‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 35 sur 70 · DÉPEK DANTE DES IDEES RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

DÉPEK DANTE DES IDEES RELIGIEUSES

D*un autre côté, les Académies, des sciences physiques, ont complétem^t usurpé le domaine des soîepces, dites morales ; en démontrant, d'une manière psendo-edentifique, la réalité du matérialisme; ce, qui leur niéritemt la déno^^ mination : A' Académie des sciences immorakê. Et, oeltes-d, ausai , ne peuvait sortir de leur ignorance : tant, qu'elles sont séparées des Académies des sciences dites morales. *

En effet, les sciences physiques ne peuvent sortir de leur ignorance : que, par des observations, faites an sein des sciences morcdes ; et, les sciences morales ne peuvent sorfir de* leur ignorance : que, par des observations, faites au sein des sciences physiques.

Sur, quoi se trouve basée l'immoralité : des sciences pby* siques ? Sur, la série continue des êtres ; dont, la couduaien

est, le P06T MORTBlf NBUL.

Maintenant, comment est-il possible, exclusivement pos- ^ ûUe : de briser la série continue des êtres, d'une manière absolue?

En {HTOuvant .: que, partout où il y a :

J^'SensibUitéT^Ue; ^ *

2"* Organisme ayant un centre nerveux ^

3^ Organisme, nécessitant le noi^-isolement des^ individus, par la séparation des sQses.

Il y a BÉCESSAlREBIEliT : »

Capacité de verbe ; et, dévdoppement du yerbe f d'où ré^ suUent : de nouveaux besoins ; et, de nouveaux déyélop^^ ments de verbe; et, ainsi de suite; en progressant: dans les développements de l'intelligence , le despotisme et l'anarchie; jusqu'à ce que : l'ignorance ; et le progrès; et le des-

4d4 8G1BNGE 80CIALE.

pothnne; et Fanarchie; soient rentrés : dans les enfers, d'oii ils étaient sortis : comme agents de justice éternelle.

Cette prenve, je pnis la donner.

Ysl-ce qu'un docteur, ès^sdenees physiques, sait : a, Torigiue et le développement du verbe put rien de oom* mun : avec la série continue ?

Bstrce qu'un docteur, ès-lettres, sait : si, la série continue desétrese^élablied'une manière scientifique; ou, an moins, pseudo-scientifique ; et, qu'il faut considérer, comme réellement scientifique : tant, que cette prétendue science n'est point démontrée : illusoire?

Séparez donc : les sciences morales, des sciences physiques! • Il est euoore un autre point à l'égard duquel, la séparation, des sciences morales et des sciences physiques, contribue au maintien : de l'ignorance sociale.

L'Académie des sciences morales s'est emparée : du monopole théorique de la pratique sociale, Viconomie politique. Si, les deux Académies des sciences étaient réunies ; Thabi* tude des discussions sévères , inhérente aux sciences mathématiques, aurait bientôt : pulvérisé et traîné dans la boue du ridicule , cet échafaudage de prétendue science écono- ' mique, composé : de logomachies et d'absurdités.

imà, en 1847, j'ai voulu démontrer à l'Académie des sciences morales : que, l'économie politique était la source des révolutions; et, de toutes les utopies prétendues socialistes (1). Le bureau fut consulté à cet égard ; il était composé de trois membres; et, M. Mignet, à ce que me dit M. Blanqui , qui avait présenté la lettre, fut le seul : qui, voulut bien voter en faveur de la lecture. Si, cette lecture ^vaH eu lieu ; qui sait : les conséquences qu'elle aurait pu «voir ; £t, Son influence sur les événement^?

1848) etc., ont prouvé: la vérité, de ce que j'annonçais» dans cette lettre écrite en 1843.

(I) Voyez ma lettre da S avril 1843, QxCesl-ce que la sckenet sociaie ? t. u, p. 434.

SGlBfCB SMIALB. 408

Ce qaej'ofirais, en 1847; je l'offre encovi, en 1864. Y aura-t-il, anjoupd^hui, deux voix sur trois, an lien d'une? Je suis homme d*a8sez bonne compagnie. Le roi d'nn royaume, jadis le premier du monde; et, des princes onè bien voulu m'écouter, sans crainte d'être mordus. D'ailleurs, je préyiens MM. les Académiciens : que. je n'ai plus de dents. Et, s'ils ont la bonté de m'entendre, je pourrai même, afin d'avoir la voix plus claire et plus nette, mettre des dents neuves : un excellent docteur, panthéiste comme un docteur, et même ami de M. Proudbon, veut bien, par confraternité médicale^ m'en procurer, payables sur les brouillards de la Seine. Vous voyez : qu'il y a de bonnes gens partout. Je voudrais pouvoir en dire autant : de la logique.

Je demande la permission de placer, ici, deux articles extraits du feuilleton scientifique du journal la Presse : Tun, relatif aux Académies; l'autre, relatif à la série continue des êtres.

Voici le premier :

*- « Le bnt social auquel tend la science devient éTÎdeut pourqnîconque a des yeux. Et n'est-ce pas en vue du bnt qae l'effort doit êcre dirigé? Il faudrait donc tracer la route, marquer les étapes, donner l'impulsion. A ne voir que sa position au sommet des corps scientifiques en France, ce grand rôle est celui qui incombe à l'Académie des sciences. Mais l'Académie , corps privilégié, composé de privilégiés, n'entend pas ainsi sa fonction.

« Ce siècle se donnerait à elle si elle le voulait ! Elle est en principe , elle pourrait èlre en fait la première assemblée du monde. -Ton» Jes regards, toutes les espérances se tournerAient vers elle. Le retentissement de sa parole serait tel qu'on n'entendrait pas d'autre bruit. Des hauteurs oik l'Académie se placerait^ elle UisMrait tomber sur le monde éclair^,' fortifié, consolé, d'aussi grandes paroles qu'il en retentit Jamais dans les conciles et dans les assemblées politiques. La société lui devrait de se connaître et d'avoir conscience de son travail.

« Mais l'Académie n'a pas même compris que les circonstances présentes lui font particulièrement favorables ;*el1e n'a pas su que de la suppression du régime parlementaire devait dater l'avènement du régine scientifique, et qu'elle pourrait remplir du récit de ses travaux, de ses programmes, de ses appels , l'espace que les débats législatifs noccnpen pins dans les journaux quotidiens.

a Mm, mGn, ^'om lit ob man conciciiee pUine de et ^u'an tUt, m le bit l Et, qu'oa le vaille eu qu'on na le miille pu, c'Mt de la c«BititutioD d'ane lociéii nouTclle que ta science B'nccD|>e, tt elle ne a'oeccpc pu iTintre chose.

• Le BaHpttn icienliGi|ne èa jonmtl pnlîliqne doH w morr pariîcnliircaient i l'étude A<< celle leadkace. H iloil leir tout de «uiie Ira cImmi vwnflfiiues eomine il faudra fioalnnenl que toul le monde les Toie : er jfolllique. pir leurs réiultat! dernlcn, la transforma liou de la sortélr. Dei noureantéa dont il s'occupe, il doit dire eu quoi tlles coocnarenl m bat, de eembien ellei nom en rapyirocbant; quelles placei-elle* ttcfvftrODt daarl'uiMnible; ^oelLet iMNliriealiou elles apportent il* vn« ^ neuE STOM de l'aTenîr. Il doit être aocialiste. J'entends par celte «ipmsion sjothelique la science de cette société à base scientillque , qui en et inonent, sons forme embryonnaire , se'romne au sein de la société prétente, kqvette Bourra ta lai donnant le jour, a

ly. UauMiut, Ptmw du 2S octobre 1SS3.)

— Si, M.VictorlCeiuiier s'imagine, qs'aae Acsdémie petit dominer la Société : par le matâialisme ; il est, dans ane grande erreur.

Voici , le second article :

— ■ II. Lederc seinnet des plaotos à l'acliMi du chioro^irBie •« de l'étber, et dei pUnonènea qui se paaient alors il ceaelut que k> pUnles ont DD tjitiate neneai. Elles lenitnt, dlei louffrmt, par cooaéqueal! C'est bien la plus déptaisanta dceaUTerte qu'on puine &ire. Foules, après cela, le gaion des pelouMS, et détachei une fleur de sa li|ie I Cueillir aac roH ou casser une ;«lte i an chien, l'un laut l'antre ! Vous Yi^aona^ C'ciil voire cii^u'^c. Mais que cela ne vom errÏTe pUn.

" Une srnsilive mise taas cloche (l'eipérience a lieu an soleil) est eipoïée pindont dii ii qaiase miautas i raetiou de l'étber. Vojei au boal de ce temps ce, qu'elle ei( devenoe ;.la loili insaniible, inm^iile, faisant ^^pnrfni tentent la niDrte ; elle eal endarmie. Ses folioles sotil lartenieat ûlenduea, l'imiDubllité ett coHpIète. Tonebri, frappes, arroses avec de a<:ide&, biiilp/., .iinyiutei, lains eiïortal Les mutilatii<tia les pins cnielles ii'Qn.irlk'i.iiii |i I- ue soupir, je reui dire un monvemant au sujet Ce- {WDdtut, ilteDdac un peu.

■ Sur votre maia rrpese immobile nne fenille amputée. Cinq minate sa mdI éeauléci depais que tous l'ayei séparée de la lige élfaériséa. Haîatentut, imprinei i cette fsaille un choc lé^, aussitAt elle raaae tm foliolei, et dans qaelquei instants celles-ci se «ei^mt refermées Ici anei sur les autres ; le sommeil anestltésiq^uc a CHsé.

8CIKXCE SOCIALE. 407

:e tout? Non. Que cette feuille soit soumise à Tactioii d*un coaraK&t voltaique^ ei la molilité reviendra pins rapidement, comme chez ranimai.

ce Mais que la sensiiive respire trop longtemps le merveilleux agent, elle mfurty et la roiileur inaccoutumée de ses pétioles vous oflre le pendant exact de la rigidité cadavérique cbez les animaux.

«c M. Lccifrc a voulu savoir ce que devient Tétlier inspiré; il passe en grande pnrtie dans le sol, par l'extrémité des spongioles.

a Les effets anesthésiques ne sont pas ressentis par les sensitives seulement.

ce Si on dépouille de son épiderme une portion de tige du Chara vul^ garis , on voit à l'intérieur de celle-ci le mouvement circulatoire des g\obules; mais qu'on trempe cette portion de tige dans l'éther, le mouvement circulatoire est aboli.

« L'auteur a fait sur les stomates de certaines plantes, sur les poils de certaines autres, des expériences dont les résultats concordent avec coux des précédentes; et si on ne les interprète autrement que ne le fait M. Leclerc, les hommes sensibles vont être bien empêchés dans leurs promenades champêtres. »

(YiCTOK Mbukier, Pre^^e du 25 octobre i85S.)

— ^Tant, que la série continue des êtres n'est point brisée, d'une manière absolue ; le matérialisme est à Tétat scientifique.

Parmi, les innombrables inconvénients, qu'il y a de séparer les Académies de sciences ; je Tais en citer encore ua :

L'Académie, qui se prétend des sciences proprement dites, s'imagine : que, ses découvertes vont améliorer la société; et, surtout, soulager le prolétariat. Dès, qu'il est question : de société zoologique d'acclimatation ; de pisciculture; de système hygiénique et agricole dit de circulation continue; de, etc., etc.; et, principalement, d'application delà vapeur au labour; ces messieurs sont en extase, et prêts à s'écrier, avec M. Thiers : que, la création va être gâtée; parce qu'il n'y aura plus de pauvres à soulager. Si, les deux académies n'en faisaient qu'une; vous verriez, au milieu de ces pleurnicheries sur l'ineffable bonheur prochain des prolétaires, M. Michel Chevalier leur dire, dans

un langage beaucoup plus mathématiq«e que celui de ces romanciers de la science :

— « Que le pain baisse de cinq centimes le kilog. (et il n'y a. pas àt loi de céréales qui puisse produire ce résultat), atic la corstitutiox ACTUELLE DE l'ikdustrie et la délresse des chefs de travaux^ il ne faudra pas six niois pour que les salaires aient subi une réduction à très-peu près équivalente. >»

— Et, si Necker avait été de l'Académie des sciences morales, il leur aurait dit :

-^ « S^il était possible qu'on vînt à découvrir une nourriture moîos agréable que le pain, mais qui pût entfetenir le corps de Tbomme pendant quarante-huit heures^ le peuple serait bientôt réduit à ne manger que de deux jours l'un, lors même qu'il préférerait son ancienne habitude : les propriétaires de subsistance, usant de leur pouvoir et désirant multiplier le nombre de leurs serviteurs, forceront toujours les hommes qiy n'ont ni propriété ni talent à se contenter du simple nécessaire. Tel est l'esprit humain, esprit que les lois sociales ont si bien secondé. »

— Et, si M. Dupont- White , qui a tout le mérite nécessaire pour en être, s'y trouvait, il leur dirait :

— a Que le prix des denrées vienne à baisser, et le salaire baissera du même coup : il n^j a pas de loi pins constante en économie politique. »

— Puis, il leur citerait ce passage de M. Villermé : où, il dit : qu'à Mulhouse, la vie probable de « la classe des ma- « nufacturiers, négociants, etc., est de vingt-huit années; « celle, des boulangers et meuniers de douze années ; celle, « des tisserands et ouvriers en filature : une année et quarts '^ une année et demie au plus. »

Yoilà, ce que ces messieurs ne devraient jamais oublier; ou plutôt : ce, qu'ils ne savent pas ; et, ce qu'ils devraient apprendre.

