‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 40 sur 70 · CAPITAL ET INTERET · texte numérisé non relu

CAPITAL ET INTERET

La science sociale^ rendue rationnellement incontestable, \is-à-vis de tous et de chacun, établit :

1^ Que, le capital est du travail accumulé dans de la matière; qu'il est le produit du travailleur sur le sol ou sur ce qui provient du sol; que, par conséquent, le sol est, par essence^ distinct du capital;

2® Que, le capital ne produit point d'une manière proprement dite; pas plus, que le sol ne produit d'une manière proprement dite; mais, que le capital est un oulil (utilis), et non nnenécÊêsité; que, le travailleur s'en aide pour produire; et que, par conséquent, le prêt du capital, le prêt de Youtilf est un service qui mérite rémunération, intérêt;

Z^ Que, pendant toute l'époque, où le travailleur doit être exploité, pour que l'ordre social soit possible; le capital : non* seulement doit rapporter h son maître, le maximum possible d'intérêt, au critérium des circonstances ; mais encore, doit être perpétuel, impersonnellement , hypothécairement placé; pour, que le travailleur, soit toujours, personnellement et héréditairement, aussi eiploité que possible. Mais, que dès que l'exploitation des travailleurs, devient incompatible avec l'existence de l'ordre ; le capital : non-seulement ne doit plus rapporter, à son maître, que le plus petit intérêt possible, au crité* rium des circonstances ; mais encore, ne plus être perpétuel , ne plus être impersonnellement, hypothécairement placé; mais, être exclusivement viager; être personnellement, non hypothécairement, non héréditairement placé. Ces deux modes de placer le capital, les seuls possibles^ dont l'un se rapporte à l'exploitation, et Tautreà la non-exploitation du travailleur, sont

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eux-mècoes essentieUeuMiit relatifs aia daox seules avgaoîn— tions possibles de la propriété fiOneièi^ : FaliéDaticMii du sel ainx. individus; ou, sa propriété, coUectivemMil possédée ;

A-"* Que, le capital n*est jamais tyrannique par essence ; que» plas la société a dte eapiferl ; et, plus elle peut être iieureuse. Mais, que la domination du capital, domiaatfon sous laquelle : rintérêt est au maximum possible des circonstances ; el, le salaire au minimum possible aussi des circonstances; domination inhérente à la période de souveraineté des majorités ; est essentiellement anarcliique : en ce, qu'elle porte le paupérisme au maximum possible d'intensité ; et ^a : en présence de l'incompressibilité de l'examen ;

5** Que» pour que le capital puisse ne plus être essentiellement anarcbique; pour, que le travail, au contraire, puisse dominer; pour, que l'intérêt soit au minimum possible àm circonstances , et le salaire au maximum possible aussi des circonstances ; pour, que la société puisse ne plus être essefitiellement anarcbique ; il faut : nourseukmenti que le sol puisse entrer à la propriété collective ; mais encore : que, les capitaux, amassés par les générations passées, moins ce qui doit en les* ter, entre les mains des individus, pour que la^ consommation et la production se trouvent toujours au maximum pessibie d'intensité; soient eux-mêmes entrés : a la pkopugéxé goi»-

LECTIVE ;

6<* Que, pour que le capital puisse ne plus dominer; poor, que le travail , au contraire, puisse dominer; pour, que le soi et les capitaux, amassés par lés générations passées, puissent entrer utilemeih: à la propriété collective ; il faut nécessaibe- MENT : que, l'ignorance sociale, sur la réalité du droit ; ignorance inhérente aux époques de souveraineté de droit divin et la souveraineté des majorités : la première essentielleiaent relative à la domination du sol sur le capital et le travail ; la seconde essentiellement relative à la domination du capital sur le sol et le travail; il faut, cela doit être répété miUe fois :. que, cette ignorance soit, socialement : anéantie \

T* Enfin^ que l'alliance : du capital, avec le travail ; ou, du^ travail, avec le capital; est la plus absurde des utopies; qu'il faut nécessairement, et dans tous les temps possibles : que, le

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capMa V c*6sl*è-dn^ : les pfopriétains du sol quand oenx-cî les preprîétaifcs de» eapHan e! les noo-propriéla!j les propnMnFBS du eapîtal^ quand ceux-d domloeof les propriétaîras du sot et les non-propriétaires ; que le capital^ dîs-je, domine Je travail ; ou, que le tratail, c'est-à-dire Fm- Iriligence, domine le capital , représentant exelusÎTement la

La soGÎélé actueile» au contraire, sans, pour ainsi dire^ quH y mt exception : soit, de la part des économistes; soit , de la part des préleDdus socialistes ; proclame :

1^ Que^ le sol aliéné^ quoique priraitirement non produit par le travail, est éknenu capital, par le travail qui s'y trouve in- Gwpovédepuis son aliénation.

