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SJ$8 SGiBHCB S0CUI.B*
'Ensuite, des eselaves domestiques : attachés au soly à la glèbe;
Enfin, des esclaves politiques : attachés à la propriété mobilière j à Yindustriej au commerce.
Les esclaves domestiques , ayant toujours un maître déterminé, sont assurés de gagner, par leur travail, leur subsistance matérielle. Ils la reçoivent même en cas d'incapacité de travail : car, Tégoïsme du maître leur donne des soins et nourrit leur famille (1).
11 n'en est pas de même pour les esclaves politiques, attachés à la propriété mobilière en général; et, à aucun individu en partictUier .
Ces esclaves n'ont ainsi aucun maître, qui prenne à eux un intérêt déterminé quelconque ; et, leur existence devient subordonnée à un travail, de plus en plus difficile à obtenir, à mesure : que, leur plus grand nombre augmente la concurrence ; et, que la privation d'outil particulier, causée : par l'envahissement de l'outil général le sol ; et, par l'impôt toujours alors rejeté sur la faculté de travailler ; se joint à une concurrence, seulement réelle en ce qu'elle a pour objet : de faire baisser le prix du travail.
Pour quiconque voudrait raisonner, après s'être défait de ses préjugés ; ce qui, du reste, selon Descartes, est plus difficile que de brûler volontairement sa propre maison ; il ne serait pas nécessaire d'aller visiter les Amériques pour s'assurer : que, l'esclavage des nègres est infiniment moins pénible ; que, l'esclavage
(1) Il n'appartenait qu'au vertueux Caton, d'envoyer ses esclaves, etvenus incapables de travailler, mourir de faim dans une ik du Tibre.
scmiaB socsâLB. 259
des prolétaires ; le nmple bon sens donne cette solution. II faut même ajouter : que, c'est aux Etats-Unis que les nègres sont menés le plus durement ; et, M. Michel Chevalier a observé lui-même : que, cela devait être, par cela seul : que ces esclaves sont au sein d'un pays : où, tous les hommes sont déclarés : devoir être libres. Il ne faut donc point s'étonner : si, dans les derniers temps de Tesclavage domestique en France, la comparaison : que, les esclaves faisaient de leur sort avec la malheureuse situation des prolétaires, escla- \ es politiques prétendus libres ; leur ait fait préférer le servage : à une prétendue liberté. Aussi, en 1787, deux années, seulement, avant la révolution des bom*geois contre les nobles ; vingt-trois communes do serfs, appartenant à l'abbaye de Luxeuil, plaidaient contre leurs maîtres; pour ne pas être affranchis (1). I.es serfs, et avec raison, préféraient : l'esclavage domestique, à reaclavage politique, décoré du nom de liberté civik.
Voilà des castes établies ; et, nous voyons : que, leur établissement n'est point arbitraire : mais, qu'il est nécessaire, inhérent à toute humanité possible, existant nécessairement dans une ignorance primitive : dès, qu'on veut se maintenir dans les limites de la raison. Nous voyons de plus : que, l'établissement des castes, partageant nécessairement le monde ^i maîtres et en esclaves, reste indestructible : aussi longtemps que l'exanen n'est point incompressible ;
(1) Traité des manuscrits, par M. Monteil chapitre de la féodalité et des hommeB féodaux.
260 SGIBHCB SOCIAU.
et, jusqu'à ce que TexisteDce de l'ordre, c'estrà-dire de la sociélé,, de rhumaaité, devienne incompatible a\ec rincompressibilité de lexamen ; pour aussi longtemps, enfin, que dure l'ignorance primitive. Essayons de déterminer, s'il y a possibilité de voir : les castes anéanties ; les maîtres et les esclaves anéantis.
L'anéantissement des castes dépend de leur réunion définitive et indestructible, en une seule et même caste : rhumanité^ dominant le globe.
Comment cette réunion peut-elle jamais être possible ?
A cet égard, voyons d'abord ce qui est : avant, que l'examen ne soit devenu incompressible : par la pi'esse.
La première domination civile de la société est celle des nobles : par la suprématie du sol, ou de la propriété du sol.
Par suite des développements de population; par suite de conquêtes ; par suite des développements de l'industrie : la domination du sol s'évanouit ; le capital devient dominateur; et, la société, qui, nécessairement, a absorbé toutes les . autres dans un cercle donné ; devient bourgeoise.
Dès ce moment, les castes noble et bourgeoise sont réunies ; et, les séparations ne sont que nominales.
