‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 65 sur 79 · DESPOTIQUE · texte numérisé non relu

DESPOTIQUE

« Notre iiiidligence doit coorbcr mm oifnefl de> vant les nécessités sociales. Lorsqu'elle s'entéls à nier les fiiits parce qu'élit ne les comprend fu, les fiûls s'imposent bratalessent à elle. »

Michel CiiKVALiiR,X^//res sur fAmérifmeéM Nord, lettre xxxiii^.

— « La première chose, poar sortir, s*fl est possible, de notre ignorance est de la reconnaître. • PiBaaa Lsaoux, jéux poUtiquet, JttfueÙÊdé' pendante, juillet 1842. ,

— Dans la position de l'équatioD logique d'une question, il s'agit, au moyen d'éléments déterminés; et, de certains rapports donnés entre ces éléments : de trou- \er le complément des rapports connus. Si alors, un, Qu plusieurs des éléments relatifs à l'ensemble, se trouvent : soit oubliés, soit négligés, soit inconnus ; ou, même ne soient point parfaitement déterminés; Terreur devient inévitable; et, dans ce cas : mieux on raisonnera; et plus tôt on arrivera à l'absurde. Si ensuite l'absurde reconnu; l'orgueil s'entête : à méconnaître son ignorance ; les faits s'imposent : brutalemeint.

Nous allons établir : que, dans la position de Téquation logique du despotisme, deux élémaits sur quatre, ont été généralement négligés; et, que les

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deux éléments, sur lesquels il a été raisonoé; ont été laissés : dans Tindétermination.

Le despotisme, sauf des considérations vagues, dont on ne s'est jamais rendu de compte précis, a généralement été regardé : comme un rapport de maître à esclave; de force à faiblesse*

Si, cependant, on s'arrête à ces seules données; il est facile d'observer : qu'il ne peut y avoir, alors, entre le maître et l'esclave, entre le fort et le faible : que, des rapports nécessaires de cause à effet; et, alors , quelles conséquences morales peuvent être tirées de leur état respectif ? Aucunes absolument.

Dans la question du despotisme, deux éléments se trouvent donc insuffisants : pour, que des conséquences morales puissent être tirées ; et, d'autant plus : que, pour autant que ces éléments force et faiblesse restent isolés ; ils sont indéterminés ; relatifs, comme la force physique à laquelle ils se rapportent.

Mais, si entre maître et esclave, nous faisons intervenir : la liberté^ ou la puissance du raisonnement, comme appartenant à l'un aussi bien qu'à l'autre; toutes les difficultés, que nous avons vues sui^r de la théorie d'Âristote , relativement à la détermination des expressions maître et esclave; s'évanouissent complètement : pourvu, cependant, que les êtres chez lesquels le choisir j le penser, le raisonner^ le sentir, expressions équivalentes, appartenant à une même nature selon Descartes, etc., etc., jusques et y compris M. Cousin ; soient : parfaitement déterminées.

Nous trouvons alors : dans le maître, liberté active

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OU raisonnement en action; dans l'esclave, liberté passive ou raisonnement en état d'inertie ; et, le despotisme, nom que nous donnerons à l'action du maître sur l'esclave, prendra, socialement: un sens moral, qui pourra se reconnaître comme réel, en disant :

(I Qu'il n'est : que', le raisonnement employé par « plusieurs : pour soumettre les autres ; et, les em- « pécher de raisonner au point de reconnaître : que, « leur soumission est irrationnelle. »

Voilà donc un troisième élément, le raisonnement ou la liberté, lequel, doit nécessairement être admis : dans l'équation logique de l'ensemble despotique. Ce n'est cependant point le dernier; nous allons en trouver un autre.

Le raisonnement, constituant force supérieure dans le despotisme, a nécessairement un objet. C'est, le quatrième élément; il faut le découvrir.

Le raisonnement est le rapport :' au sentiment de l'existence, à la sensibilité, sujet^ réel ou illusoire : de toute modification, de tout objet, de toute chose, pouvant modifier ce sentiment : que , la modification, l'objet ou la chose, soit corporelle, ou incarporelle. Ce rapport, de l'objet au sujet, est une appropriation : soit illusoire, soit réelle ; et, ce quatrième élément, comme susceptible d'appropriation, prend le nom : de propriété {\).

(1) n est sans doute inutile d'énoncer: qu'ici, l'expression /^ro/wte/^' se rapporte exclusivement à TiateUcctael; et, qu'elle n'a rien de commun avec l'expression propriété, exclusivement rapportée à la matière, et signifiant : attraction, répulsion, etc., etc.