Dès lors, lesot, rii^esse incréée, resteconfondu avec le capital, rîciiesseciééepaT le travml; Taliénation définitive du sol se trouve consacrée; le ptupérismeresteindestruetibleen principe; et, rien qii*inieanaveliieioextHiguiMe, sicen'est pas feutrée du sot à la piopriétë cfdlective, ne peut détruire le pr^ugé : & cet égard ;

^ Que, le capital, ain^ que le sol, pnonuiSEnrr d'une iaianîère proprement dite.

Ce sophisnie a éM facilement réfuté, par le raisonnement. Haîs^ presque tous ceux, qui Font réfiité, en ont conclu : qœ, la rente ùa sol devait être abolie; et, fque Fintérét du capital: devait Têtre également ; sans réflédiir : que , le capital est un outil;! que le prêt d'un outil ^ qui ne produit poÉrt , mais qui aide à produire, est un service qui mérite rémonéraftion ; que^ le sol lui-même est un outil ; et, que le loyer, de cet outil, est la rémunération du service qu'il rend à celui qui est autorisé à s'en servir; et, que cette rémunération appartient légitimement au propriéteire du sot : propriétaire individuel, tant que le sol doit rester aBéné ; propriétaire collectif, lorsque le sol, sous peine de mort socirie, ne peut plus appartenir en ^^in^Kvidtas. Ces sophtsmes, deFabolitio» de la rente et èa la gratuité du crédit, conduisant inévitablement à l'anardne, ont conlribué è montenir le public dias l'opinion : que» lese4 et le capital FnotwiSEîfT «Twir ifww^e jiropr^^ Cette opinion est même : tellement enracinée, chez ceux qui la conseffwt ; et, tellement anardiique, chei ceux qui Font aban-

donnée ; que , la seule anarchie , résultat nécessaire de cette même opinion , en ce qu'elle rend le paupérisme indestnietibie en présence de Texamen , peut : anéantir cette même opinion , chez ceux qui la conservent ; et, rectifier le jugement, chez ceux qui l'ont abandonnée ;

3^ En opposition, avec ce que la science sociale établit sur le troisième point relatif au capital ; la société actuelle se divise : en deux opinions capitales. Selon les uns, l'exploitation des majorités par les minorités ; ou , pour éviter le terme d'exploitation , la division des individus^ en riches et en pauvres ; est inhérente à l'humanité. Et , cette opinion est essentieUemeot anarchique , en présence de l'incompressibilité de l'exameD. Selon les autres, l'exploitation des majorités par les minorités; ou, la division des individus, m pauvreset &ï riches; n'a jamais été nécessaire : à l'existence de l'humanité. Et, cette opinion est également anarchique , en présence de l'incompressibilité de l'examen. Elle présuppose : que, la société, depuis son origine, a pu exister hors du droit ; et , par conséqueiTt , que le droit n'est point nécessaire : à l'existence sociale.

Ces deux opinions nient encore : que , Tintérét du capital doive toujours être au maximum possible des chxx>nstanoes ; et , le salaire , au minimum possible aussi des circonstances ; pour toutQ une période sociale, qui a commencé à l'origine de l'humanité; et, qui dure encore. Cette identité dénégation, chez des antagonistes , prouve : que , ni les uns , ni les autres , ne connaissent nullement : la cause, qui porte nécessairement : l'intérêt du capital au maximum possible des circonstances ; et, le salaire , au minimum possible aussi des ôrconstanoes ; pendant toute une période humanitaire; et , cette identité de négation est également anarchique, en ce qu'dle prouve aussi : que, ces deux opim'ons ignorent : comment il est possible, pour une autre période humanitaire , que l'intérêt du capital soit , nécessairement : au minimum possible des circonstances; et, le salaire, au maximum possible aussi des* circonstances ; connaissance devenue, en présence de Tinoompressibilité de l'exa* men, nécessaire à l'extinction d'une anarchie : progressivement croissante.

