‹ Science sociale (volume 5)Chapitre 60 sur 70 · LA FORCE · texte numérisé non relu

LA FORCE

Il faut avouer, cependant : que, cette doctrine n'obtient pas encore Tunanimité absolue. Certes, il n'y a pas une exception, par million d'individus ; peut-être^ pas même une exception par dix millions d'individus; mais, enfin, il y mi a^ En Toici, quelques-unes

— « Jl y a des hommes juxtaposés , il n*y a pas de sentimekt comkuk , si ce n*e&t peut-être la haine du régime auquel TouTrier est astreint. «

(Michel Chbyaueb.)

— « La misère publique est un grand fait social , particulier aux

temps modernes, et qui se manifeste de plus in plus à mesure que la

civilisation se répaud. »

(Blanqui, de Tlnstitut.)

— a La concurrence illimitée, qui est Tunique loi de Tiodustrieet qui rend les maîtres eknemis les uns des autres, les uhligc sous peine de banqueroute, c*cst-à-dire de mort industrielle, i augmenteb sans cesse la tâche de Touvrier en réduisant d'autant la rétribatîon de Tunité de travail, ce qu'en langage industriel on nomme le prix de la pièce. Elle a contraint l'ouvrier à regarder son voisin comme un rival, qui lui dispute son pain. 11 semble que le génie de la guerre ^ repoussé par le bon sens des nations et des gouvernements , ait cberché à se ménager dans rîndusirie un dernier asile^ et qu*il y ait provisoirement réussi. »

(MlGBBL ChBVAUBB.)

— « Essayes de persuader au pauvre, lorsqu^il saura bien lire et ne croira plu$ ; lorsqu'il possédera la même instruction que vous, e^sayet de lui persuader qu'il doit se soumettre à toutes les privations, tandis que son voisin aura mille fois le superflu; pour debniére bessourcb, il vora lb faudra tuer. »

(Chatbadbbund.)

— « J'ai v«té , avec la cbambre des députée , un crédit pour l'émancipation des NOIRS ; mais ne savez-vous pas que nos ouvriers blancs sont BEAUCOUP MOINS BBUBBUx QUB LB8 HOIRS dout on a réglé i'éoujicipfttion ? El, en vérité , je comprends qu'on ait parlé d'exporter des prolétaires franrnis pour les substituer aux noirs, puisque, les assimiler a ces der-

(1) Vous voyez : (|uc, pour le droit, certitude et preuves sont : des utopiesi

SCIENCE SOCIALR. 62B

yiERSy c'est leur donner une existence supériburb à celle qu'ils ont en France. »

(BSRRTER.}

— « Il existe en France deux millions de familles qui ont à peine le nécessaire^ et souvent même en sont pritées. »

(M. Tbiers.)

— € Les philanthropes sont insensibles à la misère du prolétaire français, au dénùœent de Touvrier qui habite le même toit qu'eux ; mais auss^itôt qu'aux antipodes quelques iniquités se commettent, oh ! alors leurs passions s'exallent : Thumanité qui souffre au bout du monde leur parait bien plus digne de pitié que celle qui languit dans leur propre patrie. »

(Louis- Napoléon Bonaparte.)

— « Aujourd'hui, la rétribution du travail est abandonnée au hasard ou à la Tiolence ; c*est le maître qui opprime ou Touvribr qui se révolte. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— «Si Ton jette un coup d'œil sur les destinées des diverses nations, on recule d'épouvante, et Ton élève alors la voix pour défendre les droits fie la raison et de l'humanité. En effet, que voit-on partout? Le bienêtre de tous sacrifié, non aux besoins, mais aux caprices d'un petit NOMBRE. Partout deux partis en présence : l'un, qui marche vers l'avenir pour atteindre l'ntiU' ; l'autre, qui se cramponne au passé pour conserver les abus. Là, on voit un despote qui opprime; ici^ un élu du peuple qui corrompt; là, un peuple esclave qui meurt pour acquérir son indépendance ; ici , un peuple libre qui languit parce qu'on lui dérobe sa victoire. »

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

— « Une telle situation est sans exemple dans l'histoire ; de quelque côté qu'on la considère , on ne voit que malheur. Que résultera-t-il de tout cela? Deux peuples sur un même sol, acharnés, irréconciliables, qui se chamailleront sans relâche et s'extermineront peut-être.

«4 Bientôt la même fureur gagnera toute l'Europe (1). L'Europe ne formera bientôt plus que deux partis ennemis. On ne s'y divisera plus par peuples et par territoires, mais par couleurs et par opinions. Et qui peut dire les crises, la durée, les détails de tant d'orages? Car l'issue n'eu saurait être douteuse, les lumières et les siècles ne reculeront pas. »

(Napoléon à Sainte-Hélène.)

— a L'Europe attend, sollicite la fondation d^dne nouvelle IociétsS Le vieux système est à bout. *

(Napoléon à Sainte-Hélène.)

— « Appelez-vous donc conservateurs tant que vous voudrez, hommes

;i) C'etft le inonde qui fallait dire. Ouvrez plutôt le» yetu! V. 40

6!26 SOlKNCfi SOCIALE.

d'Étal à petite vue et à petite portée^ nous rirons de pitié j car,

LE MAINTIEN d'dN ÉTAT FÉBEILS ET MALADIF, AU LIBC DE CHEECHKE L§ U- MÉDB EFFICACE, C'EBT LE COMBLE DE L*INEPTIE ET DE LA SOTTISE. »

(Lodis-Napolsom Bokapaetb.)

