‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 67 sur 79 · II. i · texte numérisé non relu

II. i

9M 8CKIICB 60CUUI.

Mires, et en les empêchant de s*é-

Nkckbr, Mémoire sur la légûiatiom tt U commtrct deê ffraim,

— « Une iojnre faite à nn seul boBune est «ne neoaçe ponr ie genre hvmsin tout entier. «

CoHnrcnrs.

— «t L'heure serait venue «fallomer le phare de la raison et de la morale sur nos tempêtes politiques , de formidcr le nouveau symbole social <{«

le monde eommenœ à pressentir Que le del

suscite des hommes, car notre poHtique fait honte à Thomme, et fait pleurer les anges. •

M. DB Lakabtivc

— « L'état de liberté sociale consiste : dans rharmonie en^ rintelligenoe et la propriété. •

Paragraphe précédent,

— Dans Texamen du despotisme, nous devons surtout insister sur les éléments : intelligence; et, propriété; cap, c'est seulement par leur défaut d'harmonie, qu'il y a : des maitres; et, des esclaves.

Les développements de l'intelligence, abstraction faite de la propriété, sont relatifs : non-seulement à l'organisation et aux circonstances; mais encore, à la volonté.

Dès lors, même à égalité d'organisation et de cir* constances, il y a inégalité de développement d'intelligence.

Le travail relatif à la production de propriété corporelle, abstraction faite de l'aliénation de l'outil général le sol, est encore relatif : non-seulement à Torganisation et aux développements de l'intelligence; mais aussi à la volonté.

 égalité d'organisation et de développement d'in-

SGWMGft SOCIILB. 227

teUigence, il y a donc inégalité de travail ; et^ par conséquent inégalité de propriété corporelle (1).

De cefi inégalités existant nécessairement , même abstraction faite de despotisme et de liberté, naissent, nécessairement aussi, des classes relatives à TinteUigence et à la propriété.

Ainsi, des classes relatives à des différences de propriétés ne sont point exclusives au despotisme; elles sont au contraire les conséquences nécessaires de la volonté, en dehors de laquelle il ne peut exister d'intelligence, de raisonnement de liberté.

Où donc peut commencer le despotisme relativement aux inégalités des classes ?

Cette question devient facile à résoudre".

Du moment que des conditions de propriété, dépendant de la répartition sociale, nuisent aux développements de Tintelligence de quelque enfant que ce soit; obstacle qui rejaillit sur son travail ; et, par conséquent, sur la propi*iété qu'il serait susceptible d'acquérir; cet enfant est soumis au despotisme. Ces mêmes conditions de propriété influeront sur les enfants de celui-ci, qui nécessairement, alors, seront également soumis au despotisme.

Voilà pour l'intellectuel.

Quant au matériel : du moment que la richesse est irrationnellement répartie ; et, que par l'aliénation du

(I) Afln d*évitet des répétitions fastidieuses de Vépithête corporelle, nousDOQS servirons aniquomentde rexpreasion propriété, ponr énonoer cette espèce de propriété. Quand il s'agira de toute autre espèce nous le mentionnerons spécialement.

228 SCIBMCE SOCIALE.

sol, ainsi qae par Tinipôt placé sur le travail, rindividu ne peut employer son intelligence, même ^lement développée, sur la matière, en libre concurrence avec tout autre ; cet individu est encore soumis an despotisme ; et , son esclavage rejaillira sur ses enfants.

De ces prémisses , il résulte : que, le despotisme n'est point essentiellement relatif aux classes ; mais bien, à la transmission héréditaire des classes, abstraction faite des différences d'organisation et de volonté.

11 est, dès lors, évident : que, le despotisme peut exister, même abstraction faite de l'aliénation du sol ; mais, il est infiniment plus inévitable, pour les enfants de ceux qui déjà se trouvent soumis à ce monopole : puisque, en outre des développements de rintelligencc et de la bonne volonté, il faut encore un outil pour travailler; et, que toute espèce d'outil provient : de l'outil général, le sol.

