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B1LITÉ

L'ANARCHIE, POUR L'EPOQUE D EMPIRISME, EST LA SUITE NÉCESSAIRE DE l' ANEANTISSEMENT : DE TOUT POUVOIR SPIRITUEL UNIQUE ET DOMINATEUR ; DE TOUT DESPO- TISME DE SECOND ORDRE. IMPOSSIBILITE DE SEPARER : LE POUVOIR SPIRITUEL DU POUVOIR TEMPOREL. ÉQUI- LIBRE EUROPÉEN.

« Le pouvoir spirituel se trouvant à la tête de toute l'activité de la pensée humaine (1), devait naturellement s'arroger le gouvernement de la société.

« Une seconde cause l'y poussait également : l'état épouvantable de l'ordre temporel, la violence, l'iniquité qui présidait au gouvernement temporel des sociétés.

« Depuis quelques siècles , ou parle à son aise des droits du pouvoir temporel ; mais à l'époque qui nous occupe , le pouvoir temporel c'était la force pure, un brigandage intraitable (2). L'Église, quelque imparfaites que fussent encore les notions de morale et de justice, était infiniment supérieure à un tel gouvernement temporel; le cri des peuples venait continuellement la presser de prendre sa place. Lorsqu'un pape ou des évêques proclamaient qu'un souverain avait perdu ses droits, que les sujets étaient déliés du serment de fidélité, cette intervention , sans doute sujette à de graves abus, était souvent, dans ce cas particulier, légitime et salutaire. En général , Messieurs, quand la liberté manque aux hommes , c'est la religion qui s'est

(1) Voilà, un autre sceptique : pensée humaine, société humaine, etc., sont des marques de scepticisme qui ne tromperont jamais.

(2) Tout pouvoir temporel, non soumis à un pouvoir spirituel déterminé et accepté, ne peut être : que, force pitre; que brigandage intraitable; dans toute époque possible.

chargée de la remplacer (I). Au dixième siècle, les peuples n'étaient point en état de se défendre, de faire valoir leurs droits, contre la violence civile : la religion intervenait au nom du ciel. C'est une des causes qui ont le plus contribué aux victoires du principe théocratique (2). »

M. Guizot, Histoire de la civilisation en Europe, p. 1 59.

— « Les innombrables questions relatives à l'ordre purement temporel et d'où dépendent, sous ce rapport , le bien-être ou les souffrances des peuples , se résolvent toutes, la foi morale étant surrosÉE (3) , dans des questions d'organisation sociale et de gouvernement. Or, d'une part, on dit que Jésus-Christ , dont la mission spirituelle ne regardait que le monde futur, n'a dû ni voulu exercer aucune autorité sur les choses de celui-ci, en ce qui touche la police intérieure des États, leurs lois politiques et civiles (4) ; et l'on soutient, d'une autre part, qu'il ordonne de se soumettre à tous les pouvoirs quels qu'ils soient. Comment concilier ces deux assertions ? Et quelle liberté , quels moyens de défense et d'action restera-t-il aux chrétiens dans la société, qui n'est pas l'É-

(1) M. le ministre se trompe. La liberté sociale , illusoire ou réelle, est exclusivement : la soumission sociale, à ce qu'une religion, illusoire ou réelle, ordonne. En dehors de la religion, il n'y a de possible : que, l'anarchie.

(2) Pour bien comprendre ce passage, indiquant : qu'une société peut actuellement exister sans pouvoir théocratique, sans religion; il faut savoir : que, M. Guizot a fait une découverte, qui rend ce miracle possible; la voici :

« Pour ceux d'entre vous, dit-il, qui ont fait des études philosophiques « un peu étendues, il est je crois évident aujourd'hui : que, la morale « existe indépendamment des idées religieuses. »

M. Guizot, Hist. delà civil., etc., p. 3C.

Vous voyez, maintenant, comment le lien religieux n'est point absolument nécessaire à toute existence sociale. De pareilles découvertes, vous font entrer d'emblée : à l'Académie des sciences morales et politiques.

(3) Supposée est très-joli ! et surtout très-commode. C'est ainsi que la question se résoud : par la question.