— « Il faut un remède aux inau]^ de Tindustrie ; le bien général dn pays, la voix de Thuinanité, Tîntérêt môme du gouTernement, tout Tezige

IMPÉB1EUSSMENT. v

(LoaiB-NAFOLÉOM BovAtAsn.)

— « L'industrie, cette source de richesses, n'a aujourd'hui ni règle, m organisation, ni but. C'est une machine qui fonctionne sans régulatenr ; peu lui importe la force motrice qu'elle emploie. Broyant également dans ses rouages les hommes comme la matière, elle dépeuple les campagnes, agglomère la population dans des espaces sans air, aflaiblil Tesprît comme le corps, et jette ensuite sur le pavé, quand elle n'en sait plus que faire, les hommes qui ont sacrifié, pour Tenrichir, leur force , lear jeunesse, leur existence. Véritable Satubke du travail , l'industrie déTore les enfants et ne vit que de leur mort. »

(Louis-NapolAom Bonafaeti.)

— « Pour la classe la plus nombreuse , qui n*a aucun superflu el par

conséquent aucun moyen de faire des économies , ce système (des caisses

d'épargne) est complètement insufGsant. Vouloir, en effet, soulager la

misère des hommes qui n'ont pas de quoi vivre ^ en leur proposant de

mettre tous les ans de c6lé quelque choie quUls n'ont pas, est «ne dérsstoii

ou une absurdité. »

(Louis-Napoléom Bohapaetv.)

— - « J'espérerais encore en la justice, si Tintérét du moment n'était la

seule morale des partis, »

(Louis-Napoléok Bonaparte.)

-* « La classe ouvrière ne possède rien, il faut la rendre propriétaira. »

(Louis-Napoléon Bonapabtb.)

— (( Elle n'a de richesses que ses bras ; il faut donner à ces bras un emploi utile pour tous. »

(Louis-Napoléon Bonapaetb.)

— « Elle est comme un peuple d'ilotes au milieu d'un peuple na

sybarites ; il faut lui donner une place dans la société et attacher ses

intérêts a ceux du sol. 9

(Louis-Napoléon Bonaparte.)

« — «La classe ouvrière aura pour elle seule ces trois produits ; elle sera à la fois travailleur, fermier, propriétaire, w

(Louis-Napoléon Bonapaitb.)

— Vous croyez peut-être : que, la nécessité du droit sera oubliée? Non

SCIENCE SOaALE. 627

— « La classe ouvrière est saks OftCAiriaAnoii st sans lien , sans DROIT ET 0ARS ATXNiR. D laut lui donner des daoits et un aterir, et la relever à ses propres yeux par L'AaeocuTiOH, L'ÉmrcATioir, la DuciFumi. »

(LomS-NAPOLÎON BOHAPAttt.)

— Voilà, quelques exceptions à la presque unaaimité de la société actuelle, proclamaDt : que, le travail est libre ; et, qu'il faut conserver la vieille société. Mais, numériquement, ces exceptions sont bien' faibles ; et^ si elles n'étaient appuyées, SUR LA NÉCESSITÉ S0GIAI.B ; elles Seraient complètement : impuissantes.

Aussi, vouloir, parle seul raisonnement; et, avant que l'anarchie l'y ait forcée sous peine de mort sociale ; convaincre la société actuelle : que, pour que le travail soit libre> le sol el les capitaux acquis par les générations passées, doivent entrer à In propriété collective, après que l'ignorance sociale sur la réalité du droit se trouve anéantie; est une utopie, élevée : à la dernière puissance possible.

Ck)ncevez-vous maintenant : pourquoi, la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable , vis-à-vis de tous et de chacun ; doit être, pour l'actualité, complètement inutile ? C'est , que pour bien voir^ il faut une vue non cataractée; et^ que pour raisonner juste^ il faut un cerveau, non paralysé : par les pr^ugés.

^ a Lorsqu'une doctrine d*ordre^ de paît et d'union se présente, dît Bastiat, elle a beau aToir pour elle la clarté et la vérité , KLti THOttE la

PLACE PRISB. »

— Et, pour ceux, chez lesquels la place est prise.

— « Leurs jeux, dit M. Guizot, ont, pour ainsi dire, la facnité de e'ooTrir et de se fermer selon leurs désirs. Ce qui est claie leur parait réellement obsgui ; ce qui est Pioott devient iKCsaTAm ou mémo VAVi, lU vivent plongés dans leurs propres ténèbres ; et quahd la Inmière eê^ saya de pénétrer, elle leur esta la fois msuPPOATABLB el oouTBDaB. n

— Ces deux passages sont admirables. Il n*y a pas de démonstration d'erreur, qui nVii fffre des milliers d'applications,

028 SCIENCE SOCIALKi

Je l'ai déjà dit mille fois : l'a aarchie, seule» peut abaisser les cataractes de l'ignorance sociale. Jusque-là » toutes les démonstrations possibles sont inutiles. Mais, il est du.devoir de celui qui les possède, de les présenter au public. Je remplis ce devoir. Le reste ne me regarde pas.

En présence des regrets que peuvent causer : et l'entêtement de rigoorance : et, les difficultés de lui abaisser les cataractes intellectuelles ; voici, néanmoins, des paroles consolantes :

— « Le 8ort commun de toute térité noatelle qui surgit est d'effrayer au lieu de séduire, de blesser au lieu de containcre. C'est qu'elle s'élauce avec d'autant plus de force qu'elle a été plus longtemps comprimée; eesL, qu*ayant des obstacles à taincre , il faut qu'elle lutte e) qu'elle renverse, jusqu'à ce que , comprise et adoptée par la généralité, bllb dktiehiik la BAn D'UN NOUVEL ORDRB SOCIAL. »

(Louis-Nafoléoit Bonâpabtb.)

