‹ Science socialeChapitre 6 sur 44 · GUERRE EST UTILE · texte numérisé non relu

GUERRE EST UTILE

« Messieurs, je ne viens pas faire ici l'apologie de la guerre ; la philosophie n'est d'aucun parti en ce monde , elle ne fait l'apologie de rien, comme elle n'accuse rien; elle aspire à comprendre tout (5). Je ne fais pas l'apologie de la guerre, je l'explique. Sa racine, vous la connaissez, est indestructible ; ses effets, vous les connaissez, ils sont bienfaisants (6)

« Ainsi un peuple n'est progressif qu'à la condition de la guerre (7).

(1) 11 eût été mieux de dire : les guerres sout inhérentes à l'ignorance primitive; et, mieux d'ajouter : eu quoi consiste l'iguorauce, source nécessaire des guerres.

(2) Le professeur veut arriver à conclure : que la force, c'est la justice. Apercevez-vous ses précautions oratoires?

(3) Appelé par qui? par la force : que celle-ci soit le résultat de l'intrigue, de la ruse, du parjure, de l'empoisounenieut ou de l'assassinat, peu importe.

(4) Sans doute, elle est utile : pour faire de ce monde un enfer, un lieu d'expiation. Si, tout n'élait pas bien : l'ordre mural n'existerait pas. Est-ce ainsi que M. Cousin l'a compris?

(5) Et, elle comprend : que le plus fort est nécessairement le plus juste. C'est la philosophie des bandits.

(G) Oui : la bienfaisance de l'incendie, de la peste, et de tous les fléaux réunis.

(7) Je vous ai toujours dit : que, le progrès sortait de l'enfer. Voilà M. Cousin qui vous l'aflimie.

Ce n'est pas moi qui le dis , c'est l'histoire : la guerre n'est pas autre chose qu'un échange sanglant d'idées à coups d'épée et à coups de canon; une bataille n'est pas autre chose que le combat de l'erreur et de la vérité : je dis vérité, parce que, dans une époque donnée, une moindre erreur est vérité relativement à une erreur plus grande ou à une erreur qui a fuit son temps. La victoire et la conquête ne sont pas autre chose que la victoire de la vérité du jour sur la vérité de la veille, devenue l'erreur d'aujourd'hui (1)

« Si, comme je l'ai démontré , l'histoire, avec ses grands événements, n'est pas autre chose que le jugement de dieu sur l'humanité , on peut dire que la guerre n'est pus autre chose que le prononcé de ce jugement,

et QUE LES BATAILLES EN SONT LA PROMULGATION ÉCLATANTE

« J'ai prouvé que la guerre et les batailles sont premièrement inévitables , secondement bienfaisantes. J'ai absous la victoire comme nécessaire et utile; j'entreprends maintenant de l'absoudre comme juste dans le sens le plus étroit du mol ; j'entreprends de démontrer la moralité du succès. »

Victor Cousin.

— Nous renvoyons à l'ouvrage , pour avoir les preuves : que , Dieu et la vérité se trouvent toujours du côté des gros bataillons. Quelque bonnes que ces preuves puissent être, il n'en est pas moins évident : que, si la guerre, entre les nations, est une anarchie ; le droit politique de l'épée et du canon, quand même on le décorerait du nom de jugement de dieu,

est un droit essentiellement anarchique et, si

j'osais le dire : un droit de brigand.

Concluons :

(t) Ce qui prouve : qu'il n'y a de vérité que la force. Je suis heureux de n'avoir aucun nom à donner à une pareille philosophie; et, de pouvoir laisser ce soin au lecteur.

Fondamentalement, l'expression droit politique : ou, ne signifie rien ; ou, signifie source d'anarchie.

Voyons, maintenant, à qui ou à quoi, selon les différents âges, et au sein de chaque nation, l'empirisme attribue l'exercice des droits politiques ; droits : toujours plus ou moins illusoires, du moment qu'ils sont subordonnés au droit absolu ; toujours plus ou moins anarchiques, du moment qu'ils tendent à se substituer au droit absolu.

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