‹ Science sociale (volume 4)Chapitre 71 sur 79 · ESPECE DE DESPOTISME · texte numérisé non relu

ESPECE DE DESPOTISME

« Qui blAmera les chiétient de ne ponvoir !«•• dre raÎBOD de leur créamcê, eux qnî profcMOit im religion dont ili ne penvent rendre raiMn ? Us déclarent, en l'exposânt an monde, que c*est «ne sottise, êtuliitiam , et pais vons vous plaignen de ee qu'ils ne prouvent pas! S'ils la pnwTaient, ils se tiendraient point parole. C*est en saanqaant de preuves qu'ils ne manquent pas de sens. »

Pa8C4i^ moHutcrit aMiograpke déposé à h Bibliothèque royale, cité par M. Covsui daos son rapport à TAcadémie française.

— « Celui qui a la foi a la science (1), et celui qui a la science et la foi (2) atteint par cda muI à la tranquillité suprême ..... Celui qui a déposé le fardeau de Taction dans le sdn de la dévotioa , et qui a tranché tout doute avec ia science, cfâui*

là n*est plus retenu dan* le lien des œuvres

Fusses-tu chargé de péchés, tu pourras passer Tabime dans la barque de la sagesse. Sache, Ar> joudna, que comme le feu naturel réduit le bois en cendres , ainsi le feu de la vraie sagesse consnsBC

toutes les actions Je suis le même pour tous

les êtres : nul n*est digne de mon amour ni de su haine; mais ceux qui me servent sont en bmî, comme je suis en eux. Le plus arùmmel, s'il mi SKRT S4IIS PAR TICS , est pur^é et same^fié. •

Bbaoavad-Gsta (philosophie indienne), cité par M. CousiK , Hiëtoire de la pkUotapJde •« dix'httitième nèele, t. I, p. 205.

(1) Telle est la maxime exclusivement conservatrice de tout despotisme : la science, c'est la connaissance de la révélation ; et, toute science, non conforme à la révélation, est hérésie.

(2) Le charbonnier n*a que la foi ; le prêtre est censé avoir la science et la foi.

— « L«8 hommes ayant toojoors en le lentimeot de lenr égalité native, dès qu'un komme essayait de se poser loi-même comme pouvoir, il (allait, pour fonder son droit, qu'il recourût à une institution positive de Dieu, de laquelle dérivait le devoir de l'obéissance. »

La Mehhais, Discussions critiques, p. 05.

— « Une religion de par sentiment serait une religion sans langage, sans voix, songe fugitif qui écbapperait éternellement à rintellîgence.

« Le sentiment, passif de sa nature, ne nie rien, n'affirme rien, parce qu'affirmer on nier ce n*est pas sentir, c'est juger. Ainsi, quiconque dit : je sens , prononce un jugement dont la vérité repose sur la même base que la vérité de nos autres jugements.

« Il fteut donc M KCESSAianiiirr remomtea a la aAisoïc roua trouvir la csrtitdde (1).

« Placez dans le sentiment le principe de certitude, VOUS consacrez tous les genres de fanatisme et de superstition , tous les désordres et tous les crimes ; car il n'en est point qui ne soit déterminé par un sentiment que produit quelque erreur de l'esprit. Ainsi , prétendre que le sentiment décide de la vérité, et par conséquent des devoirs, c'est offrir à celui. qui hait, la vengeance pour règle df justice, et l'adultère pour morale à celui qui convoite la femme de son ami.