(4) Du moment qu'il serait démontré : que, le Christ a voulu séparer la puissance temporelle de la puissance spirituelle, cela seul démontrerait : qu'il était incapable de se présenter : comme législateur.

glise, s'ils étaient tenus d'obéir toujours à la force prépondérante , quelque tyrannique qu'elle pût être? Dira-t-on que la résistance en certains cas est permise; mais que pour devenir licite, elle doit être autorisée par l'Eglise? Voilà donc l'Église juge des questions politiques et civiles, contre la première maxime que l'on établit en son nom. Il faudra pourtant bien qu'on finisse par opter entre ces deux principes qui visiblement s'excluent l'un l'autre. »

M. de la Mennais , Discussions criliqucsy p. 198 (1).

— « Nuiiia avait institué le collège des pontifes. Ce collège continua, pendant toute la suite des siècles , d'avoir la surveillance sur ce qui concernait la religion, déjuger les différends qu'elle occasionnait , d'en régler le culte , les cérémonies et d'expliquer les mystères ; celte institution se perpétua pendant toute la république et sous l'empire. Mais qu'arriva- 1- il? C'est qu'elle devint politique au premier chef. Les patriciens la conservèrent pendant près de cinq cents ans ; elle passa ensuite en partie au peuple; puis les empereurs s'en emparèrent. Il en fut de même du collège des augures, dont on faisait remonter la création à Romulus. Il faut voir dans Cicéron [de Leg., lib. II, cap. xi) l'immense pouvoir politique de ce conseil des augures, inférieur toutefois à celui des pontifes. « Rien , s'écrie-t-il , rien dans la « république de plus grand ni de plus beau que le « droit des augures ; il fait partie du gouverne- « ment; » et il le prouve, car ce pouvoir des augures allait jusqu'à dissoudre ou à annuler les comices , ordonner en certains temps l'abdication des consuls, abolir des lois, etc. A Rome donc encore la religion et l'Etat se confondirent

« Cette identification de la religion et de l'État à Rome se révèle bien clairement lorsque l'Etat se fait homme, à l'époque de l'empire. Alors la religion se faisant également homme , on voit l'empereur être en même temps grand pontife ; ces deux pouvoirs qui, au fond, n'avaient jamais été distincts dans la république, mais qui, au contraire, avaient

(1) Ces deux principes s'excluent en effet : deux principes, non subordonnés l'un à l'autre, sont toujours essentiellement anarchiques.

toujours gouverné ensemble d'une manière confuse pendant tant de siècles, se montrent encore réunis. Auguste s'arrogea le souverain pontificat, et après lui tous les empereurs jusqu'à Gratien furent à la fois empereurs et pontifes; et quand Théodore, le successeur de Gratien, abolit cette charge, c'en était déjà fait du paganisme, et c'en était fait aussi de l'empire. Un autre pontificat allait bientôt surgir, un autre pape allait, à Rome même, remplacer le Ponlifex maximus ; un nouveau collège de pontifes viendrait un jour, sous le nom de cardinaux, se grouper autour de ce chef suprême de la religion ; et les augures transformés ne devaient pas non plus manquer à ce nouveau pontife pour établir sa puissance sur le peuple romain devenu l'Europe tout entière. »

Pierre Leroux , Encyclopédie nouvelle, article Culte.

— « Il y a tant d'analogie , tant de fraternité entre le pouvoir pontifical et celui dt's rois , que jamais on n'a ébranlé le premier sans toucher au second , et que les novateurs de notre siècle n'ont cessé de montrer au peuple la conspiration du sacerdoce et du despotisme, tandis qu'ils ne cessaient de montrer aux rois le plus grand ennemi de l'autorité royale dans le sacerdoce : incroyable contradiction, phénomène inouï, qui serait unique s'il n'y avait quelque chose de plus extraordinaire encore, c'est qu'ils aient pu se faire croire et par les peuples et par les rois. »

Comte de Maistre, Du pape, t. I, p. 235 (1).

— « Aujourd'hui donc nous proclamons ce qu'on appelle la liberté des cultes, c'est-à-dire la liberté des sectes, dont la conséquence serait l'indifférence complète de l'Etat pour toute espèce de religion.

• Nous avons pris pour devise , au sujet de la reli-

gion, ces vers législatifs de Chénier :

Sur ce point délicat, si l'on veut s'accorder, L'Etat doit tout permettre, et ne rien commander.

« Et nous aimons à chanter plus poétiquement avec Béranger :

Qu'on puisse aller même à la messe ; Ainsi le veut la liberté (2).

(1)*I1 y a plus inouï, plus extraordinaire, plus incroyable encore pour notre époque ; c'est, de s'imaginer : que, la société peut exister : indépendamment des idées religieuses.

(2) Liberté 1 c'est, sur l'autel de ce Dieu inconnu , que tant de mil-

ii. 20

« L'État, en un mot, doit être athée, et les citoyens aussi irréligieux, aussi superstitieux qu'ils le vendront : voilà le principe régnant.

« Que la liberté des sectes soit une nécessité du moment, cela est évident et incontestable. . . Mais la quest ion est de savoir si ce principe de la liberté des sectes est raisonnable en soi

■« Nous rêvons gravement un Etat qui ne s'occupe, comme on dit , que du temporel , laissant le spirituel au gouvernement confus des différentes sectes qui voudront s'établir.

« Mais cet état pourrait-il subsister? ou plutôt peut-il se concevoir? El n'est-ce pas la plus folle des abstractions, la plus absurde de toutes les entités chimériques auxquelles le langage humain ait jamais donné naissance?. . .

