‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 60 sur 79 · BANCE · texte numérisé non relu

BANCE

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Hîftoire.

« La ééSoiÊe d*écrire les lois se trouve trop ■ouTcnt consiguée dans les monuments de Tantiqnilé pour ne pas lui supposer une raison. Xie«i «■vahioaenents de la parole écrite étaient sans doute trop évidente et trop rapides, et Ton Toulait en retarder TefTet, parce que les institutions étaient fondées dans un esprit de fixité. On avait peutêtre aussi déjà des exemples antérieurs du danger qui résulte de la confusion du langage. Mais la pente est irrésistible. Il n*y a pas très-longtemps qne TEurope a secoué le joug de la langue latine, par laquelle les rédacteurs des lois et les dépositaires de la scient mettaient une barrière entre eux et les peuples* ce qui était toujours une manière de reinplacer la parole traditionnelle.

«Dans les temps oii la parole traditionnelle OQDserYail tout son empire , il fallait veiller à ce qu'elle ne fût pas altérée; alors on évitait de la livi*er aux prafaoes, alors elle était exclusivement réservée à ceux qui avaient autorité sur les peuples. Telle est Torigine des doctrines secrètes et des langues sacrées.

« Tout livre, dans cette période dea sociétés iinmaiues, était soumis aux maîtres de la science pour être approuvé ou rejeté par eux. En Egypte» par exemple, le livre approuvé ne paraissait qne revêtu du nom d'Hermès; et le livre rejeté était ?oué Ml néaat Lorsque piM tard tmwn la parole écrite a adttis les espUcatioBO ds la jnrole trad^ tioaoelle, il a faO« «oîoèeBÎr la ■oofMtiitiwo do la pensée avec des nodlficatioM nécessiiées par le aoofd ordre de cbooeo; oa a toco— àtê U\

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caaooiqaes et dei livres apocryphes. Eofis, dans ces derniers temps, noos avions la ccBsore discrétionnaire.

m Ce n'est pas d*aujoardliu que la di(Tiisioa des lumières parmi tontes les classes de la société effraye les timides. Dès 1 763, dans on récpnsitoire qui avait poar objet d'engager le parlement de Bretagne à demander an roi une réforme de l'édncation nationale, M. de la Chalotais, procuesr général, après avoir déploré qn'il y e&t va si grand nombre de collèges, s'exprimait ainsi : > Les frères de la doctrine chrétienne, qn'on appelle ignorantint, sont tenus pour achever de toat perdre. » — Je ne cite ced qoe parée qne ce n'ai pas un fait iêoié. »

Ballahchs, Estai sur Us ituiHuiions soàaia,

— « On s'étonne de ce qoe l'esdave et rhomne de cooleor libre soient, dans le sud de lUaioo, soomis à une législation beanconp pins rigoareose qne dans les colonies qni dépendent d'une moasrchie absolue » comme l'ile de Cuba, et de ce qs'il soit, par exemple, défendu, sons pebe d'amende et de rédnsion , dapprendrt h Urt ei k écrire à fun ou à Fauire. Le contraire serait bien plss surprenant Si dans un pays oà la liberté est iOimitée ponr les blancs, vous aves une fois reconaa V esclavage, vous ne parviendrez à le mainimir que par une législation de fer. Yons seics oUigé de mettre le noir (1) dans l'impoesibilité de lirei car s'il pouvait lire vos constitutions et tos dédsrations des droits qni commencent par ces mots : « Tous les hommes sont de droit naturel libres et indépendants; •• comment ne aeraient-ils pas en conspiration permanente contre tous? Il est jsste de dire que si , aux États-Unis, les esclaves sont dégradés intellectuellement et moralement, ils wA traités avec humanité sous le rapport matériel. Lei esclaves ici soKt moins surchargés de trwmlt

(1) Tout ce qui, dans ce passage, est dit du noir pour l'Amérique, peut s'appliquer au prolétaire pour l'Europe, moins le bien-élie malériel, que le prolétaire n'a point. 11 est donc, pour l'Europe, aussi absurde : d'apprendre à lire au prolétaire ; qu'il le serait, aux états da sud de l'Union, d*i4>prendre à lire aux hommes de couleur.

