‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 49 sur 70 · LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ

Quant, à la nécessité actuelle : de l'instruction réelle , de la science réelle, de la science proprement dite» de la science religieuse; et cela : sous peine de mort humanitaire; la sodélé actuelle y croit : comme, à la divinité des oignons d'Egypte.

11 est évidrat : que, la société actuelle prétend pouvoir vivre : sans science réelle ; sans instruction rédle.

Vouloir, par le seul raisonnement ; et^ avant que l'anardiie ne Yj ait forcée , sous peine de mort : convaincre une pareille société, des vérités démontrées par la science sociale ; c'est, prétendre, par le seul raisonnement, amener : les mahométans à traîner^ aux gémonies^ les cendres de Mahomet; ou,]eslQdous & cracher sur la vache. Pascal , par son propre raisonnement, était parvenu à se convaincre : que, pour croire à l'anthropomorphisme, ainsi qu'aux dogmes chrétiens; il fallait commencer par s'abêtir. Et , cependant , Pascal est mort sous le cilice. G'est^ qu'à tm millionième d'exceptions près, le raisonnement, pour combattre les prc^ugés, n'a de valeur : que, par la nécessité.

SCIEMUE iM>CULfi. 543

CoDoevei&-vous maintenant : pourquoi» la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun « doit être, pour Tactualité» complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée ; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les pr^ugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la yérité, bllb troutk la

PLÂCB PRI8K. 9

IBfPÔT.

La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :

Que l'impôt, c'est-à-dire le revenu social, est prélevé de deux manières différentes et complètement opposées : selon, que la société est régie : soit , par une des souverainelés de la force ; soit, par la souveraineté de la raison ; et, que ces deux manières, relatives à l'espèce de souveraineté, existent nécessairement ; sous peine : d'anarchie ; ou, de mort sociale ;

Que, sous les souverainetés de la force, l'impôt est néccssciirement prélevé : sur le salaire, sur le travail, sur le travailleur, sur la consommation; et, que l'impôt , se prélève nécessairement ainsi : par l'aliénation du sol et des capitaux produits par les générations passées;

Que, sous la souveraineté de la raison, l'impôt est nécessairement prélevé : non sur le travail , mais sur la richesse ; et, que l'impôt se prélève ainsi nécessairement : par l'entrée à la propriété collective : du sol et des capitaux acquis par les générations passées; moins, ce qqi reste de capitaux entre les mains des individus : pour, que la consommation et la production soient toujours : au maximum possible des drcons* tances;

Que, lorsque l'impôt est prélevé sur le travailleur, sur la consommation, le salaire se trouve réduit au minimum possible des circonstances ; et , que le paupérisme crott , alors , sur une ligne parallèle à la richesse;

Que, cet état de choses, en présence de rinoompressibililé de l'examen, est essentiellement anarchique.

La science sociale établit, en outre :

Que rimpôt, c'est-ft-dire le revenu social, doit être au maximum possible d'élévation ; dès, que le despotisme ne peut plus être que base d'un ordre éphémère; et que, néanmoins, le maximum d'élévation du revenu social sous le despotisme, n'est jamais qu'au minimum : de ce, que doit être le revenu social, sous l'ordre de liberté.

La société actuelle, au contraire; et, aussi unanimement que possible; proclame :

Que, toujours et nécessairement : l'impôt, le revenu social se prélève sur la consommation ; c'est-à-dire : sur le salaire; sur le travail ; sur le travailleur.

«- « La vérité est, dit fiastîat, et le peuple ne dûTrait jamais le perdre de vue, que la contributioD publique s^adressera toujouis et rbcis&aiii- MENT aux objets de la consommation la plus générale^ c*est-à~dire la plus populaire. »

— Et, ici, je le répète, Bastiat est l'inlerprète : et, de l'économisme ; et, de la société actuelle tout eotière.

La société actuelle proclame en outre :

Que l'impôt, le revenu social, doit être aussi faible que possible ; et , à cet égard , il y a unanimité comme pour affirmer que toujours et nécessairement , le revenu social, ou l'impôt, doit porter sur la consommation la plus populaire.