Dès, que le despotisme n'est point essentiellement relatif aux classes ; mais bien, à leur transmission héréditaire , abstraction faite des différences d'organisation et de volonté ; donnons aux classes où cette transmission est nécessaire : le nom de caMes. Et, nous dirons : que, partout où il y a caste, là il y a despotisme ; et, que là où il n'y a point de caste, là il y a liberté.

Etudions les castes, résultant : d'un défaut d'harmonie entre Tintelligence et la propriété.

Les castes sont essentiellement relatives :

r A la propriété, monopolisant les développements de Tintelligence ;

2'' A l'intelligence, monopolisant le pouvoir et par suite la propriété ;

3"" Aux exploités du pouvoir et dé la propriété.

Tel est Tordre de leur formation.

Mais, aussitôt établi, cet ordre, quant à Tinfluence , se trouve interverti ; et alors nous avons :

l"" Despotes de pouvoir, ayant beaucoup de propriété ;

2* Despotes de propriété, ayant quelque pouvoir;

S"" Exploités ou peuple, n'ayant ni pouvoir, ni propriété.

Voyons, maintenant : comment les classes sont devenues castes^ par transmission nécessaire ; et, commençons par la caste peuple : où, la nécessité de transmission est, pour ainsi dire, plus évidente.

La classe peuple, en tant que classe toujours relative à l'organisation et à la volonté, se transmet indépendamment de ceux qui y naissent, quelles que H soient leur organisation et leur volonté ; parce que l'organisation et la volonté sont impuissantes : tant pour se développer en dehors de la propriété ; que, pour acquérir de la propriété : en dehors du développement de l'intelligence ; et , des outils qui lui sont nécessaires.

Ainsi : aussi longtemps que la société ne rend point le développement des intelligences, indépendant de toute propriété particulière ; et, aussi longtemps que l'outil général n'est point entré à la propriété de tous,

S30 SCJEHGB aOCULB.

à la propriété collective ; la classe peuple devient nécessairemeni caste; nécessairement esclave.

La classe des possesseurs de {m>priété se transmet nécessairement par l'hérédité, elle-même nécessaire à l'existence de la société. Et, par conséquent, cette hérédité forme nécessairement caste et despotisme: aussi longtemps, que la société n'équilibre point cette tendance à l'existence de caste, par un contre^ids suffisant, pour que les classes puissent toujours rester exclusivement relatives : à l'organisation et à la volonté; c'est-à-dire au travail (I).

Nous allons parler, maintenant, de la classe j>ouvotr : comme renfermant nécessairement les maîtres; comme devenant nécessairement caste : dans tout commencement de société.

(1) Disons d*abord, pour ne rien laisser dans le vague, que ce contrepoids, lorsque la liberté sociale est nécessaire et possible, consiste : 1^ Daas l'entrée du sol à la propriété coUectiye; ?° Dans la réduction de Thcrédité à la ligne directe; 3® Dans la faculté de tester, sans exception aucune ; 4® Dans l'impôt sur tout héritage dévolu par testament

8GI£R€B SOCIàLS. 23i

MAITRES : nOBLES.

« A parler à bon escient, c*eftt un extrême malheur d'être aubject à un maître, duquel on ne peut être jamais assuré qu*il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra : et d'avoir plusieurs maîtres, c'est autant que d'avoir autant de fois à estre extrêmement malheureux. »

hk BoÉTiE, De la servitude volontaire»

— « L'effort de l'esprit social n'est pas de s'unir un égal , mais de se constituer un supérieur. Pour en venir là, il ne suffit pas de l'unité sociale; il faut , le plus souvent , une croyance religieuse. Celui qui n'aurait pas été obéi comme chef le sera comme fils des dieux. » «

MiCHaLCT, Origines du droit francftis, p. xxii.