« Consultons notre expérience : parmi les vérités que nous connaissons, en est-il une seuie que nous ayons découverte en nous ? Élevés dans les bois, loin de nos semblables, aurions-nous les mêmes idées ? Que sentions-nous avant qu'on nous eAt donné la pensée avec la parole? Quel dogme avons-nous trouvé écrit au fond de nos cœurs? Où était Dieu pour nous , avant qu'on nous l'eût

(1) Jamais, M. de la Mennais n'a varié à cet égard : soit comme ultramontain; soit comme radical. Pour lui , les majorités constituantes ont loujoure appartenu à un système éphémère , devant se réduire un jour à ce qui est purement accidentel. , , ^

Remarquons : que, le sentiment est à l'individu ; ce que les majontes sont à la société. Tout le blâme , jeté sur le sentiment dirigeant Tindividu, rejaillit sur les majorités, dirigeant les sociétés.

286 iaBNCB aociALB.

■MMié? Sofont vrais. Le aentimaïC ne mmi îm* trait fëa plue des lois de notre conserration eomne étnt Monua on intelligents , qne nos senwliit ne nous apprennent les lois de notre canserrstion coBOie éirêi pkifêiques. Il n*y a point de senti* ment inné (1).

« Toycn combien de croyances opposées les 1 mes adoptent d'une conviction également ferme! Le sentiment dn vrai et dn faox, du anv ir ne MAX., aussi variable que leurs idées, dépemd de tédmetUûm^ dtê frangée , et dt mUle causes extérieure* qui U modifient selon les Ueux^ Us tonp*. Us ^pinioÊU reçues^ Us insHiuiions,

« Ou a peine à concevoir la folie des déistes qii cherchent dans le cœur sa propre loi et la loi même de la raison , qui demandent aux pasains ce qn*il faut croire, aux désirs ce qu'il faut aimff, qui veulent faire sortir la perfection de Thomme de la source même de sa corruption. Et que reoommandent les monlistes, dans tous les pays et dans tous les temps, aiuon de résister aux penchants de notre cœur, de nous défier de ses conseils si soa< vent funestes? Mais, dira-t«on , s'il nous porte sa ma] , il nous attire aussi vers le bien, et raitnit dn plaisir a son contre-poids dans la crainte des remords. Quand il serait toujours vrai, qu'en réwlterait41 ? et quelle lumière tirer de là sur nos devoirs réels ? Vous me montrez un être sonmb à Faction de deux forces contraires , mais vous ne m'appreues pas comment , entre ces deux fiorces. il reconnaîtra celle qui est la loi de la nature mo> raie, la loi obligatoire à laqudle sa volonté doit obéir. Trouves dans ce qu'il sent, dans les affections considérées seules , un motif de céder plnt&t à U craintn qu'an désir : no motif de juger qne le devoir, toujours indiqué selou vous par le sentimenl, pninse» dans aucun cas, être appo&t au sentiment le plus impérieux. N'arrive-t-îl jamais que

(1) Icit sentimeQi est pris pour jugement.

Ce passage est d'autant plus admirable : qu'il est en opposition, aver ee €|tt*OB appelle philosophie spiritualistc ou religieuse ; et, qull a éle écrit à l'époqae : où, M. de la Mennais se trouvait encore : sons Fempire de la révélation.

SCIINCE 80€ULB. 287

Ton oonnette le nal av«c «wniJaîiwmce? Le bien ne co&te-t-il jamais d'efTort? Dites-noug donc ce que c*eal que la vertu, ce qoe c*est que le crime, ce que c*esi que la vérité et rerrcar.

« Le sentiment doii-îl être notre gnide , la règle de nos acti<Mi89»t7 n'y a point de ddêùnhe fui ne toit ju9i(fié, parce qa*il n*y en a point qni n'ait sa cause dans une violente passion, dane un seu' timeui qui domùte Vâme. •

La Mkithais , Essai sur Vind^ffêrenee , t. II , p. 288, 289, 294, 300, 305, 307.

— Nous avons à rechercher , maintenant : quelle est la base sur laquelle, tout despotisme, peut exclusivement s'appuyer.

La base unique de tout despotisme, est : un sentiment religieux (1); une foi religieuse.

Distinguons^ l'expression générique foi; de l'expression spécifique : foi religieuse.

