HIÉRARCHIE SOCIALE. DESPOTISME DE SECOND ORDRE
« Hiérarchie, au propre, ngnifie : gouternement sacré. Sacré, signifie ici : dérivant de la jastice; d*ane justice IHusoire ou réelle, mais toujours iNconTBsrftE. Hiérarchie, aa figuré, signifie : échelle de tubordinaikm. Cette subordination se rapporte également : à une justice, illusoire ou réelle, et toujoare iKCONTBSTÉB. Eu dehors de toute hiérarchie, prise au propre ou prise au figuré.» rien n'est possible que Tanarchie : soit dans les idées; soit dans les faits ; soit dans les idées et dans les faits. »
CouNS, Miss,
— Dès Torigine des temps historiques, nous trouvons Thumanité divisée en fractions, séparées par des obstacles plus ou moins difficiles à franchir. Physiquement, ce sont des mers, des fleuves, des déserts, des montagnes, des forêts, de simples distances même; moralement, ce sont des conventions sociales directement opposées : comme, par exemple, il y en a : entre les peuples nomades et les peuples fixés ; entre des religions qui nécessairement s'anathématisent ; ou, tout autre moyen que le despotisme emploie nécessairement, pour entraver les communications.
 mesure , que dans chaque fraction , le nombre d'individus devient plus considérable ; le despotisme
nécessairement, s'y établit hiérarchiquement : non* seulement sous le rapport des individus ; mais encore sous le rapport des groupes d'individus. Nous l'avons yu en étudiant : les diverses transformations sociales ; et, l'établissement des castes.
Dès, que quelques-uns des obstacles, qui séparent les fractions humanitaires, viennent à disparaître; celles qui, par cette disparition, viennent à se trouver en contact, doivent : ou s'ordonner hiérarchiquement entre elles de prime abord ; ou, si de prime abord, elles se fondent en une seule, revenir ensuite à se diviser: pour voir la hiérarchie s'établir entre leurs divisions.
En effet : si, la coordination hiérarchique ne s'établit point dès l'abord; la guerre, inhérente aux fractions en contact et non hiérarchiquement ordonnées, doit faire dominer les plus forts sur les plus faibles : jusqu'à ce que toutes, soient réduites à une seule.
Dans ce cas : indépendamment des obstacles physiques, qui auront pu être plus ou moins aplanis ; mais, n'auront point complètement disparu ; les obstacles moraux résultant : des différences de mœurs et de langages ; des haines préalablement existantes entre ces diverses fractions violemment rassemblées; et, des antipathies que le despotisme doit lui-même exciter, pour sa conservation; s'opposeront invinciblement : à la permanence d'une union, que chacune d'elles tendra sans cesse à rompre. Et, ces obstacles empêcheront ainsi : la consolidation du pouvoir qui les domine.
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Celui-ci sot alors le besoin : de diTiser, de nonveau, cet ensemble fractionnaire de Tliimianîté, en sous-fraetions territoriales, indépendantes les imes des autres; mais, tontes soumises : à sa pn^re domination.
Il ne lui reste plus, alors, pour conserver tranquillement sa domination : qu'à maintenir les ensembles partiels, dans les limites respectives de leur organisation particulière ; comme dans Tordre qu'il a hiérarchiquement établi.
Dès ce moment, les obstacles mêmes qui tendaient à renverser son pouvoir, quand la fraction était une ; contribuent à l'affermir : dès qu'elle est sous-fractionnée.
Les fractions humanitaires, selon les circonstances et les temps, portent les a[^ellatioDS : de peuplades ; de tribus; de hordes; de nations; de royaumes; d'empires. Nous donnons le nom spécifique : de despotisme de premier ordre^ au pouvoir qui gouverne chacnue d'elles, considérée séparément ; et, le nom générique: de despotisme de second ordre, au pouvoir qui vient à dominer un groupe de fractions; dont, l'ensemble isolé est, lui*mème ; fractionnaire de l'humanité.
fiOnCB SOGULB. 271
I^SPOnSME DE SECOND ORDRC; CIVILISATIOWS.