Mais, la domination bourgeoise amène nécessairement Tanarchie. Et, comme Tordre, soit par la force, soit par le droit, est l'existence même de T humanité; comme, l'examen est toujours compressible ; comme,
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en présence de la compressibilité de Texamen, le despotisme est seul capable d'établir l'ordre ; la société bourgeoise se trouve anéantie ; un nouvel ordre nobiliaire s'établit sur ses ruines ; et, le nouveau -despotisme devient d'autant plus effroyable : que, l'expérience lui a donné la preuve : que, la mort de quelques protestants, sacrifiés à la nécessité de l'ordre, est un acte de bonté ; un acte de justice réelle ; vîs-à-vis des maux énormes, résultant de l'anarchie nécessairement amenée : par toute tolérance.
Mais, dès que la presse vient établir l'incompressibilité de l'examen ; il n'en est plus de même.
La domination du sol s'évanouit, cependant, devant la puissance du capital.
La domination du capital amène également l'anarchie.
L'anarchie, ramène également des systèmes nobiliaires.
Mais, l'examen est incompressible ! Les rigueurs, du pouvoir nobiliaire, doivent augmenter : en raison même des difficultés, résultant de l'incompressibilité de l'examen. Et, ces rigueurs ramènent la domination bourgeoise, toujours nécessairement suivie de l'anarchie ; toujours nécessairement suivie d'un rétablissement de domination nobiliaire; toujours nécessairement suivie d'un rétablissement de domination bourgeoise, d'anarchie, etc.
C'est, seulement : lorsqu'il est devenu incontestable pour chacun : que, les castes, d'une part; ou, l'humanité, d'une autre ; doivent disparaître : que, le moyen
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de les faire disparaître est cherché. Alors, les castes disparaissent : ou rhumanité s'anéantit.
Les divisions que nous venons d'établir : en ckuses inhérentes à Thumanité, à la liberté, indépendantes de l'hérédité et de la propriété; et, en castes exclasi- Tes au despotisme, subordonnées à l'hérédité, à la propriété ; se rapportent à toute circonscription particulière, simple, isolément considérée. Nous allons, maintenant, étudier le despotisme : sous le rapport (Vensemble général ou de circonscription complexe ; pour achever de le bien connaître.
Ce sera, seulement, après avoir fait cette étude : que, nous pourrons commencer à entrevoir : comment, les cercles vicieux sans nombre, dont nous allons énoncer les principaux; et, dans le sein desquels l'humanité se trouve enclavée, pendant le nombre de siècles que dure l'ignorance primitive; viennent, cependant, à se trouver : anéantis.
Premier cercle vicieux.
La nécessité, vu Tignorance primitive, d'itwenter Dieu; c'est-à-dire : la sanction religieuse.
La nécessité, de comprimer l'examen de Vinveniion; pour ne point laisser anéantir, par le doute, la sanction nécessaire : à l'existence de l'ordre ; à l'existence de l'humanité.
La nécessité, d'établir le monopole des développements de l'intelligence; pour, que l'examen paisse être comprimé.
La nécessité, d'exploiter les masses ; pour, que les
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développements de rintelligence puissent être monopolisés ; et, que l'anarchie puisse être prévemie.
La nécessité, de conserver Vinvention de Dieu; pour, prévenir l'anarchie ; etc.
Deuxième cercle vicieux,
La nécessité, du monopole de la propriété ; pour, maintenir le monopole des développements de l'intelligence.
L'impossibilité , . d'abolir le monopole de la propriété ; aussi longtemps : que, dure le monopole des développements de l'intelligence.
L'impossibilité ^ d'abolir le monopole des développements de l'intelligence ; aussi longtemps : que, dure le monopole de la propriété.
Troisième cercle vicieux.
L'impossibilité, pour les despotes, de ne point profiler, pour appuyer le despotisme, de la terreur de l'avenir, inhérente à la prévision : des maux, que doit cau« ser une anarchie imminente.
L'impossibilité, de rejeter sur le despotisme, la terreur de l'avenir relative à l'anarchie : aussi longtemps, que les despotes eux-mêmes ne reconnaîtront point et ne proclameront point, socialement : que, leur propre ignorance , donnant le despotisme comme encore nécessaire à l'existence de l'ordre, est, exclusivement : la cause de l'anarchie.
L'impossibilité pour les despotes etc.
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Basemble général.