il en est de méme^ pour la perpétuité de l'intérêt. Tous sa*

veot : qu'un décime » mis à intérêt à la naissance da Christ , engloutirait les richesses de plusieurs milliers de globes comme le nôtre, quand même : tous seraient parvenus^ à leur maximum de production. Us savent : que la perpétuité de l'inlérét constitue» inévitablement, Tesclavage des masses. Mais, l'impossibi* lité trè&*rationnelle , sous l'organisation de propriété qu'ils croient seule possible, de changer en viager la perpétuité de l'intérêt, les rend protecteurs de la perpétuité ; au point : que, l'excès de mal social » causé par l'anarchie inhérente à cette perpétuité, en présence^ de l'examen ; pourra seul les faire sor* tir : des ténèbres, dans lesquels ils sont plongés.

4<^ Toujours en opposition^ avec ce que la science sociale établit sur le quatrième point, relatif au capital; la société actuelle se divise, également, en deux opinions capitales. Selon les uns : il est tyrannique par essence. Dès lors, et selon la logique, il faudrait en conclure : que» le capital doit être anéanti; ou, qu'il faut se résoudre : à voir la tyrannie augmenter, à proportion que le capital augmente : ce qui est absurde. Selon les autres, le capital, abstraction faite de ce qui peut le rendre utUe ou nuisible aux masses; le capital, dis-je, est le Messie des nations; et, c'est uniquement de son augmentation : que, la sodété doitattendre le bonheur (1). C'est, d'autant plus absurde ; que, ces Messieurs reconnaissent : que, le paupérisme augmente comme la richesse. Ces deux opinions, en présence de l'incompressibUité de l'examen , sont paiement anarchiques ; en ce qu'elles placent la société : entre deux théories absurdes.

Si, maintenant, vous parlez : de domination du sol , comme inhérente à la souveraineté de droit divin ; ou , de domination du capital , comme inhérente à la souveraineté des majorités ; id, encore, vous trouvez la sodété partagée en deux grandes opinions, qui l'absorbent tout entière. Chacune d'elles proclame; et, avec juste raison : que, la souveraineté qui lui est opposée, est devenue absolument incapable, de maintenir Tordre, vie sociale, pendant une durée plus .qu'éphémère.

(1) « Le prolétariat ne peut s'affranchir qae d'une seale manière, par « raocroiiBemeiit du capital national.

BABnAT, Propriété etipoliatUm, p. 63,

S06 SCfEITCB SOCFALE.

Mais, ces deux opinions se réunissent ponr prodamer r qu'eiks sont tes seules sonverainetés posâtes. Ces deux opimom, anarcblques par essence, sont teliement enracinées : que. Fer* ces de mal social, causé par Fanarehie qu'elles riendent inévitable, peut seul : les anéantir.

5* Parler sérieusement : non-seulement de faire entier le sol i la propriété eoHeetite ; mais encore, iy faire entrer la totalité des capitaux amassés par les gâoérations passées « moms ce qui doit rester entre les mains des indiTidnalhés domestiques , pour que la consommation et la production soient au nummum possible des circmstances ; est telltement en opposition , avec toutes les opinions existant actuellement an sein de la sodélé ; qu'il est plus évident que le soleil en plein midi : que, jamais, au grand jamais, cette entrée n'aura lien : que , si elle est absolument nécessaire à l'existence sociale ; et , il est égatement érident rque, cette nécessité nejsera jamais reconnue; a^ant, que fexcès de mal social, rwiouvelé peut-êfre vingt fois, et porté au maximum possible , ait forcé ; à cet égard , les aveugles à ouvrir les yeux.