« Da momeot qae deax despoiismcs de Mcund ordre, deux cÎTiIisattons §<mi en contact uécetnire; ces deux despotisme! tendent nécessairement ▼ers Funîté; et, les civilisations ne sont bien lût : qae , des matioualiiés. »
Anohtmk. '
— "Si noua croyons à Paris que nous sommes en tout et pour tout, à jamais et à toujours, le peuple modèle ; à Londres , Ton n*est pas moins exclusif en faveur des Anglais. A Londres, le duc de Wellûigton s'appelle le Tainqueur de Napoléon, ce qui est littéralement vrai , et ce qui est pourtant paHàitement ridicule , quoique lord Wellington soit un homme peu ordinaire. J'ai trouvé des Anglais qui secouaient la tète avec dépit quand on leur disait que leur ciel était brumeux; avec un peu de malice on aurait pu les pousser à soutenir qu'ils n'avaient rien à envier au ciel italien, et que le climat même de Manchester, où le spectacle du soleil est deveuu une rareté , avait bien ses charmot , malgré les médisants , même pour ceux qui avaient respiré l'air de Naples. A Bfadrid, chez ce peuple héroïque qui semble se réveiller de sa longue léthargie, ou n'a pas perdu l'habitude de croire à la suprématie de la nation espagnole , et l'on rêve que Ton est encore aux beaux jours de Charles-Quint, sur les domaines de qui le soleil ne s'était jamais couché. Permis aux nobles Castillans! JMlais je suis persuadé encore que dou Pedro et don Miguel, œs deux interminables prétendants, ont chacun u» journal officiel qui leur dit tous les matins que rnuivers haletant a les yenx fixés sur leurs armées déguenillées , et que les destinées du monde se décident à Santarem et à Sétubal. A
ConstaDiinople , dans la capitale d'os eiBpueqoiBe sabsiste que parce que les puiasances eonpioiics sont incertaines encore sur le partage de ses dépouilles, on nous qualifie, noqs Européens, de chien* de chrétien», A Home, le peuple s'appdle encore le peuple romain ; et ce risible caleaboni fait croire à la populace transtévérine que \k gloire militaire est encore le lot dn pays, et qi in< cessamment les BùnuànM repraodroat le râfe d'arbitres du monde, relevant magnanimement les hiw- Ues et écrasant, d'un pôle à Tantre, TandMe et Fambition {parcere êubjeeUê^ ete,), A Yiease, en est persuadé, an contraire, qne Rome n*est pas dans Rome , qu'elle est de droit et de fait dans k capitale des archiducs ; qne Fempereor est héritier en droite ligne d'Auguste et de Trajan. La devise d*nn ancien prince de la maison d*Antriche {A, E. /. O. U, Aufiriœ e$t imperare orèi mniverso) atteste qne cette prétention est presque aussi ancioine qne la maison de Hapsboai^. Pendant ce temps, en Prusse, la jenne noblesse, fière d'avoir étudié aux grandes universités d'Iéna et de Ber* lin , et de porter Tépée dans l'armée qui fat odk dn grand Frédéric, affecte nn dédain profond pour les Autrichiens. Exaltés par les accroissements rapides de leur pays, accroissements qni, d'ailleurs, ne sont pas encore arrivés à leur terme, les Pnis- > siens regardent leur sablonneuse patrie eomae le beroean d'une citilxsatios irouvaLLa. Il semhle qne l'ean de la Sprée ait des propriétés mervdU leuses, et que quiconqn^ n'en a pas go6té n'ait qœ quatre sens an lieu de cioq. A Saint-Pétersbooiis et à Moscou, on ne doute plus qael'épée de Temperenr, jetée dans la balance des destinées dn monde, ne doive la faire pencher à l'instant. Pent-ètre avons-nous fait, dans l'Europe occidentale, tout ce qu'il fallait pour confirmer les Russes dans cette hante opinion de l'autoriié de lenr csar. En Rseaie on prend an sérieux les flatteries dn dix-hai* tième siècle, et, an centre de l'aristocratie , Tea s'imagine, sur la foi du plus grand ennemi d« d»potisme, qne la lumière vient aujourd'hui du Nord. « Ainsi , en Europe , toutes les nations s'anngent le premier rang. Je ne vois pas ponrqooî les Américains seraient plus modestes qa*oii ne Test de l'antre côté de l'Atlantique. Les nerreîlles qn% ont réalisées depuis dnqnante aas leur donnent k
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droit d'être fiers. Us sont donc persnadésy eox aussi, quMls sont le premier peuple du inonde, et ils s*en vantent liantement. »