« Mais y a-t-il un seul acte de notre existence qui ne soit à la fois matériel et spirituel ?... Depuis que le christianisme est en décadence, on suppose que les intelligences, restées isolées, se groupent et forment des sectes diverses qui, également, ne doivent pas s'occuper du gouvernement civil. Et il est censé que le gouvernement civil peut se conduire sans avoir un seul principe de religion et de moralité. Autant de suppositions absurdes.

« Suivons un instant toutes les conséquences de cette distinction entre l'État et la religion, et prouvons qu'elle conduit logiquement à la destruction de toute religion et de toute société.

« Pour réaliser l'idée de ceux qui ont fait de la liberté ainsi entendue un principe, il faudrait que l'État n'eût pas même le droit ni la charge d'enseigner à lire aux enfants. L'éducation reviendrait alors au père, à la famille. Voilà donc le père souverain ; la famille est revenue à l'antique patriarchie : le père règne, commande, instruit. Mais que fait cet homme livré à lui-même ? 11 appelle une. secte, la secte particulière à laquelle il se rallie, pour régner et instruire à sa place. L'enfant n'échappe donc à l'éducation de la société que pour

lions de victimes humaines ont déjà été sacrifiées : sans que le dégagement de l'inconnue ait avancé d'un seul pas. Quand donc découvrira-tou : que, la liberté n'est autre : que, la soumission volontaire, sous le joug de la raison ; n'est autre : que l'indépendance des passions?

retomber sous le joug de l'ignorance paternelle on de la science fausse et étroite de certains sectaires. Et vous voulez que les enfants ainsi livrés à toute sorte de dogmes et de principes contradictoires forment ensuite naturellement entre eux une excellente société ! . . . . Est-il possible de préluder à l'ordre par un aussi absurde chaos, et de songer à organiser Végalité humaine, en commençant par livrer l'éducation à la plus monstrueuse inégalité?

« Dépouillé du droit d'enseigner, l'Etat peut-il être investi du droit de punir? Non, évidemment, car a-f-il pour punir un critérium, quand il n'en a pas pour enseigner? Qu'une société ainsi décousue convienne de livrer les crimes au jugement d'un certain nombre de citoyens pris au hasard, et ayant chacun leur moralité et leur religion , je le veux bien : c'est une loterie de justice établie pour la sûreté de tous (1). Mais si l'Etat doit être exclu de toute intervention dans l'ordre spirituel, la conséquence nécessaire est que cet état laisse à ces jurés à déterminer la peine, et ne se fasse pas même juge de la pénalité par un code, en les laissant seulement juges du fait. Car de quel droit arbitrez-vous les peines? Vous avez donc un principe de justice distributive ? vous êtes donc pouvoir spirituel ?

« Vous écrivez en tête d'une constitution que tous les citoyens sont égaux devant la loi : d'où tirez-vous cette règle, je vous le demande? C'est, me dites-vous , que les hommes sont frères et

égaux Qui vous a dit cela? Vous êtes donc

pouvoir spirituel (2) ?

(1) Partout, où le pouvoir spirituel n'est pas un et dominant; il ne peut exister qu'une loterie dejustice. Les partisans du pouvoir temporel le savent bien. Mais, ils se disent intérieurement : le pouvoir spirituel révélé est irrationnel; nous n'en connaissons point de rationnel; or, nous ne voulons point de pouvoir spirituel^irralionnel; donc, nous ne devons nous soumettre qu'au pouvoir temporel. Nous opposerons la force à l'anarchie. Des gendarmes et des bourreaux feront notre affaire. Voilà , le libéralisme.

(2) M. Leroux a parfaitement raison ; mais, il parle couleur à des aveugles. Parmi tous nos législateurs, pairs ou députés, il n'en est pas un, qui puisse baser la fraternité, en dehors de la révélation ; et, toute révélation, comme dominatrice, est exclue du domaine de la loi. Quant au petit nombre d'entre eux, qui sont à hauteur de la science, ils doivent

« Je vais plus loin. Il n'est pas même possible à l'Etat de s'occuper de ce qu'on appelle les intérêts matériels. Car quel intérêt de cette nature ne touche pas à un principe spirituel, ou n'a pas une conséquence de cet ordre? Vous voulez, par exemple , exécuter des chemins de fer : quoi de moins attentatoire, en apparence, au règne spirituel? Eh bien! vous ne le pouvez pas sans envahir largement sur ce domaine qui vous est interdit. En effet, pour exécuter vos chemins , vous êtes obligés de faire une loi d'expropriation forcée : atteinte au principe de la propriété. Qu'est-ce donc que la propriété ? A-t-elle des limites ? Quelle loi a-t-elle suivie, et quelle doit-elle suivie encore? Vous voilà pouvoir spirituel !