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nùeHx nourris et mieux êoignés que ia plupart des poyians de FEurope, •

MicBxr. CaRVAusn, Lettres sur V Amérique du Nord, note 4.

— « Il y â aDJonrd'hiii deux natures ennemies : là nature bonii^eoise et la nature prolétaire. »

MicHiL CBKVALisa, Lettres sur l'Amérique du Nordj lettre xxvixi.

— « Dans les étaU du Sud (États-Unis d'Amérique), la moitié de la population y est composée de paoLSTAïais dam toute Faeeeption du mot, c'està-dire d*KSCLAVU (1). »

MicHSL Chbvalisa, Lettres sur l'Amérique du Nord, lettre xiin.

— « Tons les plans d'éducation populaire tentés depuis 1789 jusqu'à ces dernières années étaient mauTuis parce qu'ils supposaient : qu'éducation était purement synonyme ^'instruction on de culture intellectuelle. Franchement, il y a plutôt à se féliciter de leur insuccès qu'à le déplorer ; car ils eussent semé, non le goût du travail, mais les germes de la dissolution sociale; ils eussent fomenté par centaines de mille des ambitions auxquelles la société n'était pas en mesure de donner satisfaction ; ils eussent ajouté aux douleurs physiques du peuple, qu'ifs n^avaient pas puissance de guérir, des peines intellectuelles et morales. Il vaut mieux qu'aujourd'hui la majorité de nos paysans soit encore assoupie au sein de l'ignorance , que s'ils UTaient Fesprit faussé et le cœur aigri ou longé de passions mauvaises. L'ignorance est un moin^ dre mal que la fausse science et que la démoralisation (2). Notre France serait ingouvernable si les paysans avaient été soumis aux mêmes iniluenoes qu'une certaine portion des ouvriers. »

HiCBBi. CHKVAI.IBB, Lcttres sur t Amérique du Nord, lettre xxvixi.

( I ) M. Michel Chevalier oublie qu'il vient de dire : qu'aux Ëtats-Uais, les esclaves sont beaucoup mieux, matériellement, que les prolétaires en Europe. Ils sont même mieux, moralement; puisque, abrutis, ils sentent moins, ou plutôt ils ne sentent pas : leur dégradation morale; ou, plutôt, leur non-élévation murale.

{9.) Celte vérité, est la plus importante : qui, ait été dite depuis 1789.

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FAITS HISTORIQUES ET CONTEMPORAUfS RELATIFS AU MAIN- TIEN DES MASSES DANS L'iGKORAIïCE. — EN FAIT d'IKS- T^UCTION POSITIVE OU ORGANISATRICE, l'iGNORANCE

augmente; en fait d'instruction négative ou désokganisatrice, l'instruction se développe.

kNoos en sonnes profondément am?ainai, loas les manx de notre époqae s'apaiseront quand une direction générale aara été imprimée à tonte la connaissance fanmaine. Mais si une directioii générale ne lui est pas donnée, ou si des directions gé*érales dÎTcrgentes lui sont laissées (à. cause du besoin nécessaire à l'esprit humain, d'en aroir nne iMcn on mal fondée), si la négation et TaffiriBation sar toates choses demeurent en présence, et si en même temps, et par une conséquence nécessaire, la connaissance bvmaine reste brisée en mille fragments, comment Toolez-vous qn*il n'y ait pas anarchie et douleur? »

M. Pierre Leroux, Discourt aux p<^iiiquet.

— « Vous demandez Vinstruction pour les cnfiuits du peuple. Mais il a été démontré que rinslruction sans morale est plus nuisible qu'utile an peuple; et Toilà même la statistique qui vous prouve que cette chétirc instruction qui se borne à apprendre à lire au peuple, loin de tarir les délits et les crimes , semble au contraire les multiplier. Ce n'est donc pas seulement d'instruction que le peuple a besoiu, mais d'éducation. Or, sur quoi pouTezvous fonder nue éducation, une morale, sinon sar un système de croyance (1) embrassant le passé, le préseut et l'avenir de l'humanité, les rapports

(1) C'est, probablement, scieneej que, l'auteur a voulu dire.

