‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 48 sur 70 · INSTRUCTION ET SCIENCE · texte numérisé non relu

INSTRUCTION ET SCIENCE

La science sociale, rendue rationnellement incontestaUe^ vis-à-TÎs de tous et de chacun^ établit :

Qu'il y a instruction, science relative ; et, instruction, science absolue;

Que , l'instruction relative , la science relative, embrasse le domaine tout entier de la matière ; que, cette instruction, cette science est essentiellement progressive ; que , par conséqu^t , elle n'est jamais faite , jamais complète ; et , que dans le seos d'instruction ou de science complète, l'instruction ou la scieiice relative à la matière , ne mérite , que figurément , le nom de sciatice ou d'instruction. Dans ce domaine, il ne peut y avoir : qu'observations dominant le raisonnement; et, raisonnemeot coordonnant les observations de causes, à effets devenant causes ; sous la réserve : que , de nouvelles observations pourront changer ou renverser : la coordination, gratifiée du nom : d'ins* truction ou de science.

Que, l'instruction absolue , la science absolue , embrasse le domaine tout entier des immatérialités ; que, cette instraction , cette science peut seulement exister : lorsqu'il a été démontré, d'une manière rationnellement incontestable : qu'il existe des immatériaUtés, éternelles, absolues par essence; que, le domaine desimmatérialités est exclusivement: le domaine d'ordre moral , d'ordre social ; que, dans ce domaine , le progr^ est

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alisurde; puisqu'il est le domaine des absolus, identiques par essence, et jamais analogues; que, l'instruction, la science^ relative h oe domaine , mérite seule le nom d'instruction , de sdenoe proprement dite ; que, si dans le domaine de la matière, il s*agit exclusivement de oe qui est et de ce qui peut être ; dans le domaine d'ordre moral , il s'agit : non-seulement de ce qui est et de ce qui peut être ; mais, surtout de ce qui doit être : pour, que l'ordre, vie sociale, puisse exista et persister ; que , si , dans l'ordre matériel , l'observation de oe qui est doit dominer le raisonnement ; dans l'ordre moral , c'est le raisonnement qui doit dominer , qui doit déterminer : oe qui doit être ; que, dans ce domaine enfin, rien dans l'univers, ni existant^ ni possible ; ne peut renverser : l'instruction, la science démontrée absolue.

Que, relativement à la science , à l'instruction , il y a trois périodes humanitaires ;

Que , sous la souveraineté de droit divin ; l'instruction , la science d'ordre moral, comprend exclusivement: la connaissance de la révélation ; que, cette instruction, cette science se fait accepter comme absolue, quoique basée sur une hypo* thèse ; parce, qu'au moyen de la force, dont [elle dispose; elle dondûe : et, Tinstruction d'ordre matériel ; et, l'éducation ; et l'examen ;

Que , sous la souveraineté de la force brutale ou des majorités : l'examen^ la science ou l'instruction d'ordre matériel et l'éducation se trouvent émancipés du joug de la force ; qu'alors^ sur la science ou l'instruclion d'ordre moral, il n'y a plus que des opinions : ce qui est l'anéantissement de l'instruction, de la science proprement dite; et, qu'alors, et pour tout le temps du règne de cette souveraineté; l'opinion, proclamée par la science ou l'instruction matérielle; est la négation : des absolus, des immatérialités, de l'ordre moral.

Que, c'est seulement sous la troisième souveraineté : que^ l'instruction, la science absolue; l'instruction, la science du domaine moral ; l'instruction, la science proprement dite ; peut exister ;

Qae^ jusque-là, iln'y adedroit possible: que celuidc la force, masquée des sopbismes d'une révélation ; ou, que, celui de la

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force hrûlnle : dès, que l'incompressibililé de rexamen e9t venue arracher : le masque de la force ;

Et, que c'est seulement les maux que cause l'anarchie, inh^ rente à la force brutale, et quasi-perpétuelle sous l'incompre^ sibilité de l'examen; qui , fait sentir socialement : l'absolue nécessité : de l'instruction, de la science absolue; de rinstruction« de la science proprement dite.

