NATIONALITES
La science sociale, rendue rationnellement incontestable visà-vis de tous et de chacun, établit :
Que, le droit : soit, réel ; soit, socialement accepté comme réel ; religieusement formulé et sanctionné ; esl, exclusivement la base : do toute société possible ;
Que, la loi ne doit être que l'expression du droit; que, le droit est exclusivement : la base de la loi ; et non, la loi, la base du droit;
Que, pendant la première période humanitaire ; le droit, doit être formulé ; par le plus fort ;
Mais, que la sanction de la force brutale; étant, essentielle-
ment anarchique; et, se trouvant la seule, primitivement possible;
Le plus fort, alors, se trouve, néœssairement, obligé : de supposer la règle de droit, comme étant formulée et sanctionnée parla divinité; personnification : de l'éternelle justice; de réternelle raison ; du droit éternel ;
Alors, le plus fort, maître de l'éducation et de Tinstruction, fait accepter la règle, par la foi en la révélation, au moyen de réducation; éducation, à laquelle il subordonne : l'instruction.
Et, pour que la règle, censée être l'expression du droit éternel, puisse apparaître immuable comme l'éternité; le plus fort établit un interprète, simple ou multiple, mais infaillible : au moyen duquel, la science du droit peut être changée, du blanc au noir; sans, que la règle ait rien perdu : de son immuabilité.
C'est ainsi, que le soleil, de mobile qu'il était, selon la règle des chrétiens; est devenu : parfaitement fixe.
Cet établissement du droit , de la formule du droit et de la sanction du droit, étant la nécessité sociale primitive; doit se retrouver; et se retrouve, en effet, à l'origine de toute société possible : quelle que soit sa couleur; et, quel qu'ait pu être son législateur.
Mais, des causes, multiples et déjà énoncées, occasionnât l'établissement de nouvelles sociétés.
Or, comme des agglomérations d*hommes, ayant : une même formule de droit, une même sanction de droit; et, le même interprète infaillible du droit ; constituent nécessairement une seule et même société; comme ces agglomérations ne peuvent, alors, différer, entre elles : que, par la force brutale, anarchique, par essence; il s'ensuit :
Que, toute agglomération d'hommes, voulant devenir : société particulière; société autonome ou nationalité; doit avoir : son interprète infaillible , qui lui soit propre; par conséquent : sa formule particulière de droit; en un mot : sa révélation
PAKTICCLIÉRE.
Et, comme chaque révélation rie peut être examinée, par ceux qui lui sont soumis, sans perdre sa puissance de base so-
ciale ; et, que si les sociétés différentes^ éUiienl en communication, chaque révélation particulière examinerait les révéla* lions étrangères ; ce qui, par la communication des examens, anéantirait toute puissance de droit chez les différentes sociétés en contact ; il s'ensuit :
Que, toute communication, entre les différentes révélations, primitivement les seules sociétés possibles; doit être interdite : sous peine de mort. C*est là, encore, une nécessité sociale; et, rhistoire est là pour prouver : que, toujours il y a eu obéissance à cette nécessité : tant, que les souverainetés, de droit divin, conservent leur énergie.
La même science sociale, établit en outre :
Que , dès que les souverainetés , de droit divin, perdent leur <'»nergie ; dès que, par une cause quelconque, la compressibililé do Texamen, ne peut plus, socialement, s'exercer d'une manière absolue ; il s'ensuit :
Que, là où l'examen ne peut plus être comprimé, le droit révélé perd toute sa puissance de base sociale ; et , que la force brutale, anarchlque par essence, devient, alors, la seule sanction possible : d'une règle aussi formulée par la force brutale.
Si, maintenant : la cause, qui empêche l'examen d'être plus longtemps compressible, est universelle ; si, les causes, qui rendent les communications inévitables entre deux nationalités , deviennent : aussi , universelles ; et également indestructibles ; il s'ensuivra :
Que, pour toutes les sociétés existant sur le globe, les révélations auront perdu toute puissance de base sociale ; et, que (les jorces brutales^ anarchiques par essence, deviennent les seules sanctions possibles ; de règles aussi formulées : par des forces brutales.