« L*iiDprbnene a cfaïuigé le sort de rEoopc ; die cbangera la face do monde. Je la ammàbt comnie une nooTelle facallè ajoutée ans plas bctts facultés de Iliomiiie ; par elle la liberté cesse d'ê* ire resserrée dans d» petites agrégations répaUicaînes; elle se répand sar les rojaomes, sartes empires. L'imprimerie est, pour Timmeasité de V» pace , ce qn'était la Toix de rorateor sor la pbct publique d'Athènes ou de Rome ; par ék la pensée de rbomme de génie se porte à la fois àui$ tous les lieux : elle frappe, pour ainsi diie, ToRiKIe de Fespèce hamaine entière. Partout le désir secret de la liberté (I), qui jamais ne s*éteint entièrement dans le cœur de lliomme, la recueille, cette pensée, avec amour, et Tembrasse quelquefois avec fureur; elle se mêle, elle se confond dans tons les sentiments. Et que ne pent pas un td mobfle agissant à la fois sur des millions d*ftmes! Les plnlssophes et les pnblidstes se sont trop hâtés de non» décourager en prononçant que la liberté ne pest appartenir qu'à des petits peuples (2). Ils s*03T su LIRE l'atinir qoe DAMS LK PASSÎ, et loTsqa'ase nouvelle cause de perfectibilité, jetée sur la tcne, leur présageait des changements prodigieux paimt les hommes, ca h'est jamais que davs ca qui a
ÉTÉ qu'ils OHT voulu REGARDER CE QUI rOCVATT
ETRE, CE QUI DEVAIT ÊTRE. ÉleroBs-Ms à de plus hantes espérances, sachons que le temtoire le plus vaste, que la plus nombreuse pepu*
( t ) Remarquons bien : que, ce désir secret de la liberté, n'est autre : que, le désir général, universel, d'être soumis, socialement, à la jostioe, à b
raison.
(2) Cette liberté prétendue n'était : que, le droit des majorités, estre plusieurs, dominant une petite multitude ; liberté, toujours aussi éphémère : que, le prétendu ordre qu'elle est capable de produire.
SCIENCE SOCULE. 265
ktîon, que tout wt prêle k la liberté (1). Pourquoi, en efièt , au instrament qui Mura &e(ti« le genre hnmain en communauté d'opiniptt. (2) , TémouToir et ranimer d^un sentiment , Tunir du lien d'une coostitation Traiment sociale, ne serait-il pas appelé à agrandir iNoiriNiMiKT le domaine de la liberté , et à prêter un jour à la nature même des moyens plus sftrs pour remplir son véritable dessein? Car sans doute la nature entend que tous les hommes soient également libres et heureux (3). »
L*ABDB SiKYBS, ÂstembUe nationale, 20 janvier 1790.
— « L'unité est l'essence de l'ordre, car l'objet de l'ordre est d'unir; et la société même, dans sa notion la plus générale, n'est que la réunion des êtres semblables. Où il n'y a pas d'umié, il y a séparation , opposition , comiai , DascaDas ei malheur,
« Pour qu'il y ait unité sociale, il faut que
chaque partie soit ordonnée par rapport an tout ; chaque individu par rapport à la famille ; chaque famille par rapport à la société particulière dont elle est membre; chaque société particulière par rapport à la graude société du genre hnmain; et le genre humain lui-même par rapport k la société générale des intelligeooes dont Dieu est le suprême monarque (4). »
L'abbé de la Mbhhais , Essai sur Finè^i» rence,,,», 1. 1, p. 275.
^- « Si nous étions à une époque oà les diflftrentes nations de l'Europe fussent isolébs entre
(t) U est si peu vrai : que, tout se prête à la liberté : que, celle-ci est exclusivement relative : à la soumission volontaire sous le joug de la
vérité.
(2) En présence de la presse , la communauté d'opinion est possible comme un bâton n'ayant qu*un seul bout. En présence de la presse, il n'y a de possible : que, communauté de vérité.
(3) Toutes les fois que l'on parle de la nature , comme étant un être, os tombe dans le galimatias. C'est un défaut, d'ailleurs, que ne peuvent éviter : ceux qui n'ont que des opinions.
(4) DiFU, signifie ici : raison éternelle. Et, c'est ainsi que Fénelon disait : 0 raison ! raison ! n'es tu pas le dieu que je cherche? Ce passage de M. de la Mennais ne peut être assez admiré ; à supposer : que, le sens a|ue nous lui donnons, soit bien celui de l'auteur.