Le fait est : que, sous l'organisation sociale actuelle :

SCIENCE SOCIALE. 409 «ft Lb PAUPÉUBIB GIOIt sua UHE LIGIIB PAlALliUI A LÀ 1ICHBS8£. »

— Cette proposition devrait être écrite, en lettres de fer, sur le fauteuil de chaque académicien ; pois, au-dessous et en lettres d'or :

flC TauT, qui la IICHUSB DB CBACUH NB CBOIT POINT SDH UKE LIGMB

PAmAI.KJkLB A LA BICHBSSB DB TOUS ; VOUS lf*ÉTB8 : Qu'UHB ACADÉMIE D*16IfO- BAUX S. D

Aj ces inscriptions existaient ; ces messieurs auraient Uentôt appris : que, si Tapplication de la vapeur, au labour, pouvait avoir lieu ; avant, qae l'organisation sociale fût chan* gée ; vingt-quatre millions sur vingt-cinq, de prolétaires agricoles existant en France, mourraient de faim ; et, que la suite immédiate, de cette application ; serait : une effroyable révolution.

Maintenant , faut-il blâmer ces inventions? Nullement; et^ Yoas les blâmeriez que cela ne servirait à rien. Mais, il faut savoir : que, ces découvertes, si utiles à l'humanité , lorsque l'organisation sociale est changée ; ne peuvent, maintenant : que, conduire à l'anarchie. Il est vrai : que, c'est encore là une utilité. Si, cependant, ces messieurs pouvaient trouver un autre remède ; cela vaudrait peut-être mieux ! Parlerai-je de l'organisation : qui, place au scindes sciences morales, la politique et la législation, étonnées de ne point voir, à leurs côtés, la gymnastique et le pugilat ; qui, sépare : F histoire, de T Académie des inscriptions et belles^lettres; la littérature, des beaux-arts; qui> établit une académie de patois français ; comme, les autres nations en établissent : de patois anglais, allemand, turc, russe ou sanscrit *, au lieu d'établir : une académie de langue rationnelle à créer; afin, que l'humanité puisse cesser de : bégayer des sornettes ? Hélas non ! je n'en dirai rien ; à quoi cela servirait-il? Je dirai, seulement, qu'une institution : qui a

traité Fulton dlmbécile; qui a repoussé Honteil , lequel s'était abaissé jusqu'à descendre jusqu'à elle; qui a placé Broussais au sein de l'Académie des sdences morales et politiques; et, dans laquelle, Laroniiguière, la Mennais et Béranger ont dédaigné d'entrer ; est une institution : qui jette sa dernière lueur d'existence ; et, 'va bientôt retomber dans le néant de l'ignorance; d'où, la vanité l'avait fait sortir.

Et, je le répète, je n*attaque point les académiciens ; tous, gens de n^érite dans leur spécialité ; je n'attaque : que, l'institution.

Quand, il y aura un institut de soence réelle; bors laquelle, désormais, les beaux-arts ne sont que des cbimëres; cet institut n'obligera point le mérite d'aller ramper devant ses membres. L'institut en corps, au contraire, ira se jeter aux pieds du mérite; et, lui dira : « Nous sommes « déshonorés : si, nous ne vous ouvrons point nos portes; " mais, aussi, vous êtes déshonoré : si, vous refuscE d'y « entrer. »

Quand, cet institut existera ; il sera une des premières institutions du monde ; et, ses membres occuperont : le second rang, sur l'échelle sociale. Il n'y aura, au-dessus d'eux : que, le chef du pouvoir exécutif. Alors, ils ne seront plus, comme des goujats, excités par des jetons de présence ; au second rang, sur l'échelle sociale; ils seront aussi au second rang : du salaire public.

— J'arrive à un ex-président du conseil , M. Odilon Barrot. Avant, d'exposer les observations, qu'il m'a fait rhonneur de m'adresser sur mon travail ; qu'il me permette, ici, de lui exprimer : combien, je suis reconnaissant de sa condescendance envers moi. Je dirai de lui, ce que j'ai déjà dit de M. de la Mennais : M. Odilon Barrot peut se tromper, mais toujours de bonne foi. Et si, après lui avoir démontré la vérité, il ne l'accepte pas immédiatement; que

SGIBltGB 80<:rALE. 4i 1

Ton pense aux difficultés, quHl y a de détruire nne édacation libérale, inculquée dès Tenfance, donnant : la réyolation de 1 789, la séparation des pouvoirs, la tolérance religiease, l'aliénation du sol, le système représentatif, Téquilîbre européen, la nécessité du paupérisme, et le monopole des développements de Tintelligence attribué à la richesse héréditaire ; comme, le nec plus ultra : de l'évangile social.

Rien, n'est plus difficile, si ce n'est impossible; que, de convertir un chef de secte; et, M. OdiionBarrot est, depuis plus de vingt ans, chef de la secte libérale. Celle-ci, en outre, a, sur toutes les autres, l'avantage : du vague, de l'indétermination. De plus, elle renferme toute cette bourgeoisie, qui exploite les masses : non, parce que tel est son bon plaisir ; mais, parce que tel est le résultat nécessaire • de l'organisation sociale actuelle. Cette bourgeoisie aime à nier : non-seulement, qu'elle exploite les masses; mais encore, à se faire accroire, à elle-même et aux autres : que, cette même organisation sociale, est la' seule possible; et que la domination bourgeoise , représentative par le cens, est la seule qui puisse faire éviter les horreurs des révolutions; et, Tanarchie, qui les caractérise. Cette secte, en outre, renferme toutes les autres implicitement; et, tous les hommes d'Etat, qui affectent des allures indépendantes de la bourgeoisie : M. Gnizot, M. Thiers, M. Dupin, M. Ledru-RolIin, M. Louis Blanc, M. Proudbon, BI. de Girardin, etc. ; qui, tous veulent les principes de 89 : la sépîiration des pouvoirs, la tolérance religieuse, Taliénation du sol, le système représentatif, l'équilibre européen, la nécessité du paupérisme, et le monopole des développements de rintelligence, attribué à la richesse; sont tous, le sachant, ou sans le savoir : des sectaires de M. Odilon Barrot; et, ils l'appuient d'autant plus : qu'ils paraissent, s'en éloigner davantage.

Je prendrai, comme exemple, le plus modéré, en appa-

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rence, des chefs d'éoole. M. de Girardin y eut éviter les révolations, ce qui flatte beaaeoap la bourgeoisie ; et, il veol en outre : la liberté, des réunions, des clubs, des joarnaaXy des pamphlets, des placards, etc. ; ce, qui flatte beaucoup les masses. Mais, quand il donne, comme conséquence de sa prétendue liberté : l'absence de religion; Fabsence de mariage; la fixation arbitraire du, salaire; la bourgeoisie se prend, d'un amour furieux, pour le premier despotisaie, qui la garantira de pareilles orgies sociales ; en conserrant Fespoir : que, les anarchistes vaincus ; 1789 ressuscitera de ses cendres ; et, les masses, jamais hypocrites, mais souvent brutales, accusent M. de Girardin : de rendre l'anarchie, conséquence nécessaire de la liberté, afin de les pousser i se réfugier : sous un despotisme quelconque.

Et, tous ceux que le despotisme révolte ; et, que Tanarchie effraye; \ont, à M. Odilon Barrot : sans lesayoir, ni, le vouloir .

Or, un chef de secte voit seulement : ceux, qui viennent à lui; sans s'inquiéter nullement: du motif qui les pousse.

£t, vous voulez : qu'au milieu de pareilles circonstances, M. Odilon Barrot renonce : non-seulement, aux convictions de sa vie entière ; mais encore, pousse ceux qui ont confiance en lui, dans une route nouvelle ! C'est, moins probable : gue, de gagner un quine à l'ancienne loterie.

Mais, ce qui honore, au dernier point, M. Odilon Barrot; c*est, d'oser entrer en lice : pour, défendre ses convictions. Les autres, ne prêchent que dans leur église , ne fût-elle qu'une chapelle sur pilotis ; et, ne permettent, à personne, d'aller les y combattre. M. Odilon Barrot fait plus : il quitte ses i;etranchements ; et, seul il vient planter sa bannière libérale, au sein du camp rationnel. Qu'il y soit le bienvenu. Nous rendrons : à sa loyauté, à son courage, les hommages, que tout homme de cœur leur accorde ; et, M. Odilon Barrot ne sera combattu : qu'avec des armes courtoises.

Yoici, les observations de M. Odilon Barrot :

SGBtMCB SOGUtE. 413

« MOKUKIIK f

m Ea réponse à la lettre par laquelle , m'envojant votre ouvrage sur la science sociale , vous me demandies de vous donner mon avis sur cet ouvrage, j'ai pris rengagement, peut-être un peu téméraire, de déférer à ▼otre désir. Toutefois , voulant dégager ma parole , j'ai lu, je vous Tatteste, vos deux volumes tout entiers; j'avouerai même que j'y ai trouvé un certain intérêt, celui de passer en revue, grâce à vous, toutes ces théories socialistes qui ont agité notre société , surtout dans ces derniers tempe, et lui ont laissé, pour tout enseignement, une terreur profonde , <{ue le despotisme • (1). »

— n paraîtrait : que, c'est seulement, dans mes deux volâmes: que, H. OdilonBarrot a étudié les théories socialistes. Je sais extrêmement flatté de cet honneur. Mais, c'est une politesse que M. Barrot a bien youIu me faire. Le prince de Mettemich , il 7 a déjà plusieurs années , disait : Les questions sociales sont L'objet de toute mon attention. Et M. Odilon Barrot^ homme d'État, n'aura point, plus que le prince de Mettemich, méprisé ces théories , même les empcMSonnées. Quand, de nouveaui poisons paraissent; les médecins les examinent, les étudient ; et, font souvent servir, à la conservation de la vie ; ce qui, primitivement, ne pouvait servir : qu'à donner la mort.

Quant an despotisme, si M. Odilon Barrot me fait rbouneur de lire ces deux volumes, comme il a bien voulu lire les premiers; il verra : qu'en époque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit ; il n'y a de possible : que, despotisme et anarchie. Et, lui-même avoue : qu'il préfère le despotisme à l'anarchie. Je suis de cet avis, pour autant que l'on ne considère que Tactualité, Mais, je lui dirai aussi : que, l'un ou l'antre ne dépend pas toujours du choix ; pas plus, que la santé ou la maladie. Les nécessités sociales et la mort sont Clément : sourdes aux prières.

(0 il y a, ici, une ligne de la lettre de M. Odilon Barrot ; que, j'ai eu épreuve; et, que mon imprimeur a cru ne pouvoir imprimer. Selon moi, e'eet une crainte déplacée : tout ce que M. Barrot signe ne peut craindre rimpresston. Mais, j'ai dû me soumettre, ,

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— « J*ai, continue M. Barrot, plus d'une fois admiré TéiMi^e de logique et le bonheur d'expression avec lesquels tous faisiex justice de toutes ces dangereuses folies. »

— Ces éloges, de M. Barrot^ me font I)eaacoup de plaisir.