Il est évident : que, par les suites d'une anarchie, alors universelle elconlinuellementcroissante; l'humanité , disparaîtrait du globe; si, J'ignorance sociale : sur la réalité du droit; et, sur la réalité de son inévitable sanction ; ne venait à se trouveranéanlie : d'une manière rationnellement incontestable, vis-à-vis de tous et de chacun.
Alors, commence la troisième période humanitaire, relative à la souveraineté rationnelle.
6i8 f^ClKNCe SOCIALE.
II est évident; plus, qu'<^vident ; [K>ur quiconque n*est point intellectuellement aveugle : que» la nécessité sociale^ la nécessité humanitaire ; humanitaire, ne l'oublions pas; est : la soumission humanitaire ; la soumission de toutes les nationalités : à la justice éternelle ; à réternelle raison ; au droit étemel. GTesl, l'ANÉANTissEMENT : DES NATIONALITÉS.
La société actuelle, au contraire, prétend :
Que, le droit n'a nul besoin : d'èlre religieusement formulé et sanctionné.
— « La société, dît un de ses professeurs , est devenue etsentiélUmeni et irrévocablement laîqub. »
— « Désormais , dit-il encore, quoi qu*on fasse, TÉlat ne peut plus s*appujer sur une relijcion ; ce sont au contraire les religions qui demandent à 8*appuyer sur l'État, pour obtenir de lui un budget, le matériel du culte et une froiection efficace» »
— La société actuelle, essentiellement soumise à la souveraineté des majorités^ affirme, par cela seul : que, la loi est exclusivement : la base du droit.
Un professeur de l'histoire du droit , plus méticuleux et rougissant de la soumission du droit à la loi, se contente de dire :
— « 11 .11" est pas encore décidé si lk droit vient dk la loi, ou si la loi
VISNT DD DROIT. »
— C'est, laisser la question dans le cloute. Mais, à cet égard, le véritable interprète de la société actuelle est Bentlmm. H s'écrie, avec colère :
— « Le DROIT proprement dit est la création de la loi proprement dite ; les lois réelles donnent naissance au droit réel.
(I Quand on dit que In loi ne peut pas aller contre le droit naturel, on emploie le mot droit dans un sens supérieur k la loi , on reconnaît un droit qui attaque la loi , qui la renverse et Tannule. Dans ce sent antilégal, le root DROIT est le plus grand ennemi de la raison (1) et le plos terrible destructeur des gouTernements. »
(t) C'est très-vrai. Mais, sous-entendez : du plus fort.
SGfENCR .^OGIALK. 649
— C'est, toujours très-vrai. Hais, sous^ntendez : des couververnemenis hases sur la souveraineté du peuple.
Et, cela doit être : pui^ue la souveraineté du peuple n*est autre : que, la négation du droit.
La science sociale étabUt:que, du moment que l'incompressibilité de l'examen, en présence de Tignorance sociale a détruit tout droit supérieur àla loi, la souveraineté du peuple, la souveraineté de la force brutale est seule juge du droite entre les nationalités; et, qu'aussi longtemps que la force brutale est seule juge <lu droit, entre les nationalités; la force brutale est également le seul juge possible du droit : au sein, de chaque nationalité. Mais, la société actuelle proclame :
Que, la souveraineté de la force brutale n'est pas la souveraineté de la force brutale ; que, les nationalités peuvent se cliérir en sœurs; que les individus de chaque nationalité peuvent se chérir en frères; et cela sans droit; sans religion, et même sans gouvernement.
La société actuelle prétend encore :
Que les nationalités peuvent communiquer entre elles, sans aucune espèce de danger; qu'elles peuvent, réciproquement, examiner les droits, les religions et les gouvernements ; voire même, se communiquer réciproquement, ces examens; puis que droit, religion et gouvernement ne sont nullement nécessaires : à l'existence de l'ordre social , vie humanitaire.
Ici, vous refusez de me croire. Je vais alors vous le faire dire : par l'économie politique, représentant scientifique de la société actuelle; et cela : par la bouche du prince de l'économie politique : J. B. Say.