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des hommes entre eux, et les rapports d» rhnaa* oité et de chaque homme artc Dieu ?

« Yoos demandez nnstrnetion, tous Tooles propager les lumières; mais en propageant les ht* mières, rous n'aurez fait qu'accroître les besoins légitimes da peuple, et enflammer de plus en plos cette passion d'égalité qui est à la fois la ferta et le supplice de notre âge. Donc, après atoir donné rinstmction, il faudra songer à auti^ chose, c'est» à-dire à des institutions teudant'Tcrs nu nouveau classement social. Poussez ces conséquences, et VOQS êtes amené à concevoir la nécessité d^one organisation toute nouvelle dans la société. Or, sur quel fondement cette société nouvelle peut^elle reposer, sinon encore sur des eroyancet liées, enchaînées, universelles (!}?.<•

M. Pierre Leroux, Discours aux pcUtiques.

— Les masses ont été , constamment , maintenues dans l'ignorance ; et, toujours nous avons vu : relativement à rintellectuel, la soumission aux croyances imposées ; relativement au matériel, Taliénation du sol ainsi que sa transmission par hérédité dans les familles; être présentées aux peuples, sous l'autorité de préjugés quelconques : comme, bases essentielles, nécessaires, de toute civilisation. Et, les mille ressorts, du despotisme, ont toujours été employés : pour rendre, cette double base de l'esclavage des masses, aussi indestructible : que, la société même.

Si, quelquefois, le danger arrache aux despotes quelques protestations, sur leur désir d'instruire les masses; toujours, ils savent en éluder l'exécution. Encore, tout au plus s'agit-il alors : de diminuer l'ignorance, par crainte ou par intérêt. Quant, à l'idée de la

(1) Des croyancef, en préseuce de rincompressibilitc de reiamen» ne peuvent être universelles; et des connaissances qui sont liées, encbal* nées, universelles, sont : la science.

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détruire par devoir ; jamais, il ne lui est permis de se produire. Aujourd'hui même, . qu'il est question, plus que jamais, de généraliser Finstruction ; il reste néanmoins incontestable : que, V ignorance vulgaire ^ vu le progrès de l'instruction relative au matériel, à la production, à l'industrie, dont les minorités se réservent le monopole, demeure la même proportionnellement, si même peut être la différence n'augmente pas au contraire; tandis, que pour ce qui concerne Yinstrudim négative ou désorganisatrice, celle-ci, par propagation sociale et d'instruction primaire consistant à apprendre à lire, tend à se mettre en équilibre : avec celle des despotes

Ces propositions, vont paraître exagérées : voyons si, elles le sont effectivement. Beaucoup de personnes auront peine à croire : qu'au milieu du dix-neuvième siècle : l'instruction secondaire soit plus monopolisée, qu'elle ne l'était au milieu du dix-huitième siècle. Telle est, cependant, la vérité. Et, pour nous disculper d'une proposition malsonnante , nous allons nous appuyer sur une autorité : que, le bourgeoisisme ne récusera point : celle d'un de nos meilleurs économistes, nommé par le gouvernement bourgeois, pour professer au collège royal de France.

— « Un fuit, trop peu connu, dit-il, et dont les détails m*ont été communiqués par des personnes très-dignes de foi, c*est que depuis la révolution de 1789 et la suppression des ordres religieui, nous tTons étrangement riirogradé en fait d'instruction secondaire. Il est po^ible que nous ayons gagné en qunlité, mais il est certain que, relatiTeoent i la quantité, nous aTons beaucoup perdu. Avant 1789, le nombre des élèves fréquentant les collèges était triple ou quadruple de ce qu'il est «ujobt-'