M. MiCHBL CHKVAt.iKE, Letittê tw l'Ammi" que du Nord, lettre ix*.
— « Le plos grand malheur, ponr l'homme politique, c'est d*obéir à une puissance étrangère. Aucune humiliation, aucun tourment de cœur ne peut être comparé à celui-là. La nation sujette, à moins qu'elle ne soit protégée par quelque loi extraordinaire , ne croit point obéir an souTorain , mais à la nation de ce souverain. Or, nulle nation ne vent obéir à une antre, par la raison toute simple qu'aucune nation ne sait commander à une autre. Obsenrez les peuples les plus sages et les mieux gouvemés chez eux ; tous les verrez perdre absolument cette sagesse, et ne ressembler plus à eux-mêmes lorsqu'il s'agira d'en gouverner d'antres. La rage de la domination étant innée càex l'homme, la rage de la faire sentir n'est peut-être pas moins naturelle : l'étranger qui vient commander chez une nation sujette, an nom d'une souto* raineté lotHtainej an lieu de s'informer des idées nationales , ponr s'y conformer^ ne semble trop souTcnt les étudier que ponr les contrarier ; il se croit plus maître à mesure qu'il appuie plus rudement la main. Il prend la morgue ponr la dignité, et semble croire cette dignité mieux attestée par l'indignation qu'il excite que par les bénédictions qu*il pourrait obtenir. »
CoBiTK DE Maistsx, JDm pape, 1. 1, p. 304.
— Lorsque, plusieurs groupes de second ordre, se sont ainsi formés; ils existent à leur tour séparés : par les obstacles, les plus difficiles à franchir.
Avant , qu'il n'y ait entre eux des communications faciles; ou, même après que des communications, déjà établies, cesseraient d'exister ; chacun d'eux se trouve : dans l'ignorance des connaissances, qui se développent chez les autres ; et, souvent même, à peine l'existence des autres est-elle soupçonnée.
If. 18
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Dès lors, par la Tanité inhérente à l'ignorance, les habitants de chaque groupe s'imaginent : qu'ils composent, à enx seuls, l'humanité tout entière; ou, tout au moins, l'humanité pourvue de connaissances. Et le reste, s'il en existe, ne se compose, à leurs yeui : que, d'êtres restés presque à l'état de brutes.
De là, la dénomination de civilisation; ou, de toute autre analogue ; au moyen de laquelle, chaque groupe de second ordre, caractérise son propre état social : comme, étant le plus élevé, auquel l'humanité soit parvenue ; et, souvent même : comme, l'état le plus élevé, auquel les membres, qui le composent, croient : que, l'humanité soit susceptible d'atteindre.
Dans le but, d'être plus clair et plus précis ; nous personnifierons le terme civilisation^ pour lui faire signifier : les groupes mêmes qui se targuent , d'être seuls civilisés; et, nous pourrons ainsi, employer cette expression : au pluriel.
Du reste; c'est, de la même ignorance et de la même vanité, que sont sorties, les dénominations : de barbares^ à' étrangers, d' ennemis , synonymement et réciproquement données : aux parties restées, en dehors de chaque civilisation.
Pour les Chinois, nous sommes des barbares ; pour les Turcs, nous sommes des chiens; pour les Domades , nous sommes : des étrangers, des ennemis.
Jetons maintenant les yeux et successivement^ sur l'Egypte, la Grèce, Rome païenne, Rome chrétienne. Chacune d'elles s'est crue : l'humanité entière. Et, cependant, combien d'autres civilisations ont existé con-
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temporainement 1 L'Iode, la Perse, la Phénicie, Pergame, Carthage, la Chine, Constantinople , Cusco, Tombouctou, à leur tour se sont dites ; et, plusieurs se disent encore : la civilisation, le monde.
Si, nous, personnellenaent, avons plus de souvenir de l'Egypte, de la Grèce, de Rome païenne; c'est, qu'elles-mêmes ant été : les mères de notre propre civilisation. Pour ceux, au contraire, qui appartiennent à toute autre civilisation; que les noms . d'Egypte^ de Grèce, ou de Rome, viennent à frapper leurs oreilles; et, les peuples qu'ils représentent, seront placés par eux, sous la générique : de barbares.