VALEUR. CONSnTUTION DE LA VALEUR.

La sciefice sociale ^ rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun^ dit :

— « .Le mot valeur est une expression rklatitb : comme, tonte expression, 8AKS BxcBPTiOff AUCDNB, quî n*exprime point ce qui est étemel : soit, réellement; soit, illusoirement.

« Le mot matière n*a de valeur absolue, en réalité ; que, si la matière est éternelle. Si, elle est créée ; elle est relatite : au créateur.

n Le mot Dieu n'a de valeur absolue, en réalité ; que, si Dieu est éter* nel. S'il est inventé ; il est relatif : à l'inTention.

a Les Ames ne sont absolues , en réalité; que, si elles sont étemelles, immatérielles. Si, elles sont des résultats d'organisme; elles sont relatives : à la matière.

«Le mot CN n'a de voleur absolue : qne, par figure, par hypothèse. Et il en est de même : pour toutes les quantités mathématiques , considérées comme absolues. Le mot uk est l'hypothèse : d'une on de plusieurs existences , indépendantes de toute relation , par conséquent immatérielle an singulier^ immatérielles au pluriel ; dans tous les cas, égalbs comme immatérielles et étemelles ; ce, qui exclut l'unité éternelle seule ; puisque, toutes les autres unités feraient alors : unités créées ; unités illusoires et

sciEircE socULR. 629

reUlhres à leur créateur. Ainsi, lonie eiprossion quelconque ira qu*une vaUmr relatÎTe; excepté : l'expKstion Dieu, qui, si elle t une voleur «bsolue réelle, exclut toute antre valeur absolue ; les expressions dmei, qui, si elles ont des voleurs absolues réelles , excluent toute vakwr absolue iiiiique; et, l'expression matière^ qui, comme divisible, exclut : toute individualité réelle ; toute inditidualite absolue.

« Nous répétons : le mot valbur est une expression : axlatiyi par es-

— Très-bien 1 mais, relative à quoi?

--* «Par bleu t relatif à tout; si, tout est exclusivement relatif au matériel. Dans ce cas, tout étant relatif à tout; tout, a une égale vàlêwr; et il n*y a pas de valeur, C*esl, la consHMion de la valeur , pour M. Proudbon ; c'est, l'égalité du matérialisme ; c'est, le règne de la nécessité ; c^est, l'automatisme universel.

m Ainsi, les valeurs réelles ne peuvent exister : que^ s'il y a des immatérialités ; et, comme les v<Ueurs sont essentiellement relatives ; il ne peut j avoir de valeurs : que, s'il y a des immatérialites , des absolus ; unis, à des materialités, à des orgaoismef, à des relatifs.

c C'est clair comme eau de roche.

« Mais, y a-t-il : des immatérialités , des absolus ; en union : avec des matérialités, des relatifs ?

« Voilà, ce que la société ne sait pas encore ; ce qui fait que la société ne sait pas encore : si, elle peut savoir, plus qu'illusoirement. Mais, ù fu|)poser qu'elle puisse savoir, plus qu'illusoirement, ce qui est certain : c'est, que parler de valeurs^ avant de savoir s'il y a des voleurs; c'est, parler de valeurs : comme, les aveugles parlent des couleurs. »

— Eh bien I supposons qu'il y ait des immatérialités, etc ; unies, etc, ; alors, nous pourrons parler de valeurs*

— « Gerteinement, coomie les aveugles parlent des couleurs. Et, à quoi

vous servira votre supposition ; si^ vous ne pouves dire, d'une manière absolue; c^est-à-dire : d'une manière se déduisant des individualités éternelles : Là, il y a immatérialité unie à delà matérialité; là^ il y a exclusivement matérialité ? »

— Mais, à rien du tout. Et, cependant, je désire entendre parler, de valeurs : d'une manière raisonnable. Alors, établis-

630 SGIBMCK 80GUU.

sf7. vousrinôine les supposi lions que vous croyez nécessaires; puis, parle^-moi de valeurs, sans galimatias.

— « Soit ! j'y coQtens. Mais, n'oubliei pas ; que^ce ne sont que da» hjpotlièses ; hypothèses^ qui ont besoin d*étre démontrées iTmim] mamière rcttionnellement incontestable , sous peine de ne pouvoir que radoter : en parlant de valeurs. Ces hypothèses , j'ai roulu en démontrer la réalité ; Toiis-mème ne i^avei pas voulu. Alors, et si tous en ates besoin, cherches vous-même ces démonstrations.

t Je sdpposk (1) : que, la sensibilité est Tessence caraetéristique, des immatérialités unies à des matérialités.

« Jb suppose : que, Ton peut dire avec certitude absolue : ou, se déduisant des immatérialités reeonmies : Là , il y a immatérialité unie A un organisme; là, malgré toutes les apparences possibles de sensibilité, fl n'y a que matérialité, organisme.

<r Ji svpposs : qu'il y ait exclusivement sensibilité, immatérialité : chef rhomme.

« Jb 8VPP081 : que, l'humanité a exclusivement pour caractéristique le verbe.

(I Js 8ij?P0Ss|: qu'il n'y a : ni sensibilité , ni immatérialité, ni verbe, à partir du premier des singes ; que, vis-à-vis de l'homme^ tout ce qui n^est pas homme n'a de valeur réelle que relativefnent à Thomme; et, qu'en dehors de la relation à l'homme ; rien^ n'a de valeur.

a Voilà tout. Maintenant, nous pouvons parler valeur.