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d'Imi» Alors il y avait nn plus grand nombre de bourses dans une seule province, la Franche-Comté, par exemple ; il y en avait plus qu'il n*y en a anjourd^boî dans la France entière (i). A la même époque, le nombre des élèves des écoles primaires était beaucoup moindre que de nos jours dans la même proportion peut-être, surtout dans les campagnes. Il semble donc qne nons tendions depuis cinquante ans à nous rapprocher du régime des Ëtats-Unis. Sans vouloir calomnier notre siècle, et sans me rendre suspect de partialité en faveur de Tancien régime, il me sera pemis dédire qa^anjourd'hui il est plus difficile, qu'il y a cinquante ans, à jeune homme capable^ mais pauwe, de surgir intcUeclueilement dans les TÎUes an moins. Alors toute la jeunesse était entre les mains du elergé, ne flkt-ce qne par la confession^ le catéchisme, les confréries, l'influence domestiqne des prêtres et la fréquence des pratiques religieuses, qui mêlaient sans cesse le pasteur au troupeau. Tout enfant qui annonçait d'heureuses dispositions était aisément distingué par le clergé, et obtenait non moins aisément admission gratuite dans un des nombreux collèges dirigés par les ordres religieux. Ainsi, les créations les plus libérales ont été immolées au nom de la liberté, dans la guerre d'extermination que nos pères déclarèrent au passé. »

(M. Michel Chevalier, Lettres sur l'Amérique du Nord^ note 6 du tom. II.)

(1) On peut évaluer à un million de francs la somme totale des bour ses actuelles. Il y en avait en Franche-Comté pour 1,100,000 francs.

(yote de M. Chevalier,)

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RECHERCHES DE LA CAUSE DU FAIT COIiTEBIPORAIK RE- LATIF : d'une part, a l*augm£]ntatioic de l'igho-

RAIfCE DES MASSES, PROPORTIONNELLEMENT A LEUR ÉZAT DE STAGNATION VIS-A-VIS *. DE l' AUGMENTATION DES CON- NAISSANCES DES DESPOTES, POUR CE QUI CONCERNE LES CONNAISSANCES SUR LA NATURE ; D'uNE AUTRE, A L'aUO- MENTATION DE l'iNSTRUCTION DES MASSES, TENDANT A SE METTRE EN EQUILIRRE AVEC LES CONNAISSANCES DES DESPOTES, POUR CE QUI CONCERNE : LA NEGATION, LA DESTRUCTION DES RASES SOCIALES.

« Qne l'on y songe! La cohésion, raagmenUUan inquiétante de cette race de Toleors et de meartriers est nne lorte de proiettatitm vhanie contre Tabsence des mesures préventives d'nne législation prévoyante, de larges institations préservatrices destinées à surveiller et moraliser, dès tenfimet, cette foule de malheurenz abandonnés on pervertis par d'efTi-oyables exemples. Encore une -fois ets êtres déshérités qne Dien n'a faits ni plus manvais, ni meilleurs que ses antres créatures, ne se vicient, ne se gangrènent ainsi incurablement, que dans la fange de misère, d'ignorance et d'abrutissement où ils se trouvent en naissant. »

M. E. Sus, Mytthre» de Paris, t IX, p. 373.

— Dans la situation sociale de l'époque , les despotes voudraient faire avancer les masses vers les connaissances matérielles, afin d'en retirer un plus grand bénéfice d'exploitation; et, en même temps, les faire

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rétrograder vers l'ignorance, pour tout ce qai concerne les connaissances sociales. Il y a, chez eux : une tendance à instruire les masses, relativement ; et une répulsion à les voir s'instruire, absolument.

Recherchons les causes de ces tendances empi* riqiies.

Lorsque le protestantisme., <iu moyen de la presse, commence à s'établir au milieu des despotes; la barrière sociale héréditaire, existant entre les maîtres et les esclaves , d'une manière pour ainsi dire absolue, au moyen de l'inaliénabilité des fiefs ; se détruit peu à peu. C'est, qu'à cette époque, et toujours par suite du protestantisme, toutes les propriétés tendent à devenir : également aliénables.

Alors, plusieurs individus, despotes par un développement d'intelligence dérivant de la propriété, deviennent, par la liberté d'aliéner et par l'esclavage qui les soumet à leurs passions ou à celles des autres, eux-mêmes esclaves sous le rapport de la propriété. Dès lors, il n'y a plus, entre les msdtres et les escla ves, qu'une barrière : relative à des propriétés, pouvant s'aliéner ou se perdre. Et, le protestantisme, au moyen des despotes devenus esclaves, sous le rapport de la propriété, se propage au milieu des masses, auparavant exemptes de contagion, comme exclusivement composées d'esclaves : et, sous le rapport de l'intelligence ; et, sous le rapport de la propriété.