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Le quatrième élément despotique est ainsi : tout ce qui peut être l'objet de l'action du maître sur l'esclaye.

Tels sont les éléments de l'ensemble despotique ; et, qui plus est^ de Tétat de liberté : ce qui doit être, puisque cet état n'est que l'absence du despotbme. Il ne peut même y en avoir d'autre. Car : activité arbitraire ou despotique ; passivité non raisonnée ou esclavage; liberté ou raisonnement; et propriété ou objet; renferment tout ce qui, moralement, se trouve possible.

Remarquons : que, la propriété peut être :

l"" Intellectuelle : celle de l'homme sur l'homme ;

2** Corporelle : celle de l'homme sur un champ, sur un meuble ;

S"" Indéterminée : celle de l'homme sur un chien, une huître, une éponge, un champignon ;

4"" lncorpoi*elle : celle de l'homme sur la lumière, sur l'électricité, la chaleur, la pensée, les découvertes, etc.

Récapitulons nos éléments :

V Maître : être intelligent, agissant sur d'autres & leur détriment ;

2"" Esclave : être intelligent subissant l'action par laquelle il est lésé ( 1 ) ;

3"" Liberté ou raisonnement : élément, en dehors

(1) La société bourgeoise aurait bien voulu rettreindre TesclAvage u Tesclavage domestique. Alors eUe aurait été une société libre. Hetf mi« phismes peuvent duper quelque temps en présena* de rincomprcMitiilité de l'examen ; mais, bientôt, ils finissent par n'avoir plus de valeur. Tout homme lésé est esclave, pour ce dont il est lésé*

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doqud il ne peut y avoir : ni rationalité, ni irratio lité, ni maître, ni esclave, ni état de liberté ;

4"" Propriété : ce par quoi Tètre intelligent peut être modifié.

Avec ces éléments toujours présents à l'esprit, la question théorique de despotisme, pour savoir quand il existe, n'offre plus de difficulté. Quant à la question pratique, relative à l'absence du despotisme, ce n'est pas ici le lieu d'en parler.

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OBSERVATIOll PREALABLE A LA DISCUSSIOR DU DESPOTISME CONSIDÉRÉ DANS SON ENSEMBLE : IL Y A ENSEMBLE

partiel; et ensemble général.

•• Parmi toatet les aoquiâitioas qaî, depuis la fin do siècle dernier, ont grandi le domaine des scien« ces d^obsenrations, nnlle n*a ouvert on champ pins ▼aste que la conception de Yolta sur le développement de Télectricité par contact.... Ce fait physique, matériel, a an analogue évident dans le monde moral. Lorsque vous rapproches deux hommes qui jusque-là avaient vécu éloignés Tun de l'antre, pour peu que ces hommes aient quelque qualité éminente, leur frottement produit incontestablement quelque étincelle. Si, au lien de deux hommes, les deux pôles de votre pile sont deux peuples, le résultat s'élargit dans la proportion d'un peuple à un homme. »

M. Micaar. CaxvikLiaa, Leiirei sur t Amérique du Nord^ lettre i'«.

— Avant dé passer à la discussion du despotisme, considéré dans son ensemble^ observons : que, dans l'origine de Thuinanité, les sociétés se séparent d'une manière plus ou moins absolue, pour un certain nombre de siècles. Alors, pour aussi longtemps qu'elles sont séparées, chaque ensemble partiel forme , pour ainsi dire, une humanité particulière. C'est seulement, lorsque des conununications inévitables viennent à s'é-

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tablir : que, les ensembles partiels disparaissent, pour ne laisser en évidence : que, l'ensemble général. Nous examinerons séparément : les ensembles partiels ; et,

Tensemble général.

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Easenubles partîeb.

• Qaelqiie grande Tériié , qaelqoe dogme fécond cherche à oaitre ; les peuples en ont le pressentiment, ils Tentreroient Tagnement an fond de l'avenir obscnr; et en même temps il semble qu*aa lien de se porter avec amonr Yers le bien futur, dont le germe mystérieux se gonfle chaque jour d*nne sève plus abondante, an lien d'échauffer de leur haleine la plante céleste afin d'en bâter Tépanouissement, ils soient partout livrés à l'esprit de destruction , purs instruments de ruines, manœuvres de la mort , occupés sans reUche à creuser la fosse où doit s'engloutir tout ce qui est. »

La Mennais, Àmschatparuit et Darvands , p. 57.

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