Bastiat, Técho de l'économisme, dit formellement :

— « Le maximum de Timpôt, c'est la seryitude; car Tesclate est rhomme à qui Ton prend tout, même la liberté de ses bras et de ses facultés. »

— pastiat ne réfléchissait pas : que, l'esclave est celui auquel on prend tout, même la lit)erté de ses bras et de ses facultés, en lui enlevant : sa part dans le sol et dans les capitaux acquis par les générations passées. Bastiat aurait dû dire : S. Le maximum de l'impôt, du revenu social , c'est la liberté: cai, riioniiue est libre : dos^ que par Tcduailion, rinsirudion;

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la moralité, la dot sociale et sa part inaliénable : dans le sol , et les capitaux acquis par les générations passées ; la liberté de ses bras et de ses facultés : lui est assurée.

G*est^ évident comme la lumière. Mais^ la lumière fait mal aux albinos ; et ^ si dans leur caverne , vous voulez faire pénétrer ses rayons ; et, que vous ne soyezjpas en force ; soyez certain : que, vous serez dévoré.

Vouloir, par le seul raisonnement ; et, avant que l'anarchie ne l'y ait forcée sous peine de mort sociale; convaincre une société d'albinos, qu'elle doit adorer la lumière; est une utopie, élevée : & la dernière puissance possible.

Concevez-vous maintenant : pourquoi , la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-&-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.

— - « Lorsqu'une docirine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiai, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, kllb trouvk la

FLACB PIWB. »

icsncE.

La science sociale rendue rationnellement incontestable, visà-vis de tous et de chacun, établit :

Que, la justice, c'est-à-dire la raison, le droit, est : non-seulement différente ; mais , complètement opposée , selon qu'il est question de Tune ou de l'autre des deux grandes périodes humanitaires : la première , d'ignorance sociale sur la réalité du droit ; la seconde, de connaissance de cette réalité ;

Que, pour la première période, la justice, c'est-à-dire Ja raison, le droit, est relative à la force ; de manière, que, pour cette période : la raison duplusforty est toujours la meilleure. Seulement, il y a cette différence : que, sous la souveraineté de droit divin, la justice, c'est-à-dire la raison, le droit, formulée

846 8CIBNCB SOCIàLB.

par le plus fort, est masquée, par des sophismes, que Téducation fait accepter comme des vérités ; et, que sous la souveraineté du peuple, la justice, c'est-à-dire la raison, le droit, est formulée par la force brutale, sans Tombre d'un masque ;

Que, pour la seconde période, la justice^ c'est-à-dire la raison, le droit, n'est plus relative à la force, à ia matière; mais, est déduction des immatérialités : étemelles, identiques, absolues par essence; et, démontrées telles, d'une manière rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun ;

Que, pour la première période ; et , pour la première phase de cette période, celle de la souveraineté de droit divin ; la justice, c'est^k-dire la raison, le droit, ordonne : non-seulement l'exploitation des faibles par les forts ; mais encore, l'abrutissement des faibles ; et, autant que possible, l'abrutissement des forts : afin , que les sophismes, servant de masque à la justice, à la raison, au droit, ne puissent être socialement examinés, et par suite le masque arraclié : ce qui enlèverait à la société, toute communauté de justice, de raison, de droit ; ce qui livrerait la formule de justice, de raison, de droit, aux caprices des individus ; ce qui, par conséquent, la conduirait à une anarchie inextinguible, à la mort sociale , à moins : que , la souveraineté de droit divin ne puisse être rétablie; ou, que la souveraineté de la raison puisse être établie ;

Que, pour la seconde phase de la première période, caractérisée par rincompressibilité de l'examen, le masque de sophismes, faisant accepter la justice, la raison, le droit, formulée par la force, comme étant formulée par l'étemelle raison, se trouverait arraché ; et la justice, déduction de l'étemelle raison, ne pouvant encore être formulée ; toute communauté de justice, de raison, de droit, se trouve enlevée à la société ; la justice, c'està-<lire : la raison, le droit, se trouve livrée à l'arbitraire des individus; et^ la société se trouve conduite à la mort par une anarchie inextinguible : à moins, que ia souveraineté de la raison ne puisse être établie; la souveraineté de droit divin ne pouvant plus être rétablie, coomie base d'un ordre plus qu'éphémère; à cause de l'incompressibilité de l'examra.