C'est, à cette époque : que, les despotes par développement d'intelligence, esclaves pu* privation de propriété, peuvent, au moyen de sophismes que l'i-*

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gnorance fait prendre pour des raisonnements réels^ porter les masses, au milieu desquelles ils se trouvent, à bouleverser : tout système social relatif aux propriétés. Leur but est de profiter : et, de l'anarchie que leur influence aura produite ; et, de leur supériorité intellectuelle, au milieu de ceux qui Tauront établie ; pour sortir de l'esclavage social, où les place : leur dénûment de propriété.

Pour bien comprendre le progrès anarchique, résultant de l'incompressibilité de l'examen; progrès duquel, par excès de mal social, doit naître le besoin de l'ordre incontestablement rationnel ; il est essentiel dé ne jamais perdre de vue, les distinctioos que nous venons d'établir : de deux espèces de despotes ; et, de deux espèces^ d'esclaves. C'est, pour ne laisser rien d'obscur à cet égard, que nous croyons devoir revenir : sur ces distinctions.

Le despotisme, avons-nous dit, est le monopole des développements dé l'intelligence ; et, le monopole ne peut dériver : que, d'un monopole de propriété.

L'ordre par ce monopole, par l'injustice, est nécessaire pendant toute la durée de l'ignorance primitive; et, c'est pour la stabilité de l'ordre, que la possession stable des deux monopoles par les mêmes individus, a été primitivement établie.

C'est donc la réunion des deux monopoles, qui constitue le despote complet; c'est-à-dire : r homme libre de l'époque d'empirisme. Du moment, que les monopoles ne sont plus réunis : le despote n'est plus libre, que sous le rapport du monopole qu'il consene;

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il devient esclave, sous le rapport du monopole qu'il a perdu.

11 en est de même pour les esclaves. Ceux-ci le sont : d'une part, en ce que le développement de leur intelligence a été comprimé ; d'une autre, en ce que l'ordre a exigé : qu'ils fussent privés de propriété; pour, que le loisir ne leur permît point de développer leur intelligence.

Si donc, par un développement social quelconque, des esclaves peuvent parvenir à acquérir des propriétés, soit par hasard, soit par vol ou autrement; sans, que leur intelligence soit développée à hauteur des connaissances acquises ; ils seront : despotes, sous le rapport de la propriété ; et, esclaves, sous le rapport dé l'intelligence.

Si, alors, les despotes par l'intelligence ne dominent les despotes par propriété, dans le but d'exploiter les masses au profit commun ; il arrive , nous le répétons : que, les despotes par développement d'intelli gence, esclaves par privation de propriété , peuvent établir des sophismes anarchiques, qui seront acceptés : par les esclaves, sous le rapport de l'intel ligence ; despotes, sous le rapport de la propriété.

C'est, pour que les esclaves, par défaut d'intelligence et de propriété , puissent résister aux sophismes des esclaves par seul défaut de propriété ; que, les despotes, par l'intelligence et la propriété, veulent instruire les masses. Mais, l'instruction qu'ils voudraient répandre, devrait être exclusivement relative : à la résistance à ces sophismes.

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En effet :

Si, les despotes instruisaient les masses, absolumait; en leur donnant Tinstruction négative, seule existante alors ; celles-ci auraient bientôt reconnu : l'irrationalité de la base donnée au monopole des développements de l'intelligence : l'aliénation du sol; et, sa transmission par hérédité. Le despotisme deviendrait dès lors impossible. Et, comme avant qu'une règle d'action, rationnellement incontestable, ne soit trouvée et socialement acceptée, il n'y a d'ordre possible que parle despotisme; il s'ensuit : que, l'instruction négative absolue des masses, conduirait nécessairement à l'anarchie : puisque les conditions d'ordre, que nous venons d'indiquer, n'ont point encore d'existence réelle.

Telles sont les causes qui portent, empiriquement, les despotes : à une tendance, vers l'instruction relative des masses ; et, à une répulsion contre leur instruction absolue.