« Toute valeur étant : relative à Thomme ; subordonnée à l'homme ; rhomme , vis-à-vis de la raison , si la raison a une sanction éternelle ; rhomme, dis-je: domine la VfUeur ; et, ne peut être valeur. »

— Mais, la raison a-t-elle une sanction éternelle?

— « La sanction éternelle est une déduction : de l'éternité des âmes. Tant^ que la démonstration de l'éternité des âmes n'est point faite; la société ignore : si, la sanction étemelle existe. Mais, elle s'aperçoit : que, la croyance, ou la connaissance relative à cette sanction, est, pour elle : une nécessité d'existence. Alors, elle suppose cette existence ; et, elle la (ait accepter par la force : existant, chez les forts.

« Alors, les forts font la loi ; et, ils déclarent : que, l'homme faible peut être valeur : vis-à-vis du fort. Cette déclaration implique : que, le

(1) Ces suppositions ont été démontrées, dans le présent ouvrage- Ce que nous disons, ici, sur la VAtuun ; est extrait de notre Économie po- Htiqutf t. III, étude vin; Appendice, page 433 h 438.

SCIKNCE SOCIALE. 63 1

ort tenl est ttn homme; qn#, TMclave n'a pan H^Amo ; qn# KeirUfe rsl an animal. Voyes Abistots.

« Cette déclaration est une nécessité sociale , dérivant de l'ignorance ; comme^ l'a été la déclaration de réalité de sanction religieuse. Sans cela, il aurait fallu dire : que , le faible est un homme ; que, le singe est un homme; cpe^ le chien, Thnltre» le chou, la carotte, le cristal, etc., etc., sont des hommes. Alors, toui étant valeur ; rien, ne serait valeur ; et, nous arriTerions : à la constitution de la valeur, selon M. Prend hon.

c Et', quelle est la valeur du faible , vis-à-ris du fort? »

— Son travail.

— « TrèS'«bien ! Alors, le travail est eiclusif aux faibles : le faible travaille; le singe, le cheval, le sol, l'instrument, l'eau, l'air, le feu travaillent. Le fort ne travaille pas ; il commande, il jouit du travail ; il jouit des valeurs; lui seul est homme.

« Le fort raisonne, ou tout au moins s'imagine pouvoir raisonner. Et, tant que la force règne nécessairement; le fort seul raisonne bien ; la force étant, Tis- à-vis de la société : le sent critérium possible du bon raisonnement.

« Par le raisonnement , le fort aime à distinguer': les valeurs qui lui procurent des jouissances. Il appelle, plus particulièrement : valbue no teavail; ce, que font pour lui les êtres qui lui paraissent, comme lui , doués de sensibilité : les faibles, les éléphants, les chevaux, les ânes, etc.; vALBca nu SOL, la source de toutes les valeurs ; et, valeur du capital : le résultat du travail sur le sol ; ou, sur ce qui en provient.

c Le sol, étant la source passive de toute valeur; les forts s4le partagent ; dès, qu'ils croient cette appropriation utile : à leur jouissance.

c Cette aliénation faite, les forts, non-seulement sont les maîtres de la vie des faibles ; mais, chaque fort est d'autant plus fort : qu'il a plus de sol ; et, qu'il commande à plus de faibles.

« Les faibles sont : des blancs , des noirs , des éléphants , des chevaux , des ânes, des machines quelconques, des valeurs molHUères enfin ; que, Ton nomme : capital. Encore aujourd'hui, le principal, capital, d'une habitation coloniale , sont les nègref. La valeur des chevaux, et autre bétail, ne vient qu'après.

« Ainsi, tant que l'ignorance, sur les immatérialités, existe; il n'y a, sur un globe quelconque où se trouve Id raisonnement :

c Que, des forts ; et, des vcUeurSé

a Et les valeurs se divisent :

o En, capital, comprenant les faibles : blancs, noirs, éléphants, chevaux, etc.;

« Et, en sol.

632 SCIRNCE SOCIALE.

n Cet élal social , pour des raisons que nous avon^ énonrée« aHlenin , dore : autant, qu^il est possible de comprimer rezamea.

« Dès, que l'examen devient socialement incompressible, Vordre stahU ue peut plus se baser sur la force ; et , cependant : tant que, l'ignorance sur la réalité des immatérialités , sur la réalité de réiemelle sanction , n'est point anéantie; lordre stable ne peut encore* se baser : sur Us raison.

« Alors, la hiérarchie ue pouvant plus se baser sur la force ; il j a nécessairement : anarchie,

a En effet : dès, que Texamen est devenu socialement incompressible ; les faibles, au moins ceux qui peuvent se parler, se disent :

a Les forts nous considèrent^ comme des valeurs , en nous assimilant : aux éléphants, aux chameaux, aux chevaux, aux machines; et cela: parce qu'ils sont les plus forts. Eh bieni concertons-nous; et, nous serons forts aussi ; et, nous ne serons plus des valeurs ; et, nous aurons des veikurs.

« Mais^ les forts ne veulent point perdre, ce qu'ils oni de plus précieux, parmi leurs valeurs; et, ne veulent point partager les autres valeurs, ^lec ceux qu'ils regardent : non, comme des hommes ; mais, comme de simples valeurs. Alors, ils tuent les faibles, ne voulant point les admettre parmi eux. Mais, plus ily a de faibles tués ; plus, il surgit de faibles voulant devenir forts. En présence de Tincompressibilité de Texamen et de rignorance sociale, la révolte est une hydre : pour chaque tète coupée, il en renaît sept

Cl C'est alors : que, les prétendus économistes et les prétendus socialistes proclament comme remède : toutes les sottises qui vous ont martelé le bon sens, depuis 1789. Ils n'avaient qu'une seule bonne chose à dire; c^était : Nous sommes des sots, nous le reconnaissons. Cette seule bonne cho^e, ils ne veulent point la dire. Laissex-les s'égorger entre eux. Leurs enfanb, peut-être, seront moins sots.