La société actuelle, au contraire, piodame :

Qus, sodalemmt ^ la justice , c'esMi-dire la raison , le droit,

SGIEflGB SOCIALE. 547

esl une, essentiellement une, et toujours la même pour toutes les époques de Thumanité ;

Qu'il n'a jamais été conforme à la justice, c'est-à-dire : conforme à la raison , au droit : que , non-seulement les faibles fussent exploités par les forts; mais, encore, que les faibles fussent aussi abrutis que possible ; ce qui fait : que, depuis son origine, l'humanité a existé sous le règne de l'injustice ; qu'elle y existe encore, sans savoir absolument comment s'y soustraire; ce qui ^ encore^ fait infiniment honneur : à la justice que la société actuelle dit exister ; sans , cependant , en avoir plus d'idée : que, de ce qui se passe dans la lune.

La société actuelle proclame en outre : que la justice , c'està-dire la raison, le droit, dont* je le répète^ elle n'a pasTombre d'une idée, et cela très-logiquement, puisqu'elle en attribue la détermination au caprice de chaque individu ; elle proclame , dis-je : que^ la justice dérivant du droit divin n'est plus de mise ; que, la justice dérivant de la force brutale , est l'injus* tice; et^ que la justice rendue relativement incontestable vis-àvis de tous et de chacun, est une utopie. Elle veut : que, la justice soit ce sur quoi toutes les individualités seront d'accord : en dehors de la force, soit masquée de sopbismes, soit brutale ; et, en dehors de la raison , rendue rationnellement incontestable vis^-vis de tous et de chacun. C'est, exclusivement, à cette harmonie, dépendant d'un caprice du dernier des crétins, qu'elle donne le nom de justice. Fourier, caractérisait son harmonie : par une mer de limonade ; la société actuelle n'a encore pu caractériser son harmonie : que, par un infernal charivari.

Tout cela est encore évident comme la lumière. Mais, la lumière fait mal aux albinos ; et , si , dans leur caverne, vous voulez faire pénétrer ses rayons; et, que vous ne soyez pas en force ; soyez certain : que, vous serez dévoré.

Vouloir, par le seul raisonnement ; et, avant que l'anarchie l'y ait forcé, sous peine de mort sociale ; convaincre une société d'albinos, qu'elle doit adorer la lumière; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.

Ck)ncevez-vous , maintenant : pourquoi la science sociale > quoique rendue rationneitement incontestable» visais de tous

548 scisncB ^sociale.

et de chacuD, doit être, pour rdctualité, œmplétemœt inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et , que pour raisonner juste , il faut un cerveau non paralysé par les pr^ugés.

— - Cl Lonqu*UDe doctrine d*ordrc, de paix et d'union se présente , dît Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la véritéj bllk tbodtb la

PLACB PllBB. »

UBERTÉ.

La science sociale, rendue rationnellement incontestable» visà-vis de tous et de chacim^ établit :

Qu'avant de pouvoir parler rationnellement de liberté ; il faudrait : d'abord, donner à ce mot une valeur claire^ précise, parfaitement déterminée et ne renfermant rien d*absurde ; ensuite, savoir d'une manière rationnellement incontestable : que, la liberté existe en réalité ;

Que, la liberté, ou le pouvoir d'agir réellement, ne peut appartenir à un être seulement capable de fonctionner ; et, comme tel, fonctionnant nécessairement ;

Que , dès lors , la liberté est un mot vide de sens , une illusion ; si, l'anthropomorphisme ou le matérialisme : sont des réalités;

Que, par conséquent, la liberté ne peut appartenir : qu'aux immatérialités; par essence étemelles, absolues;

Que, par conséquent encore, les immatérialités, étant simples par essence ; et, la liberté étant un choix entre deux tendances; doivent, pour pouvoir être libres, se trouver unies : i des organismes, donnant lieu à deux tendances souvent opposées : celle de raison ; et celle de passion ;

Qu'avant de savoir : si, la liberté existe en réalité, et n'est point une pure illusion; il faut, préalablement, avoir reconnu :

Qu'il n'y a de possible : que, force et sensibilité ;

Que, la matière n'est que force ; et, que si les immatérialités existent, elles ne peuvent être : que, sensibilité ;