— « Pour l'avenir comme pour le passé, l'existence d'une société implique une religion Lors

même qu'elle ne serait pas indispensable à la paix de la conscience et à l'harmonie de la famille, il ne serait pas possible de se passer d'elle, car kllk EST AUSSI UNE irccBSSiTÉ TOLiTfQUE. On a eu raison de dire que si Dieu n'existait pas il faudrait l'inventer. »

M. M. Chevalier , Lettres sur T Amérique du Nord, lettre xxx*.

— « Messieurs, la religion est, Jfe ne me lasse point de le répéter, le fond de toute civilisation* »

M. Cousin, Histoire de la philosophie, 1. 1, p. 162.

— « Soit qu'on batiste une cité nowrette, toit qu'bn en rétablisse une andemie tooibée en décadence, il ne faut point, si l'on a dn bos seM, qjoe ralatnrenent aux dÎMz «I mx ttoiples à élever dans

232 KnsnCE 80GIALB.

la Tille en lenr honneory <|icU que loieBt les dieu oa les déowns sous l'invocatioii desqnds od feeile les placer, on fasse ancnne ianovatMii contniie à ce qni aura élé réglé par Torade de Delplies, de Dodone , de Japiter-Ammon , on par d^anciaiBCs traditions, comme sur des apparitions on des inspirations. Dès qu^en conséqnenoe de ces sortes de croyances , il y a en des sacrifices institnés atec des cérémonies, soit qoe ces cérémonies aient pris naissance dans le pays, soit qu'on les ait empn»* tées des Tyrrhéniens, de Chypre ou de qndqne antre endroit; et qoe sur ces tiaditions on a coasaoé certaines réponses des dieux, érigé des stataes, des antels, des temples, et planté des bois sacrés, t7 n^est plus permis ait législaieur <fy ioueker le moins <iu monde (1). ■

pLÀTOir, liois, lit. y.

— « II est temps d'en venir à renoncé de la loi, eu commençant par ordonner à tons les impies de

renoncer à leur impiété Il y aura en matiire

d'impiété trois sortes de délits Le crime des

derniers, qni feignent une religion qu'ils n*oot pss, mérite non-seulement une, mais pfauienrs morts (3). Après la mort le cadavre sera jeté sans sépulture hors des limites du territoire ; toute personne libre qui entreprendra de Tensevelir pourra é(ie ponrsuirie a titre d'impiété.

« Il est encore à propos de porter une loi générale propre à arrêter les progrès de Timpiété, soit en paroles , soit en actions, et à diminuer rexinvagance de la superstition (3) en défendant Uxit antre sacrifice que ceux qui sont permis par les lois. »

Platov, Lois, lir. X.

(1) Ce passage de Platou constate, de la manière la plus irrécusable : que, depuis Torigine sociale, rindifférenlisme religieux, le matérialisme a toujours clé la doctrine secrète des goaTernauts; et la superstition, supportée jiar une inquisition , leur doctrine publique. Voyez t ! : Société noutelle, sa nécessité.

(2) Ici, il faut sous-entendre : pour le$ gouvernés ;'ipàx nous venons de voir : que , Platon se moque de toutes les religions. Il font une reRgkmpour le peuple: telle a été, jusqu'à présent, la base de toute société. 11 est une religion pour tous; et, il faut que chacun la connaisse rationnellement : telle sera la base de la société future.

(3) Remarquons comment le despotisme emploie le mot tupentiikm.

8GIE1IGB SOCULB. 233

— « Qa*est-ce qu*na peuple? Et à qndies con- «iitioos une agrégmiion d'hommes est-elle un peuple? Est-il possible à une nation d'avoir le sentiment de la patrie sans une croyance religieuse (1), des lois civiles véritables sans loi religieuse ? Peutelle connaître la justice et corriger les coupables sans religion? Peat-elleâever les enfants sans xeltgion? Ses citoyens peuvent-ils vivre autrement que d'une vie matérielle, s'ils n'ont point de coaupanication religieuse, eux, s'ils n'ont point de culte? Leur république, en un mot, on aucune notion de la divinité n'est reconnue, peut-elle être autre chose qu'une triste et épouvantable anarchie?...