L'état de choses que nous venons de décrire, dure : jusqu'à ce que l'action réciproque : du développement de l'intelligence par les besoins; et, de l'accroissement des besoins par les développements de l'intelligence; réagisse : sur de nouveaux développements d'intelligence, faisant naître de nouveaux besoins, détruise peu à peu : les obstacles qui séparent les différentes civilisations. 11 est évident : que, par l'action réciproque et progressive que nous venons de signaler : le nombre des civilisations diminue successivement; et, qu'elles doivent finir par se trouver : réduites à une seule; c'est-à-dire : que, l'humanité se trouve alors: amenée, ou ramenée à l'unité.
Les moyens particuliers, de cette action récijMroque ;
moyens inhérents : aux développements de l'intelli-
gence ; aux dévebppements de l'humanité ; ont été,
jusqu'ici : la guerre, l'industrie, le commerce, Tagri*-
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culture, la navigation, les sciences, la poudre à canon, Tartillerie, la boussole, la vapeur, les télégraphes, les chemins de fer; et, principalement : la presse.
De nos jours, il existe encore plusieurs civilisations; mais, déjà en nombre bien moindre ; et, composées chacune, de celles qui se sont réunies : à mesure, que les divers obstacles, soit physiques, soit moraux, qui les séparaient, ont été aplanis.
Dès lors, avant d'embrasser l'ensemble des civilisations , ou l'humanité, tout entière ; pour étudier le despotisme, sous un point de vue général ; nous devons étudier les civilisations : d'abord ; dans ce qu'elles oDt de général; puis, comme toutes sont relatives à un despotisme de second ordre, nous devrons étudier celui qui nous est propre, dans ce qu'il a de général,, pour les connaître tous, quant à nos généralités; ensuite, nous devrons les étudier tous, ainsi que toutes les civilisations ; lorsque nous saurons : que, notre propre despotisme de second ordre ; et notre propre civilisation; renferment, quant au despotisme, toutes les généralités possibles. Nous savons, du reste : que, pour notre civilisation, caractérisée du nom d'européenne^ le dernier despotisme de second ordre a été : celui de Rome chrétienne.
Cette étude préalable des civilisations, abstractivement considérées, dans chaque despotisme qui les dirige nécessairement; est, d'autant plus importante : que, c'est par la chute des despotismes de second ordre; que, la force de monopole, relative aux développements de l'intelligence et constituant le despo-
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tisme en général ; commence à s'anéantir : au milieu de l'humanité.
La force d'un despotisme de second ordre, comme de tout despotisme, consiste essentiellement, et nous ne pouvons trop le répéter : dans, le monopole des développements de l'intelligence .
De plus, et nous l'avons vu dans ce même chapitre; le despotisme doit être : hébéditaibe.
Cependant, et en dépit de toutes les précaution)^ de monopole de propriété, la transmission des connaissances ne saurait nullement être assurée^ par la seule Mrédité : l'hérédité absolue des connaissances, étant impossible.
11 y a donc, ici, une contradiction : entre une hérédité nécessaire; et, une hérédité impossible. Cette contradiction, au moins apparente, se trouvant appuyée, au moins en apparence aussi : et par le raisonnement; et, par l'expérience ; il devient indispensable : de la faire disparaître.
A cet effet, analysons la machine despotique : telle, que le raisonnement nous la montre ; et, telle que . l'histoire nous la confirme.
Quels éléments y trouvons-nous ?
D'abord, un chef, maître apparent de la circonscription. Abstractivement, c'est le trône. Et, le trône, nous l'avons vu, doit se transmettre héréditairement. Les exceptions, confirment cette proposition, au lieu de rinfirmer.
Ensuite, un ensemble d'individus , maître réel de la circonscription , composé : de ceux qui, par suite du
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monopole, possèdent les connaissances acquises; de ceux, qui ont établi ou reçu la règle, et se sont ré* serve le droit de l'interpréter. Abstractivement, nous dirons : que, cet ensemble d'individus est TAotel. Cet autel est obligé, relativement aux individus qui le composent, de se hiérarchiser électivement.
De plus, puisque la plus grande aptitude au développement des connaissances ne peut être rendue nécessairement héréditaire ; l'Autel, pour conserver sa prédominance, doit choisir et recruter sans cesse dans les masses, les sujets qui conviennent le mieux à son but : la conservation de la foi par le monopole des développements de rintelligetice^ condition alors nécessaire de V existence de V ordre. Ce choix, est encore une transmission élective.
Certes, rien ne parait plus clair. La plupart de nos lecteurs diront même : que, l'amour du paradoxe doit être porté au dernier degré, pour vouloir contredire des propositions aussi évidentes. Eh bien! malgré cette apparente évidence, ces propositions sont complètement fausses.
