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CHAPITRE X

NEUVIÈME MOYEN DESPOTIQUE : TEREEUH DE l'aYENIR

« Tous les intérèu sont oooToqaés : en lesr montre le dogme nouveau oomme on enoon qu

les menace De là une ligue puissaote qsite

compose «le tous ceux qui tirent parti des TÎdlItt croyances, et de tous ceux à qui on perioade qse leur renirersement changera tout et Uessen leois iutérêts. Dans cette ligue, dont i.x rcoa bstFami, il ne s'agit plus de foi, plus de croyance; il s^a plus rien de moral : rintérii 9eul en um Ut nœuds.

« Alors le peuple désespère de la vérité. H ne voit plus que des trompeurs autour de lui ; il ^ vient défiant envers tous, et pense qu*en ce noade Taflaire unique est d*étre le moins malhesieu possible ; que c*est folie de prêter Tweille va beaux discours et aux grands mots de Térilé, de justice, de dignité humaine ; que la religion et k morale ne sont que des moyens de le prendre os de le faire servir à des projets qui ne le toucbenl point. Il devient sceptique sur tout, sanf sor Mo intérêt ; et, passant à l'indifl^renoe pour tons les dogmes et pour tous les partis, estime qae cdoi qui coûtera le moins sera le meilleur. On ne poom plus lui mettre les armes à la main pour ancds; nul n'eu vaudra la peine. Sa religion, sa noiale, sa politique, sa doctrine unÎTerselle et nniqse, c'est riiiTKRéT : ses maîtres et ses meneurs aoat parvenus à le rendre semblable à eux.

« Son indirférence obtenue, c*est tout ce qae veuleut les partisans de Tancien dogpM. Us sV quiètent peu de prendre sur lui «n asoendtat no-

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ra], d*eQ être cras, aimés, estimés; encore moins qu'il soit Terlueax, religieux, heareax : il est indifférent, les voilà maîtres. »

JoDFFROT, Comment le* dogmes finûseni, — R D'abord on a détruit ; c'était le premier besoin. Après avoir détruit on s'est moqué ; c'est le propre des vainqueurs. Mais jusque-là on n'a pas * songé à ÉTABLIR, et pourtant il faut du positif au peuple et à la raison. Dans la ruine d'un dogme usé, la négation sérieuse tient d'abord lieu de foi : c'eit croire quelque chose, que de croire qu'une doctrine que Von euivaii estfausie; on y met d'abord une ardeur, un zèle qui remplissent l'àme. Biais quand la chose est bien démontrée, que l'ennemi est abattu, qu'on n'a plus à faire que rire de son absurdité, le zèle tombe faute d'opposition, et ton se trouve à vide, détaché et une croyance ei ne croyant plus a aucune, dans une parfaite indépendance d'esprit qui flatte, et à laquelle on se platt quelque temps, mais qui ne tarde pas à fatiguer une nature dont la faiblesse ne supporte pas le

doute.

«Dans toute révolution d'idées le scepticisme trouve sa place : il vient pour détruire, et survit à sa victime ; mais il ne peut tenir longtemps. Nous avons besoin de croire parce que nous savons qu'il y a des vérités. Le doute est un état qui ne peut nous plaire que comme l'absence d'une fausse croyance dont nous nous sentons délivrés. Cette satisfaction goûtée, nous aspirons à une nouvelle croyance ; le faux détruit, nous voulons le vrai (l).

•Or, s'il est facile, L'asraiT d'kxamsn uhk pois HB, de détruire ce qui est faux. Une l'est pas, le faux démontréy db trouver cb qui bst yrai (2). Mille systèmes s'élèvent Le parti vainqueur, uni pour abattre, se partage pour rétablir. La per8{)ective du pouvoir pour le parti triomphant complique d'intérêts particuliers cette dispute philosophique. Les vieux amis de la réforme se divisent ; bientôt

(1) Cette citation, aînfiiqucla prcccdenle, sont du professeur de philosophie Jouffroy, mort dans les tourments du scepticisme et désespérant: de trouver la vérité, dont il avait si grand besoin.