«Partout, SA» AucuHi exceptioh, le droit a été rdigtenx, dominé par une croyance supérieure aux questions mêmes du droit. Js ni vois a cftirt

aiGLK AOCUnc ElCKPnOH (3). »

Planas Liaoux» Jtevue indépendanle, mars 1843.

— « Toutes les nations commencent par la théologie, et sont fimdées par la théologie. Plus l'iDstitntioB est rdigieuse, pins elle est forte. On peut citer rÉgypte, rÉtrurie, Rome, Lacédémone, etc. Cette règle n'a point d'exception. Partout les prêtres sont les fondateurs , les gardiens et les dis* pensateurs de la science, dont le foyer est dans les temples (3). »

Comte de IfAisraE, Examem de la pkihsopkie de Boeout t II, p. 368.

Pour le de&poUsme, l'errcar offidelle est la vérité ; et, toate autre erreur, et même la vérité, est pour lui superstition. Il n'est aucune religion révélée, qui n'ait été tenue pour superstition.

(1) Il y aiplus : la patrie s'étend et se borne aux ooreligionaires. L'homme irréligienx ne peut avoir : ni patrie, ni famille. Il est, à lui seul ; et famille: et patrie.

(2) M. P. Leroux ne réfléchit peut^tre pas : que, depuis rineom* pressifailiié de Texamen, toute croyance, qui n'est pas science, est île» venue incapable de dominer, on plutôt de servir de base au droil; que, la sèienoe n'existe pas encore; et que, par conséquent, la société restera privée de droit, c*cst-à-dire en état d'anarchie : jusqu'à ce que la science soit trouvée^ reconnue, et socialement aceeptée.

(3) Cela est vraL Mais, avant rincomprcssibîlité de Texamen, tonte erreur, au moyen d'une inquisition, pouvait être imposée, comme étant la acienee. Ifaintenant, toute inquisition est devenue impoaiible.

— « II n*y a pss de iociété qni svbasie bai( joars, qne dis*je, une henre, sans un goavcnemenC. A ]*Msiant même oà la société se fome, el par le seul fait de sa formation , die appeHe on gouTemenent qui proclame la vériié commuait Linr Di LA socirra, qni promvlgoe les piéeqrtn qne cette vérité doit enfanter. La nécessité d'un pocTOxa, d*an goaTemement de la société rdigiea* se.««.. est impliquée dans le fond de Teiistenoede la société (1). "

M. GvizoT, Histoire de la civilieaiiom en £•• n^e^ p. 138.

— » Le ponvoir spirituel se trouvant ainsi à la • tête de toute Vactivité de la pensée humaine, devait naturellement s*arroger le gouvemcoient de la société (2). "

Id,, tbid.^ p. 159.

— Nous ne pouvons trop le répéter : la première nécessité sociale est le lien religieux, en dehors duquel il ne peut y avoir : qu'individualisme; qu'anarchie. Le lien religieux, primitivement, ne peut être basé que sur une hypothèse. Toute hypothèse donnée comme vérité tombe devant l'examen. Cette connais-

Comme base sociale, la vérité seule peut s'imposer actuellement; et, socialement^ la vérité n'existe pas encore.

(1) Tout cela est encore vrai. Seulement il n*est plus possible à aucun gouvernement de faire accepter Terreur comme étant la vérité. C'est, maintenant, à la vérité à se proclamer elle-même ; et, à tout gouvernement à s'en reconnaître le sujet. Le gouvernement ne peut jrfus être : que, le délègue delà vérité. Sinon, il est essentiellement éphémère. Maintenant remarquez,- dans quel choléra moral , la société actoeile sr trouve plongée , même pour les hommes du plus haut mérite. M. Guizot reconnaît : la nécessité d*an gouvernement de la société feligieuse; que cette nécessité est impliquée dans le food^de TexisleDcedela société ; et M. Guizot inculque à la jeunesse, à lui confiée par la société : quey la morale est indépendante des idées religieiisês,

(2) Oui, aussi longtemps que le pouvoir spirituel est basé sur une hypothèse ; et, qu'une hypothèse peut être, imposée , comme étant la vérité. Quand cette dernière condition cesse d'exister : toute paisaance spirituelle, basée sur l'hypothèse, s'écroule. A cet é^rd, nous nous répéterons mille fois; et, ce ne sera pas assez.