(( Pour ciiesser d'être sot, il faut pouvoir dire :

« Là, il y a humanité ;

a Là, il n'y a que valeur. »

Si , quelque chose de mieux a été dit , sur la valeur ; nous prions nos lecleurs de nous pnrdonner : ce long extrait de V Économie politique.

Arrivons à la constitution de la valeur, A cet égard, la même science sociale établit : Que, si par l'expression hétéroclite constitution de la valeur, il faut comprendre la loi de l'échange; cette loi est aussi claiiv que possible.

D'abord, elle n'appartient point à Tordre matériel ; étant exclusivement relative : à l'ordre inlelleclu(»l ;

Sr.lKNCR SOCULF, 633

Ensuite, celle loi est relative : h Tétnl des connaissances;

Enfin, elle est déBnitivement relative: au Ircivail; et» au capital.

Void, cette loi :

Peadant^ l'époque d'ignorance ; le travail a ia plm petite m- /tftirpoMidfe vis-à-vis du capital; et cela : selon les circonstances.

Pendant, l'époque de connaissance; le travail a la plus grande valeur possible^ vis-à-vis du capital ; et cela : toujours selon les circonstances.

Ces valeurs sont socialement déterminées : eu ép(K|ue d'ignutance, parla concurrence des travailleurs, pour offrir leur travail aux capit^ilisles ; en époque de connaissance , par U concurrence des capitalistes, pour offrir leurs capitaux aux Iniva il leurs.

La société actuelle, au rontraire, proclame, sur la valeur du mot VALEUR, qu'elle donne comme base de l'économie politique : le chaos, le plus ténébreux^ d'innombrables galimatias, qu'il ait été possible à l'ignorance d'établir : pour^ se cacher, à elle-même, sa propre vanité (1).

Quant à la constitution de la valeur , ceux qui en parlent, prétendent : qu'elle doit dériver de l'automalisme; et, avoir )K>ur caractéristique : l'intuition réciproque; et, l'échange machinal. Par l'intuition réciproque^ chacun attache une même valeur à une même chose ; par l'échange machinal , les individusaffectés d'intuition réciproque, échangent nécessairement : queUes que soient les distances. Alors, les valeurs s'échangent nécessairement aussi; et, même sans que les propriétaires s'en mêlent. Concevez-vous^ maintenant : combien, l'automatisme est une belle chose !

Quand, les illustrations de la société actuelle sont parvenues à se pénétrer, de la réalité de l'automatisme; elles donnent^ pour VALEUBS d'expressions principales, les détinilions suivantes :

Par exemple, en parlant du talent, elles diront :

(1) Yoyn, à cet ég|ird| notre troisième volume à^Éconamie poUtique, ilude vtti; et, rAppeiuHce à cHie étude.

634 SCtBNGB SOCIALE.

— « Le talent d8t« dWdinaire, Taltribut d'une nature disgraciée, en qui rharmonie des aptitudes produit une spécialité eitraordinaire, smmutrueuse. Un homme n^ayant point de main écrit avec son ventre ; votU riuage du talent. »

— En parlant de l'artiste, elles diront encore :

-^ « L'idée du juste et de l'honnAte glisse sur son cour sans prendre racine; et de toutes les classes de la société, celle des artistes est la pins pauvre en âmes fortes et en nobles caractères. »

-^ En parlant de la fraternité, elles vous diront :

— a Fraternité! Frères tant qu'il vous plaira ^ pourru qne je sois le grand frère et vous le petit ; pourvu que la société , notre mère eomrau ne, honore ma primogéniture et mes services^ en doublant niaportion.%

— En parlant de charité :

— « Charité l Je nie la charité, c'est du mysticisme. Vainaoïaiit toas me parles de charité et d'amour ; je reste convaincu qnt tous ne m'aimes guère, et je sais très-bien que je ne vous aime pas. «

— En parlant de dévouement :

— « DéwmgmifU I Je nie le dévooament, c'est du mysticisme. Parlesmoi de DOIT et AYOïa» snU critérium, à mes yeux 9 da lusn et de l'm-

JOSTB, DU BIKH RT DU KAL. »

— Et encore :

-^ « La théorie dn dévouement, de même que celle des récompenses, est une théorie de fripons, éversive de la société et de la morale, p

— En parlant de Dieu :

— « Died ! Je ne connais point de Dieu , cVst eneAre du inyttlcisdif.

Commences par rayer ce mot de vos discours, si vous vonlei qne Je vonf

SCIBNCB SOCIALE. 635

écoula 9 car trois mille ans rrexpérience me Tont appris : quiconque mo parle ilc Dieu rn vont à ma liberté ou à ma liourso. Combien me JcTez- TOUS ? combien vous dois-je If Voilà ma religion et mon Dieu, n

— Et encore :

— «Le premier devoir de l'homme intelligent et libre est de chasser incessamment Tidée de Dieu de son esprit et de sa conscience. Car Dieu, s*il existe, est essentiellement hostile à notre natnre, etnons ne relevons aucunement de son autorité. Nous arrivons à la science malgré lui , au bien-être malgré lui, à la société malgré Ini ; chacnn de nos progrès est une victoire dans laquelle nous écrasons la divinité. »

— Et encore :

-— « S'il est nn être qui, avant nous et plus qne nous, ait mérité Tenter, il faut bien qne je le nomme, c'est Dieu. »

— El encore :

"— «cDieu est un être essentiellement anticivilisateur, antilihéral, antihumain. «

— Et, en parlant de religion :

-— « Uhomme est destiné à vivre sans religion. »

— Et encore :

— « La religion est désormais nn non-sens. Si je me trompe , le salut rie mon àme ne payera pas trop cher ce triomphe de la théologie. »

— Et encore :

— « La démonstration analytique et la certitude rationnelle sont l'opposé de l'esprit religieux. »

— Et encore :

636 àCIRNCR SOCIALE.

