MACHINES
La science sociale, rendue rationnellement incontestablei visà-yis de tous et de chacun, établit :
Que, les machines sont des outils ;
Que les outils (utilis), les machines sont utiles à la production ; qu'elles anéantissent, ou mieux, qu'elles réduisent prèsque à rien, le travail de/orw, le travail musculaire ^ le travail de bra^y pour ne laisser subsister à la rigueur ; que, le travail de rintelligence ;
Que les machines sont des capitaui ;
Qu'aussi longtemps que le capital domine le travail ; c'est-à* dire : qu'aussi longtemps : que, les possesseurs du capithl : do* minent les travailleurs sans capitaux ; dominent les travailleurs chez lesquels les développements de l'intelligence sont presque nuls, parce que ces développements sont monopolisés par les possesseurs des capitaux ; qu'aussi longtemps, par conséquent^ que les travailleurs qui n'ont pour vivre, que le travail de JorcBy le travail de leurs bras, travail auquel ces possesseurs de capitaux suppléent par les machines, restent soumis aux possesseurs des machines ; les machines sont : ce qu'il y a be PLUS nuisible aux travailleurs, n'ayant pour exister : que le seul travail de force ; que, le seul travail des muscles ; que> le seul travail de leurs bras ; travail que les machines peuvent inutiliser au profit des capitalistes : parce que les machines, même quand elles fonctionnent, coûtent moins à nourrir : que, des esclaves domestiques ; parce que, lorsqu'on ne les fait pas fonctionner, il est possible de les laisser rouiller : sans craindre qu'elles fassent des révolutions; et, que les prolétaires, les es-
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claves sociaux, quand on les laisse mourir de faim, n'ayant nul besoin d*eux^ sont assez déraisonnables, surtout en époque d'incompressibilité deTexamen^ pour s'imaginer : que, si même cette situation appartient à une justice relative; elle n'appartient cependant point : à la justice absolue.
La science sociale établit en outre :
Que, du moment que le travail domine le capital ; que^ du moment que le capital se trouve l'esclave de l'intelligence, Tesclave de l'humanité; que^ du moment que l'intelligence est généralement développa, sans l'ombre d'un monopole quelconque, et sans l'ombre d'une exception ; le travail de force disparaît, pour ainsi dire, de l'humanité; que, le travail devient presque exclusivement relatif à l'intelligence; et, que les machines remplacent les esclaves domestiques et les esclaves sociaux, au profil : de l'humanité tout entière.
La société actuelle, au contraire, proclame :
Qu'il n'y a pas deux sociétés : l'une, sous laquelle le capital, ou la matière, domine l'intelligence; sous laquelle les possesseurs de la matière dominent ceux qui sont exclus du domaine de la matière; et, par conséquent, du domaine des développements de l'intelligence; société, réduisant ainsi : la production et la consommation, au minimum possible des circonstances; l'autre, sous laquelle tous possèdent.: et la matière; et les développements de l'intelligence au maximum possible des circonstances, société rendant, par conséquent : la production et la consommation, toujours au maximum possible, aussi des circonstances;
Que, la domination du capital, sur le travail, est une utopie, ou plutôt : une invention de méchants, pour troubler la tranquillité de personnes, déjà assez malheureuses : puisqu'elles n'ont pas assez d'appétit pour manger ce qu'elles ont;
Que, le capital et les machines ont toujours été ce qu'ils sont; et, qu'ils seront toujours ce qu'ils ont été ;
Que, le seul espoir des prolétaires est dans l'augmentation des capitaux et des machines ;
Qu'il faut enfin : vouer à l'excécration publique ; et, surtout, à mourir de faim; quiconque est assez pervers, pour oser proposer, dans le but de soulager les masses : un autre moyen, que
cette même augmentation des capitaux et des macliines ; et cela : parce qu'il n'y a absolument rien à changer : à Torganisation actuelle de la société.
A la vérité, un membre de l'Académie des sciences morales et politiques, M. le baron de Morogues, a osé dire, en parlant de la société actuelle :
— « Elle a eu surtout pour but la création de la richesse et non sa répartition dans les masses , en sorte qu'il en est résulté raccroissement progressif de la misère des classes inférieures , concurremment avec la créfttion des richesses nouvelles, concentrées dans les sommités de Tordre social. »
•— Et, cet exemple a été pernicieux. Un économiste célèbre, placé dans la première chaire d'économie politique du monde, M. Michel Chevalier enfin, a osé dire, dans son premier discours d'ouverture :
— « Les ouvriers de Brighton ont eu raison de dire : « Les machines, qui devraient être nos esclaves, sont devenues nos plus redoutables concurrents. » Ils ont eu BAisoN de les comparer à ce monstre d'une légende allemande, qui, après avoir reçu la vie, ne l'employait qu'à persécuter celui qui la lui avait donnée. »
— Hais, la société actuelle, malgré la sortie faite par H. le baron de Morogues, s'est empressée de claquemurer M. Michel Chevalier dans l'Académie des sciences morales et politiques, ne croyant pas possible : qtfun second exemple de semblable indiscrétion pût sortir de son sanctuaire.
Il est évident : qu'aux yeux de la société actuelle, et sans, pour ainsi dire l'ombre d'une exception : le développement intégral des machines, sans aucune subordination à une nouvelle organisation ; est ce que le développement intégral des passions, malgré toute opposition de la raison, se trouve être pour les fouriéristes; le comble du bonheur social. Si, la société actuelle voyait la charrue à vapeur arriver à bon port ; charrue, qui conduirait à la mort, par la misère, vingt-cinq millions de prolétaires agricoles; elle ferait chanter un te DEUM : à chaque ouverture d'Académie.
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Vouloir, par le seul raisonnement ; et, avant que Tanarchie ne i*y ait forcée sous peine de mort sociale ; conyaincre une pareille société, qu'elle est académiquement toquée; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.
Concevez-vous, maintenant : pourquoi la sience sociale, quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, doit être, pour Tactualité complétemait inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et^ que pour raisonner juste, il faut un cerveau non paralysé par les préjugés.
«-» «i Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, bua tkouti la i»UGB païai. 9