266 sciEirGS sociale.
elles, aasvféBeiit 3 serait possible qu'un systcae fêfàk à Loadres sans avoir aacime iofloenw nr celai qui pacatira plus tard à Paris. Biais loin de là, i'Etirope e»i ont, profondément uira an dix* knitième siède (1). l}tn oommosications rapides et eontinaeUes de ioat genre, rimprimerie et la prenc périodique, naisseut urTiMEMiar FÂugletoie, b Frauce et l' Alienagne ; et aussitôt qu'un sjstbK paraît aa dix-buitième siède, dans tel on tel point de l'Europe civilisée, il se répand et il est oonoa presque immédiatement au point le plus distant de la civilisation européenue (2). »
M. CoDsiTc , Histoire de la pkilosophùf t I, p. 46.
— « Tout annonce que nous marchons vers oae grande unité que nous devons saluer de loin. »
CoMTK DE Maistbk, SoirécM de Sant-Péienbourg, t. I, p^ 155.
— « Un grand ressort des temps anciens, qsi rvT nécessaire à l'organisation primitive de la société , et qui ne peut plus être pour nous qa*aae grande erreur ^ le seniimeni de la nationaUU, non Disr4RAtTBE (3). Il ne peut tenir devant les baat*
sentiments de Ilmmanité Le patriotisme a
quelque chose ^injuste et de/actice^ outre qa*îl est intolérant, terrible et trop souvent cruel. »
B*i.LÂ(fCBE, Estai sur les itutituthns sociales, t. H, p. 364. .
— tt Elle vous sera due cette époque fortunée où tout prenant la place, la forme, les rapports que lui assigne Vimmuable nature des choses, la Mberté générale bannira du monde entier les absurdes oppressions qui accablent les hommes,4es pré^ jugés d'ignorance ou de cupidité qui les dirtjaai/, les jalousies insensées qui touraentent les uaissus, et fera renaître (4) une fraternité nniversdie s&as '
(1) Utopistes! pensez à celle vérité. Et, si au dix-buitième sièdt. TEurope était une, profondêmeDl une; au dix-neuvième, le monde est uUf profondément un. Toute loi constituaute, exclusivement relatives une fraction, est, maintenant : une cause d'anarchie pour le tout.
(2) Actuellement, la civilisation européenne ; c'est le monde.
(3) Toutes les difficultés de l'époque, seront bien près de disparaître : liiuand, cette vérité sera reconnue. Jusqu'à ce qtfdle le soU : tout remède «ocial sera anarchique ; et , il le sera d'autant plus : qu'il tendra davantage à amener )a société h. ce qu'elle doit èiee : sous Tordre rationnel
(4) C'est, naître : qu'il fallait dire.
8CIBNGB SOGIALK. 867
LAQUxrxE tous Ics avantages poUîcs et individuels sont si donteax et si précaires (1). »
iUttiAhMAïJ, Assemblé^ nationaie, 17 août 1789.
— •* Mars est le tyran, mais le droit est
le souverain du monde Ne nous défions pas de
l'empire de la v/rilé et de la raison; elles finiront par triompher, oo, ce qui Tant mieux» par modérer Tespèce humaine , et gocvkemir tous lis oouvinirsunrrs de la tebrk. »
MtnABEAU , AsêemUée tmtiommU, 18 septembre 1789 (2).
— « Ils voudraient que les abus fussent étemels et que le régime féodal fût immuable. Qu'ils apprennent qu'il n'y a d'immuable que la raison (3), et qu'elle détruira bientôt toutes les institutions vicieuses (4). »
Ml MABEAu, Assemblée nationale^ 9 janvier 1790.
— « G« n'est pas dans de vieilles chartes, ou la nue combmée aaec là force a trouvé les moyens d'opprimer les peuples, qu*il fant chercher les drpits de la nation (5); c'est dans la raison: ses droits sont anciens comme le temps et sacrés comme la nature. •
Jd,j ibid,
(i) La fraternité universelle, peut seulement exister : par l'anéantissement des nationalités; et, rancautissement des nationalités peut seulement exister : par Tanéantissement humanitaire de Fignorance primitive sur la réalité du droit.
{7) Tant qu'il y a plusieurs gouvernements, c'est-à-dire : plusieurs droits, plusieurs raisons, plusieurs vérités ; le droit réel, la raison réelle, la vérité réelle, ne peuvent : ni triompher; ni régner.
(3) Jamais, Mirabeau ne s'est servi de l'expression insensée droit naiureL Toujours il dit la raïêon ; œ qui signilie , en fait de droit; naoïT
RATIONHEL.
(4) Alors, il serait bien difGcile de dire : quelle institution restera cleboQt.
(5) Ici , les droits de la nation signifient : les droits de rhumanité. Si ane nation pouvait avoir des droits, l'humanité n'en aurait pas.
268 âClEMCK SOCIALB.