SCIBKGB 90€ULB. 235

sanee oblige : à monopoliser les déTelopperaents de l'intelligence; et, à établir une inquisition. Et ces nécessités conduisent nécessairement : à l'établissement des castes.

Le pouvoir ne peut être ; qu'électif; ou, héréditaire.

Pour, que le pouvoir soit électif et non héréditaire ; il faut : que, l'élection ne dépende d'aucune condition d'hérédité ; ou sinon , c'est évidemment une élection illusoire ; une élection au sein d'une caste dominant les autres.

ProuTons : que , depuis l'origine sociale, l'élection réelle n'a jamais, ni existé, ni pu exister : au sein de la société.

Au commencement de la société •, et, du moment que l'on se place en dehors do tout système de révélation ; il y a nécessairement ignorance.

Dès lors, et pour aussi longtemps que dure l'ignorance ; ou, pour aussi longtemps que les bases sociales ne peuvent être démontrées comme étant des vérités ; le pouvoir ne peut être électif : car, il faut connaître pour régner; et, pour régner, ou donner la règle, il faut : ou, connaître quelle est Ja règle réelle et la faire accepter; ou, en donner une illusoire, et savoir la faire recevoir comme réelle. 11 faut en outre; connaître pour gouverner: ce qui est faire exécuter la règle, quelle qu'elle soit.

Or, nous sommes encore dans une complète ignorance, sur la réalité ou la fausseté des bases sociales : dont la règle ne peut être que la conséquence. Jusqu'à présent, l'élection réelle n'a donc pu exister.

236 SClUfCB SOCIALE.

11 y a plus. Si le pouvoir, par supposition, pourait être électif indépendamment de l'hérédité de pro* priété ; l'examen, par cela seul, serait incompressible; et, l'anarchie, ou la destruction sociale , serait la conséquence nécessaire de cette incompressibilité ; pour aussi longtemps : que, la réalité des bases sociales, ne pourrait être démontrée.

A cet égard, l'histoire, l'expérience Tiennent confirmer le raisonnement ; et, depuis l'origine sociale, il n'y a jamais eu : seulement l'ombre d'une exception.

Jusqu'à présent, le mot pouvoir a été complètement vague. Si, nous voulons ne point tomber dans le vague; l'expression /KHit^otr doit être : parfaitement déterminée.

Le pouvoir suppose : rationalité, justice. En dehors de ces conditions, il ne serait : que, la force nue, non masquée de sophisme ; et, ce pouvoir prétendu n'a jamais existé : l'histoire est encore là pour le démontrer (1).

Tout pouvoir relatif à la justice réelle, ou supposée telle, dérive d'une règle : représentant la justice.

Dès lors, le pouvoir est :

V Constituant;

2** Interprétant;

2* Exécutant.

Les deux premiers, relatifs à la règle, à la justice, à

(1) La souveraineté du peuple, la souveraineté de la force brutale, est elLe-méme masquée sous le sophisme : que la majorité a le droit de foire la règle. Allez dire à un fanatique de la souveraineté du peuple : qae, cette souveraineté est celle de la force brutale ! il vous regardera dans les yeux ; et, croira que vous êtes fou.

Ce qui existe pour la souveraineté, existe, à plus forte raison, poar toute délégation de la souveraineté.

8GIXIICB 60€IÂLB. 237

rintelligence sont spirituels ; le troisième est temporel ou matériel. C'est le corps exécutant ce que lui or* donne Tintelligencc .

