‹ Science socialeChapitre 7 sur 44 · AGE DIVLN OU SACERDOTAL · texte numérisé non relu

AGE DIVLN OU SACERDOTAL

« Considérée particulièrement sous le point de vue politique (la société chrétienne), son action, qui, nous le répétons, n'était que le développement du principe même de son existence, tendait à tout ramener à l'unité, à coordonner les nations, comme les membres d'une seule famille, dans un système de fraternité universelle, par l'obéissance au père commun , et d'établir la prééminence du droit sur les intérêts , en substituant partout la justice à la force. »

L'abué de la Mennais, De la religion considérée, etc., p. 140 (1).

— «Je dois attirer votre attention sur un fait. . . qui caractérise l'Eglise chrétienne en général, et a décidé, pour ainsi dire, de sa destinée.

« Ce fait, c'est l'unité de l'Église, l'unité de la société chrétienne, indépendamment de toutes les diversités de temps , "de lieu, de domination, de langue, d'origine.

« Singulier phénomène : c'est au moment où l'empire romain se brise et disparaît, que l'Eglise chrétienne se rallie et se forme définitivement. L'unité politique périt (2), l'unité religieuse s'élève. Je ne sais combien de peuples divers d'origine, de mœurs, de langage, de destinée, se précipitent sur la scène; tout devient local, partiel; toute idée étendue, toute institution générale, toute grande combinaison sociale s'évanouit; et c'est à

(1) C'est le système directemenl opposé à celui de M. Cousin : qui uc connaît de juste, que le résultat de la force.

(2) L'unité politique romaine a péri : parce qu'elle a cessé d'être société religieuse. Le panthéisme avait envahi la société romaine. Ainsi périssent les nations : quand il n'y a plus de ciment, le granit tombe en poussière.

il. 4

ce moment que l'Église chrétienne proclame le plus haut l'unité de sa doctrine, l'universalité de son droit.

« Fait glorieux et puissant, Messieurs, qui a rendu, du cinquième au dix-huitième siècle, d'immenses services à l'humanité. L'unité de l'Eglise a seule maintenu quelque lien entre des pays et des peuples que tout d'ailleurs tendait à séparer ; sous son influence, quelques notions générales, quelques sentiments d'une vaste sympathie, ont continué de se développer ; et du sein de la plus épouvantable confusion politique que le monde ait jamais connue, s'est élevée l'idée la plus étendue et la plus pure, peut-être, qui ait jamais rallié les hommes, l'idée de la société spirituelle; car c'est là le nom philosophique de l'Eglise, le type qu'elle a voulu réaliser.

« Quel sons attachaient à ces mots, Messieurs, les hommes de cette époque, et quels progrès avaient-ils déjà faits dans cette voie? Qu'était vraiment dans les esprits et dans les faits cette société spirituelle, objet de leur ambition et de leur respect? Comment était-elle conçue et pratiquée? 11 faut répondre à ces questions pour savoir ce qu'on dit quand on parle de l'unité de l'Eglise, et ce qu'on dnit penser de ses principes comme de ses résultats.

« Une coNVicrrorî commune, c'est-à-dire, une même idée reconnue et acceptée comme vraie, telle est la ba.se fond a: mentale, le lien caché de la société humaine (1). On peut s'arrêter aux associations les plus bornées et les plus simples , ou s'élever aux plus compliquées, aux plus étendues ; on peut examiner ce qui se passe entre trois ou quatre barbares réunis pour une expédition de chasse, ou dans le sein d'une assemblée appelée à traiter des affaires d'un grand peuple; partout et dans tous les cas, c'est dans l'adhésion des individus à une même pensée que consiste essentiellement le fait de l'association : tant qu'ils ne se sont pas compris et entendus, ils ne sont que des êtres

1) Et, quand l'erreur ne peut plus se faire accepter comme vérité, à cuise de 'l'incompressibilité de L'examen, il faut : que la vérité paraisse; qu'elle soit vulgarisée au point d'être connue tle tous et de chacun; ou que la société périsse. C'est M. Guizot qui vous le dit.

isolés, placés les uns à côté des autres, mais qui ne se pénètrent et ne se tiennent pas (1). Un même sentiment, une même croyance, quels qu'en soient la nature ou l'objet, telle est la condition première de l'état social ; c'est dans le sein de la vérité seulement , ou de ce qu'ils prennent pour la vérité, que les hommes s'unissent, et que naît la société (2). Et en ce sens, un philosophe moderne (3) a eu grande raison de dire : qu'il n'y a de société qu'entre les intelligences ; que la société ne subsiste que sur les points et dans les limites où s'accomplit l'union des intelligences; que là où les intelligences n'ont rien de commun, la société n'est pas; en d'autres termes, que la société intellectuelle est la seule société, l'élément nécessaire et comme le fond de toutes les associations extérieures et apparentes (4).