-« « Mars, continue II. Barrot, arrivé à votre idée propre, c'est -ft-^fo« à ce que fous appelez la vérité rttioiioelle^ le Dieu impersonnéî, o« Ia science incontestable ou incotitestée , je ne puis que penser de votre idée, ce que vous pensez des utopies de MM. Leroux, Proudhon et Girardin. Vous êtes quelques lioniines d^esprît et de bonne foi , je k reconnais , qni, frappés des maux inbéreats à noire pauvre biimanité, vous éles imaginé qu*an lieu d*adoucir ces maui , on pouvait j apporter un remède radical et absolu, et qui, sur cette hypothèse, se sont mis à refaire, chacun à sa guise, notre pauvre vieiHe société. Je n^ai pas besoin de tous dire que j*appartien6, au contraire, à cette classe d^hommes que vois prenez en pitié, et qui, ne croyant pas à l'absolu danz Tordre politique, s'efforcent d'améliorer les éléments existants de notre organisation sociale actuelle , sans avoir la prétention ni d'en extirper tout le mal qui s'attacherait toujours dans une certaine mesure aux choses bamainet f ni d'en Csire sortir le bien parfait. Je sais que les hommet àmWÊÊ, toujours tendre vers le juste , le vrai , le bon ; mais je sais eussi qm*à raison de l'imperfection même qui est dans leur nature, ils n'atteindroat jamais au juste, au vrai, au bien infinis. C'est déjà un bien noble attribut pour l'homme que d'avoir en soi le sentiment intinie de l'înfinî , quoique son intelligence en soit écrasée; il y aurait un fol orgueil à lui, de prétendre jamais à le réaliser sur cette terre ; car alors il CBasiiAir d Im HomiB. »

— Pour devenir quoi, s'il to«8 plait?

Si, rhomme savait distinguer : lejuste de Tinjuste ; le vrai du faux ; le bon du mauvais; s'il avait reconnu : que, Vin» fini ne peut être que Vimmaliriel; puisque, la matière est nécessairement finie ou complexe ; s'il savait dire : là, il y a immatérialité, sensibilité réelle , humanité réelle ; là, il n'y a que matière organisée ou inorganisée; s'il savait : qu'il n'y a raison réelle, liberté réelle ; que, là où il y a immatérialité ; s'il savait organker la société : sur la raison réelle ; sur la liberté réelle ; l'homme ne cess^nit

scibucb sociale* 415

pas d^élre homme; mais, il cesserait : D'ixAE ignorait. Ensuite, je ne demande point, actueUement, à M. Barrot : s'il y aurait un fol orgueil, à l'homme, de prétendre à cesser d'être ignorant. Je lui demande : si, en présence d'une organisation sociale, au sein de laquelle, de l'aneu des économistes, le paupérisme croit sur une ligne parallèle au développement de la richesse ; et, cela eu présence de l'incompressibilité de l'examen ; il est nécessaire, sous peine de MORT : que, cette organisation sociale soit radicalement changée? Car, tel est le point de départ de la discussion. Et, si M. Barrot prouve : que, ce point de départ est faux ; le reste^ delà discussion, devient complètement inutile.

— « Je snis bien loin, assurément, continue M. Odilon Barrot, de nier les maux qui travaillent cette société, et les dangers qui la menacent : hélas f nous veiMns de traverser des temps où , si nous ne sommes pas tombés dans Tablme , nous en avons du moins assez approché pour en metarer k profondeur, et bien aveugles seraient ceux qui^ de nos jours, nieraient ces maux et ces dangers, »

— Cest, beaucoup : de reconnaître la société malade. Ce serait plus : de connaître la cause de la maladie. J'ai dit : que, cette cause est l'incompressibilité de l'examen ; en présence de Tignorance sociale, sur la réalité du droit; que, cette cause doit être anéantie, sous peine de mort sociale; que, l'ignorance sociale, tant que lexamen a pu être comprimé, a nécessité : l'aliénation du sol ; et, que Tanéantisseraent, de l'ignorance sociale, a pour résultat nécessaire : l'entrée du sol à la propriété collective. Ici, je répète à M. Barrot, qu'Une fout point examiner primitivement : si, l'entrée du soi à la propriété collective, peut ou ne peut pas avoir lieu ; mais bien, examiner primitivement : si, c^te entrée est nécessaire, absolument nécessaire, sous peine DE MORT soCTALE. Si, M. Barrot me prouve : que, cette entrée n'est point absolument nécessaire, actuellement ; j'abandonne la discussion. C'est, là-dessus que j'insiste par-

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ticalièrement. Car, vouloir que le sol entre à la propriété collective; avant, que ce mit absolument nécessaire; est une utopie : à la quarantième puissance.

•— fl( Je vons concéderai même, continue M. Barrot, que notre eiiilication progresÛTe n*a pas opéré une réforme , p^ accompli une réTolation, qn^elle n*aît semblé nous rapprocher de plus en plus de xe danger, et qu'elle ne Fait même rendu plus menaçant. »

— 11 y a toujours avantage à discuter : avec un homme instruit; et, de bonne foi. La vérité perce toujours t même, à travers les préjugés. Ainsi, la civilisation progressive ne fait : que, nous pousser vers Tanarchie. C'est, la traducti"^-" de ce passage que j'énonce, en exposant : les suites de '\ib compressibilité de l'examen ; en présence, de l'ignoratice sociale sur la réalité du droit.

•— « La tolérance religieuse, continue M. Barrot, la liberté de la conscience, de la pensée et de la discussion, les communications plus rapide5 et plus fréquentes entre les peuples, rafTaiblissement des croyances, des prestiges, l'interruption Tiolenle des traditions , tout ce que nos pères el nous avons fait, particulièrement depuis un siècle, pour faire disparaître des gouvernements tout ce qui blesuit trop ouvertement la justice , U raison on la liberté des hommes, constitue tout à la fois un argument et une arme, pour obtenir davantage. »

— Davantage... très-bien! Mais quoi? Est-ce une plus grande richesse? C'est l'équivalent d'un paupérisme plus nombreux. Est-ce le plus grand pouvoir d'un seul? C'est une aggravation de despotisme. Est-ce un plus grand pouvoir de plusieurs ou de tous ? C'est une aggravation d'anarchie. Et, pour notre époque , il n'est aucune espèce de davantage^ soit en plus, soit en moins, qui ne vous conduise : soit, à l'anarchie, par le despotisme; soit, au despotisme, par l'anarchie.

— « Ainsi , continue M. Barrot , comme vous le dites avec trop de vérité, de ce que nous avons purgé la propriété de tout privilège;.,. »

— Est-ce, que vous avez purgé la propriété du privilège: de recevoir Téducatiôn et Tinstruction ? Est-ce, que vous avez purgé la propriété du privilège : de pouvoir ne pas devenir un brigand, si vous êtes né au sein d'une famille de brigands? Est-ce, que vous avez purgé la propriété du privilège : de ne point faire partie, de cette fraction de population; qui, selon le prince des économistes, doit, tous les ans, mourir de misère, même au sein de la nation la plus prospère? Est-ce : que vous avez purgé la propriété du privilège, de faire ses économies, auK dépens des pauvres ; ainsi que le dit : le même prince des économistes : J. B. Say?

'-i a . . .de ce qucy continue M. Barrot, nous l'avons réduite à ne plus é^ J"*"" simple fait de possession transmissible par contrat, testament oa par hérédité et accessible à tous, »

— Accessible à tous? Quand, M. Odilon Barrot m'aura fait rhonneur de lire, ce qui se trouve dans ces volumes : sur l'ouvrage de M. Thiers, relalif à la propriété; et, sur la répartition des richesses; je suis certain : que, M. Barrot y réfléchira deux fois, avant d'écrire : que, la propriété, est actuellement : accessible à tous.

— « On en est venu, continue M. Barrot, à lui demander compte de son droit d'exister, n

— Voyons, Monsieur! De ce que des fous, disent des folies ; faut-il en conclure : que, la raison n'existe pas? Et, de ce que l'Académie des sciences a été assez sotte, pour affirmer : que, Fulton était un sot ; faut-il en conclure : que, je suis un sot; parce que j'affirme : que, la propriété est organisée anarchiquement, pour notre époque ; et, qu'il est devenu nécessaire, de l'organiser hiérarchiquement : non plus , relativement à la force ; mais, relativement à la raison ?

— tt Toos les ouvrages avancés, continue M. Barrot, qui entouraient et

418 SCIENCE SOCULE.

masquaient l6 corps de la place , ayant été abandonnés , cVst maintenant au corps même que des assauts furieux sont liTrés. »

— C'est vrai, Monsieur ; poarvu : que, la place soit Vorganisalian de la propriiii; et, non la propriili. Qa'est-ce que cela prouve? Que, la place, construite sur les bases de 1789; n'est, pas plus tenable : que, la place que, 1 789 a détruite. Faut-il, pour cela, rester sans abri ; et, livrés : soit, aux foudres du despotisme; soit, aux ouragans de l'anarchie?

— a G*est à ce point, continue M. Barrot, que les esprits les pins fermes,'les intelligences les plus sincèrement lihéraUs en sont troublés et en sont venus à regretter le passé et à faire/ en quelque sorte , amende honorable de leur complicité dans ces progrès. »

— Il faut être M. Odilon Barrot, pour avoir : cette candeur, celte bonne foi, cette probité. Peut-être, est-il le seul, parmi les bomuies d'État; capable, de faire ainsi le sacrifice de son amour-propre. Avec ces vertus, ayez-en une de plus, Monsieur. Ayez le courage de reconnaître : que, ce n'est point à l'autel des nécessités sociales du passé, quHl faut fiiire amende bonorable des erreurs du libéralisme; mais bien, aux nécessités sociales de l'avenir. Ce que je viens de dire, est déjà dans la conscience de M. Barrot; et, le courage, que je lui demande; il va, lui-même, en donner des preuves.

— « Ces regrets , dit-il , ces tentatives pour revenir en arrière, ne sont, je le sais, qu'un danger de plus ; aussi suis-je bien éloigné de m*j associer. »

— Très-bien ! Monsieur. Mais, puisque vous ne voulez point resler en place ; et, que vous ne voulez point rétrograder ; marchez donc en avant; mais, auparavant, sachez clairement où vous allez. Car, il vaut mieux rester en place ; que, de marcher au hasard.

SCIKHCE 60GIAL1S. 419

— « Mais, eontinne M. Bamt , si je ne les partage pas , je les comprends. Et c'est ose raison de pins pour moi de rejeter , de détester même ces doctrines qni , poussant la société vers un absolu qu'elle ne pourra jamais atteindre , commencent par la décourager du mieux pn^ gvessif) et la placent dans celte horrible nécessité, d'opter entre le despotmne et le ckaos, *

— Prenons garde ! M onsieur, de tomber dans la logomachie. Bien, n'est plus dangereux, entre gens de bonne foi ; et, aucun mot du plus sot des livres, c*est nommer le dictionnaire, n'y est plus propre : que, le mot absolu. Ce mot, mis en dehors de toute logomachie, signifie ici : vÉRrré démontrée SUR XA rëalfie du DROIT. Et, si mon introduction n'a point été écrite inutilement; die doit vous prouver : que, cet absolu est devenu nécessaire : sous peuïe de mort

HflHAinTAIRE.

— « Vous êtes conyaincu , je le sais, continue M. Barrot ; si tous ne l'éAiei pas, vous ne séries qa*nn odieux spéculateur. Vous croyez à Totre utopie de la justice et de la vérité absolues , qui , dites-Yous , se démontreront par elles-mêmes et ne pourront être contrariées ou contredites que par des fous. »

l'est vrai ; et, je le répète. Maintenant, tâchons de tirer une utilité, de ce que j'ai dit et répété. J'ai prouvé*: dans ces deux volumes, que j'adresse à M. Barrot : que, la vérité absolue, sur la réalité du droit, doit, actuellement, être démontrée, scientifiquement : sous veihe de mort soœale. C'est à cela, jusqu'id, que se b<»iie ma publication. Après lecture, M. Barrot trouvera mes preuves : bonnes ou mauvaises. S'il les trouve mauvaises, il dira pourquoi. S'il les trouve bonnes, il protégera la publication de la dérnoofltration, que je veux donner, de la réalité du droit: j'adresse le même dilemme : à tous les hommes d'État ; à tous les savants ; à toutes les personnes de bonne foi.

— a Yods avoues, continue M. Odilon Barrot, que vtras Stes, dsns ce moment, le seul ap6tre de votre nouvelle religion. »

— Le seul, sauf les exceptions^ c'est vrai. Mais, qa est-ce que cela prouve? L'Académie des sciences disait : que, Fuiton était un sot. Descartes en disait autant : de Galilée et de Newton. Du reste, il ne s'agit point, maintenant, de savoir: si, je suis un sot, relativement à la réalité du droit ; il sV git de savoir, et rien d'autre pour le moment, je vous prie de l'observer : si, la démonstration de la réalité du droit, est actuellement nécessaire; nécessaire, entendez-vous ? sous PEINE DE MOHT SOCIALE. Si, Cette démonstration n'est point, actuellement, absolument nécessaire; je ne suis qu'un sot. N'éloignons jamais la question : de ce terrain-là.

