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FAITS HISTORIQUES RELATIFS A LA TERREUR DE L'AVENIR

« C'est la peur qui rend certaines époques stériles. »

Proudhon, Avertissement aux propriétaires, p. 51.

— « Une démocratie impatiente, justement convaincue que toute amélioration procède du gouvernement , demande l'obtention des droits politiques. Comprimez-la , ce sera une révolution ; accordez-lui sa demande, ce sera encore une révolution. »

Proudhon, De la création de l'ordre, p. 514.

— « Quiconque prêche le suffrage universel , comme principe unique d'ordre et de certitude , est menteur et charlatan ; il trompe le peuple. La souveraineté sans la science est aveugle.

« Quiconque, admettant la réalité d'une science sociale, rejette comme inutile la réforme politique, est menteur et charlatan : la science sans la

SANCTION DU TEUTLE EST IMPUISSANTE (t). »

la1., id., p. 432.

— « Nulle révélation désormais ne sera féconde, si l'instruction publique recréée n'eu devient le couronnement. Voulez- vous sur la terre éterniser le paupérisme, le crime, la guerre, les convulsions, le despotisme? Éternisez le prolétariat. »

Id., id., p. 518 (2).

(1) Il y a là un cercle vicieux dans lequel, la seule folie peut consentir à entrer. Lorsque le pouvoir connaît la science réelle, il l'impose à tous par les monopoles de l'éducation et de l'instruction. Au bout d'une génération, la science a la sanction de" tous; lis révolutions sont anéanties; et, tout monopole cesse d'exister.

(2) La science réelle anéantit : le paupérisme, les crimes, la guerre, les convulsions et le despotisme.

Avons-nous besoin de tracer ici le tableau historique de notre époque, pour le rapprocher du tableau d'empirisme qui précède? Nous ne le croyons pas! Chacun, parles événements quotidiens, peut juger : nous ne dirons point de la ressemblance ; mais bien, de l'identité.

Résumons : l'ensemble des causes empiriques; et, des faits, qui s'y rapportent.

A l'époque où la terreur de l'avenir reste le seul appui, sur lequel le despotisme puisse se baser; il faut, pour que les causes de l'anarchie quasi-permanente qui se prépare, puissent être parfaitement comprises : que, l'ensemble des despotes, auparavant considéré comme étant un, sous les rapports d'intelligence et de propriété; soit, désormais, considéré comme divisé, sous ces mêmes rapports ; et, qu'il en soit de même pour les esclaves.

Alors, des despotes, sous le rapport de l'intelligence, peuvent être des esclaves sous le rapport de la propriété ; et vice versa; despotisme et esclavage étant toujours relatifs : soit au monopole des développements de l'intelligence servant à l'exploitation de la propriété ; soit au monopole de la propriété, servant à monopoliser les développements de l'intelligence, pour réagir ensuite sur la propriété.

De ces considérations il résulte :

Des despotes de pouvoir, nommés : gouvernants;

Des despotes révolutionnaires;

Des despotes réformateurs;

Des despotes égoïstes, juste-milieux , conservateurs;

Des esclaves exploités, tant sous le rapport de l'intelligence que sous celui de la propriété ; masse, que les despotes nomment peuple : malgré le contresens, l'absurdité, d'attribuer, en même temps, cette dénomination ; et, à une masse d'esclaves ; et, au souverain .

Les despotes de pouvoir, ou gouvernants, veulent conserver le monopole des développements de l'intelligence ; d'où, dérive nécessairement : le monopole de la propriété.

Les despotes révolutionnaires, privés des bénéfices de l'exploitation de la propriété, veulent en avoir leur part, aux dépens de ceux qui en jouissent.

Les despotes réformateurs voudraient : qu'il n'y eût point d'exploitation ; mais, ils n'ont aucune conviction commune, sur ce qui doit être établi : pour que personne ne soit exploité.

Les despotes conservateurs égoïstes veulent conserver : tout gouvernement qui leur assure leur part d'exploitation; et, pour eux, le meilleur est celui : qui, assure une meilleure part.