« Or, le caractère essentiel de la vérité, Messieurs, est précisément ce qui en fait le lien social par excellence, c'est Ftjnitjé. La vérité est une, c'est pourquoi les hommes qui l'ont reconnue et acceptée sont unis; union qui n'a rien d'accidentel ni d'arbitraire, car la vérité ne dépend ni des accidents des choses, ni de V incertitude des hommes; rien de passager, car la vie est éternelle; rien de borné, car la vérité est complexe et infinie. Comme de la vérité, I'unité sera donc le caractère essentiel de la société qui n'aura que la vérité pour objet, c'est-à-dire, de la société purement spirituelle. Il n'y a pas , il ne peut y avoir deux sociétés spirituelles ; elle est de sa nature unique et universelle (5).

(1) Et, il en est de même, dès qu'ils ne se comprennent plus : n'est-ce pas, M. Guizot?

{").) Et, qu'elle meure, n'est-il pas vrai, M. Guizot? dès que les croyances ne sont plus possibles : si la vérité ne vient à paraître.

(3) M. l'abbé de la Mennais.

(4j Et, c'est pour cela, sans doute : que M. Cousin veut soumettre les intelligences à la force brutale.

(5) Et, qu'est-ce que la vérité? Parler delà vérité, sans avoir l'ombre d'une idée de ce en quoi elle peut consister, est d'un homme qui s'efforee de se cacher son ignorance. Selon vous, Monsieur, U vérité n'est point dans la matière : puisque la vérité est une; et, que la matière est multiple par essence. La vérité, selon vous, n'est point clans les imma-

« Mais pour que la société spirituelle naisse et subsiste, l'unité de la vérité en elle-même ne suffit point. L'union des esprits, c'est-à-dire la société spirituelle, est la conséquence de l'unité de la vérité ; mais tant que cette union n'est pas accomplie , la conséquence manque au principe , la société spirituelle n'est pas. Or, à quelle condition s'unissent les esprits dans la vérité ? A cette condition qu'ils la connaissent et acceptent son empire : quiconque obéit sans connaître la vérité , par ignorance et non par lumière, ou quiconque ayant connaissance de la vérité, refuse de lui obéir, n'est pas entré dans la société spirituelle: nul n'en fait partie s'il ne voit et ne veut ; elle exclut d'une part l'ignorance, de l'autre la contrainte (l); elle exige de tous ses membres l'intime et personnelle adhésion de l'intelligence et delà liberté (2).

« Il a fallu bien des siècles, Messieurs, .... pour mettre en lumière la vraie nature de la société spirituelle, sa nature complète et L'harmonie de ses éléments (3). Ce fut longtemps l'erreur générale, de croire que l'empire delà vérité, c'est-àdire de la raison universelle, pouvait être établi sans le libre exercice de la raison individuelle, sans le respect de son droit (4). On méconnaissait ainsi la société spirituelle, en la proclamant; on

térialités : puisque, toujours selon vous, la morale, expression exclusive des immatérialités, est indépendante du lien religieux, lui-même exclusivement relatif aux immatérialités, s'il y en a. Or, comme il n'y a de possible: que, matérialité et immatérialité; vous niez donc la vérité. Pour arriver à cette conclusion , il était inutile de parler aussi longtemps sur la vérité.

(1) Ici, M. Guizot aurait dû dire la contrainte extérieure. Car, intérieurement, nul ne peut, sans être fou, résister à la vérité qu'il confiait. Personne, hormis l'insensé, ne peut se refuser à reconnaître : que, deux et deux font quatre.

(2) Voilà M. Guizot qui déclare : que la société réelle ne peut exister : que par la démonstration , rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun : de la réalité de la vérité ; et de ce qui constitue la vérité.

(3) Il parait que, selon M. Guizot, la vraie nature, la nature complète de la société spirituelle, consiste à reconnaître : que, la morale est indépendante des idées religieuses.