Nous avons dit : que, Télection, socialement considérécy pour être réelle^ pour n'être point illusoire, comme Test, en effet, le choix, la liberté de l'individu dominé par les passions, doit être : indépendante de l'hérédité, de l'arbitraire. Dans le cas contraire , Télection : n'est que du despotisme masqué ; n'est que la soumission à quelque préjugé social; à quelque passion sociale.
Voyons : si, l'élection, ci*dessus rapportée et évi-
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dente en apparence ; est, une élection réelle , dans le sens que nous venons de reconnaître à la valeur de cette expression ; ou, si au contraire, elle n'est qu'un masque de despotisme, d'autant plus dangereux : qu'il a les traits de la liberté.
Lorsque, l'Autel choisit au sein des masses, les individus qu'il croil, ou que ses passions lui font croire, être les mieux organisés, quant aux facilités : de développer leur intelligence; et, de les faire servir de champions pour la défense de la foi ; n'est-ce point à l'hérédité de la propriété, dominant alors la société (1); et , aux passions de ceux qui possèdent la pr^riété ; que sont dus : ces développements ; et^ les pr^ugés qui y sont attachés ? Cette élection, dans le sens que nous avons attaché à ce mot, n'est donc que fictive. 11 est en effet évident : qu'une foule d'individus, qui n'ont pas eu le honheur d'être choisis, sont autant ou plus eiq>ables : que, ne le sont les préférés. Dès ce moment, l'élection, socialement considérée comme n'étant réelle : qu'autant qu'elle est exclusivement relative à la justice , au raisonnement ; se découvre être : complètement illusoire. Pour, que l'élection soit réelle, dans le sens de ne dépendre ni de l'hérédité, ni de l'arbitraire, il faut : que, TinteUigenbe de tous les individus, sans exception aucune, soit développée avec un égal soin. Alors, l'élection réelle est possible;
(1) E«t-il nécessaire de dire ici : que , ce n'est point Thérédité de la propriété que nous attaquons; mais, la domination de cette hérédité sur l'intelligence? Certes, il le faut : non qu'un homme instruit pût s'y tromper ; mais beaucoup feindraient de croire : que, nous énonçons des propodlions, qui sont loin de notre pensée.
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et, elle ne doit pas prétendre : à établir la règle ; à décider ce qui est bien ou ce qui est mal ; maiS| elle doit se borner, exclusivement, à choisir le personnel : devant exécuter la règle ; et, devant décider conformément à la règle : sur ce qui est relatif, local, variable, accidentel.
Ce que nous venons de dire, du choix de l'Autel aa fiein des masses , s'applique également : à l'organisation de la hiérarchie au sein de l'Autel. Quand, l'élection se fait par en bas; comme, dans le cas de la primitive Église ; l'élection est directement anarchique : en ce qu'elle rapporte aux majorités, les décisions de l'interprétation de la règle ; et, par conséquent, la décision de ce qui est bien ou mal. Alors, le d<^me change comme les majorités; et, c'est pour cela : que, l'intervention du Saint-Esprit avait été nécessaire: DetÂS ex machina. L'élection, dans ce même cas est despotique : en ce que, l'instruction des ayants droit à voter, des privilégiés, des clercs, dépend : du monopole de la propriété. Lorsque l'élection a lieu par en haut, ainsi qu'il en est pour l'établissement de la hiérarchie par le pape, l'élection est despotique : et, par l'arbitraire de celui qui choisit ; et, par le privilège qui a été la source de l'instruction , de ceux qui peuvent être choisis. -^
Ainsi, pour toute l'époque d'empirisme, l'élection, ' dans le sens de justice que nous lui avons donné, est : complètement illusoire.
Remarquons, maintenant :
Que^ sous l'état de despotisme, de préjugé, de pas-
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sion ; comme, sous Tétai de liberté, d'incontestabi* lité, de raisoD ; les trônes n'ont jamais eu, et ne peuirent jamais avoir : que, la direction des forces physiqnes; c'est-à-dire : que, V exécution ou le gouverne-^ ment de ce que la règle d'action, émanant de l'Autel représentant le régne, a préalablement ordonné ; que les trônes, enfin, sont uniquement : non point l'autorité, non point même la représentation morale de l'autorité; mais, exclusivement pouvoirs, représentants . physiques de l'autorité, exécuteurs des décisions de l'inteUigence ; pour tout dire en un mot : bras séculier. Le trône : doit être impassible ; doit être machine. •
Remarquons encore :
Que, l'autorité réelle; celle qui sert exclusivement de base au pouvoir; est essentiellement : la force morale qui donne, fait accepter, et fait conserver, comme incontestée : la règle d'action, régissant la société.