»* « Mais, continue M. Barrot, vous attendez du cataclysme qui doit , selon TOUS, faire crouler bientôt toute la TÎeille société , la réyolulion qoi universalisera Totre croyance et la rendra en quelque sorte forcée pour Ions. »

— Ici, M. Odilon Barrot m'a parfaitement lu ; et, je l'en remercie ; sauf le mot croyance j pour lequel, avec Gicéron et saint Augustin , j'aî le plus profond mépris. Saint-Augustin poussait ce mépris, à un tel point : qu'il ne concevait pas que Ton pût rien croire ; si, ce n'est l'absurde : Gbjedo

QUIA ABSDRDUM.

— - a C'est pour prévenir cette cruelle expérience, continue M. Barrot, que vous vous adressez à toutes les intelligences^ que vous leur soumettez votre pensée de salut, espérant arriver par la persuasion et par le seul mouvement des convictions libres, à sa réalisation. *

— Xe meilleur avocat général ne m'aurait pas mieux résumé.

•— « Eh bienl continue M. Barrot, je vous dirai sincèrement, qae ■ bien loin d'apporter la paix à la société humaine, votre idée, si elle pouvait se réaliser, ne ferait qu*y jeter des causes plus fréquentes et plus profondes de perturbation. 'i»

— Bmyo ! Honsieur.Yoilà, qai est attaqué franchement ; et, je vous en remercie : de tout mon cœur. Si, MM. Guizot et Tbiers voulaient agir comme ^ous ; nous irions vite en I>esogne. Allons ! Monsiear, à vous le premier feu !

— « Vous TOUS imaginei, à la suite de beaucoup d'autres, dit M. Barrot, que la propriété de la terre est la seule propriété qui excite les eairies, les passions, la seule qui fait rhomme riche ou pauvre, heureux ou malheureux, et qui produise cet antagonisme, source des révolutions passées et du cataclysme ioévitable que vous prophétises. »

— J'en demande un million de pardons à M. Barrot. Je n'ai jamais dit : que, M. Rothschild, sans un pouce de terrain, n*est pas plus riche, plus heureux : que, le mendiant, propriétaire d'une cabane, dans laquelle il meurt de faim. Mais, j'ai dit et j'ai prouvé : que, tant que le sol est aliéné à un seul ou à plusieurs individus ; le paupérisme, croit sur une ligne parallèle à la richesse; et, que cet antagonisme, en présence de l'incompressibilité de l'examen, est essentiellement anarchique. Je suis persuadé : qu'après avoir lu mes deux derniers volumes, aussi attentivement qu'il a bien Toulu lire les premiers ; M. Odilon Barrot pensera comme moi.

— « Mais, continue M. Barrot, ne saTes-Tous pas qu'il y a bien d*au« très causes qui excitent les passions des hommes, que celles qui peuvent sortir de la distribution plus ou moins égale, plus ou moins équitable da soi?»

- — ^Je le sais parfaitement, Monsieur. Et, c'est précisément parce que je le sais ; que, je mets, au-dessus de l'entrée du sol à la propriété collective ; la démonstration de la réalité du droit, delà justice, de la raison; afin, que chacun ait une raison réelle, pour dominer ses passions, quelle qu*en soit la source.

— a D*abord , la richesse, dit M. Barrot, a bien d'autres sources qve la propriété foncière. »

-^Ici, je sois obligé de dire : que, M. Barrot a écrit ce passage, avec trop de rapidité. La richesse n'a de soarces possibles : que, le sol, comme paa'enf; et, que le travail, comme aqenl. Le sol, sans le travail, ne produit pas, mais fonctionne. Le travail, sans le sol ou ce qui provient du sol, opère dans le vide. Après avoir lu mes derniers volumes, M. Barrot ne renouvellera plus cette proposition ; et, je suis heureux de son erreur : car, dès que M. Barrot sera convaincu ; son courage et son amour de rhumanité sauront lever bien des obstacles. Pour beaucoup de personnes, avoir énoncé une erreur, est une raison : pour, ne jamais Tabandonner. Pour M. Barrot, avoir énoncé une erreur, est une raison : pour, la désavouer le plus tôt possible; dès, qu'on lai a montré la vérité.

— - « Voyez en Angleterre , en France même , contione M. Barrot , si les plus riches sont propriétaires fonciers ? »

-— C*e8t vrai. Les propriétaires fonciers ne sont les plus riches : que, sous la féodalité nobiliaire ; où, le sol domine le capital. Quand, le capital domine le sol, ce qui existe sous la féodalité financière ; les plus riches, sont les capitalistes. Mais, dans les deux cas, le paupérisme croit, nécessairement, sur une ligne parallèle à la richesse ; et c'est , je'le répète, ce qui est incompatible, avec l'existence de l'ordre ; en présence : de l'incompressibilité de l'examen.

— « Les propriétés mobilières, continue M. Barrot, tondent de plus en plvs à s'accroître ;..« •

— Et, le paupérisme croît sur une ligne parallèle à la richesse ; et cela : tant, que le sol reste aliéné.

-^-« • • • landU, coa(îau6 M. Barrot, que les propriétés immobiHères lont nécessairement slationnaires. »

, Barrot pourrait même dire : que; les propriétés immobilières sont rétrogrades, sous la domination du capital. €ar, alors , Tiudustrie rapporte plus que Fagriculture ; et, il est du raisonnement d'employer son outil : à ce, qui rapporte le plus.

— «Déjà en Angleterre ; continue W. Barrot, la fortune mobilière excède dans une proporlion assez forte et qui s'étend tous les ans dairantage. »

— Oui, parce que le capital anglais domine le monde. Mais, ôtez à TAngleterre cette domination bourgeoise ; et, \ous y verrez les fortunes mobilières, presque instantanément anéanties ; pour, n'y laisser subsister : que , les fortunes terrilorialesy appartenant exclusivement : à l'aristocratie nobiliaire.

— « Dès, c«mtiD«e M. Barrot, que tous auriei fait entrer, comme 'VOUS le dites, la propriété foncière dans la propriété coUeiitive, vous n*a»» riez donc pas, par cela même, fait disparaître l'antagonisme entre le riche «lie pauvre. »

— Je vous demande pardon, Monsieur ! Dès, que le sol est entré à la propriété collective, après la démonstration ^e la réalité du droit ; le paupérisme moral et le paupérisme matériel : sont anéantis. Et, dès qu'il n'y a plus de pauvres ; Tantagonisme, entre le pauvre et le . riche, a cessé ii'cxister. Prouvez : que, l'entrée du sol à la propriété collective, dans les conditions susdites, n'anéantit point le paupérisme ; et, je ne suis qu'un sot : en trois lettres.

— « Que dis-jc? continue M. Barrot, vous auriez laissé suhsisfer cette ficliesse mobilière , qui u*élaDt pas , comme on le dit , au soleil , peut se

déplacer, «e cacher à volonté , et qui par cela même est sans respouabilité et trop souvent aussi sans moralité. »

— Et> Yoilà pourquoi ilest uécessaire : que, le propriétaire mobilier ait de la moralité, ce qui est impossible^ vis-à-Tis de la raison, quand la morale est une sottise : ce qui existe, nécessairement, sous le matérialisme. C'est, pour cela aussi que le propriétaire mobilier doit savoir : que, nulle part sa propriété n'est assurée contre les risques des révolutions ; si ce n'est : sous, la domination rationnelle.

'— « Vous auriez , continue M. Barrot , aggravé le paupérisme , car TOUS piaceriei le pauvre vis-à-vis d*un riche sur lequel il n*a aucune piise morale» »

— ^J'ai déjà dit et je répète : que, l'entrée du sol, à la propriété collective, anéantit le paupérisme. Ne quittons pas ce terrain-là. Si, par cette entrée , le paupérisme n'est point anéanti; et, s'il n'est pas nécessaire d'anéantir le paupérisme ; sous PEiiHE DE MORT SOCIALE ; jc uc suis qn'un sot. Encore une fois, mille fois ; un million de fois : ne quittons pas ce terrain-là.

— a Aussi, continue M. Barrot; et par une conséquence logique de leurs idées, ceux qui attaquent la propriété foncière individuelle sont-ils conduits par un à fortiori à détruire aussi la propriété mobilière individuelle, et à déclarer la guerre à cet abominable capital qui^ dit-on, fait le malheur et assure Tasservisscment du prolétaire et du travailleur. »

— J'ai prouvé, Monsieur : que, la domination, du capital, constitue l'exploitation des masses ; et, que cette exploitation est devenue incompatible, avec l'existence de l'ordre. Prouvez : que, j'ai mal prouvé; et, je me rends immédiatement.

— « Voua n*adop(ez pas^ je le sais, continue M. Barrot , cette logiqae

extrême et absarde ; tous voules' bien reconnaître qne le capital représente le trarail accumulé da passé ; vous ne Toalei pas en dépouiller violemment celui qni Ta gagné par son industrie, ses sueurs et ses privations , ou par lê travail de ses pères ; tous sentes que si vous le tentiez, TOUS détruiriez du même coup , et la famille et le mobile du travail , et qu^il ne vous resterait qu'à vous ranger à cette ridicule utopie de M. Louis Blanc , qui ^ pour suppléer à ce mobile du travail « proposait de mettre dans les ateliers un écriteau qui devait suffire, selon lui, i stimuler l'bomme laborieux et à faire justice du paresseux. »

— Jeprie : M. Barrot^ de ne pas s'éloigner du but. Le paupérismedoU'il être anéanti : sous peiiïe de mort sociale? Le paupérisme, peut-il être anéanti, autrement : que, par Ventrée du sol à la propriété collective? Prouvez: que, ces deux propositions ne sont point absolument vraies ; tout le reste s'évanouit. Accordez, qu'elles sont vraies ; et, toutes les objections s'évanouissent.

— ^ a Non, continue M. Barrot , je le reconnais , vous avez reculé devant de telles absurdités ! Mais vous n^en essayez pas moins de diminuer cette fortune mobilière privée pour enrichir la société collective an moyen d'un impôt qui, à chaque mutatiou^ ferait passer le qnart^ 25 pour cent, de ce capital dans le trésor collectif; et comme le premier effet de cet impôt serait de faire passer toute cette fortune mobilière dans les pays étrangers, pour se soustraire à un prélèvement aussi exorbitant,... »

— ^Voyons, Monsieur; quittons, pour Un instant, le terrain : de la nécessité d'anéantir le paupérisme ; et, de la seule possibilité de l'anéantir autrement : que, par l'entrée du sol à la propriété collective.

D'abord, l'impôt de 25 pour cent n'existe : que, pour lu transmission par testament ; et si, ceux qui béritent, par testament, payent 25 pour cent ; ils ont part dans les 25 pour cent de tous ceux qui les payent. Voilà, pour la question théorique.

Ensuite, vous dites : qu'un propriétaire mobilier, pour éviter que son légataire paye 25 pour cent : ou, émigrera ^ ou, enverra ses fonds à l'étranger, pour les faire valoir.

Émigrer ! d'an pays où les révolutions sont anéanties ; pour aller se fixer dans un pays, où^ tous les jours, la tète et la bourse sont en danger ! Vous n*y pensez pas, Monsieur. Il enverra ses fonds à Tétranger, dites-vous. Tant mieux. Monsieur, pour la société. Son capital, fera travailler des esclaves étrangers ; et, le produit des esclaves entrera ea Trance. La France serait-elle esclave : si, le capital de la dette appartenait : àdes propriétaires étrangers? Soyez tranquille, Tépoque arrive : où, rien , chez une nationalité, ne pourra appartenir à un étranger. La féodalité financière aime le cosmopolitisme, sous la domination des écus ; cosmopolitisme, conservant les nationalités, bases de rexploitalion des masses. Mais, Tanarcliie est là, pour empêcher : ce cosmopolitisme de la barbarie.

—*«... vous êtes conduit, continue M. Barrot, à subordonner la pos* sibilîié (le la réalisation de votre idée à cette condition, qui n'est ni ixrocbaioe ni facile, de Tabolitioa de toutes les oatloualités, et de la fuâoa <]e tous les peuples en un seul. >»

— Si, j'avais subordonné : l'entrée du sol à la propriété collective, à rabolition des nationalités ; j*aurais été un grand sot. Et, ce passage, encore, a été écrit en trop grande hâte. J'ai, seulement, subordonné l'entrée du sol à la propriété collective; à la démonstration rationnellement incontestable : de la réalité du droit.

— « Mais admettons, continue M Barrot, même que cette vtopie pût pisser dans le domaine des idées possibles; ...»

^- Je vais replacer M. Barrot, sur le terrain de la nécessité. Est-il, désormais, nécessaire, oui ou non; que, les nationalités sment anéanties : souspecnb dc mort socialb? Si, cette nécessité absolue et prochaine n*existe pas; Tanéantissemeat, des nationalités, est une utopie. Ne quittons jt-

SCIBMCB SOCIÀLB. 427

mais, je le répéterai mille fois, le terrain de la nécessité. C'est le seul, sur lequel : la question, d'ordre social, doive se placer.