11 est, dès lors, incontestable : que , vouloir séparer les pouvoirs spirituels, ou plutôt le pouvoir spirituel : car, sous peine d'anarchie, les deux ne doivent faire qu'un ; il est incontestable, disons-nous : que, vouloir séparer le pouvoir spirituel du pouvoir temporel, tout en voulant conserver l'ordre social ; c'est vouloir séparer l'âme du corps, tout en voulant conserver l'ordre intellectuel. 11 y a même plus : prétendre que le pouvoir temporel, ne soit pas un sujet absolument soumis au pouvoir spirituel; c'est prétendre : que, l'ordre intellectuel peut exister, en soumettant rintelligence aux passions exclusivement organiques. L'histoire encore prouve : que, jamais le pouvoir temporel n'a été émancipé du pouvoir spirituel ; et, notre actuelle séparation, essentiellement anarchique, est, à cet égard, une preuve vivante. Quant à la domination du temporel sur le spirituel ; à la prédominance des passions sur la raison; Fourier seul a présenté cette singulière idée; sans faire attention : qu'il s'efforçait, luimême, de vaincre les passions, les préjugés : au moyen de ses raisonnements.

Comme, le pouvoir spirituel est souvent pseudoélectif; et, que nous ne traitons ici que des castes, dont l'hérédité est la plus directe; nous allons nous occuper, plus particulièrement, du pouvoir exécutant, temporel. Nous discuterons le pouvoir spirituel, au prochain paragraphe.

238 SCIEMCS SOCULB.

Qaette est la forme que revêt le pouvoir temporel, au seîn d'une soetélé : où, il existe néceâsaùremeiit

(les castes ?

D'abord, la forme du pouvoir peut être : absolue ou hiérarchique.

Le pouvoir temporel ne peut être absolu : par cela seul, qu'il dérive du pouvoir spirituel; et, qu'il est i-elatif à une règle. Jamais, sous ce rapport, il n'y a eu de pouvoir absolu .

Ensuite, le pouvoir, même comme simple exécutant, ne peut encore être absolu : car, il faudrait que Thomme, possédant le pouvoir; eût, à lui seul, la force physique nécessaire : pour dominer ceux qui loi sont soumis.

Le pouvoir exécutant est donc essentidlraient hiérarchique ; et, en effet, jamais ce pouvoir n'a existé comme absolu.

Maintenant quelle sera la forme de l'hérédité?

Par essence le pouvoir est in, indivisible : comme la vérité, pour le pouvoir constituant ; comme la volonté, pour le pouvoir exécutant. Le pouvoir ne peut donc se transmettre, comme la propriété : par une hérédité commune entre les enfants.

Par circonscription, il ne faut qu'un héritier da pouvoir ; et, sous peine d'une anardiie quasi-permanente, cet héritier ne peut être choisi arbitrairement.

— « L'hérédité de la cooronne, dît Rooss^au {C<msidérai9ong nrr t* gouoernement <U Pologne) j prévient les troubUsij mus elle «meiie lasi^r-

SCISMfi SOCIALE. ^9

▼itttde; Télecttoii maintknt la liberté, mait à chaque règne elle ébranle rÉtat. »

— C'est-à-dire : produit TaDarchie ; car, Tébranlement de TÉtat n'est pas autre chose. Rousseau n'a jamais parfaitement compris, quoi qu'il en ait eu le pressentiment : que, la servitude, est un sine qua non d'existence sociale : pour aussi longtemps, que dure l'époque d'ignorance.

Et ailleurs il dit encore (Ibid.) :

— « Hérédité dans le trône et liberté daot la nation , feront â jamais lies choses iocompatibles. »

— Cela est encore vrai. Mais, Rousseau n'a jamais su : ce que c'était que la liberté. Et, la preuve de cette proposition, est : qu'il a dit (Jbid.) :

— « Le repos et la liberté me paraissent incompatibles : il faut opter. »

-- Or, l'état de liberté réelle est l'état de repos par excellence. Là, où se trouve la liljerté réelle ; il ne peut y avoir de trouble. Mais, Rousseau ne connaissait : que, le repos relatif à l'esclave ; et, il prenait : Tanarchie, pour la liberté. Disons ici : que, M. de la 3Iennais a infiniment mieux compris, ce que doit être l'état de liberté :

— « Lebonliear. dit- il, poar la société eonuiie pour Iboaiaie, utti que la Iraa^ûllilé dans l'ordre. »

240 8G1E1IGB SOCULE.