Que, pour savoir si les immatérialités existent, il fout d'abord

SCIfiHCE SOCIALE. S49

aYoiroTdonné tous les phéDomènes matériels: en série oontîDue ; Ety que comme Thomme, point de départ de la série> est évidemment sensible ; et, que la continuité de la sensibilité sur la série, serait la négation des immatérialités , en rendant la matière source de la sensibilité; il faut^ pour que la sensibilité réelle puisse être démontrée immatérielle : que, la série puisse être brisée, d'une manière absolue. Alors y d'un côté il v a : immatérialité, sensibilité réelle; plus» oi^anisme, etcapacitéde liberté ou humanité ; et , de l'autre côté : uniquement matérialité, oi^anisme, nécessité, insensibilité absolue; quelles que soient les apparences de sensibilité ou d'intelligence : qui puissent exister.

Alors, les immatérialités sont des individualités réelles, éternelles , absolues ; et , les personnalités, à base d'individualité réelle, peuvent être libres ;

Alors, la liberté des individus consiste : dans l'obéissance volontaire à ce qui est ordonné par la raison; et, leur esclavage : à subir le joug des passions*

Alors, encore, la liberté sociale consiste : dans l'obéissance sociale à ce qui est ordonné par la raison , rendue rationnellement incontestable, vifr-à-vis de tous et de chacun ;

Que, jusque-là, la liberté sociale est absolument impossible ; et , que la liberté des individus n'est possible : que , relativement à ce qu'ils croient être tendance de raison : sans néanmoins SAVOIR : si , croyant n'obéir qu'à la raison , ils n'obéissent point aux passions.

La société actuelle, au contraire, croirait contre sa dignité, de se déranger pour aussi peu de chose. La liberté , dit-elle , est un fait, elle s'affirme, elle se pose ; et, nous affirmons la li* berlé; et, nous nous posons en êtres libres.

C'est, admirable de se poser ainsi; ce l'est peut-être moins pour ceux qui , sur sa simple parole , ont la bonté d'accepter cette société comme infaillible. Hais, cela n'empêche point cette société de s'écrier, par la bouche de H. Jules Simon, son prophète :

~ « Vous D*atteu{Iei pu de moi une démonstration : la liberté... est

AU-D«SSrS DB LA FRSCVB. »

550 SGIIKCB SOGlAtB.

— C'est, aussi gentilhomme que possible. Est-*ce que Ton a besoin de rien prouver aux mananls ? Et, si ia société actuelle et M. Simon son interprète avaient voulu condescendre à donner des preuves ; elles ne leur auraient pas manqué. Ils auraient dit : L'homme est libre ; le chien est libre; la carotte est libre ; récritoire est libre; le vent du Nord est libre; et tous sont également libres. Us auraient même pu citer H. de Lamartine, le premier parolier de France et de Navarre, s'écriant :

— « La rie est partout comme l'intelligenee 1 Tours u kitiak wn AfmiÈu. Toute la katurk SENT n PENSE !... Partout oàutla vêê, là

aussi est le aniTniBicT et la peosée à des degrés inégaux, sans doute, aab

SAMS TIDB. »

— Ces gens-là déraisonnent. C'est, évident comme ia lumière du soleil. Mais, cette lumière fait mal aux albinos ; et, si, dans leur caverne, vous voulez faire arriver des rayons lumineux; et^ que vous ne soyez point en force ; soyee certain : que vous serez dévoré.

Vouloir, par le seul raisonnement ; et, avant que l'anarchie ne Yy ait forcé sous peine de mort sociale ; convaincre une pareille société d'albinos : qu'elle doit adorer la lumière; est une utopie^ élevée : h la dernière puissance possible.

Concevez-vous , maintenant : pourquoi la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis^à^vis de tous et de chacun^ doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau , non paralysé : par les préjugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit

Bftstiat, elle a beau ayoir pour elle ta clarté et la vérité, blu tioutb u

scimci sociAtE* 581

LIBRE iCHANW.

