PROUVER
A Sainte-Hélène, l'empereur disait :
— n Une telle situation est sans exemple dans l'histoire. De quelque coté qu'on la considère , on ne Yoit que mslhours ! Que résullera-t-il dr tout cela? Deux peuples sur un même sol^ acharnés^ irréconciliables, qui se chamailleront sans relâche et s'axTEEMiNSBOifT pbut-étee.
« Bientôt la même fureur gagnera toute TËurope. L'Europe (1) ne formera bientôt plus que deux partis ennemis. On ne les divisera plus par peuples et par territoires, mais par couleurs et par opinions. Et qui peut dire les crises, la durée, les détails de tant d'orages! Car Fissue n*en saurait être douteuse : les lumièeee et les biâclbs ne eAteogbàdbeokt pas. »
— Jusqu'à présent : les lumières et les siècles ont progressé : du despotisme, vers l'anarcbie ; nous l'avons prouvé à satiété. Or, le progrès, vers l'anarchie, est une marche accélérée : vers la mort sociale. Et certes, ce n'est pas là, ce que voulait l'om-
(1) C'eat le monde qu'il fallait dire.
pereur : lui qui avait horreur de l'anarchie; et, qui n'a abdiqué :
que, pour éviter l'anarchie. Je le sais. Alors, que prouve ce passage de l'empereur T Vous allez le savoir.
— « L'Europe, disait-il encore k Sainte -Hélène, TEurope attend, sollicite LA FOHDATIOH d'uHE NOUYBLLB SOCIÉTÉ; LE VIEUX STSTÉHE EST A BOUT.»
— Toujours parfait d'observation. Mais en quoi consiste : le VIEUX système? Eq quoi consiste : la nouvelle soaÉTÉ? Voilà, ce que l'illustre martyr ne dit pas. Et s'il l'avait dit, il l'aurait énoncé : avec bonheur.
— « Tant qu'on se battra en Europe (1), disait encore le martyr de Sainte-Hélène, cela sera une guerre ciyile. »
— C'est vrai 1 Mais, tantjqu'il 7 a des nationalités, on se bat nécessairement ; et, une guerre civile ineitinguible ; c'est, la mort de l'humanité. Alors, comment est-il possible : qu'il n'y ait plus de nationalités ; comment cette possibilité peut-elle s'appliquer avant qu'il y eût nécessité absolue d'application ; et, comment cette nécessité peut-elle exister? Voilà des questions qui appartiennent à l'organisation sociale ; et, qu'il faut résoudre : avant, que la guerre civile puisse cesser.
— - « Depuis YÎngt-cinq ans , dit un publiciste célèbre , la France s^épuise en efforts pour établir un ordre de cboses durable. Les causes de trouble renaissent sans cesse, et la société ne fiiit que passer tour à tour d*nne agitation fébrile à une apathie léthargique. »
(Louis-Napoléon Bonapabte.)
— Admirable d'observation 1 C'est, qu'aussi longtemps, que l'organisation sociale reste en doute ; qu'aussi longtemps que l'organisation sociale, basée sur la foi, n'est plus possible ; et, que l'organisation sociale, basée sur la science, ne l'est pas enrore ; la société ne fait que passer, tour à tour, d'une agitation fébrile; c'est-à-dire : de l'anarchie; à une apathie léthargique; c'est-à-dire : au despotisme.
(1) Cest au sein de rhumani té qu'il fallait dire.
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— fli La société françaiu, dit le même publiciMe (1), n'obéit fias à une impulsion régulière, mais elle cherche une trace à snifre ; elle ne marche pas, elle erre à Taventure. n
— Toujours admirable d'observation ! Mais, cet état de la société est inévitable : dès, que l'organisation sociale tout
ENTIÈRE se trouve dans le doute.
— « Corruption d'un c5té^ dit le même publicistei mensonge de Tautre et haine partout : foilà notre état. »
— Je le répète : toujours admirable d'observation I Mais, cet état social est inévitable : dès que le droit ne peut plus se baser : sur ia foi ; et, qu*il ne peut encore se baser ; sur la science,
— « Siy dit le même publiciste, si l'on jette un coup d*œil sur les destinées dea diverses nations, on reeule d'épouvante, et l'on élève alors la voix pour défendre les droits de ia raison et de l'humanité. En effst, qne voit-on partout? Le bien être de tous sacriâé, non an besoin, naît ani caprices d'un petit nombre. »
— Ceci est admirable, comme bienveillance humanitaire 1 Mais, les masses sont nécessairement sacrifiées aux minorités :
tant, que l'organisation sociale ne peut être basée : sur la science.
— « La misère, dit encore le même publiciste, fait tous les jours plus de progrès en France, »
— La misère, fait tous les jours plus de progrès dans le
monde; parce que le paupérisme croit sur une ligne parallèle, à l'augmentation de la richesse. Et, cela sera nécessairement : tant, que l'organisation sociale ne peut être basée sur la science; et, que la nécessité sociale n'a point encore forcé : d'obéir i la science.
«-* « Notre intelligence, dit M. Michel Chevalier , doit courber son or* gueil devant les h écbssitbs sociales ; lorsqu'elle i'entéte à Hira ua faits,
(1) Il aurait pu dire : la société universelle.
SCnSKCC SOCîALR. 683
parce qnVIle ne lêi comprrad point, vu faits s'niPOsnfT «KUTAtmin- a