‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 53 sur 70 · PROPRIÉTÉ · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉ

La science sociale, rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun , établit :

Que, la propriété n'est autre : que l'expression du raisminement ; que l'appropriation de la richesse, par le raisonnement;

Que, la propriété est éternelle : comme le raisonnement; comme l'humanité ;

Que , vouloir porter atteinte à la propriété , est aussi sot : que, de vouloir porter atteinte à l'éternité ;

Mais , que si la propriété appartient au domaine de l'éternité; l'organisation, de la propriété , appartient au domaine du temps ; et , que l'organisateur de la propriété, imposonnel par essence, est exclusivement : la NÉCESsnÎ6 sociale ;

Que, pendant Tépoque d'ignorance sociale, sur la réalité du droit ; et , de possibilité de comprimer l'examen ; la nécessité sociale exige :

Qu'un droit hypothétique soit , socialement , accepté comme réel;

Que^ celte acceptation exige : la domination du sol, c'est-àdire : la domination des propriétaires du sol : sur les propriétaires du capital; et, sur les non propriétaires;

Que, cette domination exige : l'hérédité du sol, par droit de primogéniture ;

Que, pendant l'époque d'ignorance sociale sur la réalité du droit; et, d'impossibilité de comprimer l'examen; la nécessité sociale, quant à la théorie, est.... rANARCHiE :

Par l'impossibilité d'exister mÉRARCHiQUEMEiiT, sans droit : soit RÉEL ; soit, socialement accepté comme réel ;

Par l'impossibilité de faire accepter, alors, un droit hypUhé^ tique comme réel ;

Par l'impossibilité, à cause de l'ignorance sociale, de faire accepter le droit réel ;

Que, pendant cette même époque, la nécessité sociale, quant à la pratique, est : la domination du capital; c'est-à-dire : la

(1) Voyez : PROPmiMt , étude vi, t. III, De Véconomie polUique, source des révolutions.

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domination des propriétaires du capital : sur les propriétaires du soi ; et , sur les non propriétaires ; par l'anéantissement , quant à la transmission du sol, do droit de primogénitun^.

Que, lorsque Tanarchie a porté ie mal social à un excès suflisant; la nécessité sociale exigb :

La recherche » la découverte et l'acceptation sociale de la réalité du droit.

Et, que ce droit exige :

L'entrée à la propriété collective, du sol et des capitaux acquis par les générations passées.

Alors, le travail 9 l'urrELUGENCE draiine : le sol et le capital ; c'estrà-dire :. domine la matièrb.

La mteie science sociale établit en outre :

Que, la propriété est essentiellement matérielle; et, que vouloir donner le nom de propriété, à la faculté de travailler, intelleciveUe par essence » en disant , par exemple : que , la fâ* culte de travailler est une propriété ; c'est, confondre l'homme avec la mati^re ; et, donner lieu à des sopbismes , justiGanl le perpétuel esclavage des masses.

La société actuelle, au contraire, confond : la propriété, éter* nelle par essence ; avec Y organisation de la propriété ^ contingente par essence, et relative aux nécessités sociales (1). Si, par exemple, le bon sens suggère : que, l'organisation actuelle de la propriété, qui aliène, aux individus, le sol et les capitaux acquis par les générations passées, est une organisation de propriété essentiellement anarchique ; et, que pour empêcher la mort sociale, il faut faire entrer, à la propriété collective, le sol et les capitaux acquis par les générations passées : sans faire tort à personne ; et, en faisant le bonheur de tous ; la société actuelle s'écrie : non pas que vous voulez porter atteinte à Inorganisation de la propriété; mais, que vous voulez porter atteinte : à la propriété.

Si , le bon sens veut répondre à la société actuelle : qu'en

(1) — « La propriété, » dit M. Tarchevèque de Paris, dans son mandement du 21 juin 1851 ; « la propriété est inhérente à Thumanité. Les ■ lois civiles en règlent les conditions. »

11 est impossible : d'être plus précis, plus clair, et plus rationnel. Toute la question sociale se trouve expobôc dans ces deux lignes.