B^ Quant, à vouloir faire accepter par la société : qu'dle est ignorante, comme une carpe, sur la réalité du droit; que, cette ignorance dure depuis l'origine de l'humanité; et, qu'cDc doit durer : jusqu'à ce que Thnmanité connaisse, FAKFArrE- MEirr, la nature des êtres; c'est, infiniment plus diffidle ; que, de lui faire accepter : que, quelque chose peut venir de rien ; que, trois ou plusieurs ne font qu'un ; ou, qu'un est la même chose que plusieurs; que , le bonheur de Phumanité eonsfete essenélément : dans le développement intégral des passions, sms subordination à la raison ; ou , dans un pape, ayant sous sa griffe, tant au spirituel qu'au temporel, la totalité des individus réunis en troupeau ;'ou, dans l'absence de droit, de leligion, de gouvernaient ; ou, dans tout ce que vous pourrez imaginer de plus absurde, fût-ce mtoie : une mer de limonade.

Si, maintenant, vous croyez : que, moins de^ vingt anarchies ; chacune, ayant porté le mal social, au maximum d'intensité possible; soient suffisantes,, pour foire accepter la scinoebociale, quoique rendue rationnellement moeoteslaUe, vis^-vis dc^loas et de chacun ; je vous en fais mon compliment.

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7* Quant, à Fallianee fraternelle entre le capfta1,et le traTail; (a sodélé actuelle, G'est*à-dire les économistes et les prétendus socîalisles^ laconsidère, relativement à tons les maux possibles de la soc^lé, comme en étant : la pierre philosophale ; ou, la panacée uniferselie» En Tain, prétend-on lui Isire obsenrer, avec Texpérience de tous les siècles : qu'il en est^ de celle allianoe, eoraae de celle par rare-en-eiel ; qu'il n'en est jamais résulté ; et, qu'il n^en peut résulter : que, le partage du Kon : tout d'un o6té et rien de l'autre. Elle n'en persiste pas moins dans son obstination ; et, cela même est inévitable : au sein de la foi sociale dans laquelle elle se trouve plongée. Elle s'imagine : que^ l'organisation actuelle de la propriété foncière, est la seule possible. Or, au sein de celte organisation, vouloir qu'une

alliance, entre le capital et le travail, soitautre qu'une alliance

par l'arc-en-del ; est une folie : au dernier degré possible. Il n'y a donc qu'une anarchie ^ élevée à une puissance, demi

la seule expérience peut déterminer l'exposant ; qui puisse, à

cet égard, guérir la société.

Concevez-vous, maintenant ; pourquoi la science sociale,

quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous

et de chacun; doit être, pour l'actualité, complètement inutile?

C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée ; et, que

pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les

préjugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d*union se présente, dit Basliat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, ntK troutb la

PLACE PRISE

CUARITÉ SOQALE, ET BIENFAISANCE PUBLIQUE.

La science sociale, rendue rationnellement incontestable, Yis4hvis de tous et de chacun, établit :

Qu'en présence dt ribcompressibililé de l'examen , ce qui jusqu'à présent a été compris sous les noms de charité setiale, de bienfaisance pubUqpie, comme par exemple : l'éducation et riostruction donnée à tous avec un égal soin peur k jeimesBe;

les jouissances rationnelles, aussi complètes que possible, pour les vieillards et les infirmes; eic.^ etc. ; doit, désormab, être placé sous le titre de devoir social; sous peine : d'anéantissement d*ordre; ou, de mort humanitaire; et cela : non-seulement, sans faire tort à personne ; mais encore, en faisant, le bcmheur de tous.

La société actuelle, sans Tombre d*une exception, sauf des propositions utopiques, préteiid au contraire :

Que, la société ne peut rien donner, à un individu^ qu'dle ne Tait pris à un autre ; et, cela est tellement vrai, pour Torgani* sation sociale, que la société actuelle croit seule possible : que, J. B. Sdf , le prince de Téconomisme, proclame : que les épargnes des riches se font aux dépens des pauvres.

Des lors, vouloir, par le seul raisonnement, que la société actuelle, change d'opinion à cet égard ; avant, 'que une, cent, mille anarchies l'y aient forcée, sous peine de mort humanitaire ; est uae utopie, élevée : à la dernière puissance possible.

Concevez-vous , maintenant : pourquoi , la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun; doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée ; et, que pour raisonner juste> il faut un cerveau, non paralysé : par les pr^ugés.

— « Lorsqu'une doclrinc d'ordre, de paix et d*union se présente, dit Bastiat^ elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, élu trouti u

PLiCB PBISE. »

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