— « L'aTHAiSMI pratique (1) DOIT ÊTBI DKàOIMAIfl LA LOI Dl «ON GOn-l RT DE MA aAlSOR. »

•- Et, en parlant dô rhumanité :

— « Car, si c*ett uoe loi de rhamanité de se développer toujours dan» riodustrie, la science et Tart, c^est aussi' une nécessité pour Thomnie de sceller de son sang chacun de ses pas dans la carrière ; c'est une nécessité qu*il subisse une mort de plus en plus amère, qui lui fasse expier U délicatesse de ses sentiments, la vivacité de ses aiïectioos, la fécondité de ses travaux , la profondeur de son enthousiasme, la joie de ses voluptés; une mort qui , prenant autant de formes que la vie , atteigne l'homme dans le cœur, dans les sens et dans la raison , et Fanéautisse des milliers de fois ! Là MoaT I voilà notre raison dernière, voua lb dibu du kords ! Finis est ho^inis sicut jumenti. Or, si c'est uniquement pour mourir que nous avons élé tiré du mkaht , oi^ était la nécessité pour nous , pour Puni vers, d'en soKir? La créatiou, la vie, la nécessité, la Providence, Dieu ot l'homme, tout est absurde. »

— Et encore :

— ft L'homme, en tant qu'homme, ne peut jamais se trouver en cod-

Iradiclion avec lui-même; il ne sent de trouble et de déchirement que par la résistance de Dieu qui est en lui. En l'homme se réunis^nt toutes les spontinéités de la nature , toutes les instigations de l'être fatal , tofs

LES DIIDX n LES DBHOHi DE l'uNIVEES. »

— £t, en parlant de rimmortalité de l'Ame :

— « L'hypothèse de l'immortalité de Tâme renverse les fondement de la rerlitude. »

— E», en parlant de société :

— « La SOCIÉTÉ «st un être vivant , doué d'une inlelligence et d'une

activité propres. . • La réalité, j'ai presque dit la personnalité de Vkomme collectif est aussi certaine que la réaUté et la personnalité de Ckomme individu, »

(1) La négation : de toute sanction religieuse, de toute antre vie.

— Et, en parlant de propriété :

— « La pkopiiiktb, c^bst u vol. »

— El, en parlant de justice :

— « La justice se constitue par le vol, »

— Eu parlant de morale :

— fc N'onbliex jamais qoe la pitié , le bonheur et la temtu , de même

que la patrie, la religion et Tamour, sort dis vasques. «

— Et, en parlant de liberté :

— N Tons, tant que nous vivohs, nous sommes, sans nous en aperce'

voir, et selon la mesure de nos facultés et la spécialité de notre industrie,

DBS BBSSOBTS PBN8AHT8 , DBS BOUES PENSANTES, DES PI6K0ES PENSANTS, DBS POIDS PENSANTS, etc, d*une IMMBNSB MACHINE QUI PENSE AUSSI ET QUI YA TOUTE SEULE. »

— Puis , quand ces illustrations ont énoncé ces valechs ; elles ne rougissent point d'écrire, à propos de la possibilité de sanction religieuse, ou d'autre vie :

— « Que je bbcetbais avec amoub , que /evbbassebais atbc tbanspoit

CETTE consolante UTOPIE, 8*IL ÉTAIT POSSIBLE, JE NE DIS PAS DB M*EN FAIBE VOIE QUELQUE CHOSB, MAIS SEULEMENT DE LA BENDBE ACCESSIBLE A LA BAtSON ! »

— Eh bien I nous avons rendu la réalité d'autres vies incontestables vis-à-vis de la raison. Qu'arrivera-t-il? Les illustres, en fait de détermination de la valeur des valeurs , cracheront sur la démonstration.

Et, ne croyez point : que, les moins illustres soient plus déciles, à convertir à la vérité, que les plus illustres. Si, par le seul raisonnement, il y avnit un espoir de conversion ; cet espoir serait en faveur : des illustres.

Xxifsx^ vouloir, par le seul raisonnement; et, avant que l'a-*

640 SCIBNGB SOClALb.

DROIT ET LOI. — RÈGLE d'aGHON. — CRrrÊRlUM (i).

La science sociale, rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun, établit :

Que, pour la première période humanitaire :

Des DROITS hypothétiques y dérivant deRivÉïATioifS, chacune basée sur une foi, rendue socialement commune, au moyen d'une inquisition, dominant l'éducation et subordonnant l'instruction à l'éducation donnant comme réels : et, la révélation ; pt, le droit qui en dérive; sont inévitablement établis; sous la pression ; de la nécessité soaALE.

Que, la loi ; toujours, alors, censée être l'expression du droit; se trouve formutée : par l'interprète de la révélation, un pape, nécessairement réputé infaillible ;

Que, la règle des actions, toujours^ néanmoins, subordonnée aux nécessités sociales : la croyance en la révélation et raiiénation du sol ; se trouve être :

Pour les actions sociales : la conformité^ avec ce que le pape juge nécessaire, à l'existence de Tordre ;

Pour les actions individuelles : la conformité, avec ce qui est ordonné par l'éducation, elle-même formulée, par le pape.