— « Les mœurs et les coutumes des nations, dit-il, leurs lois, leur ii- LiGioif, influent au plus haut degré sur le »ort des peuples ; cependant
ELLIi NI SONT PAS UNI CONDITION ESSENTIELLE DE LEUR EXISTENCE. »
— C'est, équivalent, à la décision : que, la force brutale n'est pas la force brutale.
Quant à penser : que, la nécessité sociale actuelle n'est autre : que, l'anéantissement des nationalités ; la société actuelle en est aussi éloignée ; que, de penser : qu'il lui est possible de vivre : sans manger ni respirer.
Maintenant, citons : soit, quelques erreurs sur l'anéantissement des nationalités; soit quelques exceptions aux folies de la société actuelle.
— a Les chemins de fer^ d il M. de Girardin, sont appelés à rapprocher enire eux lous les peuples du continent, à n'en faire quune seule grande famille, ayant les mêmes intérêts, le même avenir, la même politique, la môme devise : bespect des nationalités, liberté des hers. v
— Faire une seule famille, de plusieurs familles en communication nécessaire ; toutes, autonomes; ayant, chacune, un droit différent ; n'ayant déjuge du droit, que la force brutale; ayant des intérêts tellement différents : que, chacune d'elles ne peut augmenter sa richesse , qu'en augmentant son paupérisme; à une époque, oîi le paupérisme est devenu essentiellement anarchiquel est-ce donc ainsi que se forme : la conviction d'un homme d'État?
Le respect des nationalités et la liberté des mers , équivalent : à la liberté des forêts ; et, à la multiplicité des brigands.
— « Dès, dit encore M. de Girardin, qu'il n*y aura plus ni arro^s ni flottes (les rois le savent bien!), le lendemain il D*y aura plus de rojanfé, le surlendemain plus de nationalités; caries nationalités n^ont etles-roême^ de raison d'être que la rivalité des intérêts. »
— C'est là une erreur déplorable. Les nationalités ont leur raison d'être : dans l'ignorance sociale sur la réalité du droit: ef, dans l'impossibiUlé de tout soumettre à un même droit hypothétique. Les rivalités d'intérêts nationaux ont leur source dans les nationalités; et les armées, ainsi que les flottes, sont les conséquences nécessaires des nationalités.
• — « Si les hommes sont tous frères, ainsi qu'on nous Fenseigne, dit encore M« de Girardin, h quoi les nationalités servent-elles? »
— Les hommes ne sont frères : que, devant un même droit : réel ou hypothétique; mais, socialement accepté comme réel. Vous niez le droit. Vous acceptez la série continue. Alors, frère est un mot vide de sens ; et , vous êtes autant le frère d'une
huttre, d'une carotte ou d'une crudic; que, le frère de l'empereur de la Chine.
Écoutons quelques mots de ceux qui ont pressenti la nécessité d'anéantir les nationalités ; mais sans savoir : ni pourquoi? ni, comment?
— « Nous sommes parvenus à un état de société, dit M. Michel Chevalier, où l'on n'aperçoit que des grains de sable tans ciment, des atomes sans lien. »
— C'est, que le ciment social, ce lien social, est la communauté d'idées sur la réalité du droit. Or, cette communauté ne peut exister : que, par h foi; ou, que par la science, La foi n'existe plus ; la science n'existe pas encore.
^^ « L'Europe, dit encore M. Michel Chevalier (en 1848), l'Europe est nn seul et même peuple, dont les différentes nations sont les provinces ; et V humanité tout entière n'est qu'une seule et même nation qui doit ÊTRE RÉGIE par la loi d'une nation bien ordonnée^ à savoir LA loi de justice qui est la loi de liberté. »
^ Toujours le mépris des nationalités , le mépris des autonomies ; mais aussi : le désir de parler pour ne rien dire. Ck)roment distingue-t-on : la loi de justice réelle; de la loi de justice illusoire? Et, où se trouve Tinévitable sanction delà loi de justice réelle? Jusqu'à solution incontestable : loi de justice et loi de liberté sont des expressions vides de sens et éminemment anarchiques ; dès, que leur application pratique devient :