‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 22 sur 70 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

« L'Europe attend, aoUicite la. vohdâtiov d'we

vocTELLB sociBTi. Lc Ticox systèiM ett à boat,

et le nouveau ii*est point assis» et ne le sera pas

sans de longues et furieuses conynlsions enooie. -

L'EMPsaxua. Mémor. de StùnU^Hétème.

— « Attendre est sage, à la condition d^atteadie quelque chose. Mais, attendre pour attendre, par pure insouciance ou par pure irrésolution, Isnte d*aToir asseï de bon sens pour se décider et assez de courage pour se mettre à rceuvre; attendre ainsi, c*est le pire de tous les partis et le plus certain de tous les dangers. »

M. DB Ba0Gi.li, à la Chambre des pairs*

— « Les philosophes et les pnblicîstes n'ont s« lire rAVKBia que dans le passé; et lorsqu'une nouvelle cause de perfectibilité, jetée sur la terre, leur présageait des changements prodigieux parmi les hommes, ce n'est jamais que sur ce qui a été qu'ils ont voulu regarder ce qui pouvait être, et

QUI DEVAIT ÊTRE. • SiBTis.

— « Vous croyez que Textirpation totale du paupérisme était possible ; moi aussi , et j*en étais convaincu. »

L'EMPEBBua. Mémor. de Smniô-Méième^

—«Si vraie qu'une doctrine puisse être, il ne s'ensuit pas que tous l'acceptent immédiatement. Elle rencontre dans les caoTAVCxs inculquées dès l'enfance, dans les opinions reçues, dans L'iaia* TiK même des esprits qui répugne à l'effort aécessaire pour les déplacer, dta obstacles desquels le temps seul triompha. »

M. SB La Mxhvais.

— « Le sort oommnn de tonte nouvelle viairÉ qui surgit, est d'efTrayer au lieu de séduire, de blesser an lieu de convaincre : c'est qu'elle s'élssce avec d'autant plus de force qu'elle a été plu long-

temps comprimée ; c^est qa*ayaot des obsUdet à vaincre, il faat qa*eile lutte et qu'elle reaverie, jusqu'à ce que, comprise et adoptée par la généralité, BLLI DSTIZKHI LA BASI D*I7V KOCYIL OS* Dai SOCIAL. »

Locis-Napoléoh Bovàtarti. T. I, p. 196.

— « Non-seulement la routine conserve comme un dépôt sacré les vieilles erreurs, elle s'oppose encwe de toutes ses forces aux amâiorations les plus légitimes et les plus évidentes; et il est bien triste que, sons certains rapports, la France ait donné les exemples les plus remarquables de cette antipathie du progrès. ■

Lovis-Napol£ov Bohapartb. T. 3, p. 174.

Quelles sont les causes qui, sous la société actuelle, empêchent : que, Tagriculture puisse atteindre son apogée ? Quelles sont les causes, qui la détériorent et nous ramèneraient à l'état de barbarie : si, la société future ne venait, nécessairement, se substituer à la nôtre ? Ici, sachons nous borner : à la plus faible des énumérations. -

Vimpo$9ibilUi actuelle d'appliquer utilement ; de$ capitaux suffisants^ aux améliorations agricoles.

— Cette impossibilité résulte :

De ce que, tant que l'impôt pèse sur le salaire, l'industrie, le commerce et l'agiotage dominent nécessairement : ^^agriculture. Alors, dans l'industrie, le commerce et les fonds publics ; le capital rapporte au moins le double, de ce qa'il rapporte : en agricalture.

Vouloir, alors : que, les capitaux se portent sur l'agricultare; est une grossière utopie.

Le défaut de généralisation des connaissances agrieoleSj quij par Vextension continuelle du paupérisme, se conr centrent proportionnellement.

— Essayez donc de généraliser les connaissances agri-

334 S61K9C8 SOGIACK.

eoles; ayant, qneFédiication et rinstruction soient communes ! Âvant^ sartoat : que, Tignorance sociale soit anéantie î Et^ ¥Ous> verrez à quel point, comme le dit BI. lilichel Ch^ yalier : vous aurez généralisé Fanarchie.