La science sociale établit encore : que, science et foi sont incompatibles; et, qu'il en est : de l'alliance de la science swec la foi ; comme, de l'alliance du travail avec le capital ; ou^ du bon Dieu avec le diable;

Que, l'instruction, tant pour le domaine matériel , que pour le domaine moral; doit, comme pour l'éducation; être donnée: à tous; et, avec le m<Kme soin ;

Que, l'instruction , la science, absolue, réelle, propreoient dite, morale; doit, désormais exister; sous peine, de mort humanitaire ;

La société actuelle, au contraire, proclame :

Qu'il n'y a qu'une science, une instruction : celle, de l'ordre matériel.

— « Le célèbre docteur Priestley, dit M, Cousin dans son Cours d^histoire de la philosophie morale, assure que la matière , cooTenablement organisée, a non-seulemenl la faculté du mouvement, mais encore celle de la pensée et de rîntelligence, et qtt*un homme n'est qu*un morceau de matière convenablement organisée. »

— Voici, une autre affirmation ; qui écpiivaut, à celle du docteur Priestlev:

— « Pour ceux d'entre vous, dit M. Guiiot , qui ont fait des études philosophiques un peu étendues, il ait, je crois, évident auiooid'bti que la morale est indépendante des idées religieuses. »

— Et , comme la science des idées religieuses , est exclusive ment celle des immatérialités ; il faut en conclure : que, la science, l'instruclion relative à la matière : existe seule; est seule nécessaire.

Et, ce ne sont pas seulement : les panthéistes, les matérta-

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listes, qui m'ont la science, Tlnstruclion absolue ; cette manie a gagné jusqu'auxanlhropomorphistes. Bonald, par exemple, dit :

— « Je ne crains pas de soutenir que le fondement de toutes les cou* naissances morales, les seules qui importent au maintien de la société, et qui n'ont pas été, comme les connaissances physiques, li?bîbs a nos DisFuras, oe peuvent dtre que des fiéjtoés. »

— Yoilè, l'instruction, la science absolue, la science d'ordre moral, la science des immatérialités, la science religieuse, déclarée: ne pouvoir exister. C'est, la condamnation à mort, de toute société ; d&s, que l'examen devient incompressible.

J. B. Sav» exprime la même pensée, en disant :

— « Une science n^est que Texpérience systématisée. »

— Oui, une science physique. Mais, vouloir donner la science morale, comme l'expérience systématisée ; c'est , assimiler : l'homme à la béte.

La même pensée est exprimée par M. Thiers , quand il dit :

— ft L'examen en fait de scibncb, la foi en matière de iiligioh , Toili Li TiAi, l'utile. L'institution qui maintient Tunité de la foi , c'est-à-dire le pape, gardien de l'unité catholique, est une institution admirable. »

-- En ne reconnaissant, comme science; que, ce qui n'est pas religion ; M. Thiers , rejette également la possibilité : de toute science religieuse.

Quant au progrès, la société actuelle afRrme qu'il est : indéfini; et, inhérent à Tinslruclion, à la science. Allez lui dire: que, relativement à la science réelle , le progrès indéfini est une absurdité; elle vous arrachera les yeux. Et, l'affirmation du progrès indéfini n'est autre : que, la négation de toute société réelle.

Quant, à la nécessité de donner : rinstruction, ja science à tous ; la société actuelle dit , par la bouche de son interprète Voltaire :

~ • Qu'importe que notre TAiLunia on notre sbllibb soient gouternés

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par frère Krouit ou frère Berthier? Le grand point est que ceux avee lesquels vous fivei soient forcés de baisser les jeux devant les philosophes. »

— Et, encore :

— « Nous ne nous soucions point que nos laboureurs et nos vres 80I1HT éclairés; mais nous voulons que les gens du monde le soient, et ils le seront. »

— Et, encore :

— « Il y aura toujours un grand peuple de sots et une foule de fri* pons ; mais le petit nombre de penseurs se fera respecter. »

— - Et, ailleurs :

*- « Je crois que nous ne nous entendons pas sur l'articie PEuruc, qne vous croyez digne d'être instruit. J'entends par peuple la populace qui n'a que ses bras pour vivre. Je doute que cet ordre de citoyens ait janiiit le temps ni la capacité de s'instruire. Il mourra de faim ayant de devenir philosophe. Il me paiaît bsskhtibl qu^il y ait nxs gubux igmoiaitsji

— Et, cependant, Gondorcet, grand partisan de Voltaire; Condorcet proclamait, que :

— « Sans instruction matiomalb gratuite pour tous les degrés, qudqne combinaison que vous choisissies, vous aurez Tignorance gbhéialx oo l'inégalité; vous aurei des savants, des philosophes, des politiques icuilÉs, mais la masse du peuple conservera des erreurs, et au milieu de l'ÉGLAT Dxs LCHiÉaif , TOUS serci gouvernés par les préjugés. »