«Je ne sais pourquoi, en vérité, j'entre dans tous ces détails, en voulant combattre le préjugé de la distinction des choses spirituelles et des choses matérielles ou temporelles ; car pour réfuter cet absurde préjugé, il suffirait de se demander si l'acte peut se séparer de l'intelligence

« La réciproque de toutes les propositions que je viens de passer en revue est, par conséquent , aussi évidente que ces propositions mêmes. Si le pouvoir temporel ne peut faire un pas sans envahir sur le pouvoir spirituel, réciproquement les sectes auxquelles on abandonne le pouvoir spirituel sont nécessairement pouvoir temporel ou attentatoires à ce pouvoir. Si vous abandonnez, par exemple, l'éducation aux sectes, c'est leur livrer l'Etat, ou plutôt c'est leur donner à dévorer les lambeaux de l'État. Comment voulez-vous, en effet , qu'un homme élevé par des jésuites , par exemple , un homme soumis à la doctrine catholique, un homme sujet du pape par principes et par éducation, fasse un bon citoyen (1)? Sa conscience avant tout! Il

nier la fraternité. Car, la science dit : il y a plus de différence entre, Newton et le dernier des Australasiens ; qu'entre le dernier des Australiens et le premier des singes. Pour la science actuelle, les singes sont nos frères et nos égaux. Faites avancer la science; ou, reculons vers une révélation ; il n'y a pas d'autre moyen de sortir de l'anarchie.

(1) Il y a ici une erreur. Cet homme ne pourrait faire un bon citoyen français; c'est vrai. Mais il ferait un très-bon citoyen chrétien. Il est cependant vrai : qu'il ferait aussi un très-mauvais citoyen du globe. Or,

est sujet du pape. Personne, dit l'Evangile, ne peut servir à la fois deux maîtres, être à Dieu et au diable.

« Tout ce que vous pouvez espérer de mieux de cette division qui pose d'un côté une société sans religion, et de l'autre une religion ou toutes sortes de religions sans réalisation politique et civile, c'est l'inertie au lieu du mouvement, la satiété qui produit le désordre, la destruction de tout principe un peu énergique, l'effacement des âmes, l'anéantissement de toute vertu, une indifférence complète pour tout ce qui n'est pas jouissance matérielle et plaisir des sens.

<• La conséquence dernière et nécessaire de cette distinction est la négation positive et l'annihilation systématique de l'Etat. On doit dire et on a dit: « Puisque [Etat ne peut avoir aucun dogme , à « quoi bon l'Etat ? Laissons la société des indivi- « dus livrée à elle-même; l'ordre naîtra tout « seul du jeu des intérêts. •• C'est, en effet, ce qu'ont soutenu certains raisonneurs fort peu philosophes.

« Epicure, qui ne voyait dans le monde que le hasard des combinaisons diverses des atomes, se récusait quand il s'agissait du gouvernement de la société. 11 ne poussait pas l'inconséquence jusqu'à se passionner pour l'ordre qui pouvait sortir de la fatalité. Il laissait ceux qui n'étaient pas aussi sages que lui s'abandonner follement au destin : il se contentait de se mettre en sûreté; il se réfugiait dans la retraite, mais il ne se faisait pas législateur. De nos jours, de prétendus législateurs ont voulu appliquer l'épicuréisme à la société. On a dit : Abolissons toute religion et tout ira bien. Chacun se fera sa religion , chacun se fera sa morale. Ne proclamons aucun princii^e. La société collective ne pourrait exister qu'avec une religion. Eh bien! qu'il n'y ait pas de société collective ; qu'il n'y ail que des individus. Que le gouvernement soit tout au plus un gendarme

en dehors du globe, considéré comme cité ; rien n'est plus possible : que l'anarchie. Personne ne peut servir deux maîtres, être à l'humanité et à une nation. Humanité, nation , famille , individu doivent avoir désormais le même intérêt ; ou sinon : anarchie; et, toujours anarchie.

chargé de maintenir la lice égale entre les combattants !

« La doctrine de l'individualisme est ainsi venue à la suite de cette opinion, qu'il y a deux pouvoirs distincts, deux ordres distincts : le spirituel et le temporel.

<< Mais quelles sont les conséquences de cette doctrine de l'individualisme? Les plus tristes qu'on puisse voir. Point de lien entre les hommes, point de société véritable, point de nation , point de patrie, point d'égalité, point de liberté; une horrible anarchie de toutes les opinions, une lutte affreuse de tous les égoïsmes; l'athéisme le plus ignoble auprès de la superstition la plus stupide; l'inégalité de conditions la plus révoltante en face du principe de l'égalité des hommes; des tyrans et des esclaves ; des riches qui regorgent et des travailleurs qui meurent de faim. Yoilà donc ce que - devient une société livrée follement aux combinaisons du hasard. L'athéisme religieux a entraîné l'athéisme social. Tout cela a abouti à cette maxime que certains hommes ont aujourd'hui dans le cœur et sur les lèvres : « 77 n'y a dans le « monde que des imbéciles et des fripons ; et nous .1 préférons ce dernier râle. » Ah ! misérables, taisez-vous. Si le peuple venait à vous entendre (11!»