D'ailleurs, lés connaissances vont, nécessairement, là où se portent lès capitaux. Actuellement, les cours d'agricoltura soQi désuète ;. ilfa«t y secrater des auditeurs. C'est : d'une part, que chacun sedft à qoorbon? Et, d une antre, que l'agriculture,, oa plutôt l'économie rurale, renferme : toutes les connaissante» matérieUes possibles. Alors, personne n'ose entreprendre : Fétude d'une théorie aussi immyense ; quand, chacun s'imagine : qu'une simple pratique locale peut lui suffire.

De plus, il est une foule de connaissances agricoles, q|u. nepeuvent être généralement appliquées : que, parlasooiétéf et^ lorsque le sol iq^partient à la propriété collecti\e. Le système Kennedy, par exemple (la transformation de tous, les engrais solides en liquides), constituant selon M. MoU, l'innovation la plus grande, la plus radicale qui ait peutêtre été tentée de nés jour» «n agrîeultwe ; ee syetèiB» se sera jamais appficpé, q«e par exception ; et encore exclusif Tcment : dans les pays où le sol appartient, à Tarifitoçratie par primog^niture.

Quand les connaissances agricoles ne sont point, sodalement^ données à.tous et à chacun ; dles sont nécessairement lapactage :.d'un tsès-petit nombre d'indlYidn&.

« Le morcellement des exploitations rufales : qui souvent^ double les travaux et les dangers relatifs aux récoltes; met obstacle aux bons assolements ; force à laisser subsister le fMemtrs^ likvame pâiuvéy, ete.,.etc..

— Mfdnenreusement, il est encore si peu de perseimes instruites, en économie ruraH^ que, bien peu comprendrait riÉapoBtnnf e- da- efc paiagAapbtw UaîB, qu'y Taiie.'^

SCIHHGB S<>CIàL£. 335

La grande culture^ appliquée aux localités privées de ma-nufactures ; et, la petite cullnrej là oii les manufactures sont le plus considérables.

— BKffle remarque qu'au n** 3*

Le produit net^ toujours préféré au produit brut : lorsquey Vinlérét public et l'intérêt particulier n'est foint essentiellement le même.

— Même remarque qu'au n" 3. Suis-je obligé de faire uu cours particulier, pour chaque partie élémentaire : soit^.de. la science sociale ; soit^ de la science agricole ?

L'absence Sun système général : de défrichement, de âessi^ chementy d'irrigation et de canaliêation^

— Cette diseiice est l'une des caractéristiques de la barbâtie; si, le mot barbarie exprime : Fignonmce sociale. Tous Toa» croyez .civilisés ! Oui : comme des- enfants se croient de»hoBuiie0^; quand ils portent la canne et des bottes.

L'd^seme ék chemins vicinaux, rendant inutiles : les meilleures lignes de communication.

— Civilisés! quand il faudrait quelquefois dix pairœ de IxKsfi, pour GondBÛre une cbarretée de foin, d'an vilfoge à UB wsàie. Et encore ! quand ce n*est point absohmient impoiwhlct.Eroiisés ! m^z^rwk» r qmroâ o» est récOement civilisé? Quand chacun, en naissant, est nécessairement dtoyen ; et que, parvenu à l'âge de majorité, il en connaît,

336 SCIENCE SOGliLLE.

nécessairement et incontestablement : les droits et les devoîn. L'êtes-vous civiUsés ?

Le déboisement des montagnes, si nuisible : aux sources, aux pluies, aux abris, à la conservation des terres t>égiuiles^

— Mais, allez donc parler de cela : à ceux, qui n'ont point suiiri un cours d'économie rurale. Ils croiront : que yoos leur parlez kamtchadale.

— Ces différents obstacles; et, mille autres que je passe sous silence ; sont tous insurmontables : aussi longtemps, que le sol reste aliéné. Voyons, ce qu'ils deviennent : sous le régime du sol appartenant à la propriété collective ; et, sous les finances, résultant nécessairement : de ce régime.

— Tous les capitaux, acquis par les générations passées; moins, la partie restée entre les mains des familles, pour que la production soit toujours au maximum possible ; appartiennent à la propriété collective ; et, la société a le plus grand intérêt : à ce que toutes les terres parviennent, le plus tôt possible, au plus haut degré de fertilité possible. Alors, les banques de crédit foncier, considérées comme base d'améliorations agricoles ; la plus grande des utopies, après celle des congrès de paix, considérés comme devant anéan* tir les guerres internationales; deviennent : complètement inutiles.

