ÉTÉ QU'ILS ONT VOULU REGARDER CE QUI TOUVAIT
être, CE QUI DEVAIT ETRE. Élevons-nous à de plus hautes espérances, sachons que le territoire le plus vaste, que la plus nombreuse popu-
(1) Remarquons bien: que, ce désir secret de la liberté, n'est autre: que, le désir général, universel, d'être soumis, socialement, à la justice, à la raison.
(2) Cette liberté prétendue n'était : que, le droit des majorités, entre plusieurs, dominant une petite multitude ; liberté, toujours aussi éphémère : que, le prétendu ordre qu'elle est capable de produire.
lation, que tout se prêle à la liberté (1). Pourquoi, en effet , un instrument qui saura mettre le genre humain en communauté d'opinion (2), l'émouvoir et l'aninier d'un sentiment , l'unir du lien d'une constitution vraiment sociale, ne serait-il pas appelé à agrandir indéfiniment le domaine de la liberté , et à prêter un jour à la nature même des moyens plus sûrs pour remplir son véritable dessein? Car sans doute la nature entend que tous les hommes soient également libres et heureux (3). »«
L'addé S(eyès, Assemblée nationale, 20 janvier 1790.
— « L'unité est l'essence de l'ordre, car l'objet de l'ordre est d'unir; et la société même, dans sa notion la plus générale, n'est que la réunion des êtres semblables. Ou il n'y a pas d'unité, il y a séparation , opposition , combat , désordre et malheur.
« Pour qu'il y ait unité sociale, il faut que
chaque partie soit ordonnée par rapport au tout ; chaque individu par rapport à la famille ; chaque famille par rapport à la société particulière dont elle est membre; chaque société particulière par rapport à la grande société du genre humain; et le genre humain lui-même par rapport à la société générale des intelligences dont Dieu est le suprême monarque (4). »
L'abbé de i.a Mennais , Essai sur l'indifférence t. I, p. 275.
— « Si nous étions à une époque où les différentes nations de l'Europe fussent isolées entre
(1) Il est si peu vrai : que, tout se prête à la liberté : que, celle-ci est exclusivement relative : à la soumission volontaire sous le joug de la vérité.
(2) En présence de la presse, la communauté d'opinion est possible comme un bâton n'ayant qu'un seul bout. En présence de la presse, il n'y a de possible : que, communauté de vérité.
(3) Toutes les fois que l'on parle de la nature , comme étant un être, on tombe dans le galimatias. C'est un défaut, d'ailleurs, que ne peuvent éviter : ceux qui n'ont que des opinions.
(4) Dieu, signifie ici : raison éternelle. Et, c'est ainsi que Fénelon disait : 0 raison ! raison ! n'es tu pas le dieu que je cherche? Ce passage de M. de la Mennais ne peut être assez admiré ; à supposer : que, le sens que nous lui donnons, soit bien celui de l'auteur.
elles, assurément il serait possible qu'un système parût à Londres sans avoir aucune influence sur celui qui paraîtra plus tard à Paris. Mais loin de là, l'Europe est une, profondément une au dixhuitième siècle (1). Des communications rapides et continuelles de tout genre, l'imprimerie et la presse périodique, unissent intimement l'Angleterre, la France et l'Allemagne ; et aussitôt qu'un système parait au dix-huitième siècle, dans tel ou tel point de l'Europe civilisée, il se répand et il est connu presque immédiatement au point le plus distant de la civilisation européenne (2). »
M. Cousin, Histoire de la philosophie , t. I, p. 46,
— « Tout annonce que nous marchons vers une. graude uuité que nous devons saluer de loin. »
Comte de Maistre, Soirées de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 156.
— « Un grand ressort des temps anciens, qui fut nécessaire à l'organisation primitive de la société, et qui ne peut plus être pour nous qu'une grande erreur, le sentiment de la nationalité, doit disparaître (3). II ne peut tenir devant les hauts
sentiments de l'humanité Le patriotisme a
quelque chose d'injuste et de factice, outre qu'il est intolérant, terrible et trop souvent cruel. »
Baulancbe, Essai sur les institutions sociales, t. II, p. 354.
— « Elle vous sera due cette époque fortunée où tout prenant la place, la forme, les rapports que lui assigne l'immuable nature des choses, la liberté générale bannira du monde entier les absurdes oppressions qui accablent les hommes, les préjugés d'ignorance ou de cupidité qui les divisai!, les jalousies insensées qui tourmentent les nations, et fera renaître (4) une fraternité universelle s\ns
(1) Utopistes! pensez à celte vérité. Et, si au dix-huitième siècle, lEurope était une, profondément vue; au dix- neuvième, le monde est un, profondément wi. Toute loi constituante, exclusivement relative à une fraction, est, maintenant : une cause d'anarchie pour le tout.
(2) Actuellement, la civilisation européenne : c'est le monde.
(3) Toutes les difficultés de l'époque, seront bien près de disparaître : quand, cette vérité sera reconnue. Jusqu'à ce qu'elle le soit : tout remède social sera anarchique ; et , il le sera d'autant plus : qu'il tendra davantage à amener la société n ce qu'elle doit être : sous l'ordre rationnel.
(4) C'est, naître : qu'il fallait dire.
laquelle tous les avantages publics et individuels sont si douteux et si précaires (1). »
Mirabeau, Assemblée nationale, 17 août 1789.
— " Mars est le tyran, mais le droit est
le souverain du monde Ne nous défions pas de
l'empire de la vérité et de la raison; elles finiront par triompher, ou, ce qui vaut mieux, par modérer l'espèce humaine , et gouverner tous les gouvernements DE I.A TERRE.»
Mirabeau, Assemblée nationale, 18 septembre 1789(2).
— « Ils voudraient que les abus fussent éternels et que le régime féodal fût immuable. Qu'ils apprennent qu'il n'y a d'immuable que la raison (3), et qu'elle détruira bientôt toutes les institutions vicieuses (4). »
Mlra.be\v, Assemblée nationale, 9 janvier 1790.
— « Ce n'est pas dans de vieilles chartes, où la ruse combinée avec la force a trouv é les moyens d'opprimer les peuples, qu'il faut chercher les droits de la nation (5); c'est dans la raison: ses droits sont anciens comme le temps et sacrés comme la nature. •
ld., ibicl.
(1) La fraternité universelle, peut seulement exister : par l'anéantissement des nationalités; et, l'anéantissement des nationalités peut seulement exister : par l'anéantissement humanitaire de l'ignorance primitive sur la réalité du droit.
(2) Tant qu'il y a plusieurs gouvernements, c'est-à-dire : plusieurs droits, plusieurs raisons, plusieurs vérités ; le droit réel, la raison réelle, la vérité réelle, ne peuvent : ni triompher; ni régner.
(3) Jamais, Mirabeau ne s'est servi de l'expression insensée droit valu tel. Toujours il dit la raison ; ce qui signifie , en fait de droit : droit