Que, le seul critérium possible, est alors le pape;

Et^ que toute société qui s'éloigne des principes ci-dessus énoncés; tombe immédiatement, dans l'anarchie.

Que, pour la seconde période humanitaire :

Tout droit hypothétique devient impuissant; et, comme alors l'ignorance, sur la réalité du droit, n'est point encore anéantie; il s'en suit : que, pour cette période, il n'y a pas de droit : ou plutôt : que, la loi ; qui, pendant la première période, était censée être l'expression du droit; se trouve étie, elle-même : la source du droit.

Que, la règle des actions, alors exclusivement subordonnée à une seule nécessité sociale : celle de la souveraineté du * peuple; résultant des souverainetés individuelles; se trouve être :

(1) Voyez notre Économie politique ^ t. 1, Étcdes ui.

Pour les actions sociales : la conformilé avec IcsdécisioQs de la lorce brutale, variables comme les passions de la collectivité;

Pour les actions individuelles : la conformité avec les décisions des opinions de chacun ; variables, comme les passions de chaque individu ;

Que, le seul critérium, possible^ est alors : la force;

Et, que toute société, ayant une durée plus qu'éphémère, est alors : impossible.

Que, pour la troisième période humanitaire.

Le droit réel étant alors démontré, d'une manière rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun ; ce droit : par Tanarchie, alors inhérente à toutes les sociétés, à cause de l'absence de droit; et, par la nécessité d'un droit, pour pouvoir vivre socialement ; et, par l'inévitabilité des communi- Cillions existant, alors, entre toutes les sociétés; devient :1e seul droit possible, pour l'humanité tout entière.

Alors, la loi est l'expression du droit réel ; œmme, pendant la première période, la loi se trouve être l'expression : du droit hypothétique; du droit révélé.

Alors, la règle des actions est la conformité, avec ce qui est ordonné par la souveraineté rationnelle :

Pour les actions sociales :

V L'entrée, à la propriété collective : du sol ; et, des capitaux acquis par les générations passées ;

2^ L'éducation et l'instruction données à tous et à chacun , avec un égal soin ;

3° Une dot sociale, donnée à chacun, proportionnée à la richesse sociale;

Pour les actions individuelles :

La conformité, avec ce qui est prescrit par la conscience de tous et de chacun ; prescriptions toutes essentiellement identiques : par l'unité d'éducation et d'instruction, dérivant de l'unité de la science; do l'unité de la raison, rendue incontestal»le ; science ou raison, alors, essentiellement : identiques et souveraines.

Alors, la loi est toujours, réellement, l'expression du droit ; comme, sous la première période, la loi se trouvait être, censément : l'expression du droit.

Alors, le critérium, servant à distinguer, scientifiquement^ absolument^ la vérité de Terreur; est Tame démontrée : réelle, immatérielle, éternelle; d'une manière rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun; avec possibilité de toujours pouvoir dire : là, il y a âme, vérité, réalité ; là, malgré toutes les apparences possibles, il n'y a pas âme; il n'y a, en tant que vérité, réalité : qu'erreur ou illusion.

La société actuelle, au contraire, ne distingue nullement : ni, les périodes humanitaires ; ni, Tépoque d'ignorance de l'époque de connaissance sur la réalité du droit. Appartenant à la seconde période humanitaire, dont la souveraineté est la FORCE BRiTTALE ; cUc nie le droit ; et, n'a de loi et de critérium possibles : que, l'expression de celle force.

Voici, comment s'exprime, sur le droit, un des interprHcs de la société actuelle ; l'enfant terrible de cette même société ; qui, ose dire : ce, que les autres pensent.

— « Je crois, dit-il, à des besoins sociaux, non à des droits naturels. Le mot DROIT n*a aucun sens pour mon esprit , parce que je n*en Tois nullement la traduction dans la nalure ; il est d'iHVEKTiON hdmaikb, et i ces titres il m'est suspect. Il varie en tous lieux, en tous temps; il est sujet a controverse et se discute dans ses détails jusqu'au sein du fojer domestique. On rencontre toujours -deux avocats pour chaque causA , et le jugement varie à tel point que nos codes sont devenus des répertoires de contradictions. Aux temps de la foi, la règle est sûre : elle est parce quelle est; mais les temps de foi sont passes, et jusqu*à ce que Dieu les suscite encore, nous nous débattrons dans les fers, dans Tincohérence, dans Tabsurde. »

(RoHiEU, h Spectre rouge,)

— Quel admirable tableau I de la seconde période bumaoitaire.

— a Le canon SEnL, dit-il encore^ peut régler les questions de notre siècle, et il les réglera, dùt-il venir de Russie. »

— a Oh! FOI ET FORCE, dit encore Tenfant terrible de la société actuelle , oh! foi et force, leviek unique des mouvements humains, it o'j a rien^ en dehors de vou.s <iue d'impuissant et de factice! »

— a On a plaisir, dit ailleurs fenfant terrible, à se rappeler lesparoles de M. de Galonné^ écrivant à la noblesse française au moment où cainluençait cette guerre gigantesque de la révolution.