Yoilà, le premier obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait une ombre d'objection rationnelle possible; et, he poovaiit

l'être : QUE, PAR l'eIHTREE du sol a la PROPRIETE GQIr LEGTIVE.

Remarquez, je vous prie, l'alinéa qui précède. Il revien-

SCIENCE SOGULE. 337

dra, en ritournelle, à chaque sine quâ non de bien-être social. Si, à chacun de ces couplets, tous aviez la bonté de relire les épigraphes que j'ai placées en tête de ce chapitre ; peut-être seraient-elles utiles, à ceux qui s'imaginent : que, tout est pour le mieux : dans la société actuelle.

Hélas ! une anarchie, continuellement croissante, pourra seule les détromper.

Continuons !

— L'éducation et l'instruction se trouvent socialemea données ; et, les connaissances agricoles, renfermant, pour ainsi dire , toutes les connaissances physiques possibles ;

sont^ alors, aussi développées et aussi généralisées : que possible.

Yoilà, le second obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait une ombre d'objection rationnelle possible; et, ne PûtrvANT l'être : QUE, PAR l'entrée du sol a la propriété collective .

— Le morcellement, des exploitations rurales, est évidemment impossible ; sous le régime : du sol appartenant à la propriété collective.

Voilà, le troisième obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait une ombre d'objection rationnelle possible; et, ne pocvaut

l'être : QUE, par l'entrée du sol a la PROPRIETE COL- LECTIVE.

— Sous le régime : du sol appartenant à la propriété col- * lective ; la grande et la petite culture sont toujours mises en pratique; selon, que l'une ou l'autre est plus ou moins avantageuse : et à la société; et aux individus; dont les intérêts sont, alors, toujours essentiellement : les mêmes.

Toilà, ce quatrième obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait l'ombre d'une objection rationnelle possible ; et, ne pouvant V. . 22

338 scibugb soculb.

l'être : QI]B, PAB L'ENTBÉB du sol a la FBOPftlÉTB €0L- LBCmVB.

Sous le régime : du sol appartenant à la propriété collective ; le produit brut, le plus grand possible relativement aux besoins delà société ; est toujours : le produit net le plus grand possible : parce que, Ce produit brut est toujours le plus utile à la société ; et qu'alors, l'intérêt des individus est toigours identique : à celui de la société.

Voilà, ce cinquième obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait l'ombre d'une objection rationnelle possible ; et, rb pouvant l'être : QUE, PAR l'entrée du sol a LA PROPRIETE COLLECTIVE. .

— Sons le régime : du sol appartenant à la propriété collective ; et, avec les finances résultant de ce régime ; il est évident : qu'un système général : de défrichement; de dessèchement; d*irrigation; tant, pour l'eau pure que pour Fcan chargée d'engrais, d'après la méthode Kennedy ; de canalisation ; etc.; se trouve immédiatement établi ; et porté, aussitôt que possible, au plus haut point de perfection que puisse permettre : le développement des connaissances.

Voilà, ce sixième obstacle vaincu ; sans, qu'il y ait Fombre d'une objection rationnelle possible ; et, be PouvAin

l'être : QUE, PAR l'entrée DU SOL A LA PROPaiETÉ COL- LECTIVE.

Voyons! Ayez pitié de vous-mêmes. N'ètes-vous pas honteux d'avoir un cinquième de votre territoire : pouvant devenir trèfr-producUf ; et, nécessairement inapte à k culture ; tant, que le sol reste aliéné ?

— Sous le régime : du sol appartenant à la propriété collective; et, avec les finances résultant de ce régime; les chemins vicinaux, dont l'absence rend inutiles les meilleures lignes de grande communication, sont immédiatement portés à leur maximum : de développement nécessaire.

SCISNCE SOCIALB. 330

Yoilày ce septième obstade vaincu; saoA, qu'il y aitrom* bre d'une objection rationnelle possible; et, he powms

I.'JÊTB£ : QDE, PAR L'eNTBÉE DU SOL A LA PEOPBIETÉ COt- I^GTIVE.