Mais, dans le remède, que les despotes veulent opposer à l'anarchie qu'ils craignent, il y a une tendance anarchique, qu'ils ne i*econnaissent point; et, sans le savoir, ils contribuent, eux-mêmes, à propager l'anarchie à un point : que, les malheurs qu'elle occasionnera aux despotes , les forceront à demander, eux-mêmes, l'abolition du despotisme.

Pour que les esclaves, par défairt d'intelligenoe et de propriété, puissent résister aux sophismes des esclaves, par seul défaut de propriété; les despotes, par intelligence et propriété, sont obligés de développer.

qn^ue peu que ce soit, rintellîgence des esclave^ subissant les monopoles : d'instruction et de propriété.

Mais, tout développement d'intelligence est un accroissement de besoin; et, tout accroissement de besoin est un excitant pour attenter à la propriété, lorsque l'organisation de celle-ci n'est point incontestablement établie : pour le plus grand bien de tous et de chacun : ce qui ne peut être sous le despotisme.

Dès lors : de nouveaux sophismes deviennent possibles, d'un côté; et, d'un autre, de nouveaux développements d'intelligence, deviennent nécessaires.

Voilà donc, les despotes par intelligence et propriété, forcés d'élargir les limites accordées au développement des esclaves par infériorité d'intelligence et de propriété, dans le but de se rassurer de nouveau : contre de nouvelles attaques à la propriété. C'est-à-dire : qu'un cwcle vicieux de tendance à développer l'intelligence des masses, dans certaines limites ; et, de nécessité d'étendre continuellement ces limites, pour atteindre le but qu'on se propose; élargit ces mêmes limites, jusqu'au point : où, la totalité des esclaves s'aperçoit : que, les bases données au despotisme, la soumission à des croyances non démontrées , d'une part; et, d'une autre, l'aliénation du sol, ainsi que sa transmission par hérédité; sont essentiellement établies : au détriment des esclaves. Et, comme alors personne ne veut demeurer esclave; et, que tous ignorent encore, en quoi consiste la liberté de tous et de chacun ; l'anarchie devient universelle ; et, les despotes

168 SGIENCB SOCIALE.

deviennent eux-mêmes intéressés : à l'anéantissement du despotisme ; à l'établissement de la liberté.

C'est, seulement alors : que, la société commence à raisonner réellement. Auparavant, elle n'est qu'une immense Petite-Maison; qu'un rassemblement d'innombrables loges ; où, chacun se donnant exclusivement raison, sur la foi de son sentiment^ déclare atteint de folie : quiconque ne pense pas conmie luimême. A une époque : où, la vérité sociale n'est point encore découverte ; où, toute utopie politique a déjà eu une existence réelle dans les idées ; où, chacune d'elles a encore des partisans ; si quelqu'un, la vérité n'étant point encore socialement nécessaire^ était assez imprudent pour exposer : ce qui, incontestahlement^ se trouve être la vérité devant la raison; il serait universellement condamné, comme atteint de fo* lie : devant le préjugé ; devant le sentiment.

C'est donc seulement : à l'époque où l'anarchie devient universelle ; à l'époque où d'innombrables bouleversements de propriétés, toujours arrosés du sang des populations, calment la frénésie sociale, senti'mentalement excitée par le protestantisme; que, le raisonnement suivant peut être considéré : comme, ne devant point faire condamner moralement à la douche ; le malheureux, assez hardi pour le prononcer.

Donnons ce raisonnement.

« L'ordre social repose : essentiellement ; exclusivement ; sur une règle d'action.

Cl Une règle d'action ne peut servir de base à l'ordre social; si, elle-même ne se trouve appuyée : sur

SCIBKCS SOCULE. 169

une autorité, BSLactioimsaxt fatalemmt ^ jtisiemefU ^ illih sairement au réellement y toute atteinte à cette même règle.

a Une autorité, sanction nécessaire de règle d'action, ne peut, même existant réellement^ servir de base à la règle, de manière à rendre Tordre social possible; à moins d'être reconnue : comme étant incontestable; c'est-à-dire : que, Tétant ou ne Tétaut point, réellement; elle doit, néanmoins, être socialement incontestée.