Remarquons, enfin :
Que, pour l'époque où une règle d'action, pouvant être rationnellement contestée, doit servir à l'existence de l'ordre; la force morale, donnant et faisant accepter la règle, dérive exclusivement d'une intelligence relative, mais supérieure; et, alors, la conservation de la règle doit se baser exclusivement : sur l'éducation. Pour l'époque, au contraire, où la règle d'action doit être rationnellement incontestable ; parce que toute règle, rationnellement contestée, est devenue incapable de servir de base à l'existence de l'ordre ; la force morale, donnant et faisant accepter la règle, dé-
28S 8CIB1ICB SOCIALB.
rive de l'intelligence absolue; et, alors, la eonsena tion de la règle , doit se baser exclusivement : sur l'instruction, socialement donnée à chacun avec un égal soin; instruction servant de base : àréducatiw.
Ces prémisses acceptées, nous conclurons :
l"" Que, sous l'état de despotisme, comme sous Tétât de liberté , le régne réside essentiellement : non dans le trône ; c'est-à-dire : dans ceux qui exêcqtert, ce qui, par besoin d'ordre, est commandé par l'état des connaissances; mais, dans TActel; c'est-à-dire:* dans ceux qui, possédant les connaissances, comAH- DENT, ce qui est nécessaire à l'existence de Tordre.
2® Que, sous l'état de despotisme; comme, sous l'état de liberté ; le trâne possède la puissance ou le pouvoir de gouverner ; mais, exclusivement, de gouverner.
3"* Que, sous l'état de despotisme : VAutel^ sur lequel repose essentiellement le pouvoir, fait souvent, comme directeur de la foi, agir le trâne à son insu, comme s'il agissait de son propre mouvement; et, lui fait faire : tout ce qui, dans l'intérêt du monopole, lui paraît nécessaire à l'existence de Tordre, Et, toujours dans l'intérêt de Tordre, YAutelj lorsque les circonstances l'exigent, fait retomber sur le trâne^ les coups destinés au despotisme ; c'est-à-dii*e : à lui-même. Les trônes j alors, sont essentiellement responsables : de toute espèce d'atteintes, portées au maintien de Tordre.
4" Que, sous l'état de liberté, au contraire; Tensemble de ceux qui possèdent les connaissances, donnant une règle d'action rationnellement incontestable et socialement reconnue par chacun ; TAtîtel enfin,
8CUMB SOCIàU. 283
fait agir le tbône à son escient. Et, alors, il lui fait exécuter, comme de son propre mouvement, et avec le consentement et la protection de chacun, ce qui est nécessaire à l'existence de Tordre, dans l'intérêt de tous. Dès ce moment, toute responsabilité sociale du trône disparaît ; il n'y a plus que des responsabilités indiTidoelles. Et, cela existe nécessairement : puisque, socialement, l'ordre est alors devenu indestructible-
De ces conclusions incontestables, il devient évident : que, sous l'état de despotisme, le trône et V Autel ne sont unis qu'accidentellement, illusoirement; mais, que sous l'état de liberté, le trône et V Autel sont unis : essentiellement ; réellement.
Résumons eette courte* analyse du pouvoir despotique , qui nous a conduit à l'analyse du pouvoir en général.
Nous avons, pour le despotisme :
Trône héréditaire, représentant le gouvernement;
Autel pseudo-électif, représentant le règne; autorité illasoire; mais, alors, considérée comme réelle.
Ces distinctions établies, la contradiction que nous avons signalée : entre une hérédité nécessaire et uno hérédité impossible , disparaît complètement. Sous le despotisme, le pouvoir dérivant d'une autorité illusoire, mais considérée comme réelle, est toujours héréditairement transmis, même sous la forme d'uncî élection apparente. Quant à la transmission par élev' lion réelle; elle est exclusivement relative : au |KMivoir dérivant de l'autorité réelle.
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FOI RELIGIEUSE y SENTIMERT BELIGIEUX , BASE DE TOOTB