— Sous le régime : du sol appartenant à la propriété collective ; tous les dommages causés par les déboisements des montagnes, sont immédiatement réparés ; quant, à ce qui se trouve du ressort : de la puissance sociale.

Yoilà, le dernier des obstacles mentionnés vaincu ; sans, qu'il y ait Tombre d'une objection rationnelle possible; et,

HE POUVANT l'être : QUE PAR l'eNTREE DTJ SOL A LA PRO- PRIETE COLLECTIVE.

Ainsi, du côté de l'agriculture, portée au plushaut point de prospérité et de développement possible ; pas Tombre d'une objection raisonnable.

Voyons, maintenant : les résultats !

Ils sont innombrables ; et, essentiellement avantageux : à tous et à chacun. Bornons-nous : à en énumérer quelques-uns.

— La division : en grandes et petites cultures; en grandes et petites exploitations rurales ; selon, que les localités sont plus ou moins propres aux manufactures; selon, la population ; selon, toutes les circonstances possibles enfin ; assure à chacun la possibilité : de vivre, en famille isolée ou en familles associées, selon ses goûts; l'organisation sociale protégeant également : et, les exploitations par une seule famille; et, les exploitations par familles associées.

— Le salaire, c'est-à-dire la rémnnératiùn du troMil^ qu'il soit fait pour son propre compte oa pour le compte d'un antre; étant toujours, ainsi.que nous l'avons prouvé, m exposant la théorie générale de l'impôt, au maximwn de valeur; six heures de travail manuel par jour^ est un temps suffisant : pour assurer à chaque familkf, n'ayant j/tSt

BMHs à sa charge d'enfiint au-dessus de deux ans, le bienôtre dans toute la valeur de cette expression ; et cela, conformément aux besoins résultant : des développements de rintelligence.

— Les baux : étant toujours à vie^ pour les exploitations par une seule famille ; et, de trente années, pour les exploitations par familles associées ; sont néanmoins résiliables, du cdté des individus : pour des causes déterminées, d'utilité particulière. Car, l'intérêt public et les intérêts particuliers, étant alors nécessairement identiques ; c'est toujours l'intérêt raisonnable des particuliers , qui doit être : consulté etpréféré.

Yoilà, cette plus-value, impossible à organiser, selon M. Proudhon, qui se trouve organisée : sans, qu'on y touche. Le sol, et ce qui s'y rapporte, est évalué : au conunencement et à la fin du bail. S'il y a plus-value ; l'État paye. S'il y a moins-value ; l'héritage paye. Et, si l'héritage n'a rien; l'État perd. Car, alors, le crédit n'est que personnel; le crédit héréditaire se trouvant : anéanti .

Est-ce clair? C'est , peut-être , trop simple pour être compris. Que voulez-vous que j'y fasse?

Je continue l'esquisse des résultats.

— L'immense majorité des procès, source presque générale des haines doihestiques, ayant pour origine , les difQcultés relatives aux propriétés foncières ; ces procès disparaissent.complétement

* — Les ^exploitations, rurales et autres, étant toujours louées avec tout Je mobilier qui leur est nécessaire; chaque individu, sortant majeur des mains de la société collective, trouve t&ujours à s'établir : immédiatement. Et, si de nouvelies e}(ploi tations se trouvaient nécessaires ; l'Etat procure toujours : les moyens 4e les. établir.

SCIENCB SOCIALE. 341

— La production agricole, devient, pcoportionnellement d'aatant plas considérable, pour un nombre donné d'indi- Tidos ; que , la population est elle-même : plus considérable.

Quant aux craintes, relatives aux excès de population, je me charge de prouver : que, dans la société nouvelle, ces craintes sont absolument chimériques. Si, j'avais la folie de Touloir tout exposer à la fois ; il me serait reproché, et avec raison : de tout brouiller; en voulant tout expliquer, sans ordre.

Ainsi :

Production suffisante, au bien-être complet des familles ;

Production, aussi grande que possible, pour Taugmisntation de la richesse sociale ;

Tel est le résultat nécessaire ; et, quant à Tagriculture ; de l'entrée du sol , à la propriété collective.

Zii SCIEHCB SOCIALf.

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