La science sociale^ rendue rationneUement incontestable, yîs-4*yis de tous et de chacun, établit préalablement :

Que, le travail n'est pas libre : tant, qu'il est sous la domi« nation du capital ;

Que 9 le travail reste sous ]a domination du capital : tant, que le sol et les capitaux acquis par les générations passées restent aliénés ;

Que , le sol, et les capitaux acquis par les générations passées , ne peuvent entrer utilemknt à la propriété collective : tant, que l'ignorance sur la réalité du droit n'est point, socialement anéantie ;

Et, qu'aussi longtemps : que l'ignorance sur la réalité du droit n'est point anéantie, les nationalités sont indestructibles,

La science sociale établit ensuite :

Que , si avant l'anéantissement des nationalités par l'anéantissement de l'ignorance sociale sur la réalité du droit, le libreéchange se trouvait intronisé :

La nationalité la plus forte : par sa population, par sa situation, par son capital, par son industrie, par sa suprématie maritime, par sa diplomatie, parle nombre et l'exploitation de ses prolétaires , ruinerait promptement toutes les autres nationalités; et qu'il en résulterait une anarchie universelle, en étouffant la concurrence des autres nationalités, par le bon marché de ses produits relativement à l'élément travail ;

Que, la première nationalité qui proclamera théoriquement et établira pratiquement la souveraineté de la raison , rendue incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, souveraineté sous laquelle : le salaire est au maximum possible des circonstances; et, l'intérêt du capital au minimum possible aussi des circonstances; devra, sous peine de ruine sociale, empêcher le commerce, les échanges des individus que cette souveraineté régit, avec les individus restant encore sous la souveraineté de la force. Alors, c'est le gouvernement de la société libre, qui fait les échanges avec les gouvernements esclaves ; et , toujours au profit des individus de la société libre.

Que, lorsque, par ranéantissement de Tignoraiice sociale sur ]a réalité du droit, les nationalités se trouvent nécessairement anéanties, par Tunité de droit ; le libre échange se trouve instantanément établi : au profit de tous et de chacun.

La société actuelle, au contraire, proclame :

Que le travail est libre ; surtout depuis 1789.

A la vérité , H. Michel Chevalier chante sur toutes les gammes : que les prolétaires français sont plus esclaves que les nègres esclaves de la Caroline et de la Virginie. Mais, la société actuelle dit : que M. Michel Chevalier est un fou; et, que ne pouvant l'envoyer à Charenton^ elle l'a cof&é dans l'Académie des sciences morales et poUtiques.

La société actuelle dit encore :

Que^ la domination du capital sur le travail est une soUise.

A la vérité H. Dupont-White affirme : que,

— « L'entreprise du capital sur le salaire est un fait héousaiu et FATAL, le fait qui pénètre, domine et dégrade toute libre production. «

— Mais aussi , si M. Dupont-White n'y prend garde , la société actuelle pourra bien, un de ces jours, le forcer d'aller

tenir compagnie à M. Michel Chevalier. Je le plaindrais , s*il n'avait dit : que la domination du capital est un fait fatal, nécessaire, qui dégrade toute libre production ; au lieu d'avoir dit : que ce fait n'est relatif qu'à la souveraineté de la force brutale. La libre production devient ainsi ime utopie pour toute la vie humanitaire. Puis, voyez comme c'est révolutionnaire, en présence de l'examen. Alors, les pauvres, ea immense majorité^ disent : Puisque nous ne pouvons vivre en dehors du bagne social, sous la protection de la justice, tâchons d'en sortir sous la protection de la force. Nul doute, que pour des conservateurs, M. Dupont-White ne mérite le pelage vert , comme disait Charles Nodier. Il y a bien encore un publiciste qui a osédire

— « Si l'on jette un coup d^œil sur les destinées des diverses nations, on recule d'épouvante^ et Ton élève alors la voix pour défendre les droits de la raison et de rhumanité. En effet, que voit-on partout? le bien-être de tous sacrifié, non au besoin, mais au caprice d^un petit nombre. »

SGIENCB SO€IALF. 553

— Quant à ce publtciste, je ne sais trop si la société actuelle oserait le claquemurer dans TAcadémie des sciences morales et politiques.

Relativement^ à faire entrer & la propriété collective le sol et les capitaux acquis par les générations passées, la société actuelle» et sans peut-être plus de trois exceptions, est persuadée : que« c'est aussi stupide : que, de prétendre faire entrer les habitants de la lune, dans la société du crédit foncier.