(i) Que signifie ce galimatias? Est-ce que la raison individuelle n'est

l'exposait à n'être qu'une illusion mensongère. L'emploi de la force fait bien plus que la souiller, il la tue : pour que son unité soit non-seulement pure, mais réelle, il faut qu'elle éclate au milieu du développement de toutes les intelligences, de toutes les libertés (1).

« Ce sera l'honneur de notre temps, Messieurs, d'avoir ainsi pénétré dans l'essence de la société spirituelle, bien plus avant que n'avait encore fait le monde; de l'avoir bien plus complètement connue et revendiquée. Nous savons maintenant qu'elle a deux conditions : 1° La présence d'une vérité générale, absolue, règle des croyances et des actions humaines ; 2° le plein développement de toutes les intelligences, en face de cette vérité, et la libre adhésion des âmes à son pouvoir (2). Que l'une de ces deux conditions ne nous fasse jamais oublier l'autre; que l'idée de la liberté des esprits n'affaiblisse point en nous celle de l'unité de la société spirituelle : parce que les convictions individuelles doivent être éclairées et libres, ne nous laissons pas emporter à croire qu'il n'y a point de vérité universelle qui ait droit de commander (3); en respectant la raison de chacun, ne perdons pas de vue la raison unique et souveraine (4). L'histoire de la société humaine s'est passée jusqu'ici en alternatives de l'une à l'autre de ces suppositions. A certaines époques , les hommes ont été

pas libre: quand elle croit à l'erreur qu'elle prend pour vérité? Pour que la raison individuelle soit libre, faut-il qu'elle puisse admettre que deux et deux font cinq?

(1) Et, tant qu'on ne la connaît pas, la' vérité réelle, la vérité unique, faut-il : déclarer qu'il n'y a pas de vérité; ou laisser périr la société, par absence de vérité, en ne lui imposant point un préjugé comme vérité ?

(2) Bien! voilà, de nouveau, la démonstration rendue rationnellement incontestable vis-à-vis de tous et de chacun, de la réalité de la vérité, et de ce en quoi elle consiste, reconnue comme nécessité sociale. Et où est-elle, cette démonstration? Consiste-t-elle à dire, comme M. Guizot : que la morale est indépendante des idées religieuses?

(3) Mais, malheureux homme, où est-elle, cette vérité; et si la société ne le sait pas, comment peut-elle s'en passer? Allons! accouchez-donc; et, ne tergiversez pas.

(4) Mais, pour ne point la perdre de vue, il faut d'abord : la connaître; ou croire la connaître. Et, comment est-il possible de s'assurer que l'on ne se trompe pas ?

surtout frappé» de la nature et des droits de cette vérité universelle, absolue, maître légitime au règne duquel ils aspirent; ils se sont flattés qu'ils l'avaient enfin rencontrée, qu'ils la possédaient, et, clans leur folle confiance, ils lui ont accordé le pouvoir absolu, qui bientôt et inévitablement a engendré la tyrannie (1). Après l'avoir longtemps subie, respectée même, l'homme l'a reconnue; il y a vu le nom, les droits de la vérité usurpés par des forces ignorantes ou perverses; alors il s'est plus irrité contre les idoles qu'occupé de Dieu même; l'unité delà raison divine, si cette expression m'est permise, n'a plus été l'objet de sa contemplation habituelle; il a surtout songé au droit de la raison humaine dans les relations des hommes, et a souvent fini par oublier que , si elle est libre, la volonté n'est point arbitraire; que, s'il y a droit d'examen pour la raison individuelle, elle est cependant subordonnée à cette raison générale qui sert de mesure, de pierre de touche à tous les esprits. Et, de même que dans le premier cas, il y avait une tyrannie, de même, dans le second cas, il y a eu anarchie, c'est-à-dire, absence de croyances générales, puissantes ; absence de principes dans les âmes, et de ciment dans la société (2). On peut espérer que notre temps est appelé h éviter l'un et l'autre écueil, car il est, si je puis parler ainsi, en possession de la carte qui les signale l'un et l'autre. Le développement de la civilisation doit s'accomplir désormais sous l'influence simultanée d'une double foi, d'un double respect : la raison universelle sera recherchée comme la loi suprême et le dernier but; la raison individuelle sera libre et provoquée à se développer comme le meilleur moyen d'atteindre à la raison universelle (3). »

M. Guizot, Hist. de la civilisation en France, t. 1, p. 347.

(1) Alors , donnez donc le reinode à cet inévitablement ; et, si c'est inévitable, que voulez-vous y faire?