« Ne TOUS dissimules pas qu'il existe une luile terrible entre rimpri- « merie et rartillerie. Quel en sera le fruit pour le trisie genre humain? « La Providence, qui plaça & la même dite ces deux iuTentioA dans h « marche des temps et des événements , a-l-elle voulu proportionner le « remède au mal? »

• 11 est bien temps que le remède opère! Et ce sera justice. Je ne regretterai pas d'avoir vécu, si je peux voir une bonne fois châtier et fustiger la POULE, cette béte cruelle et stupidc, dont j'ai toujours eu horreur. Regardez-la, quel que soit son costume, blouse ou habit; quelles que soient ses mœurs, son éducation, ses croyances, dans un salon ou,...; regardez la FOULE partout et toujours, et vous la trouverez^ non pas folle, mais imbécile, mais brutale et niaise à faire vomir. Il semble^ dès que les hommes sont réunis en masse, qu'un magnétisme de bêtise et de Tulgarité ^c développe et change subitement d'honnêtes gens en crétins ou en furieux. 9

— Dès, qu'il n'y a plus de foi commune ; et, pas encore de science commune; c'est, parfaitement vrai. M. Romieu n'a pas de foi; car, il nie le droit. M. Romieu n'a pas encore de scie>xe; puisqu'il nie le droit. M. Romieu appartient à la foule; m. Romieu se fait horreur à lui-même. M. Romieu est le véritable représentant de la société actuelle; la société actuelle se fait horreur à elle-même.

M. Romieu est un fou, crie la société actuelle, voulant désavouer l'enfant terrible. Cela vous regarde, société. Direzvous aussi : que le secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences morales et politiques est un fou? Gela vous regarde encore. Mais, voici ce que dit M. Mignet :

— « Il n'y a pas encore eu d'autre souverain que la force. »

— Certes, c'est infiniment plus sage : que, ce que dit M. Romieu. Mais, enlin : ce n'en est qu'une traduction

polie.

Aimez-vous mieux Aristote : que les parlements ont défendu

de contredire : sous peine d'être pendu?

a Les DROITS, dit-il, varient selou les vues de Torganisation politique ; la justice se modifie dsns le même rapport. »

6ii SCIENCE SOCIALE.

— Vous voyez : que , MH. Miguet et Romieu n'ont fait que traduire Âristote.

Maintenant , et pour arriver à la loi, aimez* vous mieux un professeur de l'histoire du droit, dans la première chaire du monde? Vous allez être servi.

— « Le DROIT POSITIF, dit M. Poncelet ^ esl le contenu de la loi^ la loi crée le droit. Le législateur proclame ce qui lui parait droit naturel : c*est là Grotius.

« Il y a une opinion opposée qui prétend que la loi n^estque la reconnaissance du DBOIT.

« Il n'est pas shgore décidé si lb droit vient de la loi, ou si la loi vient du droit »

— Théoriquement, M, Poncelet a raison; mais, pratiquement le droit et la loi, pour la société acluelle, viennent de la force brutale.

Quant, au critérium de vérité ; et, aux règles d'actions tant individuelles que sociales ; tous les enfants terribles vousdiront : qu'il n'y a d'utile, sous 'ces différents points de vue: que, le

knout, la trique, la baïonnette ou le canon. Les autres ne

sont pas des enfants terribles ; mais, ils tâchent d'être les

plus forts.

Vouloir, par le seul raisonnement; et, avant que ranarchie l'y ait forcée sous peine de mort sociale; convaincre la société acluelle : qu'elle est aussi sotte : sur la loi que sur le droit; sur les règles d'actions que sur le critérium de vérité; est une utopie , élevée : à la dernière puissance possible.

Concevez-vous , maintenant : pourquoi, la science sociale , quoique rendue rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun ; doit être, pour l'actualité, complètement inutile? C'est, que pour bien voir, il faut une vue non cataractée; et, que pour raisonner juste, il faut un cerveau, non paralysé : par les préjugés.

— a Lorsqu'une doctrine d'ordre, de paix et d'union se présente, dit

Bastiat, elle a beau avoir pour elle la clarté et la vérité, elle trouve là

PLACE PRISE

— Et, pour ceuxichez lesquels la place se trouve prise.

SCimCB SOCIALK. 64n

— « Leurs yeux, dit M. Guizol, ont pour ainsi dire la faculté de s^ou- Yrir et de se fermer félon leurs désirs. Ce qui est clair leur paraît réetteinent obscur, ce qui est PBOUvé devient imcektain ou même faux. Ils vivent plongés dans leurs propres ténèbres , et quand la lumière essfaye de pénétrer, elle leur est à la fois insupportable et douteuse. »

— Ces deux passages sont admirables. Il n'y a pas de démonstration d'erreur^ qui n'en offre des milliers d'applications. Je l'ai déjà dit mille fois : Tanarchie, seule, peut abaisser les cataractes de Tignorance sociale. Jusque-là^ toutes les démonstrations possibles sont inutiles. Mais, il est du devoir, de celui qui les possède, de les présenter au public. Je remplis ce devoir. Le reste : ne me regarde pas.

En présence des regrets, que peuvent causer : et l'entêtement de l'ignorance; et, les difficultés de lui abaisser les cataractes intellectuelles; voici, néanmoins, des paroles consolantes.

— « Le sort commun de toute vérité nouvelle qui surgit e:ft d'effrayer au Heu de séduire, de blesser nu lieu de convaincre. C'est qu'elle s'élance avec d'autant plus de force qu'elle a été- plus longtemps comprimée; c'est qu'uyant des obstacles a vaincre, il faut qu'elle lutte et qu'elle renverse,

-jusqu'à ce que, comprise et adoptée par la généralité, elle devienne la

BA<E o'dN nouvel ORDRE SOCIAL. »

(Loou-Napolêok Bonaparte.)

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