebours du sens eommun. Cela doit être : puisque, le despotisme ne peut s'apf)uyer x sur la vérité.
Sous le despotisme, c'est donc l'éducation qui doit
SGIBHGB 80CIAUB. iâl
dominer rinstruction ; c'est la croyance, qui doit dominer une science qui n'existe pas encore. Et, lorsque l'instruction veut paraître; c'estrà-dire : lorsqu'une tendance à examiner, ce qui est donné comme vrai par l'éducation, vient à se montrer; il faut : que, l'instruction, toujours essentiellement négative dans ses commencements, soit écrasée : pour que l'ordre, par le despotisme, ne soit pas anéanti; pour que tout ordre ne soit pas anéanti ; jusqu'à l'époque : où, l'instruction positive, soit devenue : nécessairci cherchée, trouvée, acceptée, et vulgarisée.
152 SCIENCE SOGIAU.
MOYEHS KÉGESSAIRES pour que les DÉVELOPPEMEinS DE L'raTELLIGENCE PUISSENT EXISTER.
« Le siècle se refuse à nne doctnne imposée : les croyances sociales, non-senleiseiit soni tontes ébranlées, mais ont péri. »
Ballaxtchk, Essai sur les ituiiiuiûms sodaUs, t. II des Œuvres, p. 21 (1).
— > Noas sommes arriTés à on âge critique de Tesprit hamain, à une époqae de fin et de renoa-
^ vellement. La société ne repose plus àur les mènes bases, et les peuples ont besoin d mstitations qui soient en rapport avec leurs destinées futures. Nous sommes semblables aux Israélites dans le désert. A peine échappés comme eux à la maison de la servitude, nous vivons sous la tente oomme eux, et comme eux encore nous s<Mnmes nourris en quelque sorte de la manne du dd, car le temps n'est pas venu d'avoir des moissons noavdles. » Ballahcbe, Essai sur les instiiuiions sociales, t. II des Œuvres, p. 67.
— « A mesure que la puissance de l'homme croit» son loisir augmente proportùmneliemeui. Tranquille sur les besoins physiques, il peut satisfaire d'autres besoins, vaquer à d'autres fonctions, au développemeni intellectuel, à la culture de b science qui développera de plus en plus sa puissance même (2).
« Dans ses rapports avec l'évolution de l'huma-
(1) Le CROIRE SOCIAL, n*a d'existence possible': qu'à l'ombre d'une inquisition. Dès, que toute inquisition devient impossible; tout groirb SOCIAL , le devient également.
(2) Et, voilà précisément pourquoi : le paupérisme , rabrutissement
SCIENCE SOCIALE. i53
oité, le LOISIR, c'ett U passage de la vie organique h la vie spirituelle, car le loisir n'est pas rinactioD, mais le travail de rîntelligence substitué aa labeur corporel. »
La MEirsTikis, Esquisse d'une philosophie^ t. m, p. 120.
— Le loisir est nécessaire : pour que l'intelligence puisse se développer.
Inexistence de Tordre, est incompatible avec le développement de Fintelligence des masses : tant, que le devoir et le droit reposent : sur des hypothèses.
Il faut donc : que, les masses n'aient pas de loisir.
Cela est incontestable. Et, lorsque M. Guizot a dit, en parlant des masses : le travail, le travail incessant est un frein nécessaire; M. Guizot a énoncé, empiriquement, une vérité , contre laquelle il n'y a rien à opposer : pour l'époque de despotisme. Seulement, le philosophe, socialiste ou antisocialiste, ne s'est pas aperçu : que, nous étions à une époque : où, le despotisme est, lui-même, devenu incapable : de servir de base à Tcxistence de l'ordre.
Et, quels sont les moyens d'empêcher les masses d' avoir du loisir ?
L'esclavage : depuis l'anthropophage , sauvé de la mort sur le champ de bataille, jusqu'au prolétaire, condamné à mourir de misère et de faim, selon Malthus ; l'appropriation du sol ; l'impôt rejeté sur le travail ; l'excitation aux différents fanatismes ; enGn les moyens
des masses, est nécessaire : tant, que le droit et le de^'oir restent basés : sur des hypothèses.
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despotiques qae déjà nous aroos énumérés; et, qu'il est mutile de rappeler ici. U est facile de voir : que, sous le despotisme, tout s'enchaine], pour concourir à un même but : le iujktiejk des masses dans l'igko-