— « ...aariei-Tous pour cela, continue M. Barrot, détruit l^obstacle que la réalisation de Totre idée trouverait dans les intérêts ou les passions des hommes? »

— Ces passions, Monsieur ; dès, que la réalité du droit est démontrée, sont dominées : par la raison, au moyen de l'édacation et de rinstruetion. Quant aux intérêts, chacun sait, alors, qu'il est au mieux possible : et, des circonstances; et, de la justice éternelle.

— « Groyes-toQs, continue M. Barrot, que nos gonvemements , armés

qu^i&s sont de tribmiaux, de gendarmes , de prisons dont tous ne Tonles plus pour le v^tre, ne seraieut pas fort tentés d'imposer eux aussi la fortune mobilière? 9

— Ici, encore, M. Barrot ne m'a pas lu : avec assez d'attention. Il aurait vu : que, la fortune mobilière est imposée. Et, pourquoi, s'il vous plait, ne le serait-elle pas? Je prie, M. Odilon Barrot, de relire la théorie générale de] llmpôt.

•» « lit le contentent en général , continue M. Barrot , de droits de mutation fort modérés sur ces valeurs insaisissables ; ... »

— Fort modérés!... Le budget tout entier pèse sur la fortune mobilière directement : puisque, le sol est soumis au capital; et indirecUmenty sur le travail. Je prie, H. Barrot, de relire les théories générales.

Quand, le sol est aliéné; Timpôt, oui ou non, pèse-t-il tout entier sur le travail? Yoilà, ce à quoi il faut répondre.

— c ... et, tout modérés que sont ces droits , continue M. Barrot, ils ne pestent qa*àlre incomplètement perças, parce que le propre du pilai mohilitf est d*écbapper à tonte mainmise. »

428 sciEircB sociale.

— ^Ouiy sons la domination du capital ; et, cela doit être. Mais, la domination du capital est-elle, actuellement^ compatible avec l'existence de Tordre ? Ne quittons pas le terrain : de la nécessité sociale. C'est, je le répète, excIasiTcment sur ce terrain : que, l'ordre peut exister et persister.

— « Âttendez-Tous , continue M. Barrof, qui, comme tous les qui se sentent sur un terrain faible , aiment d'autant plus à répéter une proposition qu'elle a moin* de valeur, attendei-Tous, di(-i1, à moins que ¥0U8 n*ayei préalablement changé l'humanité, à ce que, pour échapper à Totre prélèvement de 29 pour cent, Tesprit humain déplo\js tout ce qa^l a de ressources. »

— Si, la raison ne prouve point : que, ce qu*il y a de plus raisonnable, de plus spirituel, est le payement des 25 pour cent, et plus peutrêtre; c'est, que cet impôt est absolament mauvais. Alors, que M. Barrot prouve : qu'il sera raisonnable, spirituel, de ne pas le payer ; et, nous aurons abso^ lument tort.

— « Les Juifs, continue M. Barrot^ ont bien inventé la lettre de change pour échapper aux avanies périodiques des gouvernements persécuteurs. »

— Oui, pour échapper au despotisme. Et, aujourd'hui, les rationalistes feront usage, des lettres de change, pour transporter leurs propriétés, dans un pays ; où, ils n'auront rien à craindre : ni, du despotisme ; ni, de l'anarchie.

-*-i « Soyez assuré, continue M. Barrot, que pour recouvrer votre impôt, vous serez obligé d^emprisonner plus de récalcitrants et de frandean que notre vieille société n'en renferme pour crimes ou délits communs* »

— Quand, un ancien président du conseil ; un homme, aussi instruit que M. Odilon Barrot, n'a d'objection, contre une organisation de propriété tout entière, qu'une semblable futilité ; c'est, que cette organisation a déjà jeté de

SCIEMGB SOCIALE. 429

profondes racines, dans l'esprit de celui qui s*efiforce, en Tain, de lui résister.

— « Il est vrai, conlinue M. Barrot, que vous les appellerez des fous et non des prévenus; que la prison sera un cabanon. «

— Quand, il n'y a point de sanction religieuse ; les pré- Tenus ne sont point des fous ; mais, des Infortunés que la diance a trompés. S'ils avaient pu cacher : leurs assassinats et leurs vols ; ils auraient été : des gens du plus haut mérite. Quand, la sanction religieuse est scientifiquement démontrée, les assassins sont des fous; dont, il faut avoir pitié. N'est-ce rien : que, cette différence ?

— « Qu'importe, continue M^ Barrot, la différence des mots? »

— A cet égard, je m^n rapporte : à M. Barrot lui-même.

— « Vous êtes y ajoute M. Barrot , un homme trop sérieux pour vous en contenter. »

—Je remercie M. Barrot : de la bonne opinion qu'il a de moi. J'ai la même opinion de lui.

— « Il y a , Dieu merci ! dit M. Barrot , une limite à la puissance des lois lorsqu'elles veulent agir sur Tindividu , sur ses facultés , sur son capital. »

— C'est vrai, pour les lois basées sur la force. Mais, les lois, basées sur la raison, n'ont de limites : que, la folie de ceux sur lesquels elles agissent.

— « Au delà de cette limite, continue M. Barrot, et quelque héroïques, quelque exorbitants que soient les moyens quelles emploient, elles ne peuvent que reconnaître et constater leur impuissance. »

430 SCIEHCfc SOCIALE.

— O'est vrai : snrtont, lorsque , comme i piésait , là force ne peut plus être : transformée en droit.

— «Je dis Dîen merci ! ajoute M. Bairot, car c'est là la plas séfieue garantie de la liberté hamoine contre le despotisme des m» et contre k«

extravagances des autres. »

— Garantie contre le despotisme, soit d'an seul, soit de plusieurs, c*est ^rai. Mais, du moment : que, lepouYOÎr des lois de la force, n'est plus illimité ; ranarcbie, existe nécessairement : jusqu'à ce que, le pouvoir, des lois de h raison, soit lui-même : illimité.

— 0 Je n*ai pas bien compris dans Totre onyrage, dit M. Odilofi Barrot, comment, laisMnt le capital mobilier à la propriété indiTidoelle , Touf pourriei maintenir la propriété foncière à Tétalde propriété collective. »

— Dès, que M. Barrot ne m'a pas compris; c'est, certainement ma faute. Je vais : m'excuser d'abord; je m'accuserai ensuite; et je me corrigerai enfin.

A la page 238 du second volume de Qn^est-^e la science sùdaie? j'ai dit, au nom de la loi :

— > « Déclaration que le sol^ une fois entré à la propriété coUective ,

est IMÀUXKABLI. »

— Voilà, comment : laissant, le capital mobilier à la propriété individuelle; la propriété foncière, peut être maintenae à l'état : de propriété collective.

Je continue à m'excuser.

A la page 302 du premier Tolume, j'ai dit :

— c St les hanx doivent être aussi longs que possibU^ pour U^us grand bien de tous et de chacun ; le fermage, au contraire , pour le plus grand bien de tous et de chacun, doit être aussi haitt que possible. »

— Je croyais : que, Texpression aussi haut que possible, signifiait suffisamment : que, les exploitations, rurales et AUTRES, devaient être affermées : au plusoffraivt et dernier enchérisseur.

Et, vous verrez plus loin : que, M. Barrot Ta parfaitement compris.

De plus, l'ouvrage tout entier explique : que, sous la société nouvelle, toute dette envers l'État est exclusivement personnelle; et que, par conséquent, toute location, par l'État, est exclusivement personnelle : rendant illégale ; toute sous-location.

Maintenant, je vais m'accuser.

A la page 314 du second volume ut supra^ j'ai dit :

— « La division en grandes et petites cultures , en grandes et petite» exploitations rurales , selon que les localités sont plus ou moins propres aui manufactures, selon la population, selon toutes tes circonstances possibles enfin, assure à chacun la possibilité de vivre en famille isolée ou en familles associées , selon les goûts ; rorganisatîou sociale protégeant également : et, les exploitations par une seule famille ; et, les exploitations par lamilles associées, d

— Ce passage me parait irréprochable. Si, je le donne ici ; c'est, pour faciliter la conclusion de ce qui va suivre, à la page 315*

— « Les baux étant toujours & vie, pour les exploitations par une seule famille; et, de trente années, pour les exploitations parfamilles associées ; sont néanmoins résiliables, du côté des individus, pour des causes délerminées d'utilité particulière. Car, Tintérét public et les intérêts particuliers, étant alors nécessairement identiques ; c*est, toujours rintérét raisonnable des particuliers, qui doit être : consulté et préféré. »

-^ Eh bien! j'aurais dû dire :

«- « Les baux : étant toujours à tie^ et pnsomtKLS, pour, etc. »

— Alors Tillégalité de sous-location aurait été suffisam-

432 SGIBNCB SOCULE.

meut indiquée. Je pourrais m'excuser, en disant : qu'à la suite, de ce paragraphe, on troui^e :

— « Voilà cette plus-value, impossible à organiser selon M. Proudhon, qui se trouve organisée, sans qu*on y touche. Le sol , et ce qui s*y rapporte, est évalué au commencement et à la fin du bail. S*il y a plsivalue, rËtat paye. S'il y a moins-value, l'héritage paye. Et, si rkêritâce n*a ripn, TËtal perd. Car, alors, le crédit n'est que personnel ; le créât* héréditaire se trouvant anéanti. »

— Mais, au lieu de m'excuser , je préfère me corriger. A la même page, vous trouvez :

— « Les exploitations^ rurales et autres, étant toujours louées 9iee* tout le mobilier qui leur est nécessaire ; chaque individu, sortant majeur des mains de la société collective, trouve toujours à s'établir immédiatement, etc. ï>

— J'aurais dû dire :

— « Les exploitations rurales et autres, étant toujours louées au plus

OFFRANT ET DERNIER ENCHERISSEUR, elC. »

— Alors, j'aurais évité les reproches de M. Odilon Barrot.

Je ne puis dire, du reste, combien je suis reconnaissant, envers M. Barrot, des observations qu'il veut bien m'adresser : sur l'exploitation agricole de la propriété collective du sol. Beaucoup de personnes, très-bienveillantes pour moi et pour le socialisme rationnel, m'ont dit : Nous attendons votre volume suivant pour savoir : comment se trouvera organisée Vexploitation du sol.

Je leur ai toujours répondu :

Que voulez- vous que je vous dise de plus? Le nombre et la grandeur, des exploitations agricoles, sont déterminés selon les localités. Les exploitations sont louées au plus offrant. Puis, je leur répétais : ce, qui se trouve aussi à la page 315 :

— « Est-ce clair? C'est, peut-être, trop simple poar éfw coftpris. Que Tooiez-Yous que j'y fasse? »

— La preaye : que^ c'est clair comme dé l'eau déroche; c'est, que M. Barrot n'a trouiré d'obserifation , que sur un défaut de lucidité ; qui, je l'espère, est maintenant : suffisamment réparé.

Maintenant, je vais recommencer la phrase de M. Odilon Barrot :

<— a Je n*ai pas bien compris, dans votre ouvrage, comment, laissant le capital mobilier à la propriété individuelle y tous pouviez maintenir la propriété foncière à Tétat de propriété collective. J*ai déjà indiqué que TOUS n*y aTiez pas intérêt , puisque c'est précisément la richesse foncière et territoriale qui est la plus morale, parce qu'elle est la seule responsable moralement. »

— J'aTOue aussi : que, je ne comprends pas : comment, la richesse, la matière, peut être responsable, moralement. ÂTant, de parler de morale, pour la richesse : il faudrait savoir : si, la morale, même pour les possesseurs de la richesse, n'est pas une expression vide de sens. Tant, que la force peut être transformée en droit ; les possesseurs de richesse sont responsables, vis-à-vis de cette force ; qui, déclare morale : la conformité à ce droit. Quand, l'examen a détruit cette transformation ; et, que la réalité du droit est ignorée : ce qui est fort, est moral ; ce qui est faible, est

IBflMORAL.

— « Mais, continue M. Barrot, indépendamment de cette considération, est-ce que les propriétés que vous afTermeriez ne le seront pas nécessairement et de préférence aux possesseurs de capitaux qui auront plus de moyens de les eiploiter utilement? »

-^ Non, Monsieur. Parce que : T les terres ne sont affermées qu'à ceux qui les cultivent ;

AU SGIEIfOB .«oia*LK.

S"" Ety'dès^pie les sakuupessoiit au plus hant fMMBÎUe; ci, même les capitalistes étaient autorisés à en louer pour fes faire cultiver; ils se seraient bientôt ruinés, au profit dfê salariés. Tout ceci : a défà été indiqué, dans lesibéories générales; et, setPouYe dévelcqppé : au troisième volume.