Il est encore vrai, néanmoins : que, le même publiciste que nous venons de citer a encore dit :

— « La classe ouvrière ne possède rien , il faut la rendre piopiié- TAims.

« La classe onTrîère est comme un peuple d^ilotes au milieu d^un peuple de Sybarites.

« Il faut attaghib sis intéiAts a ceux du sol. »

— Or, pour rendre la classe ouvrière, c'est-à-dire la société, c'est-à-dire l'humanité, puisque l'homme seul travaille ; pour rendre, dis- je, la classe ouvrière nécessaibement propriétaire dans le soi , il n'est qu'un seul moyen , qu'un seul et pas deux : faire entrer le sol à la propriété collective , sans faire tort à aucun individu et en faisant le bonheur de tous. Et, dès que le sol entre à la propriété collective , les capitaux acquis par les générations passées y entrent nécessairement : moins, ce qui est nécessaire pour que la consommation et la production soient toujours au maximum possible des circonstances.

Si, ce publiciste n'y prend garde, la société actuelle, le fera, même malgré lui, entrer à l'Académie des sciences morales et politiques, foyer des conservateurs. Depuis longtemps, ils ont sur le coeur : que, ce publiciste ait pu leur dire :

— « Âppeles-vous donc consbavatiuis tant que tous Toudres , hommes d*Ëtat à petites vues et à petite portée, nous rirons de pitié ; car ratcnn lb maintikh n'un état fébrilb bt maladif, au ubu db chbbchbb LE REMÈDE EFFICACE, c*est le propre de I'iiibptie bt db la sottisb. p

— El, ce qu'un académicien pardonne le moins; c'est, qu'on

354 SGIBNGB SOGULB.

l'appelle soi ei inépie : quand même TiDjure partirait du bon Dieu.

Quant; à Tabolition des nationalités'; présenter cette idée à la sociélé actuelle; c'est-à-dire : à son représentant rAcadémie des sciences morales et politiques; c'est^ présenter de l'eau à un enragé. Et , cependant > un publidste du même nom que celui que je viens de citer a dit : Tant, qu'on se battra en Europe, œ sera une guerre civile. Or, ce mot Europe signifie : eivilisaiion européenne ; et la civilisation européenne, c'est le monde. C'est, bien prêcher ; la nécessité d'anéantir les nationalités. Aussi, il n'est point d'injures que les hommes d'État ; à petite vue et à petite portée, n'aient jetées à la face de ce dernier publiciste; lorsqu'il a été malheureux, bien entendu ; et, le prince des économistes, autre représentant de la société actuelle, s'est hftté de lécher les bottes de celui qui avait , par hasard , renversé le partisan de l'unité universelle.

Lorsque , ces Messieurs ont claquemuré H. Michel Chevalier, dans l'enceinte de l'Académie des sciences morales et pooulques ; c'est, aussi parce qu'il venait de dire en 1848 :

— « L'Europe esl un seul et même peuple dont lei différentes nattODs sont les provinces, et Vhumanité tout entière n'est qu'une seule et même nation qui doit tm ttov par la loi d*ane nation bien ordonnée, à m- Toir u LOI PI jusTiCB, qui est la loi db LiBiari. »

•— Et, le remède a*été efficace. Depuis cette époque, M. Michel Chevalier n'a plus présenté d'eau à ces messieurs. Tout au contraire, il n'a cessé de prétendre : que, le libre échange, au sein des nationalités, est le nouveau Messie devant effacer : tous les péchés de l'humanité. Ainsi soit-il.

Il est évident : que , la société actuelle a horreur de la lumière ; et, que vouloir, par le seul raisonnement, avant que l'anarchie ne l'y ait forcée sous peine de mort sociale, convaincre une société d'albinos qu'elle doit adorer la lumière; est une utopie, élevée : h la dernière puissance possible.

Concevez-vous maintenant : pourquoi la science sociale, quoique rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour l'actualité, complètement inutile?

SGIBKGS SOGIALB. 565

C'est, tiue pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et^ que pour raisonner juste» il faut un cenreaui non paralysé ; parles pr^ugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre » de paix et d'union m préiente, dit Bastiat^ elle a beau aToir pour elle la clarté et la Térîté, lUi tiodvb la

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