Pierre Leroux, Encyclopédie nouvelle, article Culte.

— « L'équilibre européen , problème insoluble, tant que les peuples de l'Europe ne se sentiront pas unis par un but commun; jusque-là, pleins de défiance les uns envers les autres, livrée à leur individualité , hostiles contre tout pouvoir qui ne s'associe pas à leur destinée (qu'ils ignorent mais qu'ils cherchent), les membres de cette grande famille européenne ne se sentiront pas , comme au temps de la fraternité spirituelle des chrétiens, liés par un même devoir, par une même loi morale. »

Exposition de la doctrine de Saint-Simox. Première année, 3e éd. Paris, 1831, p. 100.

(1) Cette citation de M. Leroux est admirable. Ceux qui, par euxmêmes, ne seront point portés à la relire plusieurs l'ois, feront bien de ne pas continuer à nous lire : ils ne nous comprendraient pas. Et, que l'on n'aille point inférer de ceci ; que, nous adoptons les théories de M. Leroux : elles sont souvent fort erronées.

— En même temps que, dans chaque circonscription, l'autel despotique s'écroule ; toute autorité contestable perd sa force. Et l'anarchie, imminente d'abord, devient bientôt générale ; jusqu'à ce que la société puisse s'établir : sur l'autorité incontestable; sur l'autel de la vérité ; sur l'autel de la liberté.

La chute d'un despotisme de second ordre, pouvoir spirituel, entraîne nécessairement, quoique non instantanément, la chute de tous les despotismes qui lui sont surbordonnés , pouvoirs temporels. Car, chacun de ceux-ci doit se faire pouvoir spirituel; et, succombe comme tel.

Comment, en effet, un pouvoir spirituel quelconque, dominant les pouvoirs temporels, pourrait-il résister ?

Le protestantisme, par l'action incessante de la presse, s'étend de plus en plus. Il pénètre dans les masses. Et, après avoir renversé, moralement, tout despotisme collectif; il finit : par devenir individuel. Le protestantisme, pour aussi longtemps qu'il dure, rend ainsi socialement impossible : toute espèce d'autorité.

La chute de tout despotisme de second ordre, résultant de l'anéantissement de la foi, doit ainsi, par ses conséquences nécessaires, amener la destruction de l'ordre; c'est-à-dire : l'anarchie.

Tel est le tableau : de la chute du despotisme de second ordre en général; de la chute du despotisme romain chrétien en particulier; et, de l'état, nécessairement anarchique, de notre société actuelle.

Mais, va-t-on nous objecter :

« Puisque, dans notre civilisation, le despotisme de « second ordre est tombé depuis longtemps ; et, que le « raisonnement incontestable , catholique, universel, « seul consensus omnium réel et possible , n'est point « encore socialement établi , en pouvoir spirituel auto- « rite de second ordre ; comment, si cet état social de « raisonnement ou de liberté est encore à naître, « l'ordre peut-il encore exister, au milieu de nos so- « ciétés ? Car, enfin ; malgré la conclusion affirmant : « que, la chute de tout despotisme de second ordre « cause nécessairement l'anarchie ; nous ne sommes « pas encore en état d'anarchie. »

Le présent, comme déterminé ou fini, n'a rien d'absolu, rien de réel : pas plus que le point mathématique, le point matériel, ou l'élément d'une courbe considéré comme une droite. Le présent, est relatif au mouvement; le présent, est une période qui peut embrasser : la durée d'un univers, d'un globe, d'une civilisation, d'une nation, d'une famille, d'un individu, d'un jour, d'une heure, d'un instant.

Si, maintenant, nous parlons du présent, seulement par rapport à la durée de notre humanité ; que seront, dès lors, deux ou trois siècles ?

A peine, cependant, un pareil laps de temps s'est-il écoulé : depuis, que notre despotisme de second ordre est tombé.

Pour juger d'un présent, ainsi relatif, voyons : si, depuis cette époque, l'ordre social a diminué progressivement; et, jusqu'où cette progression décroissante peut aller : avant de passer par zéro, absence d'or-

dre. A cet égard, le passé et l'avenir seront nos ordonnées.

A peine, notre despotisme de l'autel ou de second ordre s'est-il trouvé renversé ; que, les trônes, despotismes de premier ordre, se sont aperçus : que, si l'ordre social devait pouvoir être maintenu : un nouveau despotisme de second ordre, soit apparent, soit réel, devait être établi.