(2) Tout cela, est parler pour ne rien dire: avez-vous un remède? donnez-le. Sinon : c'est vendre dos paroles et du vent,

(3; Voici, en peu de mots, Le résumé de ce long passage : la société est une sotte ; et, tous nous sommes : des sots vaniteux, qui ne voulons point reconnaître notre sottise.

— « Le gouvernement Je l'Eglise était complètement, à cette époque, entre les mains des conciles; conciles généraux, nationaux , provinciaux. On y portait les questions de la foi et de la discipline, les procès des évêques, toutes les grandes ou difficiles affaires de l'Église. Dans le coins du quatrième siècle, on trouve quinze conciles ; et vingt-cinq dans le cinquième ; et ce ne sont là que les principaux conciles, ceux dont il est resté des traces écrites : il y en a eu, à coup sûr, un grand nombre de locaux, peu fréquentés, de courte durée, qui n'ont laissé aucun monument, dont le souvenir même a été perdu.

« Une preuve indirecte démontre l'importance des conciles à cette époque. Personne n'ignore qu'en Angleterre, dès l'origine du gouvernement représentatif, lors de la formation de la chambre des Communes, on a fait beaucoup de statuts pour ordonner la tenue régulière et fréquente des parlements. Le même fait parait au cinquième siècle pour les conciles. Plusieurs canons , entre autres ceux du concile d'Orange tenu en 441, portent qu'un concile ne se séparera jamais sans indiquer le concile suivant, et que si le malheur des temps empêche qu'on ne tienne un concile deux fois par an, on prendra toutes les précautions possibles pour s'assurer du moins qu'il ne s'écoulera pas un long intervalle sans qu'il s'en réunisse quelqu'un. » M. Guizot, ibid., p. 99 (1).

— L'âge divin ou sacerdotal peut comprendre deux époques bien distinctes : celle ou les conciles sont chargés d'interpréter la règle, le souverain pontife n'étant pas encore accepté comme infaillible ; celle enfin où le pontife dominant les conciles vient à être accepté comme infaillible. La première époque est d'examen, de discussion, de représentativité; et rien

(1) Le gouvernement de droit divin, c'est le despotisme ; le gouvernement représentatif, soit sous forme de concile, soit sous forme de parlement, c'est l'anarchie. Pendant toute l'époque d'ignorance , la société se trouve nécessairement entre ces deux écueils.

n'étant encore démontré, elle est essentiellement anarchique. L'époque des conciles , eût fini par anéantir le christianisme; si, le besoin d'ordre n'eût fait recourir : à l'infaillibilité du pape ; à l'absolutisme. La seconde époque est seule véritablement sacerdotale. Mais aussi, ainsi que le remarque M. Guizot, elle est tyrannique. C'est, qu'avant l'époque de vérité absolue, démontrée à chacun; il n'y a de choix : qu'entre l'anarchie et la tyrannie. Ce qui a fait tomber le système représentatif religieux, même ayant une règle absolue, fera, à plus forte raison, crouler le système représentatif politique , qui n'a pas seulement l'ombre d'une règle ; ou, plutôt qui se trouve basé sur le principe : qu'il n'y a pas de règle.

Ce que disent MM. de la Mennais et Guizot de la société chrétienne, peut se dire : de tout gouvernement sacerdotal ; de toute société spirituelle. De cette identité de vue, naît la maxime : Hors l'Église point de salut ; dont la conséquence se trouve être : ou, le compelle intrare; ou, l'anarchie. Aussi, dès que deux gouvernements divins sont en contact, il y a guerre entre eux, anarchie, jusqu'à la mort de l'un d'eux ; et c'est ainsi : que, sous le rapport de l'ordre, la guerre peut être considérée : comme relativement juste. 11 y a mort nécessaire de tous les deux : lorsque la tolérance, l'indifférence religieuse, vient à les dominer.

Jusqu'à présent, sous le signe droit politique, nous avons pu confondre : et, le droit formulé, et, le pouvoir de le formuler. C'est, l'effet pris pour la cause, ou la cause prise pour l'effet. Voyons, maintenant, si le

pouvoir de formuler ce prétendu droit, appartient : à l'homme; ou, à certains hommes (1); ou, à certaines choses, considérées comme possédées. 11 est évident que partout : où il n'y aura pas de droit absolu ; où le droit politique formulera le droit ; et, où le droit politique se trouvera attaché à la possession soit de la terre , soit de l'or ; la société sera : non point spirituelle ; mais matérielle.