Toute croyance reçue exclusivement : par sentiment, par préjugév par éducation, et même par instruction non réelle ; toute croyance, n'étant point la conclusion cVun raisonnement incontestable; que cette croyance ait rapport : àTexistence ou à la négation de Dieu, considéré comme sanction ; à l'immatérialité ou à la matérialité du sentiment de l'existence; à la réalité de relation entre les actions de cette vie et le bienêtre ou le mal-ètre dans une autre vie ; ou encore : i\ la négation de ces mêmes relations, vu la matérialité de l'âme ; est one croyance devant se placer : sous Texpressiotf générique foi.

(I) SeBtiiB»t,crt m wjwùujmb ; de iii , da ffféi«§é , i'ofMon 0on confinnée par le raiionwBeol réeL

288 saracE socialb.

Mais, l'ensemble générique des croyances que nous venons d'exposer, doit se partager : en deux ensem* blés spécifiques, réellement distincts.

En effet :

Les unes mettent les actions de cette vie, en rapport avec une autre vie; les autres nient ce rapport. Les premières, dès lors, comme liant les actions de cette vie à une autre, pourront se ranger sous une foi spécifique, que nous appellerons : beligieuse; les secondes, comme niant ce lien, vu la matériaUté da sentiment de l'existence, devront se ranger sous une foi spécifique, que nous appellerons : matérialiste.

Remarquons maintenant :

l"" Que, toute foi religieuse, par la contestabilité rationnelle de toute révélation, conduit celui qui raisonne : à se soumettre, sous peine d'anarchie, à m seul^ déclaré interprète infaillible de la révélation, considérée comme règle de la société et des individus; et, à proscrire, sous peine de mort, pour éviter l'anarchie, quiconque mettrait en doute l'infaillibiUté de la décision. C'est dire : que, toute foi religieuse conduit au monopole et à la compression des développements de l'intelligence ; c'est dire, en un mot : que, toute foi religieuse : conduit au despotisme. -

2"" Que, toute foi matérialiste : par la croyance qu'il ne peut exister de règle d'action rationnellement obligatoire, en dehors de celle que chacun peut se faire ou trouver en lui, quelque ignorant qu'il puisse être; et, par la croyance que toute règle d'action ne peut avoir de sanction en dehors de cette vie ; conduit, né-

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cessairemeot, celui qui raisonne, pendant une époque où le raisonnement ne peut plus être comprimé; à Végoïsme matériel. C'est dire : que, toute foi matérialiste conduit, nécessairement, à l'anarchie.

3"" Que, le scepticisme n'est point la négation de toute croyance, de toute foi, ainsi que trop souvent il a été dit. Mais, que le scepticisme est l'état de balancement entre ces deux espèces de foi. En effet, le sceptique le plus absolu est celui-là même : qui croit autant à l'une qu'à l'autre ; puisque, relativement à la matérialité ou à l'immatérialité de 1 ame, bases des deux espèces de foi, l'une ou l'autre base est nécessairement vraie.

De cette dernière remarque, il résulte : que, le sceptique peut seulement croire : qu'il ne croit pus. Et, il ne le sait même jamais ; car, le savoir ne peut dériver du croire. Le sceptique ne peut être sage, qu'en disant: f ignore. ,

De ce qui précède, il résulte encore : que, le sceptique tend vers le despotisme ou vers l'anarchie, selon que par les circonstances qui l'entourent ou l'ont entouré; il est, plus ou moins attiré, vers l'une ou l'autre foi. C'est, ainsi que Pascal^ homme de foi religieuse, était sceptique, autant qu'il est possible de l'être ; c'est, ainsi que la plupart des professeurs de r Université actuelle, hommes de foi matériah'ste, sont aussi sceptiques : que, Pascal.

Du reste, comme l'époque, d'anarchie, n'est point l'objet actuel de notre étude; revenons au despotisme ; et, disons :

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