Ne pouvant néanmoins, à cause de l'indestructibilité du protestantisme appuyée sur l'indestructibilité de la presse, rétablir le despotisme unitaire réel : Y Autel dominateur essentiellement basé sur la foi; les trônes despotiques de premier ordre essayèrent : de lui substituer un despotisme unitaire apparent. Ce ne pouvait être, dès lors, qu'un fantôme d'autorité, au milieu de la civilisation dite européenne. Aussi, lui donnèrentils le nom : théoriquement absurde et pratiquement illusoire : d'ÉguiLiBRE européen.

Prouvons d'abord : que, la dénomination d'équilibre européen est absurde et illusoire. Nous verrons ensuite : si, ce fantôme d'autorité est susceptible : de servir de base à l'existence de l'ordre.

Théoriquement, la dénomination d'équilibre euroropéenest absurde, c'est-à-dire irrationnelle; car, tout équilibre suppose : deux forces égales et directement opposées.

L'équilibre européen suppose donc : une force directement opposée aux forces dissolvantes de la société; et, toujours égale : à la résultante de ces mêmes forces .

Or, sous tout despotisme de second ordre, cette force, directement opposée aux forces dissolvantes de la société, est exclusivement : une foi commune protégée par une inquisition) et, dans l'hypothèse, toute foi commune, protégée par une inquisition, se trouve irrévocablement détruite. L'équilibre européen est, donc impossible: et, cette dénomination est irrationnelle ; c'est-à-dire : absurde.

D'ailleurs, où prendre le point d'appui, nécessaire à tout équilibre, lorsque les forces égales et directement opposées ne sont point supposées exister abstractivement dans l'espace. Prendra-t-on cet appui dans les opinions individuelles, seul recours possible : dès, que la foi, constituant l'opinion commune, se trouve détruite-, et, que l'incontestabilité, qui seule en dehors de la foi peut constituer la communauté de pensées, n'est point encore : socialement établie ?

Mais, Y opinion des individus, alors nécessairement représentée par le système caméléoniste des majorités, est incapable : de servir de point d'appui ^ à aucune autorité stable.

En effet :

L'équilibre européen, primitivement établi par les trônes despotiques, sur le système représentatif dit des majorités au milieu des rois; système, dans ce cas, évidemment appuyé sur la seule force brutale ; et, dont ensuite a dérivé : le système représentatif, dit des majorités au milieu de chaque peuple; est variable, sous le rapport du point d'appui, comme la force brutale elle-même. Sous ce nouveau rapport, la déuomi-

nation d'équilibre européen est donc encore : absurde. Nous allons voir : que, pratiquement, cette même dénomination est en outre : illusoire.

Tout pouvoir politique, quant à sa pratique, c'est-àdire quant à son exercice, doit se trouver personnifié : d'abord, dans un individu réel, représentant sa résultante, son unité d'action; ensuite, dans une série déterminée d'individus réels, représentant sa durée ; personnifications qui, sous peine d'anarchie, doivent, l'une et l'autre se trouver à l'abri : de tout protestantisme capable de leur porter atteinte.

Or, l'équilibre européen, considéré sous le rapport de majorité et de force brutale au milieu des rois, est une pure abstraction ; qui, comme autorité, ne peut être personnifiée : ni pour le présent; ni pour l'avenir; sans susciter un protestantisme général. Et, il en est de même, sous le rapport des peuples, pour leur système de majorité : dérivant, si stupidement, de ce prétendu équilibre.

L'équilibre européen, ou plus généralement la pondération des pouvoirs, ou plus explicitement le système des majorités ou de la force brutale : tant, relativement aux rois, pour les circonscriptions de civilisation; que, relativement aux peuples, pour les circonscriptions nationales; se trouve donc être : une autorité basée sur une valeur pratiquement illusoire. Et, dès lors, cette autorité ne peut renfermer en soi : aucun principe d'ordre.

Examinons, maintenant ; si, ce prétendu équilibre des pouvoirs au milieu des nations ; système , dont

l'utopie des majorités, au milieu de chaque peuple, est le dérivé nécessaire ; a conservé l'ordre despotique, au point de vigueur où il l'a trouvé.

Depuis, l'établissement du prétendu équilibre européen, comme despotisme général de second ordre ; les despotismes partiels de second ordre : tels que ceux de l'Espagne sur leurs domaines d'Amérique; de l'Autriche sur l'Allemagne ; de la France sur une partie de l'Europe ; ont disparu ; et, n'ont laissé d'autre trace : qu'une haine véhémente et générale, contre cette sorte de domination.

Au milieu de chaque nation, l'autorité de l'autel despotique, formant seule alors opinion commune; autorité, seule réelle comme soutien de trônes despotiques, a déjà disparu; pour faire place chez les peuples : à l'opinion individuelle, au milieu des familles ; à l'opinion variable des majorités, au milieu de chaque peuple; au protestantisme enfin, antipode, par essence, de toute espèce d'ordre.