Le pouvoir de formuler, n'importe quoi de relatif à la société, ne peut, sous l'empirisme^ dériver de l'homme en général : car, le résultat de cette dérivation serait : la vérité rendue incontestable; et, l'existence de ce caractère, serait : l'anéantissement de l'époque d'empirisme.

Pendant l'âge sacerdotal, les droits politiques sont réellement nuls : puisqu'ils dépendent complètement de la révélation. Et, ce qui va paraître contradictoire, ils ont néanmoins une grande importance : c'est qu'en * dehors de la vérité, il y a là, nécessairement, un cercle vicieux. Cette importance est la nomination de l'interprète de la révélation. La durée de l'ordre social, relatif à une révélation, est ainsi en rapport : avec la sagesse delà révélation, dirigeant la sagesse du choix de son interprète ; et surtout de la sagesse de l'interprète : dirigeant, interprétant, la règle du choix. Dans ce cas, les droits politiques appartiennent à un certain collège de prêtres , toujours aussi restreint que possible ; et, c'est ainsi à l'intelligence réelle ou pré- Ci) Au Canada, les femmes ou filles majeures et hors de pouvoir : jouissent des droits politiques.

siimée : que, ces droits sont spécialement attachés.

Ces droits politiques, toujours secondaires, ont néanmoins, ainsi que nous venons de le remarquer, une réalité quelconque, aussi longtemps : que, la révélation et l'interprète de la révélation , restent : socialement acceptés.

Pour cette époque, il est encore d'autres droits politiques, mais infiniment moins réels. Voyons à qui ou à quoi, ils sont nécessairement attribués.

Lorsque, par suite de la réunion de plusieurs révélations en une seule, l'ensemble contient plusieurs nationalités ; le chef réel, le chef spirituel, confère l'administration des nationalités, soit à des chefs, soit à des ensembles de chefs, à des rois ou à des aristocraties. Alors, il y a des droits politiques relatifs aux administrations de ces nationalités : toujours, ne l'oublions pas, complètement illusoires comme souverains : en ce qu'ils ont besoin de la sanction du chef spirituel.

Ces droits politiques nationaux seront-ils attachés : à l'intelligence essentiellement ; ou bien, à la matière, considérée comme possédée?

ils n'appartiendront point à l'intelligence, abstraction faite de la possession de la richesse ; car, sous l'empirisme , l'ordre est inhérent : au monopole des développements de l'intelligence ; et, à l'exploitation de ceux dont l'intelligence n'est point développée. Si, les droits politiques nationaux étaient accordés, indépendamment de la richesse, les administrations nationales deviendraient protestantes ; et, l'anarchie serait le résultat : de cet ordre de choses.

Mais , il y a deux espèces de richesses : foncière ; et mobilière. A quelle espèce de possession de richesses, les droits politiques nationaux seront-ils attribués ?

Avant l'époque de l'appropriation du sol par les individus , les droits politiques appartiennent , nécessairement, à la possession de la richesse mobilière. Mais , remarquez : que , pour cette époque , chaque nationalité a sa révélation, son sacerdoce ; et, qu'il n'y a point de chef spirituel sur plusieurs nationalités. Si, pour l'époque nomade, plusieurs nationalités appartiennent à une même révélation, alors le chef spirituel appartient lui-même à une circonscription : où, le sol est aliéné. Voyez les Arabes et la révélation musulmane.

Après l'aliénation du sol, les droits politiques nationaux se trouvent nécessairement attribués à la possession du sol. Car, le chef spirituel a besoin de pouvoir toujours frapper les possesseurs de ces droits ; et, il ne le pourrait : lorsque ces mêmes droits seraient attribués aux possesseurs de la richesse mobilière, qui toujours peuvent émigrer.

De cette nécessité d'attribuer ces droits aux possesseurs du sol; et, de l'utilité, pour l'ordre, que l'exercice de ces droits ne change point de famille ; naissent, pour la fixité de cette richesse : et l'indivisibilité des propriétés foncières ; et, le droit de primogéniture.

Mais, ne l'oublions jamais, pendant l'âge sacerdotal les droits politiques nationaux sont toujours essentiellement secondaires ; et si, en dehors de l'influence

de la presse, un système sacerdotal vient à tomber, ainsi qu'il en a été à l'époque du panthéisme romain, bientôt le besoin d'ordre fait surgir un nouveau système sacerdotal, qui dans cette circonscription, vient dominer toutes les nationalités.

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