— « Ceut-ci^ continue M. Barrot, les loueront à des petits aadlÎTmlsiiR qui n*auroat que leurs bras. »

— M. Odilon Barrot part toujours de l'hypothèse : que, le paij^périsme n'est point anéanti. Dès, que le ciypital cesse de dominer ; dès, que ile travail «domine ; chacun est riche : de sa part, dans la totalité de lïm^truction ; de sa part, dans la totalité du sol ; et, dans la presque to^Iité des capitaux formés, par les générations passées ; de sa dot sociale ; du cvédit social ; et de la protection sociale. Alors, ce ne sont plus les travailleurs, qui vont offrir leurs bras aux capitalistes; mais bien, les capitalistes qui vont offrir leurs capitaux, anx travailleurs; en les priant: de les faire valoir. Voyez, ce gui se passe : aux États-Unis !

— « Ainsi , continue H. Barrot , le capitdUte Tetinmi toiyours ies profits du travailleur. Les intermédiaires se seront nnultipliés, voilà tout. Et la condition du travailleur, comme en Irlande, nen sera que plus misérable ; car il n*aara pas affaiiie au propriétarre auquel milte Ktos çmpathiqiies fe relieront, mats à un apéculateiir cpii tivera de ces «mms, tant qu'il aéra valide , tout ce qu il eç paurea tirer , et rabandonnera ensuite^ lorsqu^îl sera vieux et infirme , à la misère de votre charité légale. »

— Je prie M. Odilon 'Barrot : d'aller fanre un voyage d'observation, aux États-Unis d'Amérique; où,le travaîldomine : parce que, le sol n'y îegt,poiat<fi«oaretcmaplétanimt aliéné. Tl verra : si, les capitalistes y spéculent, pour faire fl|jalliver4e8 4eiirea; et, 8Lle<oapitaly«xplMl£jB'tKav«iL-Et, encore, queUe différence :'eBlxe^ le régîmedesiÉtata-Ikûfiy^

SQIBNŒ SOCIALE. 436 '

<)eloi : où, le trayail domine complètement le capital ! loi, la famille est débarrassée du soin des enfants ; tous, je le répète, reçoivent Téducation, Tinstruction, etc., etc., jusqu'à leur entrée dans la yie sociale ; en y entrant, tous sont dotés, d'une dot, qui augmente comme la richesse ; les salaires y sont au maximum des circonstances ; et, Tinter et des capitaux au minimum ; la consommation s'y trouve au maxi* mum, ainsi que la production ; plus de révolutions ; plus.de guerres; et, faut-il dire, plus de procès ; assurance mutuelle, contre le malheur; et, horreur universelle, de la charité légale. H. Barrot est encore imbu de la maxime de M. Thiers : ilesî impomble d'anéantir le paupérisme. Quand, M. Barrot aura lu ma réfutation de M. Thiers; et, ce que j'ai écrit sur la répartition des richesses ; >la bonne foi et le talent de M. ffiarrot me sont garants : qu'il abandonnera une école, qui conduit inévitablement à l'anarchie, en présence del'ineompressibilité de Texamen.

-T- « GeriKultat, continue H. Barrot, est si fort en opposition aTOC vos TUM,.qu'ep vérité je «raixis de m'être trompé et d'avoir mal lu, et cepon* dant il est bien certain que vous ne fuites pas entrer la propriété foociçre dans la propriété collective , pour l'y laisser en friche , ou pour la faire cultiver en régie par TEtat lui-même. »

— Ce passage est^rexpression de la bonne foi de M. Biffrot. Effectivement, M. Barrot a mal lu ; et moi, je ne me suis point expliqué avec assez de clarté. Du reste, si j ai tovt, c'est ma faute; et, si M. Ikirrot a mal lu, ce n'est point sa faute : les préjugés d'enfance aveuglent; et, si quelqu'un est capable de s'en débarrasser, j'aime à croise que oesera M. Barrot. Je prie en grâce M. Barrot de relire mes deux premiers volumes , avant de lire les deux derniers; et, il sera étonné :, du jugement, qu'il aura porté pvématunément.

— « Vous admettez , continue M. Barrot, que la propriété sera affer»

mée même pour la vie du fermier, et alors tous faites tomber înéTÎtablement Texploitalion de celte propriété daus les mains des capitalistes,. .« s

— J'espère : que, maintenant que je me sais corrigé, H. Barrot me comprendra mieux. En outre , je le prie d'observer : que, sous la domination du travail , Tintérét du capital est au minimum possible des circonstances; et, le prix dusalaircy au maximum possible des mêmes circonstances ; contrairement, à ce qui existe sous la domination ' du capital; où, le prix du salaire est toujours au minimum possible ; et, l'intérêt du capital au maximum possible. Sous, la domination du travail : la consommation; et, par suite, la production, sont au maximum possible des circonstances ; tandis, que sous la domination du capital ; la consommation ; et, par suite la production; sont au minimum possible des mêmes circonstances. Je me répète : parce que, H. Odilou Barrot répète : son unique objection. Et, je dois me répéter : car, si M. Odilon Barrot, bomme de talent et de bonne foi^ ne m'a point compris à une première lecture ; je dois en conclure : que, beaucoup d'autres lecteurs sont dans le cas : de M. Barrot.

— « ... soit, continue M. Barrot, que tous Tadjogies au plus offiikt, soit même que vous choisissiez selon les capacités présumées ; ce qui , dans ce dernier cas, vous fait tomber dans ]e système du père Enfantin, dont TOUS êtes le premier à combattre Tabsurdité. »

^ — M. Barrot sait parfaitement : que, je n'ai nulle tendance vers la papauté saint-simonienne ; ni, vers aucune papauté quelconque. Mais, je le prie d'observer : que MM; Enfantin et Comte sont des hommes d'un immense talent ; et que, si tous les deux ont proposé des systèmes absurdes; c'est, uniquement :pour sortir, d'un système devenu absurde ; en présence de l'incompressibilité de l'examen ; parce qu'il conduisait inévitablement : à la mort sociale.

SCIENCE SOGULE. 437

-* « Vous Yojez, continue M. Barrot, que votre grande et fondamentale idée, rentrée de la propriété foncière dans la propriété coUecUve, pourrait bien yods conduire à des résultats tout opposés à ceux que tous promettiez au traTailleur ou au prolétaire , et que tous pourriez bien par là empirer sa condition an lieu de Taméliorer. m

— Je vois si peu cela; que, je vois précisément le con* traire ; et, à cet égard, j'en appelle : de M. Barrot, voyant par les yeux du préjugé; à M. Barrot, voyant par luimême.

— CI Mais, ajoute M. Barrot, ce n*est pas tout; j> veux vous concéder qu*eo généralisant ainsi la propriété, ou plutôt en la supprimant^... n

— En la supprimant ! Ah ! Monsieur ! je vous prie en grâce : de vouloir bien me relire.

— «...vous aurez, continue M. Barrot, supprimé une partie des Cluses de conflit et de procès entre les hommes. »

— Merci, Monsieur ! je prends acte.

— « Mais, continue M. Barrot, combien elle est faible dans la généralité des causes qui provoquent les crimes ou délits , et qui excitent let passions humaines !

« N*est-ce pas la propriété mobilière qui excite le plus la convoitise et ^ui alimente le vol? Or, vous ne la supprimez pas. »

— Je prends acte encore une fois, Monsieur ! Tout à l'heure, vous disiez que je supprimais la propriété. J*aimeà croire : que, c'est une ellipse; et, que vous avez voulu dire : que, je supprimais la propriété foncière individuelle. Mais, supprimer la propriété foncière individuelle; n'est point supprimer : la propriété foncière. La propriété foncière collective est propriété, comme la propriété foncière individuelle. Seulement, cette dernière est l'expression du mono pôle, du privilège ; et, la propriété foncière eoUective est

438 SOIENCK SOCIALE.

Fexpr<?s8ion : Bon point du despotisme; ilon poiat de Tanarchie; mais bien : de la liberté sociale réelle.

-— « Et, oa outre, continue M.Barrol, les fenaities^ ler passions qa'elies excitent, lei supprimez-vous aussi dans votre système? »

— Les passions, Monsieur, sont rexpi*es8ioQ de Torga-^ nisme; et, Tune des essences-de toute humanité possible. Un bomme, sans passion, ne serait pas même un chien; ce serait une bûche. Je ne veux : ni, extirper les passions; ni, les rendre dominatrices de la raison. Je veux^ au contraire : que^ la raison domine les passions. Et, pour cela, il faut, premièrement, prouver : que, la raison existe; que tout, cliez Thonime, n>st point passion ; et> secondement, prouver : qu'il y a une raison et une bonne raison, basée sur la science et non plus sur une /bi, pour dominer ses passions. Or, pour cela, il faut; qu'anthropomorphisme et panthéisme soient anéantis. Malheureusement, vous subissez encore: Fun et l'autre joug. Allons! Monsieur, du courage ! Vous êtes digne de les briser.

— a Non, continue M. Barrol^ cor vous avez du moins le bon sens de Maintenir le niaringc avec toute sa sainteté; tous consei-vcz donc tout ce que cette lutte perpétuelle entre la passion et le devoitr, dans ce qu'H a de plus strict, de plus conventionnel, de plus forcc^ si je puis m*ezpniner ainsi, emporte avec elle de désordre et de perturbation, b

— La lutte, entre la passion et le devoir ^ n'emporte, arec elle, de désordre et de perturbation : que, lorsque le devoir reste indéterminé; et, qu'il n'est basé : que, sur une sanction religieuse hypothétique ; toujours faible, en présence de l'examen individuel. Mais, quand la sanction religieuse est sciontifiqtK3ment établ4*e; et, soeialemeut vn)* garisée ^ le devoir se trouve, infvmcdiatement, vaincfaeivr sQ^alemisnt ; et, Tarnf|[uetir, domestiqoement : partout, où la folie n'exi«te pas^.

SCRNCE S0C1.4LH. #39

— « Enfio , vJ6«tb W. 9ftrrAt, il est une sntre esme oà les psfltions de r ho m me trouveront une source inépuisable d'alimeiits et aie Tioteiiles excitation?, c^est le pouvoir et la domination. »

— te pouvoir, Monsieur , est une source incpuisabte : d'aliments des passions ; et, de violentes excitations ; tant, qu'il est reîatif à fa force ;*et, doit se trouver ainsi personnifié. Mais, du moment que le pouvoir réel est démontré r être impersonnel ; être l'éternel le justice ; dès, que tous s'en reconnaissent les sujets; au lieu, de vouloir être des souverains ; le pouvoir, loin d'être une source de despotisme et d*auarchie, devient une source : d'ordre, et de bonheur.

— « il sera grand, continue M. Barrot, et bien digne d^exciler les passions de Torgueil et de l'ambition, ce pouvoir que vous créez dans votre nouvelle société ; car vous Tenricbissez, vous le grossissez de tout ce f[ne v«09 erifevn au droit îacKvidiiel. »

— D'abord , Monsieur, je ne crée pas de pouvoir. Je ^•eux démontrer : que, le pouvoir réel, Tautorité réelle existe; et que cette existence est impersonnelle. Quant à la puissance, relative à la personnechargee.de faire exécuter tes lois du pouvoir réel ; cette puissance est si loin d'hêtre exoi> bitante : que, le comte de Surviltiers, alors prétendant, et dont j'étais le représentant intellectuel, refusait d'accepter les conditions du pouvoir; comme, je les avais formulées. Et, personne mieux que vous, Monsieur, ne le sait : car, à cette époque, j'avais l'honneur de fréquenter vos salons ; et, je me souviens, avec reconnaissance, de la bienveillance qne vous aviez pour moi .

Quant au droit individuel , il ne peot dériver : que , de la force ; ou, que delà raison. Quand, il dérive de la foree^ il est à exécrer; quand, il dértve de la raison : chacun j<mR de ee droit, an maximiÊm pfmibte; quand, la raison est i tronisée.

— a Vous en faites, continue M. Barrot, le dittriboteur de la ricbeM, de» avantages de la propriété. »

— Je suis heureux de cette observation que me tait H. Barrot. Elle me prouve : que, probablement, je ne me suis pas expliqué avec assez de clarté. Si, M. Barrot me fait rhonneur de lire ce que, dans mon troisième volame, toujours du même ouvrage, j'écris sur la distribution des richesses; il verra, clairement : que rien n'est plus opposé,

au règne rationnel, qu'un distributeur personnel : des richesses.