Le droit de primogéniture, relatif à l'hérédité de la propriété, a disparu : aux États-Unis depuis 1776;

en France depuis 1789 ; en Belgique depuis sa réunion à la France.

Bientôt, ce droit aura complètement disparu en Espagne et en Portugal. Probablement, avant un quart de siècle il n'y en aura plus de vestige sur notre ancienne civilisation. Or, c'est, précisément, ce droit qui sert (le base au despotisme nobiliaire, soutien le plus vivace et même unique : de tout trône despotique.

L'esclavage qui, depuis l'origine de la société, avait été considéré comme étant de droit social ; est, aujourd'hui , généralement reconnu : comme antisocial , en théorie. Il est vrai : que, jusqu'à présent, il ne s'est agi que de l'esclavage domestique. Mais , dès que l'esclavage politique^ encore admis dans le droit social, sera généralement reconnu : être, en réalité, infiniment plus oppressif, envers les individus et envers l'humanité, que ne l'est l'esclavage domestique (et, chaque jour, la société approche davantage de l'époque où cette vérité sera généralement reconnue) ; le maintien de l'ordre , par le despotisme , nécessairement appuyé sur l'esclavage politique , du moment que l'esclavage domestique devient impossible; deviendra lui-même : impossible.

L'aliénation du sol et l'hérédité de la propriété foncière, bases essentielles de l'esclavage politique, social

ou collectif; et, par conséquent, du monopole des développements de l'intelligence ; commencent à être généralement attaquées ; et , déjà , cette aliénation et cette hérédité, ne sont plus, et ne peuvent plus être : rationnellement défendues. Le seul besoin d'ordre les appuie donc encore : par ignorance, par sentiment, par préjugé. Mais, dès qu'il sera démontré, comme nous le ferons ailleurs (1), avec une complète évidence : que, cette aliénation et cette hérédité, loin d'être nécessaires à l'existence de l'ordre réel, sont, au contraire, devenues incompatibles , même avec le seul maintien de l'ordre apparent, qui existe encore ; elles tomberont nécessairement et avec l'approbation générale : dès, que l'excès de mal social aura fait reconnaître : le besoin de les anéantir.

Enfin, le système représentatif, dit des majorités, dérivé nécessaire de l'équilibre européen , commence à se trouver honni : même par ceux, qui, hier encore, s'en déclaraient les partisans les plus fanatiques. Déjà même, toute espèce d'ordre, sous l'utopie représentative, apparaît impossible à ceux qui se croient les plus intéressés à éviter l'anarchie. Et, ne s'imaginant point : qu'en dehors des systèmes de minorité et de majorité, il puisse exister, comme base d'ordre, le système de la totalité ou du raisonnement rendu incon-

(l) Voyez : Qu'est-ce que la science sociale? et notre Économie politique.

testable vis-à-vis de chacun ; ils veulent rétrograder vers le système des minorités, sans penser : qu'ils vont se replonger, dans l'anarchie ; par la voie même qu'ils prennent : pour l'éviter.

Telles sont les pertes qu'a subies l'ordre despotique, depuis l'établissement du prétendu équilibre européen : protestantisme des rois, dont le système des majorités , protestantisme des peuples , est le dérivé nécessaire. La seule énumération de ces pertes prouve : que , la possibilité , pour le despotisme , tant sous la souveraineté des rois que sous la souveraineté des peuples, de maintenir l'ordre au milieu de la société , diminue progressivement ; et, qu'il faut être bien aveugle , pour ne point voir, dans un avenir prochain , le moment : où , une pareille progression , tant pour le système d'équilibre européen , comme despotisme de second ordre ; que, pour les systèmes dits représentatifs, comme despotismes de premier ordre ; doit passer par zéro.

L'objection relative à ce que nous ne sommes point encore en état d'anarchie , malgré la disparition du despotisme de second ordre, se trouve donc éliminée. Et , l'examen de cette objection nous a montré , en outre, l'identité : entre le système dit équilibre européen ; et, le système dit représentatif; comme appartenant tous les deux : au système des majorités ; à la seule force brutale ; et, comme tels, également absurdes et illusoires.

COMMENT L ORDRE PEUT-IL S ETABLIR AU MILIEU DES CIVILISATIONS, TOUTES MAINTENANT EN CONTACT? UN NOUVEAU DESPOTISME DE SECOND ORDRE EST-IL POS- SIBLE?— NON. POSITION, RELATIVEMENT A L'ÉTABLISSE- MENT DE L'ORDRE, DE TROIS ALTERNATIVES CONSTITUANT UN TRILEMME REEL.