« Une autorité, sanction nécessaire de règle d'ac- Uon, ne peut être socialement incontestable et incontestée : que, sentimentalement ou rationnellement.

« L'autorité, sanction nécessaire de règle d'action, rationnellement incontestable et socialemefit imontestce, peut seulement exister pratiquement : lorsque Texcès de malheur social, dérivant du despotisme, devenu source d'anarchie, a rendu l'autorité sanction de la règle d'action sentimentalement incontestable^ incontestablement incapable de servir plus longtemps de base à Tordre social ; et, que le besoin d'ordre a forcé la société : non-seulement à rechercher théoriquement la règle d'action rationnellement incontestable ; mais encore, à faire reconnaître par chaque individu^ cette même règle d'action, comme rationnellement incontestable, pour qu'elle puisse être : socialement, pratiquement, INCONTESTÉE.

« Or, ces conditions sociales d'incontestabilité, constituant l'essence de Tétat social de raisonnement ou de liberté réelle ; n'ont, jusqu^à présent, jamais eu d'existence réelle.

170 SCUBCE BOCULE.

« Jusqu'àpréaent, iln'y adoDcjamaÎBeu et, il n'y a pas encore possibilité ; de voir Tordre social exister : si, ce n'est par une règle d'action, rasant sur une autorité sentimentalement iocootestable, et, socialement incontestée.

« Une autorité, sanction nécessaire de règle d'action, n'est setUimentalemeni incontestable : que, lorsqu'elle se trouve appuyée sur une révélation ; et, n'est socialement incontestée : que, pour aussi IcHigtemps que les interprètes de cette révélation, restent maîtres : de réducation et de rinstruciUm.

« Les interprètes de révélation cessent de rester maîtres de l'éducation et de Tinstruction ; et, par conséquent, toute autorité, sanction nécessaire de régie d'action, cesse d'être sentimentalement incontestaUe et socialement incontestée : dès, que le libre examen s'établit ; dès y que Vexamen devient incompressible.

« IjQ libre examen, l'incompressibilité de l'exam®, existe actuellement ; et, ne peut être détruit : que, par l'anéantissement de la presse, anéantissement deTenu impossible.

« L'ordre social est donc devenu absolument impossible : pour autant que la règle d'action, basée sur une autorité rationneHement incontestable et socialement incontestée, n'a point d'existence réelle.

« Maintenant :

« Le libre examen étend ses limites, en raison même des développements de l'instruction ; et, l'anarchie doit se propager : en raison directe des progrès de l'incompressibilité de l'examen.

SCIBRCE SOCIALE. 171

« Avant, que la règle d'action, basée sur une autorité rationnellement incontestable et socialement incontestée, ait une existence théorique et pratique réelle ; I'anarchie doit donc s'étendre : en raison même des dé-

VELOPPEMENTS DE l'iNSTRCCTION. »

Et, je le répète .-jusqu'à ce que l'anarchie ait développé l'instruction réelle ; l'auteur, du raisonnement précédent, eat inévitablement : condamné a la docche.

Cette nécessité d'instruction réelle, d'instruction base incontestable de morale, est tellement nécessaire, 80U6 peine d'une anarchie continuellement croissante ; qu'elle est reconnue et déclarée, de la manière la plus hardie : par les plus chauds partisans du gouvernement représentatif. Voici les propres paroles de M. Emile de Girardin, dans son ouvrage intitulé De V instruction publique.

— « Aussi, dît-il, la loi du 28 juin 1835 n*a-t-elle pas, à notre ayis, conçu l'aTenir qu^'elle pouvait enfanter ; elle n'a pas prévu qu'après une révolution, un gouternement nouveau , unb dtkastib nouvelle n^avaient jamais qu'une existence probable de QUINZE ANNÉES, lorsque Vinstruction du peuple sagement dirigée ne servait pas de lien aux générations qui se renouvellent. » ^

(Édition de 1838, p. 33.)

— C'est vrai. Mais, quelle est Tinstniction sagement dirigée à donner au peuple ; et, comment distîngue-t-on l'instruction sagement dirigée, de Tinstructîon follement dirigée ?

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