— « Celui qui en sera investi , continue M. Barrot , sera tout à la fois pape et roi. »

— ^Je suppose : que, par les expressionspape et rot; M. Baiv rot comprend : souverain au spirituel ; et, souveraia an temporel. Gomment, M. Barrot veut-il : qu'il y ait des souverains, au spirituel et au temporel, toujours personnels par essence; quand le souverain , impersonnel par essence, est : réternellejustice; l'éternelle raison? C'est, au contraire, M. Barrot qui veut rendre chaque individu pape et rot; en prétendant les émanciper : du droit commun ; du droit social. Ici, M. Barrot, bien certainement sans le savoir, est de l'école de M. P. Leroux ; et^ aussi, de l'école de M. de Girardin.

— tt II commandera, dit M. Barrot^ aux intérêts et aux consciences. »

— Gomment, M, Barrot veut-il : qu'un individu puisse commander aux intérêts et aux consciences : quand, la conscience de chacun sait qu'il est de son intérêt : d'obéir à l'éternelle justice, à l'éternelle raison; dont, les lois éternelles sont scientifiquement formulées ; et, socialement établies ?

— « Unitaire ou eoUectif^ collectif Mirlout, i! n'en sera que plus avtdément recherché. »

— M. Odilon Barrot, comme son époque , ne conçoit de souveraineté : que, celle de droit divin, et, celle des majorités ; toujours nécessairement personnifiées : chez un ; ou, chez plusieurs. La première a pour résultat : le despotisme; et, la : seconde. TanarcbicL N'est-il pas temps de sortir de ce cercle vicieux ; qui, en présence de rincompressibilité de Vexamen, coudait : à la mort sociale?

*- « Quel moyen aTez-^ous , continue M. Barrot , de supprimer les luttes d'orgueil et d^trabilion dans une telle société? »

— M. Odilon Barrot a dû remarquer, dans mon travail, la déclaration : que, rentrée du spl .à la propriété collective, en dehors de la connaissance sociale de la réalité du droit, serait éminemment anarchique, même en supprimant le paupérisme. Eh bien ! le moyen de supprimer les luttes d'orgueil et d ambition, chez ceux qui ne sont pas fous; c'est, de les rendre sujets volontaires : de réternelle justice, de réternelle raison. Alors, chacun sait : que, le plus heureux est celui qui obéit le mieux; que, commander est du dévouement ; et, qu'obéir est du bonheur.

— c Toute propriété, dit H. Barrot, est abandonnée par le moine qui «^Qlre dans un couvent; y abdique- t-il peur cela la passion du poufoir et àe la domination? »

Test, que dans un couvent^ Monsieur : il n'y a qu'un propriétaire; et, que chacun cherche à devenir : le propriétaire unique. Sous le règne rationnel, au contraire ; tous, sont propriétaires, et propriétaires inviolables : des fruits du travail des générations passées ; et, des fruits de leur propre travail. Concevez-vous : comment, cette inviolabilité assure la paix : entre tous?

442 sciBNCE seciiAB.

•^ « Bt cette société, continue ff. Barrot, qne viouf tous, me^enn le» socialistes, yous organisez plus ou moins à Tinstar des couTents , croj^ni réaliser en cela le dernier perfectionnement liumain , alors que ▼ous se faites que retourner à Tenfance des sociétés, à la barbarie, ions la» en proie à toutes l'es agitations, à toutes les passions humaines. »

— M. Barrot vieut de voir : q^u'au sein de la société tionnelle, tous sont propriétaireg iuviolables ; et , ipi'au sein des couvents, ilnf'y a qu'an seul propriétaire; q^aè, la société rationnelle est le dernier perfectionnement possible de rhumanité ; puisque, la société est alors basée sur la yérite; et, que vouloir sortir de la vérité, serait entrer dans Terreur; que, toute autre société quela^ociété rationoeUe; ne peut être que barbarie; et, qu'au sein de la société rationnelle, ces agitations et ces^ passions &y soaA esclaves .

-*• « Vous ne Uii aurei enlevé, continue M. Bairei, 91a ce qai

peut contrebalancer ou ennoblir les passions, la liberté et rindiTÎdaalilé de rhointnc. »

— La liberté r sous la souveraineté du droit divin ou sous la souveraineté des majorités? Oui, la Rberté d'écraser le faible; et, Tobligalion de se soumettre à la force. L'individualité de rhomme, sous l'anthropomorphisme ou sous le panthéisme? Oui, Findividualité phénoménale, apparente vis-à-vis delà sottise; mais, réelle vis-à-vis de la raison ? jamais !

Ici, et sans le vouloir , bien certainemefit ; M. Barrot forme faisceau avec : MM. Proudhon ; et de Girardia.

— « Diett*^ » dit M. BeTPot, . . .

— Et entre parenthèses, il ajoute :

— tf . . , per sonne f ovL impersonneT, comme rous^oudrei, la dlstinetîoii m*iraporle peu, et je ne la comprend» pas fewra. v

aciumsB S9CIA3.C. 443

— ^J'en étais oeptam« Ap ^9^ anwir In mon' iiKiHxkictiou ; l\f- Barrot comprendra, parfaitement, ceWe dÎBtîhctfion. Il ^erra : qu'avec le Dieu personnel^ la liberté, Tiadividualité de f homme, sont des impossibilités, des absurdités-; et, (pa<^avec le Dieu imper somwlj la liberté, Tindi^ridu&lité de I*homrae, existent nécessairement. C'est, quelque peu important, me parait-il.

^- « Dieu, coifti&ue M. Barrot, a créé Tliomme . . * •

— M. Barrot, dans mon introduction, verra : que la raison et la création sont en opposition ; comme, l'être et le iiéaut.

— a ... créé l'homme, continue Bl. B&i*rot> atec des éléments qui sont de son essence et le constituent : la sociabilité et Tiiidividualité ;».. «

— Une individualité plus que phénoménale, dérivant d'une création, est me utopie. Quant à la sociabilité, là, où il n'y a point individualité réelle; c'est, une affaire d'instinct ; comme^ pour les castors et les fourmis.

— « ... il l'a fait, confmue M. Barrot^ tout à la fois sociMe et libre. »

— Faire libre est très-joli ! Allons ,. Itfon^eur ! brisez donc : ces langes d'anthropamorphisme ; qui, retieumat esclave : une belle intelligence !

— • « C'est, continue M. Barrot, avec cette double faculté qu'il Ta rois dans ce monde... et c'est à l'aide de cette double condition que l'humanité doit accomplir sa mission ici-bas. i>

— Pour aller où. Monsieur? Pour aller brftlcr étemellemfent; ou, jouer de la harpe éterneltement ; selon Tantliffopomorphisme révélé; ou, pour aller pourrir éternellement ; seknd. l'anthropomorphisme philosophique ?

44i SCIENCg 80GIALB.

— « Geit deax coadilions, continue M. Barrot, semblent contraires , et souvent se choquent ensemble, et cependant elles tendent au même but. »

— Ab! Monsieur, vous avez pris cela : aax antinomie de M.Proudhon. G'est^ une mauvaise école, je voiis en préviens !

— « Souvent, dit Mt Barrot, la liberté dispute ses sacrifices à la »>• eiabilité, et compromet celle-ci en lui refusant les concessions nécessaires ; d'autres fois c'est la sociabilité qui tend à absorber, à confisquer en quelque sorte Tindividualité et la liberté. »

— Tenez, Monsieur ! je vais expliquer votre pensée. L'ordre, c'est l'harmonie entre l'individualisme et le socialisme que, vous appelez : sociabilité.

— Gomment peut exister cette harmonie?

— Je vais vous le dire : .

En époque d'ignorance sociak, sur la réalité du droit; et, pour aussi longtemps, que l'examen peut être comprimé; cette harmonie existe : lorsque, le plus grand nombre possible est exploité, par le plus petit nombre possible.

£n époque d*ignorance sociale ; sur la réalité du droit, et, d'incompressibilité de l'examen ; cette harmonie est impossible.

En époque de connaissance, sur la réalité du droit ; cette harmonie existe : quand, personne n'est exploité. Et, alors, personne n'est exploité : quand, le sol est entré : à la propriété collective.

— «L'histoire des sociétés bumaines... »

^— Je vous préviens, Monsieur : que, cette expression est panthéiste. Seriez-vous aussi : de l'école de M. A. Comte?

— « ^histoire des sociétés bumaines, dit M. Barrot^ de leurs révolu-

SCIENCE SÔCfALB. 44S

tions violentes^ comme de lenrs progrès pacifiques, n'est qne rhistotre de cette lutté qui a ses vicissitudes , et qui durera autant qne l'hiunanité même. »

- Alors, et en présence de rincompressibilité de Texa- ; l'hnmanité, a peu de temps à vivre.

men;

— « Toute la science sociale, continue M. Barrot, consiste à trouver la meilleure concilialion entre ces deux éléments de l'homme , et non, comme nos docteurs modernes le font , en supprimant Tun ou Tautre, croyant par cela seul supprimer la lutte et fonder la paix absolue : ce qui wTesi autre chose que tenter de refaire l'œuvre de Dieu et entrer en latte contre la Providence. »

— Ici, je préviens M. Barrot : que, le voilà auteur d'un système, sur la science sociale ; et, par conséquent, aussi sociAiiiSTE : que, Saint-Simon, Fourier, P. Leroux, Proudhon, de Girardin, etc., etc. Ceci, étant dit par parenthèse, je continue :

D*abord, ceux qui veulent supprimer Tindividualisme; ce sont les antbropomorphistes et les panthéistes ; vis-à-vis desquels, quand ils commencent à raisonner, toute individualité réelle est absurde. Et, M. Odilon Barrot, jusqu'à présent (et j'ai la conscience que cela ne durera pas), appartient à ces deux sectes. Ensuite, comment distingue- t-on la bonne conciliation de la mauvaise? A coups de baïonnettes, sans doute. Est-ce là un moyen de conciliation bien pacifique? Ou bien, M. Barrot veut-il, comme M. de Girardin : que, Ton cesse de se battre ; et, que l'ontâcbe de s'arranger dans un club ?. Ce n'est pas le tout de dire : Déposez vos armes, bavardez ; pois, embrassez-vous et que cela finisse ! il faut aussi dire : comment, cela est possible.

— « S'il était permis, dit M. Odilon Barrot, de caractériser le progrès, très-lent, je le reconnais, des sociétés, je dirais que le progrès se remarque dans une plus grande extension donnée au droit individuel et dans

4M mmmm smii«^.

une r«diietioii pff^gveaiîve desfi^ovific^s qaeree àmi Itiiàia

— Bien, Monsieur ! Vous -voilà girardinistêy et, je ne tous en fais pas mon eompliraent. L'extension 'de droit individuel, en époque d'ignorance sur la réalité du droit ; oa, l'émancipation progressive des individus, du joug de la raison sociale; soit, basée sur une foi. commune ; soit^ Jhasée sur la «cience commune ; c'est : rEifPBR.

•^ « Cest Msez Toas dire, continue M. Barrot, que la distinclloa on même la modification à peu près absolue de la propriété ittdividii^e,^i est le but où tendent vos efforts , et ceux de presque tous tos confrèra< en socialisme, est bien loin d'être h mes yeux un progrés :... »

— Je reviendrai, cent fois, à mon point de départ :

Le paupérisme croit*il sur une ligne parallèle à la richesse ? C'est admis : par tous les économistes.

Ges deux progrès sont-ils compatibles avec l'existence de l'ordre, en présence de .l'incompressibilité de l'examen?

S'ils sont incompatibles : le paupérisme doit être anéanti.

L'entrée du sol à la propriété collective, après Tanéantissement de Tignorance sociale, sur la réalité du droit; anéantit-^Ue le paupérisme ?

Voilà, les termes, dans lesquels, il faudrait réduire la question. Sinon, nous pourrons parler des années; et, nous n'aurons pas fait faire un pas : à la question.

•—«... c'est, au coDiraire, continue M. Barrot, on de ces retows^a arrière qui rejetterait notre société presque à son point de départ, si jynais vos doctrines pouvaient se réaliser. »

— Ainâi : baser la société , sur la science; anéantir le paupériame, tant intellectuel ^0]^Dlatérie] ; «donner à.cbsi-

SClfiKGfi SOGMiE. 447

cim Jlassuranae .: .qtt'U<e0t.a)a mîattxipesâibley sooialement ; et que, quand il est mal, individuellement ; c'est, un résultat de justice; ce serait retourner en arrière ! Je le répète : y^Kk .appelle de M. £aefoty sous Tinfluence du préjugé; à M. BavFot, sons Finfluenoe de sa seule raison.