« Il n'y a plus aujourd'hui de Français, d'Allemands, d'Espagnols, d'Anglais même; quoi qu'où en dise, il n'y a que des Européens. Tous ont les mêmes goûts , les mêmes passions , les mêmes mœurs, parce qu'aucun n'a reçu de formes nationales par une constitution particulière. Tous dans les mêmes circonstances feront les mêmes choses; tous se diront désintéressés et seront fripons; tous parleront du bien public et ne penseront qu'à eux-mêmes; tous vanteront la médiocrité et voudront être des tyrans; ils n'ont d'ambition que pour le luxe, ils n'ont de passion que celle de l'or : sûrs d'avoir avec lui tout ce qui les tente, tous se vendront au premier qui voudra les. payer. Que leur importe à quel maître ils obéissent, de quel Etat ils suivent les lois ! Pourvu qu'ils trouvent de l'argent à voler et des femmes à corrompre, ils sont partout dans leur pays. »

Rousseau, Considérations sur le gouvernement de Pologne.

— « Depuis le quinzième siècle jusqu'à ce jour, l'institution qui unissait les nations européennes, qui mettait un frein à l'ambition des peuples et des rois, s'est successivement affaiblie; elle est complètement détruite aujourd'hui, et une guerre générale , une guerre effroyable , une guerre qui s'avance comme devant dévorer toute la population européenne, existe déjà depuis vingt ans, et

a moissonné plusieurs millions d'hommes. Vous seuls pouvez réorganiser la société européenne. Le temps presse , le sang coule , hâtez-vous de prononcer. >•

Saint-Simon , Le/ire au bureau des longitudes.

— «Aucun pouvoir qui ne branle, roi aujourd'hui, vagabond demain, et quelquefois pis. Quatre planches sur une fosse, voilà le trône. »

La Mf.nna.is, Amsc/i. et Darv., p. 41.

— « La Chine est cernée, au sud parles Anglais de l'Inde ou par leurs tributaires; au nord par les Cosaques, avant-garde delà Russie; les flottes britanniques et les escadres américaines l'épient du côté de l'Océan; les Espagnols du Mexique et des Philippines , qui se souviennent des galions, tiennent sur elle les yeux entr'ouverts. Le genre humain vient d'entrer en possession de nouveaux moyens de communication qui raccourcissent les distances dans une proportion inespérée. Les deux civilisations ne tarderont pas à se joindre et à se mêler. Ce sera i.e plus grand fait de l'histoire de l'espèce humaine. »

M. Michel Chevalier, Lettres sur l'Amerique dit Nord, introduction (1833) (1).

— A défaut de la foi, qui ne peut être rétablie'; à défaut de Y équilibre européen , abstraction despotique , absurde et illusoire; à défaut du système des majorités, extension des nations aux individus de cette même abstraction despotique, absurde et illusoire ; est-il possible, au milieu de notre civilisation, d'établir, comme autorité dominatrice, un autre despotisme de second ordre ?

Non. Nous avons vu : que, tout despotisme de second ordre devient, de plus en plus, impossible ; à mesure : que, les communications s'étendent, par le pro-

(1) En 1843, cette prophétie était réalisée.

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testantisme ; et, que le protestantisme s'étend, parles communications.

Or, nous allons voir : que, par suite de l'extension des communications et du protestantisme, notre civilisation européenne va bientôt achever d'engloutir : toutes les autres civilisations ; c'est-à-dire : l'humanité tout entière.

Dès lors, il est impossible : qu'un même despotisme de second ordre, maintienne l'ordre, au milieu de l'humanité réunie; puisque, cela n'a pu exister : au milieu de la seule civilisation européenne, même seulement considérée dans ses anciennes limites.

Comment donc, lorsque toutes les civilisations sont une fois en contact, l'ordre peut-il s'établir : au sein de l'humanité ?

Pour le savoir, nous allons poser et discuter trois alternatives , renfermant , sous le rapport d'existence sociale, toutes les conditions possibles; et, dont l'une doit, ainsi, exister nécessairement. Si donc, deux de ces alternatives viennent à se trouver éliminées, par la discussion ; la troisième existera nécessairement. La nier, alors, serait déclarer : que, l'existence de l'humanité, sur notre globe, est devenue impossible.

Voici ces alternatives; et, préalablement : les conditions auxquelles elles se rapportent.

« Lorsque, toutes les civilisations sont en contact; « et , que les communications ne peuvent plus être « anéanties ; il faut nécessairement :

« Ou, que lune d'elles devienne : despotisme de « second ordre :

« Ou, qu'une anarchie générale devienne perma- « nente : au sein de l'humanité ;

« Ou, que le raisonnement réel : puisse régner; « puisse devenir : autorité universelle. »

Les deux premières alternatives complètent : tout ce qui peut se rapporter au despotisme ; au règne des préjugés ; la dernière se rapporte : à la liberté ; au règne de la vérité.

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