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1789» die a porté atteinte à l'organisatioii de la propriélé, e& abolissant le droit de primogéniiuie; sans, néanmoins, perler atteinte à la propriété; ia société actuelle, n'ayant éTidemment rien de bon à lui répondre, lui adresse des iAjuies; et, â ceux, qui soutiennent le bon sens, parlent un peu baut ; pour étouffer leur voix, elle les jette dans des geôles oellolaires, pires que les oubliettes du moyen ftge ; ou, les envoie k des anthropophages quelconques^ pour que oeux-d puissent leur manger la langue. Mais, la force brutale est bioi foible : contre la nécessité :

*- « Notre intelligence, dit M. Michel Chevalier, qaoi(|oe le prindpd représentent de la société actuelle, notre intelligence, dit-il, doit covber son orgueil devant les iitciMiTBs aocuLis ; lorsqu'elle t'emtêU a NiBR LIS FAITS, parce qu'elle ne les comprend point, les faits s'uposdt

BEUTALEMSIIT à clIc. »

•^ La société actuelle proclame en outre : Que la faculté de travailler est une propriété. Elle dit formellement par la bouche de M. Thiers, son prophète :

— « L'homme a, dans $et fmmUés permmtMês, un nmÉui no-

fMIStif T>R1«IR1 DS TOUTES LIS AUTEBS. »

— Auparavant, J. B. Say avait dit ;

— « La plus Sacrée des propriétés est celle des FAcnuis nuoHiouBs. •

— Et , avant J. B. Say, l'auteur de la Richesse des naUom avait dit :

— « Le patrimoine dn pauvre est tout enlter dans le f^rce et dbss redresse de ses doigts ; ne pas lui laisser ia libre disposition de cette force et de cette adresse, toutes les fois qu'il ne remploie pas an préjudice d'autres hommes^ c'est attenter à la plus indispensable des prtH priétéi. *

— Tout cela conduit : à la justiBcation de l'esclavage des masses.

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L'art du sophiste oonsisto : à prendre uaeexfmsskm : tantôt, dans un scos; tantôt , dans un autre; et , de la faire passer, iDdistinctemeot, d'un argument dans un autre, pour identifiai des propositions contradictoires : sans, que l'auditeur puisse s'apeioevoir : de l'escamotage. C'est ainsi, qu'un saltimbanque fait passer ses boules , d'un gobelet dans un autre : sans y que le spectateur puisse deviner : comment, cela a pu se faire. Voici, le sophisme mis à nu :

il y a propriéié, signifiant : caractéristique des choses; comme la pesanteur est une propriété des corps ; et, propriéfé, signifiant : une richesse qui nous est attribuée par les lois. Et, toute richesse, ne P oublies pas, est matiébe. Le mot faculté ^ au moins pris au propre, caractérise au contraire : Tétre réel , Vôtre à base immatérielle , étemelle , iocréée^ absolue. Car , si l'homme n'est qu'une machine, résultat d'organisme ou de création, le mot faculté, à son égard , ne peut être employé : que, figurément. Maintenant, la société actuelle veut donner les facultés, c'est-à-dire rhumanilé, comme propriété richesse. C'est , assimiler l'homme à la matière. Une fois , ce sophisme accepté; la société dit : toute propriété doit être imposée. Vous en concluez : que, le travail ^ c'est-à-dire la faculté de travailler^ DOIT ÊTRE IMPOSÉE : puisqu'elle est une propriété. Et, comme du moment que la moindre parcelle de Timpôf frappe le travail; le travail, supporte exclusivement l'impôt; il en résulte : que, faire accepter : que y la faculté de travailler est ^me propriété; c'est, faire accepter , implicitement : que, le paupérisme est une nécessité. AlorS;. l'esclavage des masses se trouve justifié; et^ il est possible de dire, par la bouche do M. Thiers : il mondo va da se. C'est, l'intronisation de la société bourgeoise.

Alors, la société actuelle , par la bouche deMalthus, vous crie :

— « Que cbâcuB eo ee monde réponde de soi et pour soi. Tant pU pour ceux qui lont de trop ici-bas ! On aurait trop à faire si on Toulait donner dn pain à tous ceux qui crient la faim ; qni sait même s*il en re»* terait asnz pour Us riches? »

-—Et, la société actuelle a incontestablement raison : si,

TorganisalioD actuelle de la propriété est la seule possible. Hais» avec de pareilles proclamatioDS, en présence de rinoompressîbilîté de Texamen , un court à Tanarcbie ^ à la mort sociale.

Vouloir : par le seul raisonnement; et, avant que l'anarchie ne ¥y ait forcé sous peine de mort sociale; convaincre la société actuelle : que, le paupérisme doit être anéanti ; que personne, désormais, ne doit souffrir la faim , non-seulement de pain, mais de quelque besoin raisonnable que ce puisse être; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.

Goncevez-vous, maintenant : pourquoi la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun , doit être , pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataraclée ; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau non paralysé par les préjugés.

— « Lorsqu'une doctrine d'ordre^ de paii el d'union se présente, dit Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté el la vérité, bllk tkoutk la

PLACE PEISE. >

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