— Et, si la liberté n'était point cet état de bonheur; il faudrait lui préférer le despotisme.

La nécessité d'éviter l'anarchie, a donc fait établir en droit : la détermination du mode de succéder héréditairement au pouvoir temporel; et, pour ériger plus facilement ce droit en sentiment invariable : Tiatelligence, vu la concordance de la primogéniture avec la plus grande probabilité de paternité réelle, a fait attribuer ce droit : aux premiers nés.

Puis, comme le pouvoir temporel héréditaire, est essentiellement hiérarchique, partout où le sol n'appartient point à un seul, mais à plusieurs ; une caste noble, hiérarchisée relativement au sol, se transmettant le pouvoir par primogéniture, héréditairem^t aussi, a dû être établie.

— a Sans une arittocratîe plus ou moins forte, dit le comte de Blùstre {Du Pape, t. Il, p. 121), k souveraineté ne Test piis asses. »

— Et, de Maistre a* raison : parce qu'il entend, et ne peut entendre : que, la souveraineté temporelle, dérivant d'une révélation.

Avant lui Montesquieu avait dit {Esprit d^s lois) :

— cr Point de monarque, point de noblesse ; point de noblesse , poioi de monarque. »

— L'hérédité, par primogéniture, est tellement inhérente à la hiérarchie du pouvoir temporel : que, nous venons de la trouver, dans l'Océanie, portée à un point : où, l'histoire de l'ancien continent ne Ta jamais connue.

SCimCC SOCIALE. 2il

«Gs 4ni*l y a de Biea plus renurqiuUe, » dît le père Mathiei 0***, mhrinMiirr de TOcéanie, dans set Lettres sur les lies Marquises (PaHl, 1843), « ce ^'3 y a de plus reasanfoable dans loulo celte hiérarchie et BiifffTiîen de pMToir, c*est sans doute Tespèce de majorât, ponr ainsi prier, da fils eiDéd^an chef (1), et son intronisation iminédiito à TinsUnt de la Missance à la place de son père, qui perd ainsi tous ses pouvoirs, 40 BoÎM tons ses titres, pour les remettre an nonvMu petit Hokaiki du roi, dont il demeure seulement le régent et le premier vassal. .....

On'croit foir là comme une conséquence du grand principe de l'oriKlno diT'me de l'autorité, et en même temps de bien profondes vues politiquss \ car, à part même le principe divin dont je parle, rien n'ss( plus propre que celte reconnaissance immédiate du jeune roi pour accoutumer les peuples à le vénérer et à lui obéir. »

Quant à la féodalité, elle existait en Chine, 2205

. ans avant J. C. Cvoyoz Pauthier, cité par M. Prou- (Ihon, Création de V ordre, p. 473.)

Maintenant ; la seule hérédité du pouvoir, par droit d6 primogéniture , est insuffisante au mainticfh do Tordre.

En effet :

L'exercice du pouvoir nécessite : Temploi de TinteU ligence développée.

Le développement de Tintelligencc, pour aussi longtemps que le despotisme reste possible, est essentiellement relatif : à la propriété.

La propriété se divise et s'évanouit : par l'hérédité commune entre les enfants.

De plus : la propriété peut se perdre : par le pouvoir d'aliéner.

Dès lors, par besoin d'ordre, c'estrà-dire par né-

ssité sociale : l'hérédité, par primogéniture, tant du

1 ^»a Aïka AttAlnvAtt mil 1a AiilfîvAnf. ilnît ftirfi établie;

cessité

sol que des esclaves qui le cultivent, doit être établie ; et, l'incapacité d'aliéner la propriété relative au droit

(1) Le roi y comprif,

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