— «c II faai donc bien, continue M. Barrot, toute menacée qu'elle est par >Ies convoitises irréfléchies qui ImiMtent dam une société qui est Mhre jasqu*iau soioide,.. »

— Vous trouvez, Monsieur, qu'une société où, selon le prince desiéconomistes, tous les ans une partie de la jpoptilation meurt de besoin^ même au sein de la nation la plus prospère] où les épargnes des richesse font aux dépens des painves, est libre jusqu-au ssuioide! Alors, .Monsieur; je OPQÎns hien : qu'elle nluse^de eetteàiberté!

-— « ... i{ue, continue H. 'Barrot, la propriété indiTiduelIe, avec et malgré tous. les dangers qu'elle nous crée, soit énergiquement défendue par tout ce qui a intelligeace et moralité.^ par tout ce qui tient À la dignité humaine et au véritable progrès sociaL d

— Soyez tranquille, Monsieur ! il n'y al)esQin :.ni, d'énergie; ni, d'intelligence; ni, de moralité; ni, de dignité humaine; pour défendre la pi*opriéké individuelle ; eUeest aussi inviolable : que, Thumanité elle-même. Mais, ce qui n'est point inviolable; c'est, l'organisation actuelle de cette propriété. CelleMsi, dîsparaitra devant la uéoesAité «soeiftle, comme les brouillards devant le soleil. «En 1769, <)es 'uo-blés disaient aussi : qu'en attaquant l'organisation de la pr(y>riété, relative à la jnrimcgéniture ; on attaquaitJa j)ro* priété indradiiâlle. sBenaeiz*^, .Monsieur ! 'Yousiètœ digne : de reeoBuattre la vérité .

^ « Idlaeit^.cttitiiiHe M..Bin(4^ na.pttubisioD de foLUii&]^«i{oMfai

et bien entière. Elle m^a guidé dans toute ma tie publique, et confimiera à régler mes efforts, d

— J'en suis persuadé, Monsieur. Mais, de ce qu'on a été dans Terreur, ce n'est pas une raison pour y persister. C'en est une, au contraire, pour le reconnaître.

— a En TOUS répondant, Monsieur, avec cette sincérité, continue M. Bnrrot, et en entrant dans ces déyeloppements , j*ai entendu tous prouver au moins, Monsieur^ que si je suis aux antipodes de vos idées, je n'en rends pas moins justice à tos sentiments et à tos intentions. « Recevez Fassurance de ma considération distinguée.

« OniLOR Babbot.

*n Paris, février 1854. »

— ^Je renouvelle ici, à M. Odilon Barrot, l'expression de ma profonde reconnaissance : pour cette lettre, qu'il a bien Youlu m'adresser. Je le supplie, en grâce, de vouloir bien relire mes deux premiers volumes ; et, les deux que j'ai l'honneur de lui adresser. C'est : au nom de l'ordre; an nom de l'humanité; que je l'en prie. Je sais : que, si je parviens à le convaincre; 'ce ne sera point un vain amourpropre, qui l'empêchera d'en convenir. Encore une fois, je fais appel à sa conscience ; et, je suis persuadé : que je serai entendu.

Voici un P. S. à cette lettre.

— m p. s. Dans le cours de votre ouvrage, vous avet eu occasion de me citer i propos de la fameuse querelle qui s'est élevée, dans les premiers temps de la restauration, entre M. de la Mennais et moi, à Toccasion du caractère neutre de notre législation en matière de religion, neutralité qu'il lui plaisait de qualifier d^athéisme légal. Vous aves bien compris que la cour de cassation, ni les autres cours qui se sont conformées à la doctrine, ni moi, n'avions jamais entendu proclamer que la lot arborait et favorisait Tatbéisme , mais seulement qu'elle respectait la li- I^rté humaine dans tout ce qui touche aux croyances religieuses, et qu'elle séparait ainsi sou domaine du domaine purement spirituel. Mais tous êtes bien complètement dans rerreur, lorsque vous snpposeï que lorsque

j*aî concouru à notre expédition de Rome , j'ai changé d^opinion et de camp aYec M. de la Mennais, et suis devenu partisan deia confusion des deux poutoirs. Si vous aviex assisté aux débats qu*a provoqués cette expédition ou que vous eussiez pris la peine de les lire avec quelque attention, vous auriez vu que le principal argument que nous avons produit pour maintenir au pape son indépendance a été principalement puisé dans le grand intérêt qu'a toute la catholicité... »

— Est-ce qu'il y a une catholicité, Monsieur; où, il y a liberté de religion?

— € ,..qu*a toule la catholicité, continue M. Barrot , à ce que les deux pouvoirs restent séparés dans chaque État« Il est vrai que la condition de cette séparation, dans le m'onde catholique, est qu'ils soient réunis à Rome;... »

— Je répète, Monsieur : que, sous la liberté religieuse, il n'y a pas de monde catholique. Ensuite, pour réunir les deux pouvoirs, n'importe où, contre les convictions de ceux qui n'en veulent pas ; vous ne faites : qu'employer la force. Si, la force est un argument; vous avez raison. Puis, je ne vois nullement : pourquoi , la séparation des pouvoirs, dans chaque État, exige : que, ces pouvoirs soient réunis à Borne.

— « ...mais, continue M. Barrot, c'est là une nécessité qui a ses compensations pour Rome, et qui a d'ailleurs été la condition de la fondation et du maintien de l'État romain. Vous voyez donc hien que , bien loin de renoncer au principe de la séparation des deux pouvoirs, dans cette circonstance, je l'ai maintenue plus que jamais. »

— J'avoue : que, je ne le vois pas du tout Ce, dont je suis persuadé; c'est, que M. Barrot a été de bonne foi. Mais, qu'est-ce que cela prouve? Qu'en époque d'ignorance sociale ou d'opinions, ce qui est tout un, il est possible d'aller : tantôt à droite et tantôt à gauche; tout, en s'imaginant de marcher : toujours droit devant soi.

— « J'ajouterai même, continue M. Barrot, que là est pour moi Tm des grands intérêts sociaux de l'existence de la papauté. »

— J'ai la faiblesse de m^imaginer : qu'après, m'avoir la attentîTement ; M. Barrot ne croira plus autant, à l'utilité sociale de la papauté romaine.

Avant, de passer aux autres lettres, que l'on a bien voula m'adresser ; je vais répondre ici à qudques observations : que : des personnes bienveillantes ont bien voulu me foire verbalement. Je les ai d'abord priées de me les mettre par écrit, pour être insérées ici. C'est, sane doute, leur modestie qui les a empêchées d'accéder à ma demande. Je vais ks résumer et y répondre : dans le moindre espace possible.

V Votre budget de recelte ne sera point assez considérable, poui: subvenir à tant de dépenses ; et, le gouvernement succombera sous le faix ;

2® Votre budget de recette sera trop considérable ; et, le gouvernement en abusera ;

3^ Comment, sera organisé votre gouvernement ? disent les uns et les autres ;

4" Et la dette?

Avant, de dire un mot, sur chacune de ces observations, je réponds d'abord :

Que, j'écris des prolégomènes, pour constater l'existence de deux nécessités sociales :

La nécessité, de démontrer la réalité du droit ;

La nécessité, de faire entrer le s<^ à la profn^iéié edkctive ; après démonstration : de la réalité du droit.

Ces deux nécessités sociales sont-elles réelles : oui on non?

Si, Ton répond hou : il est inutile de Bie faire des ebeervations, sur tme organisation que je déclare absolaneiit mauvaise : dès, qu'elle n'est point absolument néceuaire.

Si, l'on me répond oui : alors, quand même je ne pourrais répondre aux observations; cela, n'influerât en rien

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sur reiûtence de ces nécessités ; et; ce qu'il y anratf de mîeiix à faire, dans ce cas, serait : de chercher, soi-même, à r&oadre ses propres objections. ^

L'exposition sommaire de la scieoee sociale, que je placerai à la fin de cette discussion contradictoire, prouvera r que, j'ai préru toutes les objections; et, qu'e&es seront résolues en leur lieu et place. Malheureusement, les enfents Toodraknt tout savoir : non-seulement sans rien apprendre; mais, encore sans oublier les erreurs qui leur arreoglent rintelligenee. A cet égard, j'avoue mon incapacité pour les instruire ; et, je les engage : à s'adresser à un professeur de mysticisme ; oo, à un professeur de tables tourmmles et parlantes. Alors, et en très-peu de leçons , ils pourront recevoir le baptême de la foi ; ils sauront tout : sans rien apprendre.

MasDlenant : et, pour ceux qui ne sost plus tout à fait enfants ; et, pour ceux qui sont dé}à entrés en époque de puériHlé sœide ; je vais écrire quelques mots, sur chaque oblerraftioii. Je ferai remarquer, néaumohis : que, vouloir parler de calcul diffifrentiel et intégral, à ceux qui ne counonseat pas aicore l'algarvBime ; et, s'imagiuent : que, le nec plu9 «lira, des mathématiques, est une règle de fausse poâtifHi; oe serait perdre un temps, qui peut être mieux empiété» Les enlants, qui n'ont pas encore de dents , doivent se eontenler r de munger de la bouffie.

Votre budget de recette ne sera point assez considérabïej pour subvenir à tant de dépenses; et, le gouvernement succombera sous le faix.

Le revena Éelud de la profriété fenei^ie est d'environ :

Loraquer ^bl demiaiâiun ér fiutsUigence est établie; ti consommation décuple, au moins :j[)uisquei selon M. MîeM

Chevalier ; et, selon une autorité plus illustre encore ; il y a, actuellement, \ingt-cinq millions de prolétaires agricoles ; sans compter : les prolétaires de Vindustrie.

Or, le revenu des terres augmente, comme la consommation, se subordonnant : la production.

Je pourrais vous dire : voilà, pour cette seule source, un budget de dix-sept milliards. Otez-en ce qu'il vous plaira.

Le revenu actuel, de la propriété mobilière, est au moins égal : au revenu de la propriété foncière ; H. Odilon Barrot me le fait observer : avec beaucoup de raison.

Lorsque, la domination de rintelligence est établie; la valeur de la propriété mobilière diminue de quelque peu, quant au capital ; mais, elle augmente proportiounellement : à Félévation du prix des salaires ; à l'élévation de la valeur des terres : quand le travail, la production et la consommation tendent, continuellement, vers leur maximum.

Mettez rimpôt sur cette propriété , à ce que vous voudrez; et, le montant de cet impôt : à ce qu'il vous plaira.

Ne décuplons point, d'abord , le revenu de la propriété mobilière; doublons-le seulement : après, dix années de domination intellectuelle. C'est, un revenu de 3,400 millions ; et, un capital de 113,333 millions à trois pour cent.

Au moyen de l'impôt sur les testaments, et presque tous les pères testeront; ce capital passe dans le tr&or public : en quatre générations ; en cent vingt années. C'est par an onze cent onze millions.

Et, les héritages ab intestat !

Et, les dons par testament !

Et, les prélèvements, après décès, pour dot sociale; et, pour avance de crédit ?

Maintenant, voyons les dépenses I

Plus d'armée à payer ; plus de dette à payer.

Car, l'armée, nécessaire pour l^epoque de TRASsmoif, gagne facilement ses dépenses. Quant à la dette , nous en parlerons.

Restent :

Les dépenses relatiyes, à Tédocation et à l'instniction ; Les dépenses relatives, à la dotation des individus ; Les dépenses relatives, an crédit accordé aux individus ; Les dépenses relatives, aux vieillards, aux malades, aux incapables de travailler, etc.

Les dépenses d*administration.

Éducation et instruction.

Si, les enfants venaient sous des choux, comme le disaient nos pudiques grand'mères ; si, tous les individus parvenus à rage de vingt et un ans , se trouvaient enlevés , comme Élie dans une nuée de feu, pour aller dans un meilleur monde ; croyez-vous : qu'avec l'état actuel des connaissances et des richesses; sans guerres, sans dettes, sous la domination rationnelle; la richesse et les connaissances viendraient à diminuer; et, le monde à périr? Il n'est aucun de vous qui n'affirme : que, la richesse, les connaissances et le monde : ne périraient point.

Voilà, l'éducation et l'instruction qui ne coûtent pas un centime. Je pourrais, très-facilement, leur donner le budget : d'un milliard.

Dotations des individus.

La dot, relative à chaque indiyidu, se prend sur l'excédant des recettes. La dot de chacun augmente : comme la richesse* sociale.

Yoilà, cette dépense éliminée au besoin. Il est évident : que, chaque dot sociale sera peu de chose ou rien, pour la première génération; mais, chaque dot devient quelque chose très-rapidement; et s*accrott : très-rapidement.

Dépenses relatives aux crédits accordés atuo individus.

Sons la' domination rationnelle , la société connaît les fous; et, ne leur accorde point de crédit. Elle est leur tu-

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