(2) Tout le mal de la situation actuelle, se trouve dans ces quelques lignes. Qui le remarquera ? qui l'accordera ?

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Us w craignent ; encore un momentetik se déioteront plasqu^îls ne détestent leors conmons enncBis qu'ils ne jogent pins redoutables. Tout est fadîon dans le parti de la venté , tandis que le parti oppoté devient de plus en plus compacte par r«JB/e d'miérél qu*osk cuaiitte commuitc y a/ail naiire,

« Ccfiendant, le peuple, dont les intérêts matétérieU ne sont point engagés DiaacniiEVT dans ees qnerdles, continne à regarder avec son bon teu, m voulant et ne ckerchant que la vérité, mais la TFonlant promptemeat par ce qu'il en a besoin. H sait qu'elle n'est pas dans le vieux dogme; quoi qu'il arrive, il ne se ralliera pas à ses partisans; nais il est étonné de ne; plus la retrouver dans U bour dbe de ses anus. Ceux qui parlaient de si bon scas et avec tant d'unanimité et de désiniéressemeat, la loilà qui- se perdent dans des systèmes ininteiligi- Uss, qui se divisent sur tous les points, qui se hsïfsent, qui deviennent évidemment égoïstes et ambitieux. Qu'est devenu le zèle pur de ces apôtres de la nouvelle foi? on est la vérité promise?on est leboobeur qu'ils annonçaient au peuple? C'était poor lui, et pour lui seul qu'ils voulaient travailler ; et c'est pour eux qu'ils combattent, se divisent, et, oubliant leur vieil ennemi, se décbirent entre eux.

« Voilà ce que fait ressortir avec soin TandeB parti. A son tour il attaque les plans proposés avec le raisonneoMut et le ridicule ; à son tcor il reproche l'égoîsme, il accuse d'ambition et d'hypocrisie; il demande où l'on va mener ce pauvre peaple à qui on avait tout promis ; il lui fait hoale d'avoir été dupe, il lui fait honte d'avoir prêté sa ibrce à des fourbes, et d'avoir servi de moyen. Bt comme le peuple souffre (car les temps de rérolation sont pénibles à passer), il lui fait sentir soa malaise, qu'il oppose à son ancien bonheur, ou da mains h celui de ses pères, dont l'éloignement permet de tracer des tableaux de fantaisie. Écartant la question de la vérité du dogme ancien et des opinions nouvelles, il n'en atteste plus que I'istî- EÈT, démoralisant ainsi de toutes ses forces la société qu'il ne pourrait plus retenir par l'autorité de la vérité et du devoir. Et tout cela, il le fait prêcher et répéter partout : car il est uni, org«nisé ; il a la force constituée entre ses sains, et ses adversaires n'ont que la parole. »

— « Les bons mêmes, ceux da moins qui sonyent passent pour tels dans l'opinion commune , sont sujets, à cet égard, à plusieurs sortes d'illusions . Tantôt ils essayent de se persuader qu'au fond Tétat des choses n'est pas aussi triste que quelques-uns le prétendent; qu'on s'alarme^ trop

afin de tirer de là un prétexte d0 rester en repos; ils veulent dormir tranquilles. Tantôt, au contraire ils s'exagèrent ce que cet état a d'inquiétant, pour en conclure l'inutilité des efTorts humains, et renvoyer tout à la Providence. D'autres fois ils conviennent qu'il serait preammt» indispensable de chercher .un remède au mal ; mais ce soin ne les regarde pas, c'est la charge, le devoir d'un autre : et sur ces motifs divers , chacun s'enveloppe dans son manteau et s'assied pour regarder de loin l'édifice que la flamme ravage, ou que la tempête ébranle, et dont, d'heure en heure, ils voient crouler çà et là d'énormes pans.

M Insouciance, paresse, amour d'une vie molle, rxun surtout, la Tn^MBLAim rxua, voilà ce qui aveugle ou corrompt les débiles consciences de tant d'hommes qui s'en vont balbutiant avec une sécurité feinte : Paix, paix, et il n'y a point de paix. Ils çrmgnent le travail, ils craignent le comèatf ils craignent tout, kxceptk es qu'il faudrait caAur- OES. »

La MiirirAis, Affaires de Romcy p. 199.