— Condorcet, ne réfléchissait pas : que , pour que l'instniction , la science puisse être socialement généralisée ; il faut : qu'elle soit rationnellement incontestable : sous peine de n^ètie qu*un préjugé. Or, vouloir, en présence de l'incompressibilité de l'examen, imposer, sociAuaiENT une instruction, une science contestable, comme étant vérité; c'est, vouloir rendre nécessaire un despotisme impossible, pour éviter l'anarchie. C'est, précisément cette absence d'instruction, de science réelle ; qui, sous la seconde période humanitaire, rend nécessaires : et, la

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liberté de renseignement ; et, le monopole des connaissances^ au profit des propriétaires.

Le monopole, des connaissances» est même tellement nécessaire, actuellement : que, M. Michel Chevalier, sans aucun doute le premier économiste de notre époque, de cet économisme représentant la société actuelle, s'est cru obligé de dire :

^ « Il yaat mienz qu^AUJOURD*Hi]i k majorité de nos paysans soit encore asser? ie au sein de riGNOBARCs, que s'ils ayaient Pesprit faussé et le coKut AIGRI ou rongé de passions mauvaises. L*ignoramcb kst un moindre MAL QUK LA FACssK SCIENCE ET QUE LA DÉMORALISATION. Notre France serait ixGOUTERNARLE si les paysans avaient été soumis aux mêmes înQuences qu'une certaine partie des ouvriers. »

— Ainsi : la science actuelle , l'instruction actuelle , fausse l'esprit, aigrit le cœur; elle est pire que Tignorance; elle démoralise, elle rend ingouYernablo. C'est, la société elle-même qui le proclame. Et , en même temps, elle déclare : que, la science «listante est la seule possible ; car^ la science est une comme la vérité. Mais, voici bien autre chose : la société actuelle, représentée par l'Académie des sciences morales et politiques^ déclare, par la bouche de M. Benoiston de Ghateauneuf: que, la science actuelle est un poison ; même, pour ceux qui en ont le monopole.

— « C*e8t, dît racadémicien , dam la classe qui vit de son revenu et qni a reçu wn éducation conforme a sa fortune^ que Ton trouve, rela-

TITBKSRT, Ll PLUS DE CRIMES DE FAUX ET DE CRIMES CONTRE LES PERSONNES,

disent les rapports officiels de i830, 1832, 1833, 1839. Les gens sans aven n'en présentent pas autant. »

— Seigneur Jésus ! Si , le monopole de la science actuelle , empoisonne: non-seulement les pauvres; mais, aussi les riches; il faudra: vulgariser cette science; ou , mourir. Voyons, ce que la société actuelle va en dire: par la bouche d'un autre de ses représentants; d'un autre économiste : H. Pecqueur.

— « Avec une presse absolument libre, dit-il, de publier îuipunéuient

tout ce que l'on veut ; avec une éducation de la jeunesse laissée a tuul venant, avec la liberté de rcusciguement proprement dilc^ la société se-

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rtit 6D dbioltttion permaoeiate, ranarchie deviendrait TéUi nemidl de la société : le chaos se ferait de noayeau sur la terre. »

— Et, savez-vous: ce, que la société actuelle, c'est-à-dire TAcadémie des sciences morales et politiques , a fait à cet économiste? Elle Ta couronné.

Miséricorde ! Où donc allons-nous?

Ce qui va suivre vaut infiniment mieux.

— « Quant à nous, nous Tondrions qu'au lieu de faire quelques hoilbs, le gouTernement prît la grande résolution d'en faire des milliers et des millions. Nous voudrions qii^il prît a tâche d*BNiiOBLia les treote-cinq millions de Français, en leur donnant riNSTRUGTION , la MORALE, rAISÂNGE , biens qui , jusqu*ici, n'ont été I'apanàge que d'un petit nombre, et qui devraient être Tapanage de TOUS. ■

(LoUTS-NaPOLÊOK BONAPAITE.)

— Fabfait I Pourvu : que ^ Tignorance relative à la réalité de la science , à la réalité de Tinstruction ; et, le paupérisaie dérivant de cette ignorance ; puissent être socialement anéantis. Auparavant, ce serait rendre Tanarchie: Tétat nohmalbe

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