Le peuple, pour autant qu'il n'entre point dans une classe despotique, soit sous le rapport de l'intelligence, soit sous le rapport de la propriété, reste inerte ; et, ainsi il se trouve nécessairement ballotté : entre les diférentes classes despotiques, selon les passions, les forces intellectuelles , ou même matérielles de chacune.

A cette époque, la caractéristique des despotes est : sous le rapport de l'intelligence, Y usage de l'examen;

et abstraction faite de l'intelligence, V usage de la propriété, l'un et l'autre usage dérivant alors d'un monopole.

A mesure que l'examen, devenu incompressible, se généralise ; et, pour aussi longtemps : que, l'incontcstabilité rationnelle ne se trouve point socialement établie ; le protestantisme, existant alors de plus en plus exclusivement, étend ainsi, continuellement, ses limites; le nombre des despotes, sous le rapport de l'intelligence, augmente proportionnellement ; et, celui des despotes , sous le rapport de la propriété, s'accroît lui-même, comme les développements de l'intelligence : car, l'accroissement de la propriété, dérivant de la production, est le résultat nécessaire : de ces mêmes développements.

Peu à peu, il n'y a plus dépeuple: dans le sens de masse inerte, de masse n'examinant point, ne raisonnant point ; il n'y a plus que des despotes, prétendant s'exploiter mutuellement : les uns, au moyen de l'intelligence ; les autres , au moyen de la propriété. C'est dire : que, dès ce moment, il y a anarchie : entre l'intelligence et la propriété.

L'anarchie, entre l'intelligence et la propriété, persiste :

1° Jusqu'à ce que l'intelligence ait découvert : les moyens de s'harmoniser, incontestablement, avec la propriété ;

2° Jusqu'à ce que l'intelligence ait reconnu : l'existence , rationnellement incontestable , d'une autorité sanctionnant nécessairement : les actions, dérivant des il. 1 \

tendances existant chez chaque être intelligent : vers ou contre cette harmonie ;

3° Jusqu'à ce que l'intelligence ait établi , au milieu de la société : la possibilité, et la nécessité, autant qu'il dépend d'elle, pour chaque être intelligent : de reconnaître cette harmonie, dont l'expression, rationnellement incontestable, se nomme règle d'action ; et, de reconnaître, en même temps, la certitude de jouir des résultats de cette harmonie : soit, par son propre travail, si ses facultés lui permettent de travailler ; soit , par le travail de la société, si ses facultés l'en empêchent.

La découverte de l'harmonie sociale, ayant pour expression une règle d'action rationnellement incontestable, eût- elle même une existence réelle chez quelques individus, ne peut, socialement, être acceptée; avant, que les maux, résultants de l'anarchie entre l'intelligence et la propriété, soient incontestablement et socialement reconnus : ne pouvoir être guéris, par le despotisme : monopolisant les développements de l'intelligence.

Mais, lorsque cette époque est arrivée ; la terreur de l'avenir, qui, jusque-là, avait prolongé l'existence du despotisme ; devient, elle-même, la cause : de la recherche, relative à la règle d'action rationnellement incontestable, pour le cas où cette règle n'eût point encore d'existence réelle, chez quelque individu ; ou, de son acceptation sociale ,3 pour le cas où cette même règle eût déjà été présentée, par quelque individu; et, jusque-là, méprisée par la société. Et, c'est ainsi :

que, la terreur de l'avenir devient, elle-même , la cause occasionnelle de l'harmonie sociale ; que, dès l'abord, elle paraissait devoir rendre : impossible.

Nous voyons, maintenant : que, le prétendu cercle vicieux, résultant de la terreur de l'avenir; et, qui paraissait devoir éterniser le despotisme ; ne se brise point; mais, qu'il s'use : et, parle développement graduel des connaissances, une fois que l'examen est devenu incompressible ; et, par l'anarchie, qui résulte de ce développement.

Nous verrons bientôt : que, déjà nous sommes arrivés à l'époque ; où, par l'effet du temps , ce cercle vicieux va se trouver anéanti. Mais, auparavant de le démontrer, nous devons : après avoir examiné le despotisme dans ses détails ; l'étudier dans son ensemble.

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