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Empîntine.

« DepQÎs deax ans il 8*est accompli bien àa cliangeinenU profonds dans la société; les eqinU regardant d'antres objets, tontes les questions se sont déplacées, et notre état, an fond, n*a pnsqœ rien de commun avec ce qui était.

« Sons la restauration de quoi B*agissait-il?De renverser une dynastie qui rappelait au pays sue invasion étrangère ; d'en combattre les tendsoceft rétrogrades, en développant le principe de liberté sous la forme établie par la Charte et dans le limites de la Charte.

« La Charte, dans sa partie démocntiqae, était ^'organisation des conqnêtes de la daste moyenne (1).

« Le libéralisme se composait donc d'an seatiment de nationalité, et sous ce rapport il était Texpression de la France entière, et d'un intérêt seulement partiel, celui de la classe moyenne, oo de la classe politiquement constituée par la Charte.

« Elle triompha en 1830 (2).

•« Mais derrière elle, il y avait le peuple par lequel die avait triomphé ; le peuple auquel mil ne songeait pendant la restauration ; le penple exda de la cité par la loi organique de la cité même, le

(1) Il aurait fallu ajouter : devenue classe supérieure. Une grande par- ^ tie des malheurs de l'époque consiste à croire : qu'il existe encore udc classe moyenne.

(2) Il fallait dire : la classe bourgeoise , devenue classe supérieure, triompha de la noblesse, qui voulait la réduire : à n'être plus que classe moyenne.

peuple délaissé, exploité, irainant dans les années prospères une vie laboriease, souflraiite, précaire, et mourant de faim aux époques périodiques de crise.

« Ce peuple, apràs juillet, se demande pour qui il a vaincu, et s^il n*a rieu a attendre d*uue victoire qu'il a si chèrement payée; s'il doit étemellemeot languir dans la même misère, dans le même abaissement. Non! telle est sa réponse (I).

« Alors se pose la grande question, commence la grande lutte. Le peuple a acquis la connaissance et le seutimeut de son droit. Nul repos désormais pour lui qu'il n*ait réalisé ce droit de- Tenu sa vie même, sa vie d'homme.

« Mais qu*est-ce que ce droit, et que veut le peuple ?

« Ne croyez pas qu'il ne s'agisse que de purs besoins matériels, que la question soit uniquement, soit principalement une question d'aliments et de vêtements, une question dé bien-être corporel.

•• Le peuple doit, d'abord avant tout, faire respecter en lui la dignité humaine. Si l'homme ne vit qu'en société, s'il est essentiellement, en tant qu'homme, un être social, il ne vit de la vie d'homme que comme membre du corps social, qu'après sou introduction dans la cité, que lorsqu'il possède et • qu'il exerce les droits inhérents à la qualité de citoyen. Autrement qu'est-il ? un pur instrument de production, une bête de somme, un outil, une chosc^ comme disaient les Romains ; il est, sons une forme ou sous une autre, ce qu'était l'esclave chez les anciens, le serf dans le moyen âge (2).

« Le peuple veut encore sa part de lumières, sa part de science. Il ne vent pas qu'on le repousse par l'ignorance dans l'impuissance, dans la scrvivitude de la brute. Il veat vivre de la vie de l'esprit (3).

(1) Cette i-éponse du peuple ne signifie absolument rien. Celte négation , n'aura de valeur : que , lorsqu'elle sera prononcée par la nécessite ; et , pour la société , l'anarchie seule fait naître la nécessité.

(2) Il est pis que cela. L'esclave ancien n'avait ni connaissance, ni volonté. L'esclave moderne a mille fausses connaissances , n'a aucune conoaissance réelle, et il a des velléités de volonté.

(3) Le peuple ne veut rien de tout cela. Par la raison bien simple : qu'il n'a que des velléités de volonté ; il ne saitce qu'il veut. Mais, désor-

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